Au moment où Alan m’ai aidée à monter ma plateforme, il m’a expliqué que sous « articles », je pourrais publier, comme le nom l’indique, des articles. Je me suis dit que je n’allais jamais en écrire. Or voilà que j’en ai composé plus de 300 maintenant. Je réunis ici ceux qui concernent des faits ou personnes de Neuchâtel.
Quatre listes : Commerces de Neuchâtel et questions y relatives – Personnages de Neuchâtel – Articles autres liés à Neuchâtel – Xamax
Questions sociales. C’est un commentaire sur le sens de la vie sociale (on y retrouve certains commerces ainsi que d’autres sujets liés à la vie sociale).
Je le dis dans l’article que je lui ai consacré il y a quelques années, il était le dernier Neuchâtelois à m’appeler Tsouli. « Salut Tsouli. Merci de ton appel », ont été ses derniers mots pour moi deux soirs avant son départ.
Pierre et son amour pour une belle langue. C’est ce qui nous a réunis, en plus du fait d’avoir des égards pour les autres et un besoin d’aider. En arrière-fond, il y avait tout un pan de l’histoire de Neuchâtel qui nous était familier, on venait du même monde. Dans ce monde, il y avait une culture générale commune à tellement de gens que c’était une norme. Aujourd’hui, je ne m’y retrouve plus.
Dernier au revoir dans son dernier lit. Je suis allée dire un dernier au revoir à Pierre. Il était très élégant avec son costume, sa chemise blanche, sa cravate bleue et une rose rouge dans la poche passepoilée de sa veste. Entre ses mains, il tenait sa pipe et un sac tout neuf de tabac de sa marque préférée, Virginia. Il ne manquera de rien pendant son voyage !
Avant le dernier au revoir. Je suis allée au funérarium en me disant que je n’avais pas le code d’accès mais que quelque chose allait se passer : une personne y entrerait aussi ou en sortirait. Arrivée sur place, rien, personne. Il y avait des instructions pour appeler ici ou là, mais pas de numéro direct. Alors, je me suis dit que Pierre allait me sortir d’affaire et je lui ai téléphoné. Bon, pas de réponse, mais tout de suite après, c’est Ilir, l’un de ses aides-soignants, qui m’a rappelée pour me dire qu’il avait entendu, par hasard, le téléphone et qui m’a donné le code. Que dire…
Son dernier voyage. Pierre aimait la compagnie et le destin a fait que Jean-Piere Ghelfi, compagnon d’armes socialiste, le précède d’un jour. Alors, lorsque je suis allée dire mon dernier au revoir à Pierre, j’ai fait un détour pour voir aussi Jean-Pierre. Ils font le voyage ensemble. J’aimerais entendre ce qu’ils se racontent…
Cadeau de Pierre J’ai eu la chance de m’asseoir à la Collégiale à côté d’un monsieur qui m’a dit faire partie de la confrérie du Gruyère. C’était tellement inattendu, tellement je ne sais comment… J’ai eu l’impression que Pierre me faisait un cadeau. En effet, lorsque je lui avais fait la présentation de mon premier spectacle « lecture-théâtre », il avait été question du gruyère. On avait discuté parce que pour les Français, le fromage suisse a des trous et il s’appelle gruyère ! Voici la scène du spectacle qui suit celle du syllogisme :
Mon expert en français, Pierre Buffiere de Lair, m’avait dit qu’on pouvait garder la forme dans un spectacle présenté en France mais qu’en Suisse il fallait que je parle d’emmental. Pierre avait été tout à fait d’accord et c’est là qu’il m’avait dit faire partie de la confrérie du Gruyère !En me faisant m’asseoir à côté de la confrérie, Pierre m’a fait signe.
Dans ce texte, en vert, l’ajout de mon expert et en bleu les mots à remplacer par « de l’emmental » lorsque je présente le spectacle en Suisse. Le monsieur de la confrérie m’a dit que sous l’égide de Pierre, il y avait eu toute une campagne à Paris, dans le métro, qui disait quelque chose comme « Tout ce qui n’a pas de trou est du gruyère! ». Il va m’envoyer des photos. C’est magique ! Ce n’est pas la première fois qu’une personne qui a quitté ce monde me fait signe. Cela va enrichir mon spectacle. C’est magique ! (répétition volontaire, je n’ai pas d’autre mot)
La confrérie du Gruyère. Trois hommes en costume et avec le drapeau de la confrérie ont défilé, déposé le drapeau près du cercueil et ouvert la cérémonie. C’était très touchant.
J’avais fait une photo dans La Collégiale, mais elle est un peu floue. Ici, j’ai dû faire un montage parce qu’avec le téléphone portable, en ce jour très ensoleillé, je ne voyais rien à l’écran et j’ai donc rajouté le drapeau. Finalement, la photo est une composition de celle de l’intérieur et celle de l’extérieur. Tout un symbole de la vie terrestre et de celle d’après.
Ce que Pierre a été et fait à Neuchâtel. Tout le monde s’est accordé pour dire que Pierre avait été un homme avenant, aimable (voici ce qu’écrit Pascal Hofer dans le journal Arcinfo du 11 juin : « Très facile d’accès, simple au sens noble du terme, il jouissait d’une grande popularité. »), cultivé, désireux de faire du bien, passionné de foot (pour lui, il y avait trois sports : le foot, le foot et le foot ! (C’est son ami Bernard Renevey et assistant en informatique lorsque j’étais à l’uni qui l’a rappelé), aimant les formes et donc le français ; le tout avec un humour parfois ironique. Il a fait partie du conseil général (1968-1980), député au Grand conseil (1973-1980) pour devenir ensuite conseiller d’État de 1980 à 1997 ; c’est une longévité peu habituelle. Elle lui a permis de faire nombre de choses dont les Neuchâtelois ont bénéficié et qui ont parfois aussi servi de modèle à d’autres cantons, voire à la Confédération.
Remerciements à Laurent Kurth, ancien conseiller d’État, qui m’a aimablement remis le texte du discours qu’il avait prononcé lors de la cérémonie et où il dit : « J’ai eu le privilège d’assister, puis de prendre part à plusieurs des multiples réformes que Pierre Dubois a menées, avec originalité et audace, avec conviction aussi, dans un climat de dialogue et de concertation systématique avec ses partenaires, qu’ils aient été opposants ou favorables à ses projets . Il a toujours soutenu ceux qu’il avait choisis pour mener ces chantiers ». Voici quelques-unes des actions marquantes de Pierre :
gestion de crises comme la faillite de Dubied ou la fin des activités de La Neuchâteloise Assurances ;
mise en place et développement de la promotion économique avec Francis Sermet et Karl Dobler ; à la suite des crises horlogère et pétrolière, il s’agissait de redonner espoir et d’offrir de nouvelles perspectives aux Neuchâtelois et pour cela susciter, de la part des entreprises neuchâteloises comme des nouvelles venues, l’investissement, l’innovation, la création d’emplois et la diversification des activités. Cela s’est vu notamment dans les domaines de la microtechnique et des entreprises pharmaceutiques. D’autres cantons se sont inspirés de cette politique ;
dans le domaine de l’emploi :
réorganisation de la Caisse cantonale d’assurance chômage (CCNAC) menée avec Pascal Guillet ;
réforme de la médecine du travail, menée avec Pierre Chuat, puis Michel Guenat ;
création du Service d’emploi, développement des Offices régionaux de placement (ORP), développement des mesures de crise afin d’entretenir l’espoir et l’activité des chômeurs et de servir de rampe de lancement aux jeunes diplômés ;
soutien et développement de l’association Job Service, lancée par Thomas Facchinetti et Michel Roulin à la fin des années 1980 ;
création de la première fonction cantonale de délégué aux étrangers – devenue Service de la cohésion multiculturelle – avec Thomas Facchinetti. Ces initiatives originales ont aussi fait école ailleurs en Suisse et inspiré la politique fédérale ;
transformation de l’École cantonale d’agriculture, pour donner naissance à Evologia et à l’École cantonale des métiers de la terre et de la nature (ECMTN). Cette réussite est un exemple, parmi d’autres, du flair politique de Pierre Dubois : en confiant à un agriculteur, le libéral Roger Ummel, à un directeur des ressources humaines dans l’industrie, le radical Jean.-Pierre Robert, et à un ingénieur spécialiste des questions d’aménagement du territoire, le socialiste Bernard Soguel – tous trois issus de cette école – le mandat de formuler une proposition pour le devenir du site, il a jeté les bases d’un accord politique pour valoriser les métiers de la terre et constituer un lieu-phare du Val-de-Ruz dédié à la formation, à la réinsertion et à la création culturelle rassemblant l’ensemble du canton.
désirant en savoir plus, j’ai téléphoné à Bernard Soguel qui m’a précisé que J.-P. Robert, comme bien d’autres agriculteurs, avait dû se recycler et était devenu directeur des ressources humaines des Câbles de Cortaillod. Au moment du processus mentionné, il était déjà à la retraite ; et que lui-même était entré ensuite à la Haute école d’agronomie de Zollikofen. « Quelle chance, lui ai-je, dit. Vous parlez le suisse allemand ? – Oh, je comprends bien l’allemand. La plupart des enseignants étaient alémaniques et chaque professeur enseignait dans sa langue maternelle. » Je trouve cela fascinant ;
réforme de l’organisation du tourisme, menée avec François Jeanneret et Yann Engel. Cela a été la plateforme pour l’exposition nationale dont il a été le vice-président du comité directeur ;
au début des années 1990, le nombre de départements de l’administration cantonale a été ramené de dix à cinq ; le tourisme et l’agriculture y sont entrés de plain-pied !
constitution de l’Office de l’assurance invalidité (AI), avec Pierre-François Willemin ;
équipement des maisons d’enfants, avec Jean-Claude Knutti et Eric Pavillon :
modernisation du registre foncier, avec Armand Gugler ;
modernisation des mensurations cadastrales, avec Pierre-Alain Trachsel ;
privatisation des activités industrielles de l’Observatoire cantonal, avec Giovanni Busca.
La suite. Après son retrait officiel, il a continué à œuvrer dans diverses institutions dont le Conseil de défense de la Confédération. Même des étudiants lui téléphonaient jusqu’à très récemment pour lui demander des informations, des conseils. J’étais en visite une fois lorsque cela s’est produit.
Du sérieux et du jeu. Laurent Kurth dit entre autres : » (Par jeu, Pierre) s’évertuait à placer une référence à Neuchâtel-Xamax dans ses discours , ses interviews, ses débats télévisés, ses interventions devant le Grand conseil ou les congrès du parti socialiste. […] En résumé, un esprit joyeux, libre et indépendant. » Thomas Facchinetti me dit que lorsque Xamax était à son zénith, Pierre considérait l’équipe comme un ambassadeur tellement l’équipe était connue. Je peux fournir un exemple, car au moment où j’ai passé mes examens de chorégraphe et maître de ballet à Bucarest, l’expert du ministère de la Culture m’a parlé de Xamax !
Mais des colères aussi : « De saintes colères, qui, selon sa propre description, le faisaient devenir tout rouge avec les oreilles toutes blanches ! » C’est tellement joli d’imaginer cet homme si poli sortir de ses gonds…
Pour finir, une anecdote ou l’anecdote, car Laurent Kurth a mentionné celle qui figure tout au début de mon autre article sur Pierre et qui concerne le tunnel de Prébarreau. Voici le lien,
L’histoire. Je le dis souvent, l’histoire est la branche la plus importante de tout ce qu’on apprend. On n’est rien sans ce qui a été fait avant. En faisant la liste de ce que Pierre et ses collaborateurs ont accompli, on se rend compte que la population neuchâteloise et d’ailleurs leur est redevable à bien des égards. On prend pour acquis un tas de choses or il y a toujours un début et un personnage qui le lance et le met en route. Pierre fait partie d’eux. C’est ainsi que Laurent Kurth a bénéficié d’un premier emploi grâce au remaniement de Pierre du Service de l’emploi. J’ai bénéficié des mesures de crise en période de chômage, de l’office d’ORP, de la caisse de chômage et même de son avis sur le gruyère pour mon spectacle !
Un dernier mot. On dit que lorsqu’on part au ciel la nuit, c’est avoir une belle mort. Cela a été le cas de Pierre. Il est parti étant chez lui, dans son lit. C’est Ilir qui me l’a raconté. Je le remercie.
On le sait, le commerce de détail est celui qui est le plus proche de ses clients et par lequel bien des histoires arrivent.On le sait également, j’aime les commerces neuchâtelois qui se transmettent d’une génération à l’autre. C’est le cas de la famille Bourquin.
L’affaire ou l’histoire qui se greffe à la Papeterie Bourquin est celle des reprises du commerce sur terre une fois le propriétaire au ciel. On a eu à Neuchâtel quelques commerces repris par leurs descendants et l’exercice est une réussite. La Papeterie Bourquin est dans la lignée sauf que la situation conjoncturelle est compliquée.
Neuchâtel est ma ville et ma ville se compose de son lac, mon lac, de ses bâtiments, de ses commerces et de ses habitants. Les commerces font partie du paysage. Avant, la plupart de ces commerces étaient tenus par des Neuchâtelois, des gens du terroir. J’ai cru ces commerces immuables. Mais, non, tout change… cela me déstabilise quelque peu. J’ai l’impression qu’une partie de mon moi s’en va.
Mon paysage commercial. Les commerces tenus par des Neuchâtelois sont donc devenus rares : la Boucherie Margot, deuxième génération, la Boulangerie Maeder, deuxième génération, la Droguerie Schneitter, troisième génération qui prépare la quatrième, et la papeterie Bourquin qui est reprise par Nathalie, troisième génération. Sur son enseigne est écrit « Papetier Bourquin », c’est si joli. En fait en un mot il dit que chez Bourquin, on fait le commerce du papier et, par extension, des articles de bureau (Académie française).
La papeterie Bourquin, je me rappelle lorsqu’elle était à la place de la Poste. Arrivée à Neuchâtel, j’ai cru qu’elle avait toujours été là. Puis, en 1996, elle a déménagé à la rue du Seyon, pour s’installer à la place d’un magasin pour vélos. Dans ce cas, elle n’est plus là, mais elle est encore là ! Bon, on sait qu’on trouve aussi dans les grandes surfaces des articles de papeterie mais ils sont de plus en plus normalisés, comme si tout le monde pensait et agissait de la même façon ! Les conseils avisés, les articles particuliers, élégants, pratiques, on ne les trouve que dans les commerces de proximité. Tout dernièrement, en réparant des cartables, je suis allée dans mes réserves chercher une bande collante qui… datait. Je suis allée chez Bourquin, comme on dit à Neuchâtel, et, Nathalie a trouvé ce qu’il me fallait.
Monsieur Jean-Marcel Bourquin, le propriétaire. Il a fait partie de mon environnement commercial et de penser qu’il a quitté ce monde le 29 mai 2021 me fait quelque chose. J’aimais bien rencontrer cette figure, pas toujours expressive, mais calme et polie. Il aurait pu être anglais, tellement il était réservé. Tout comme monsieur Schneitter, il avait toujours la solution qui vous rendait service. C’est ainsi que les livres de ma bibliothèque ont belle allure grâce à des serre-livres qu’il commandait pour moi ; c’est grâce à lui que j’ai les 600 fils de mon atelier de couture dans des sachets Minigrip ; c’est grâce à lui que j’ai des stylos feutres dont la pointe mesure 0,3 mm; c’est grâce à l’une de ses vendeuses que j’ai acheté une réserve de bande collante pas trop collante pour faire tenir les photos que j’expose dans mon studio de danse ; c’est encore grâce à une autre vendeuse que j’ai un ruban adhésif qui me permet de tenir mes tableaux avec les photos des maquillages contre une surface sans l’abîmer, et ainsi de suite.
Le registre du commerce. Lorsque le propriétaire d’un commerce part au ciel ou lorsqu’il cesse son activité pour une autre raison, l’entreprise est déclarée en liquidation. Lorsqu’il y a succession, l’avis est différent et le commerce entre en succession. Dans le cas du Papetier Bourquin, le notaire s’est trompé et le registre du commerce a mis l’entreprise sous la rubrique « liquidation ». Que dire, tout le monde peut se tromper, mais là… L’annonce est parue dans les journaux et bien des gens ont compris que la papeterie fermait ses portes. Quand Nathalie s’en est rendu compte, cela lui a pris une année et demie pour rectifier le tir. Et encore. Les gens sont aussi très légers. Ils ne vont même pas constater. Nathalie s’est vue dans l’obligation de mettre une annonce devant sa porte expliquant qu’il y avait succession, que cela prenait du temps, mais que l’activité continuait, que la papeterie continuait de vivre ! Même le journal local, Arcinfo, n’a pu aider à rectifier le tir. Il y aurait eu un article s’il y avait effectivement eu fermeture mais pas dans le cas d’une succession (il y a 1’000 commerces dans le canton et le journal ne peut tout traiter).
Pierre Dubois. Je m’intéresse à l’histoire de la papeterie : arriver à une troisième génération dans un commerce c’est quelque chose ! Je me dis que dans le sang des Bourquin il doit y avoir un gène « papeterie ». La personne qui connaît Neuchâtel et son histoire comme sa poche est Pierre Dubois, l’ancien conseiller d’État. Je lui téléphone pour lui demander s’il se rappelle la papeterie.
Quelle mémoire ! J’admire. Maintenant, je me souviens aussi du magasin de fleurs.
2025. Je demande à Nathalie si la succession est terminée. – Hélas non ! dit-elle. Il se trouve que la succession de mon grand-père n’avait pas été réglée et il faut d’abord liquider celle-là avant celle de mon père. Un ami avocat m’explique que lorsqu’un patron d’une boîte quitte ce monde, il y a des impôts à régler avec la ville et le canton, mais que la succession dans la famille peut durer des générations ! C’est le cas qui se présente : une vraie pointe d’iceberg !
Le commerce au centre-ville. Je découvre en Nathalie non seulement une digne héritière de monsieur Bourquin (elle connaît ses produits, leur histoire, ses fournisseurs et sa clientèle), mais aussi quelqu’un qui s’intéresse à son environnement local, tant aux clients qu’au commerce en général. Comme bien d’autres commerçants, elle subit les effets des décisions politiques qui vident les villes de voitures et de places de parc. Le paysage commercial change. Si on songe que Migros s’est défait des activités telles que Mi-Casa, Hôtel Plan, Sport X, Bike-World, Mi-Belle et M-Électronics (Ex-Libris et Bestsmile avaient déjà quitté été larguées), pour se concentrer sur le secteur alimentaire, bancaire et de la santé, cela en dit long. De plus, depuis la covid, les gens achètent de plus en plus en ligne. S’il n’y avait qu’un seul élément qui perturbait le paysage commercial, mais, comme vous le voyez, il y en a tout un paquet.
Fin 2024, des commerçants (combien ?) ont envoyé une pétition à la Ville . Ils ont mentionné les problèmes cités avant la votation sur la suppression des places de parc. Il n’y a qu’à se promener en ville pour voir combien de commerces ont fermé et vont le faire avant la fin de l’année. Ce sujet dépassant le cas particulier sera commenté dans un article séparé.
Quand je pense que je n’aime écrire que des belles choses. Cela me rend triste. Alors, je reprends mon entretien avec Nathalie. Ainsi que je le disais plus haut, dans la papeterie de Nathalie, on trouve tous les articles liés au bureau. Pour en savoir plus, il faudrait aller faire un tour sur sa plateforme. Je lui demande de me parler des articles qu’elle vend :
dans ma papeterie, je vends des articles qu’on ne trouve pas ailleurs !
les stylos et crayons Caran d’Ache ! dit-elle. Cela tombe bien ; j’aime l’histoire de cette fabrique et c’est l’occasion d’en savoir un peu plus. La Fabrique genevoise de crayons Écridor, fondée en 1915 a été rachetée en 1924 par le Saint-Gallois Arnold Schweizer dont la femme avait passé sa jeunesse en Russie. Elle lui a suggéré d’appeler sa fabrique Caran d’Ache. Pourquoi ? La fabrique produisait des crayons et en russe crayon se dit Карандаш (carandache). Or, il se trouve qu’au début du siècle, en 1909, était décédé un dessinateur humoristique français appelé Emmanuel Poiré né à Moscou mais petit-fils d’un officier de Napoléon. Il avait émigré en France, récupéré sa nationalité et entre autres a été dessinateur au Figaro (j’ai une histoire d’amour avec ce journal). Le nom de plume d’Emmanuel Poiré était Caran d’Ache ; comme vous le voyez un jeu de mots et idéal pour la marque helvétique de crayons ! Précisons encore que le mot russe est issu du turc où kara-tash signifie pierre noire pour dire graphite.
mais, reprenons les articles Caran d’Ache. Ce sont des articles de qualité connus dans le monde entier. Actuellement c’est la quatrième génération qui tient les rênes. Nathalie me dit que la fabrique a encore un service après vente (SAP). Si un stylo a un problème, le SAP trouve les pièces et répare. Ce service tend à disparaître de plus en plus. Nathalie est aussi attachée à cette maison parce qu’elle a eu des crayons de cette marque étant petite. Les crayons sont faits à la main, il y a 35 étapes pour la fabrication et 50 heures de travail pour chacun. Aussi, lorsqu’elle a su que la gamme 541 allait être supprimée, elle s’est battue pour avoir le reste du stock. Cette marque, tout comme les fabriques horlogères le font avec des montres, produisent des stylos en or et en argent en éditions limitées ;
des pinceaux produits par Schminke et Da Vinci ;
il est possible d’acheter des fourres au détail ;
j’étais la seule à vendre une certaine marque de cahiers ; quand je l’a vue dans d’autres commerces, j’ai changé l’offre ;
toute sorte de produits pour le bricolage : encres, sacs, boîtes.
services proposés :
photocopie, plastification, reliure, (je ne sais où mettre le « carton photo »)
la haute écriture : ce sont les stylos et plumes de marque ;
des cartes d’invitation personnalisées ;
sur le site internet, on peut commander des produits livrables à domicile ou sur place. Si le client trouve finalement que l’article ne lui convient pas, il est repris et le remis en vente ;
politique commerciale : elle conseille volontiers ses clients ; quand elle n’a pas un produit, elle envoie le client au bon endroit. Elle dit que la vie commerçante est un aller-retour mais que cette solidarité commerciale se perd.
La première Papeterie Bourquin, place de la Poste. C’est comme si le temps n’était pas passé… une époque bien plus rassurante que la présente.
Photo des archives de la papeterie
De l’élégance : je vois Nathalie qui s’apprête à écrire la commande d’un article que je convoite et ne peux m’empêcher de prendre ses mains en photo. Les mains sont souvent le portrait de la personne. C’est le cas de celles de Nathalie : elles sont bien fermes, ongles soignés et courts, donc pratiques, et elles tiennent une plume ! Nathalie me dit qu’elle ne peut écrire autrement. La sienne est une XXX. Cela m’a donné envie de redonner vie à la mienne qui trône sur mon bureau. Nathalie s’est chargée de la réanimer.
Changement dans la continuité. On se dirait dans le monde de la politique. Ce que je cherche à dire c’est que la papeterie physique ferme ses portes mais qu’elle continuera à rendre service aux clients par la Toile via sa plate-forme. La nouvelle a été annoncée vers le 20 juin et prendra effet le 31 juillet 2025, soit dans près d’un mois. Un mois pour liquider la marchandise et nettoyer le local… tant d’années d’histoire balayées en un rien de temps… Nathalie a bien cherché un autre local, mais les loyers…
Le 31 juillet 2025. Ce sera donc le dernier jour où la papeterie Bourquin aura une présence physique. Je lui ai proposé de boire un verre de Mauler rosé ce jour-là. Il faut toujours garder la tête haute et on ne sait ce que l’avenir nous réserve. Elle a été d’accord.
Liens vers des articles sur le commerce au centre-ville ou des personnalités de la ville :
Je propose quatre cours : @articulations-jouons avec elles ; @3m.ossature ; à vos pieds ; danse classique et imagination. Cette fois, je fais un article avec le tout.
Cours intimistes. J’aime le contact avec les gens et si les circonstances ont voulu que j’aie des cours avec quelques participants, finalement c’est pour mon bien et celui de ceux présents. En effet, ma salle est petite, je ne peux avoir beaucoup d’adultes et cela m’arrange bien parce qu’il se passe des choses intéressantes et souvent touchantes.
@articulations-jouons avec elles. Il s’agit de comprendre les articulations du corps, de les rendre plus vivantes mais aussi d’être conscients des articulations sociales de notre mode de vie et de jouer avec elles. Voici un exemple de résultat :
Lecture du tableau : nous voyons des positions statiques, des mouvements de recul, d’avancement, des moments de réflexion, de plaisir, etc. et cela fait un tout ; c’est comme dans la vie.
Le jeu des articulations peut mener à la poésie :
Le destin ! J’avais prévu de finir le cours d’une certaine façon, or il est arrivé que certaines articulations sociales de quelques participants avaient fait des siennes. Cela a enrichi le cours et permis de voir que si on peut bien manier une articulation osseuse, on peut faire de même avec les sociales !
@3m.ossature. Entrer dans les os, sentir leurs particules est toute une aventure. Il y a des personnes qui n’y arrivent pas. Cela ne veut pas dire que l’exercice de se tapoter les os soit inutile. Les choses sont là, mais on ne les sent pas. Nous sommes tous différents et sommes sensibles à une chose plutôt qu’à une autre. Il n’y a qu’à demander à plusieurs personnes de décrire une maison sortie de leur imagination et on notera qu’elles sont toutes différentes, ce sera toujours une maison mais pas la même. Aussi, quand quelqu’un me dit qu’il ressent des paillettes d’or dans son corps… c’est à l’effet Driss qu’il fait référence et je suis comblée.
C’est monsieur Driss, qui tient une boutique de souvenirs à Paris, qui m’a vendu l’objet. En le secouant, il y plein de paillettes qui remplissent l’espace. C’est ce qui se produit dans le corps. Merci à monsieur Driss et à ceux qui ont composé cette décoration. Ils rendent bien des services.
À vos pieds ! Les photos sont l’illustration même de la cohésion qui règne dans le cours : les pieds vont dans la même direction, chacun avec son histoire (l’un plus haut, l’autre plus incliné, etc. Nous sommes tous différents), mais nous allons dans le même sens.
Le point commun à ces cours : l’unité ; nous sommes un dans un tout, nous sommes un d’un tout. Du fait que nous sommes un tout, on discute de tout, on prend de la distance par rapport aux choses qu’on ne peut changer. Bien des choses ne changeront pas, mais elles ne vont plus peser. La pensée joue un rôle déterminant.
Danse classique et imagination. Une nouvelle fois, ce sont les participants qui apportent de la matière à ce cours. Danser avec le corps (la danse est l’une des rares activités qui mette tous les muscles – des pieds à la tête – en jeu) et la vie est un cadeau !
Liens : normalement chaque cours a ses propres liens, cette fois-ci, j’en mets un par cours et dans chacun il y a les liens pour les articles du même genre.
Dans tous les métiers il y a toute sorte de gens, ceux qui font juste ce qu’il faut, d’autres qui appliquent des recettes, d’autres encore qui vivent ce qu’ils font. C’est le cas de Chambaron.
Commençons par dire qu’il se définit lui-même comme un incorrigible correcteur, mangeant langues vivantes et étymons antiques à tous les repas. Dans une vie antérieure il a travaillé dans l’énergie, notamment en Suisse. J’ajoute que s’il a un bac scientifique, il a étudié le grec et le latin. La littérature lui est tombée dessus en étudiant… la gestion. Ah, les voies du destin…
Je l’ai rencontré via la plateforme Question-orthographe.fr, issue du Projet Voltaire lancé par les deux frères Hostachy, que je remercie une nouvelle fois. Pierre, ah, oui, j’ai oublié de vous dire que sous le nom de plume Chambaron il y a Pierre Buffiere de Lair. La graphie du nom est correcte, pas de è ni d’apostrophe.
Portrait fidèle de Pierre, toujours franc et joyeux !
Correcteur – complice – cornac. C’est lui qui m’a appris le mot cornac (guide), c’est aussi un trait de sa personnalité : la délicatesse. Il est devenu le complice de toutes mes révisions de texte qui comprennent tant la mathématique, l’histoire de la Grèce ancienne, la science-fiction, la musique, le Moyen Âge, l’histoire de la France, la typographie, l’horlogerie, ainsi que des livres sur la langue française. Il trouve toujours une explication. C’est fabuleux.
Chambaron l’écrivain. Il est un fervent des nouvelles et c’est un genre où il excelle. Celles qu’il publie, la plupart primées lors de concours, sont des nids de trésors tant par les mots que par les idées. Lors d’un échange de messages, je lui avais écrit : J’ai connu des gens qui connaissaient les règles sur le bout des doigts mais qui n’avaient aucun talent pour l’écriture, vous vous avez les deux et en plus de l’imagination. C’est vrai, Pierre sort du chemin battu. Voici quelques commentaires et extraits tirés du recueil Ni vent ni nouvelle. Dans ce titre assez inattendu, on retrouve l’expression de jadis « je n’ai eu ni vent ni nouvelles de Untel » ainsi que « avoir vent » de quelque chose. Le titre est fait pour intriguer tout en affichant le mot nouvelle. C’est bien le genre de jeu de mots que Pierre aime.
Métamorphose sabbatique. C’est la première nouvelle du recueil et la phrase qui saute à mes yeux est en lien avec le spectacle sur les mots que je prépare. En effet, je monte un spectacle sur la métamorphose des mots. Sacrée coïncidence ou alors c’est cet ami appelé hasard qui me rend visite. L’histoire de la nouvelle se situe à Prague et il est question de Kafka et de situations étranges. Voici le texte : Les mots se suivaient, comme autant de pavés dans une rue de Prague, chacun ne se joignant au précédent que par le lien syntaxique habituel qui unit des noms à des verbes, puis des verbes à d’autres noms qui s’accouplent eux-mêmes à des adjectifs. Et tout le petit peuple obscur d’articles, de conjonctions, de prépositions qui grouillaient entre les mots, s’affairait à lier, articuler, à coordonner les princes de la fête pour en faire phrases, chapitres et un livre… On comprend bien comment naît une phrase, un texte.
Pierre réussit à rendre vivants des pavés et donne une vie à des mots ; les pavés sont des mots et les mots sont des pavés. Je suis comblée !
Et voici encore la séance de rasage du héros de la nouvelle. Se raser n’est pas pour l’homme une opération anodine : c’est souvent la seule vraie confrontation avec son propre regard dans une journée, et l’on se confie oculairement tant de choses pendant que la lame vous redonne l’air imberbe du premier matin du monde. Je trouve le monologue avec le miroir et le premier matin du monde un délice. J’ai déjà vu des hommes se raser et senti qu’il se passait quelque chose, mais Chambaron y met les mots.
Autre qualité de Pierre-Chambaron : s’il respecte les règles, s’il connaît l’étymologie des mots, s’il connaît l’histoire ou l’évolution de ces derniers, il connaît en plus la typographie. C’est un grand atout. Que vient faire la typographie ici ? C’est quand même la mise en pages des textes, comment et quand utiliser des guillemets, ou l’italique, quand mettre une majuscule à un titre, au nom d’un institut. Par exemple, lorsqu’on écrit une lettre on écrira : Cher monsieur ou Chère madame. Je sais, on voit très régulièrement, et ce de la part de toutes classes sociales confondues, une majuscule au nom, mais ce dernier n’est pas un titre, c’est une civilité. Il ne viendrait à l’esprit de personne d’écrire Cher Élève, mais c’est une habitude qui s’est prise et lorsque j’ai suivi des cours de sténo-dactylo, c’était la règle. Cela me met dans de drôles de situations parce que si j’écris à la représentante de ma gérance Chère madame, elle va se dire que je lui manque de respect… De plus, Pierre réfléchit et relève bien des contradictions qui me rendent service.
Le mot orthographe. Je ne peux pas ne pas parler de ce mot qui est si mal utilisé. C’est Pierre qui a attiré mon attention sur le sujet et voici le lien pour l’article que je lui ai consacré, mais en bref : le mot orthographe veut dire j’écris correctement, celui qui sait écrire, tout comme le géographe est celui qui connaît la Terre, le savant de la planète. Il est plus pertinent alors d’utiliser le mot graphie qui veut dire représentation d’un mot ou d’un son par l’écriture. Pierre a fait des émules grâce au compte qu’il a sur Twitter !
Prenons une autre part de dessert dans le recueil de Pierre-Chambaron intitulé Ni vent ni nouvelle. On le trouve dans Correspondance des quatre saisons. Une dame et un monsieur, qui vit dans un endroit isolé, échangent des messages. Le monsieur écrit : Heureusement, vous êtes là. Je reçois vos billets par Partounet, c’est amusant. Celui du 1er novembre m’a vraiment fait sourire : des photos de Vous, entourée de vos chats, avec la Pastorale en fond musical et cet entêtant parfum de cannelle, c’était vraiment… stupéfiant. Vous l’avez compris, Partounet est une version postérieure à Internet puisqu’on peut même s’envoyer des parfums. C’est délicieux !
La même inventivité, le même plaisir, je les retrouve lorsque Pierre m’envoie des éclaircissements sur tel ou tel point relatif à la langue. Le français a des caprices ou des logiques ou des exceptions (heureusement que le dictionnaire est plein de subtilités pour m’aider à mettre un mot sur mes interrogations) que je ne connais pas et Pierre me sort des mauvais pas.
Des exemples ? C’est un peu compliqué parce que je ne voudrais mettre qui que ce soit mal à l’aise. Quelqu’un pourrait se reconnaître et personne n’est exempt de commettre une erreur. Parfois on écrit trop vite, parfois on tape à côté, parfois on se fait avoir parce qu’on lit ou entend. Les journaux, tout ce qui touche aux médias, les déclarations des personnalités, les films, les livres… tout contient des abus et des coquilles aujourd’hui. Ah, voici un exemple des explications de Pierre avec le mot aujourd’hui. Autrefois, pour parler du jour, on utilisait le mot hui (du latin hodie). Au Moyen Âge, on a ajouté jour, pourtant issu du même mot, pour différencier la période en journée de celle de la nuit ; on a donc aujourd’hui qui crée un pléonasme. Si en plus, on ajoute au jour d’aujourd’hui il y a double redondance. Si par exemple, dans le monde de la mode, certains disent la mode au jour d’aujourd’hui désirant mettre en exergue l’époque, on pourrait leur donner raison, mais il vaut mieux être précis et utiliser d’autres mots ou expressions (actuellement, de notre époque, à ce jour, de nos jours, de notre temps, etc.).
Richesse d’esprit et désir d’aider. Je monte un spectacle basé sur deux livres de Jean-Loup Chiflet et cherche à compléter des noms de personnages, des histoires, me pose des questions et Pierre est là avec son imagination. À un moment donné, je lui demande quelque chose, il répond et signe « Al Fabey ». J’ai mis du temps à déchiffrer « Alphabet » ; d’autres fois, il a signé « Inspecteur Gétouluz ». Et on arrive à l’un des sujets traités dans ce spectacle : les homonymes, les homographes, les mots qui ont plusieurs graphies, bref d’un tas de plaisirs pour certains et de tourments pour d’autres ! Je le disais, Pierre n’est pas seulement quelqu’un qui remarque des contradictions, qui regrette certaines mesures prises ou au contraire oubliées, il apporte sa pierre à l’édifice. C’est ainsi que j’ai pu compléter les catégories de mots qui prêtent à confusion et su qu’il avait dans sa base de données 1’200 groupes d’homonymes ; cela doit représenter quelque 5’000 mots (2 ou 3 mots par groupe, avec un record à 6) !
Que dire en conclusion sinon que j’ai beaucoup de chance d’avoir rencontré pareil personnage et que les éditeurs devraient s’arracher un tel réviseur (tout comme moi, il n’aime pas le mot correcteur. Si je le mets parfois, c’est pour être compréhensible par des non-initiés) !
Juin 2025. Un texte de Chambaron remporte le deuxième prix dans un concours littéraire ! Il s’agit de Transhumance, un poème en prose sur le thème imposé du Rhône, fleuve nourricier et destructeur. Une évocation qui a pris un relief surprenant quelques jours avant la catastrophe de Blatten (village valaisan)…
Juillet 2025. Je le dis, Chambaron est le cornac qui me comble ! Voici un exemple : (à suivre)
C’est parfait et là, tout le monde comprend !
2026. Le plaisir que j’ai à poser des questions à mon cornac et à lire ses réponses ne diminue pas. Voici qu’il me fait remarquer que l’on n’utilise pas toujours correctement le terme d’approximation.
Je lui ai demandé si on pouvait dire, lorsqu’on évalue le poids d’un objet : 3 à 4 kg c’est une bonne approximation ? Quel serait alors l’emploi abusif et fréquent ? Le mien ?
Sa réponse : « Il faut ‘qualifier’ l’approximation, en soi ce n’est pas assez parlant. On dira donc par exemple de première approximation ou d’approximation grossière, affinée, fondée sur tel calcul ou telle chose, avec telle marge d’erreur, etc. Bonne ou mauvaise relèvent du jugement par rapport à des critères à définir.
Dans le texte qui suit, vous aurez deux choses : pourquoi ne pas habiller d’une majuscule les écoles et autres institutions d’enseignement et pourquoi éviter l’utilisation des capitales lorsqu’on envoie des messages, une lettre, un texte. Cela vous mettra d’excellente humeur !
On peut se dire tellement de choses en si peu de temps…
Un cycliste à pied. Je marche sur le trottoir, à un pas mesuré, et vois un monsieur d’un âge certain me dépasser en sautillant et en tenant un vélo. Je me dis qu’il est alerte. Il reste encore un bon bout avant les feux rouges. Je continue de marcher, arrive au bout du trottoir, vois le monsieur et lui dis :
Je suis encore sous le charme de la conversation. Je ne saurai sans doute jamais qui ce monsieur est, mais il m’a marquée.
Dans un supermarché.1 On est un lundi et arrive près de la caissière que j’avais déjà vue le samedi précédent où elle avait travaillé toute la journée.
Je trouve curieux que des copains ne sachent pas quels sont les rêves des uns et des autres.
Je ne sais plus à quel moment, je leur ai demandé si les fautes de français comptaient dans des branches comme les sciences, etc. Ils ont dit que non et l’un d’eux m’a dit : « L’essentiel c’est qu’on se comprenne ! ». C’est un argument que j’entends souvent et qui m’échappe. Je lui dis : *Tu te rends compte qu’on a vingt siècles de civilisation derrière nous et tout cela pour arriver à « se comprendre » ? À de moment-là, j’ai vu l’étonnement envahir son esprit et il a dit : « Ah, oui, c’est beaucoup ! » J’ai été ravie d’avoir passé un moment avec ces ados.
Dans le même supermarché.2 Je fais la queue pour payer et derrière moi, deux garçons d’environ 9 ans. Je leur demande ce qu’ils ont acheté.
Un camion Cardinal en train de décharger à Neuchâtel. Bon, il est évident que je ne peux pas parler avec un camion, mais avec un de ses chauffeurs ou accompagnants oui. Le camion est immense et je le trouve beau.
Merci Roberto, pour toutes ces informations ! Je me suis enrichie. De plus, j’avais assisté à la distribution de cette bière Bilz. Cela avait été un samedi matin et j’en avait pris une pour l’un des vendeurs au marché. Il l’avait trouvée bonne. Alors, santé ! Roberto.
Le français est la langue de communication commune à plusieurs pays, elle a enrichi l’Histoire et les générations actuelles devraient la soigner, mais ce n’est pas toujours le cas. Voici un exemple mis au point avec le cornac qui me sort d’embarras, quand je m’y trouve, tellement la langue est subtile. Il s’appelle Pierre Buffiere de Lair (graphie correcte). Nous y sommes ! Voici pourquoi il ne faudrait pas utiliser le mot ‘orthographe’. Je vous l’explique.
De l’ordre dans ma messagerie électronique. En ce moment, je monte un spectacle lecture-théâtre sur les mots et je fais une compilation de divers textes et tombe sur ceux qui traitent des mots en question. Je saisis l’occasion pour en faire un article.
Je regrette infiniment le relâchement de ce qu’on appelle l’orthographe. Tout le monde sait de quoi je parle ; la langue a beau être compliquée, nous sommes des êtres créateurs, pensants et à ce titre on devrait pouvoir éviter des fautes primaires qu’on voit et entend dans les médias, chez le politiciens, les professeurs, sans parler de la population en général. J’ai aussi parlé d’orthographe jusqu’à ce que mon expert, Chambaron, bien connu sur Twitter, me dise que ce mot est mal utilisé. On devrait plus exactement parler de graphie.
Voici quelques images :
L’orthodontiste, l’orthopède. On retrouve la même racine ortho. Dans le cas présent, il s’agit de médecins qui redressent, posent correctement une partie du corps. L’un s’occupe des dents et l’autre des pieds. Mais, n’oublions pas que le corps est un tout et que les dents, par exemple, sont liées au crâne. Voici un article sur le sujet.
Stylographe : on retrouve le suffixe graphe. Les deux mots viennent du grec et veulent dire « écrire avec un poinçon ».
À vous de trouver d’autres mots qui finissent par graphie.
Bonne ou mauvaise graphie. C’est l’expression correcte pour la représentation écrite de mots ou de sons ; on pourrait aussi penser à « écrire bien ou mal un mot », mais cela pourrait induire en erreur parce qu’on pourrait confondre un mot écrit avec une écriture déformée, donc illisible, par exemple, et un mot écrit avec des fautes orthographiques. Mais, vous l’avez compris, on ne peut certainement pas avoir ni une bonne ni une mauvaise orthographe !
De plus, il existe bien le verbe :
La logique : on sait que l’on parle de géographie, par exemple, pour l’étude de la terre et de géographe pour celui qui étudie la terre ; en conséquence, on devrait avoir orthographie pour l’étude des signes correctement écrits et avoir une bonne ou mauvaise graphie. D’ailleurs le verbe est bien « orthographier ». Alors, que s’est-il passé dans l’Histoire ? Les architectes avaient pris les devants ! En effet, le mot « orthographie » désignait la représentation sans perspective de la façade d’un bâtiment. Au moment de l’édition du dictionnaire, l’Académie n’a pas voulu avoir maille à partir avec les architectes. Voici une belle explication du Littré. Depuis le xvie siècle, la chose est restée en l’état. Comme je parle plusieurs langues, la curiosité m’a poussée à faire des comparaisons. C’est ainsi qu’en italien, en portugais, en espagnol, en roumain et même en russe, il est question de… Oui, vous avez raison : ortografia !
Et voilà, le conte est fini. Mais, ne perdons pas espoir. Chambaron fait des siennes sur Twitter et je vois de plus en plus de monde, et même des dictionnaires, parler de… graphie !
Lorsque j’étais en train d’écrire cet article, j’ai reçu les mots suivants de la part de Pierre, mon cornac. Ils sont un beau résumé de ce qu’on vient de voir : « L’orthographie c’est la discipline, comme la typographie, la cartographie, etc. C’est la manière d’écrire de manière raisonnée, ordonnée et normée : l‘orthographie du français est complexe. Faire des erreurs d’orthographie (orthographiques).Pour tout le reste, il s’agit de « graphie », de manière spécifique d’écrire un mot : la graphie phonétique d’un mot, les graphies médiévales désordonnées, la bonne graphie de mon nom est…, Buffière de L’air est une mauvaise graphie. »
J’ai hérité de deux textes sur ce composé chimique qui rend bien des services. Je les ai reçus de la part de monsieur Frédéric Marti, praticien de méthodes de santé à Neuchâtel pendant 45 ans et grand connaisseur dans des domaines ésotériques très pointus.
Je me permets de rappeler que je ne joue pas au docteur, je ne fais que transmettre l’expérience de gens versés dans la matière. J’ai recours à la potion lorsque j’ai des symptômes de rhume-refroidissement. J’ai toujours eu de très bons résultats. Certains praticiens évitent de la recommander parce qu’elle peut provoquer une diarrhée. Dans le second texte que je possède – l’attends l’accord du site d’où il a été prélevé pour le publier ici – il est dit que c’est le signe que le traitement a fait son effet. De toutes façons, le traitement ne dure que quelques jours.
Voici l’allure, sachet de 20 g, qu’il peut avoir dans le commerce.
Un peu d’histoire
Deux préoccupations fondamentales ont sous-tendu toute l’évolution depuis l’apparition de la vie sur Terre :
Deux types de prédateurs menacent la survie :
La Vie s’est donc attachée à développer, pour tous les organismes, une auto-immunité.
Au xixe siècle, le raisonnement et la découverte scientifique se lancent à la poursuite de l’explication logique de la vie. L’humanité souffrait encore des conséquences des grandes épidémies : la peste, la tuberculose et les maladies vénériennes. La science déclare la guerre aux microbes et aux bacilles en utilisant l’asepsie et l’antisepsie ; la démarche est couronnée de succès au milieu du xxe siècle avec la découverte des antibiotiques !
Mais, déjà en 1889, le docteur Pierre Delbet (1861 – 1957) se demande si le lavage des plaies avec des solutions antiseptiques n’a pas plus d’inconvénients que d’avantages. Cette idée, audacieuse pour l’époque, reposait sur la réflexion suivante : notre organisme est conçu pour se défendre contre les agents microscopiques grâce à ses cellules qui se sont adaptées héréditairement à la lutte. Mais il s’empresse d’ajouter, en se référant à Leibniz, qu’en biologie, une possibilité logique n’est pas une possibilité réelle. Seule l’expérimentation lui permet de conforter sa thèse. En 1891, il écrivit : « L’antisepsie vise les microbes et tue les cellules (phagocytes)… je rêvais d’augmenter la résistance des cellules pour qu’elles puissent triompher des microbes ». De longues recherches et des expérimentations suivront.
Pratique du docteur Delbet : Il obtient une série de succès face aux maladies les plus diverses. En septembre 1915, il rend compte de ses travaux dans deux communications, l’une à l’académie des Sciences et l’autre à l’académie de Médecine. Il n’y eut aucune réaction.
Jusque-là, le docteur Delbet injectait la solution par voie intraveineuse. Le hasard montra qu’on pouvait la prendre par voie orale.
Une maladie virale guérie en 1956. Un émule du professeur Delbet, le docteur Neveu, guérit une poliomyélite avec du chlorure de magnésium. C’est important, car il s’agit d’une maladie virale.
Où en sommes-nous en ce xxie siècle ? Le chlorure de magnésium s’est avéré un puissant remède contre les infections microbiennes, bacillaires et virales. Malgré cela, il reste dans un anonymat quasi total ; même la nécrologie officielle du professeur Delbet ne fait mention aucune de cette découverte.
Les pharmacies vendent des sachets de 20 g.
Quand prendre du MgCl2 : à peu près pour tout. J’ai une liste qui provient d’un article mis en ligne (c’est l’autre texte mentionné en début d’article). J’attends l’approbation pour l’inclure ici. En attendant, voici le fois où la solution m’a rendu service : en cas de rhume, refroidissement, grippe sous toutes ses formes ; en cas de blessure – j’ai eu une belle blessure à la main faite avec mon couteau de cuisine… J’ai versé un peu de la solution sur la blessure et ensuite mis un sparadrap en tissu. Cela s’est fermé en peu de temps (je n’ai pas pensé à noter, flûte !) et je n’ai pas de cicatrice.
Monsieur Marti précise – il avait une plateforme et avait publié son article en 2006 – date indiquée dans le document que je possède : le chlorure de magnésium est aussi efficace pour les grippes aviaires, le chicounmacougna et le SIDA:
Posologie pour l’adulte : diluer un sachet (20 g) de chlorure de magnésium dans 0.865 litre d’eau et boire 2 dl par petites gorgées le matin ou 3 dl au long de la journée. Conserver la dilution au frigo ; elle se conserve en tout cas une année ! J’ai regardé plusieurs sites et les posologies diffèrent. Les gens sont prudents…
Information : Frédéric Marti indique comme source Tous les moyens de vous guérir interdits aux médecins, t.2, Jean Palaiseul, Laffont, Paris, 1958.
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Dans l’autre texte il y a la liste des affections à traiter. On verra quand je recevrai la permission de le publier.
Je prépare un nouveau genre de spectacle, une lecture-théâtre, et j’en fais une avant-première (en évolution) chez mon amie Liliana Iacob qui est devenue ma mécène.
L’amitié, la chaleur humaine, la compréhension et le mécénat de mon amie ne font qu’un. Quand j’arrive chez elle, je suis chez moi. Bon, pas vraiment, elle vérifie si j’ai mis un manteau chaud avant de partir si on est en hiver, par exemple, ou si j’ai les bonnes chaussures, etc. Avant de prendre le vol, elle m’a bien dit que je ne pouvais arriver avec mes pantalons en voile ! Chacun aimerait être indépendant, mais la rigueur de mon amie me fait du bien.
La Țuica (tsouica). C’est la boisson forte nationale. J’aime bien boire un verre ou deux quand je suis sur place ; pas à Neuchâtel et pas à Bucarest si je ne suis pas entre Roumains. Je ne sais dans quelle dimension je me trouve mais c’est ainsi que cela marche et Liliana le sait !
La jolie table colorée pour mon arrivée et en plus la bouteille de tsouica !
L’accueil roumain. Ainsi que je l’ai dit plus haut, l’accueil de Liliana est parfait. Elle n’a pas eu le temps de mettre tous les plats qu’elle avait préparés avant que je prenne la photo, mais cela me suffit. Elle est une hôtesse parfaite, elle sait ce qui plaît à chacun, de quoi il nourrit ses rêves et ce qui lui fait plaisir. C’est un don et elle est très douée. On n’a pas besoin de faire des efforts chez elle, tout marche comme sur des roulettes.
Deuxième jour. Le hasard est un compagnon de ma vie. Mon voyage a coïncidé avec le 70e anniversaire de l’Orchestre des médecins à la salle de l’Athénée. J’ai une autre amie, Valentina Coțofană, violoniste, qui joue dans l’orchestre. Elle m’a invitée à la dernière répétition et au concert. Valentina représente une prolongation de la période intense vécue à Bucarest puisqu’elle est la petite-fille de la secrétaire de l’Opéra, Elena Oprescu, lorsque j’étais à Bucarest et qui pendant mes études de danse à l’école de Chorégraphie et à l’Opéra m’a beaucoup aidée. L’invitation de Valentina m’a transportée à l’époque quand je sortais des cours pour aller aux répétitions et aux spectacles. Je me rappelle encore que la première fois que j’ai reçu de l’argent pour une prestation sur scène, je n’ai pu me résoudre à le dépenser pour autre chose que pour des livres qui allaient durer toute ma vie… Lors de cette répétition, j’y ai aussi rencontré une autre amie, Eugenia Agarici, médecin indépendant et violoniste membre de l’orchestre.
Programme du concert : sous la conduite de Iosef Ion Prunner on a entendu du Wagner, le prélude du 3e acte de Lohengrin, La Danse macabre de LIszt avec le pianiste soliste Cristian Budu, le fameux Concert pour deux violons de Bach avec le virtuose Geza Hosszu Logocky et le jeune Antonio Piculeață. Un vrai régal, l’introduction et le Rondo Capricioso de Saint-Saëns aussi avec Antnonio P. ainsi que La Symphonie no 3 de Saint-Saëns avec orgue. Ce jour-là il y avait enregistrement officiel du concert et un photographe prenait des photos. Je lui ai demandé s’il pouvait m’en prendre une du jeune violoniste. C’est l’intuition qui m’a guidée parce que j’avais mon appareil photo et mon téléphone portable, mais les photos se sont révélées inutilisables ! L’intuition est un autre ingrédient vital pour moi.
Le photographe Adrian Stoicoviciu. Il ne me connaissait pas, mais il m’a fait confiance et voici les magnifiques photos que j’ai reçues.
Il n’y a pas besoin de commentaire ; le regard et les attitudes corporelles parlent toutes seules !
Encore trois images :
Ici aussi ont voit les mots entrer dans les esprits des musiciens pour devenir sons.
Une photo dit bien des choses et sur celle-ci on voit que l’esprit du violoniste est dans le monde de la musique ; peronne ne sera surpris de savoir qu’il est un être très ouvert et chaleureux. Il se trouvait sur scène et voyant que je faisais des photos m’a fait signe avec la main et a souri.
Les jours passés à Bucarest m’ont donné l’impression de revivre la période de mon adolescence. Ce n’est pas facile à expliquer mais : les répétitions, le concert, les mots échangés avec les musiciens à la fin du concert, la rencontre d’un peintre et d’un amateur de guitare dans un bar fréquenté par des artistes, la nuit passée dans un hôtel parce qu’il n’y avait plus de bus pour aller chez mon amie (à l’époque, j’ai dormi dans une cinquantaine d’endroits parce qu’alors aussi le temps passait tellement vite que je ne pouvais rentrer chez moi), une bière non filtrée dans un bistrot du vieux Bucarest, les promenades en ville, les mots chaleureux échangés avec des inconnus sur le trottoir… Tout a été comme un rêve, le rêve que j’ai vécu alors.
Lecture-théâtre chez Liliana. J’ai fini mon rêve en présentant mon spectacle à Liliana. Je révise des textes et suis tombée sur un écrivain, Jean-Loup Chiflet, qui écrit sur le français, sa beauté et ses difficultés. C’est un régal de lire ses livres. Deux d’entre eux m’ont inspirée J’ai un mot à vous dire și J’ai encore un mot à vous dire. Je vous renvoie à un autre article où je raconte l’histoire de ce spectacle.
Impressions de Liliana : « Jean-Loup est un grand amoureux du mot, il sent sa pulsation, sa sensibilité, son intention, son but dans la vie. C’est pour cela qu’il traite les mots tel un papa ses enfants chéris et cherche, avec l’intuition du pédagogue ainsi que d’une manière amusante, à nous les faire aimer et à prendre soin d’eux.
« De son côté, Zully accorde, à la suite d’une belle évolution dans le domaine littéraire, un soin très particulier au mot écrit à l’égal de amour de Jean-Loup pour l’expression correcte, élégante et expressive. De plus, son talent artistique parle de lui-même de la manière la plus heureuse lorsqu’elle donne vie à un texte littéraire. Zully n’est pas seulement une danseuse, elle est une artiste complète et en plus capable de donner de l’éclat à tout acte artistique dans lequel elle s’engage avec foi, avec passion. Elle est faite pour la scène. La scène, sous toutes ses formes, est sa maison !
« Même mon salon est devenu pendant une heure la scène sur laquelle Zully a démontré, comme s’il le fallait encore, son talent d’actrice ! (ma maison a déjà fait l’objet d’autres de ses spectacles) Cette fois-ci, confortablement installée dans un fauteuil ancien, devant un tapis persan tout aussi ancien et la cheminée du salon, Zully habillée d’un costume de scène de sa propre création (d’une beauté noble et élégante : un voile noir parsemé d’étoiles dorées) a présenté des extraits du savoureux texte de Jean-Loup, adapté et agrémenté de commentaires de Pierre Buffiere de Lair et d’elle-même, au seul spectateur devant elle, moi, son amie et admiratrice de toujours.
« Sa présentation a été accompagnée d’une telle conviction et d’une telle compréhension profonde des subtilités raffinées et souvent amusantes de son texte que je n’ai pu détacher ni les yeux ni les oreilles, ne serait-ce qu’un instant, de sa lecture-théâtre captivante. Cet acte artistique est digne d’être présenté dans un cadre plus large, devant des élèves, dans des écoles, car ce serait, pour les jeunes d’aujourd’hui, une manière plus attirante pour les inciter à aimer et à respecter davantage leur belle langue, leur patrimoine. »
Mon Dieu ! Je n’ai pas pensé que Liliana allait écrire de telles choses. Je me dis que je peux quitter ce monde en paix… Lorsque je lui ai envoyé le début du texte pour qu’elle me donne ses impressions, elle a écrit : Ma chère, je te remercie du fond du coeur de tes pensées et belles impressions en relation avec ton bref séjour chez moi, notre chez-nous, où tu seras toujours reçue avec amitié et sentiments sincères (même si parfois il peut y avoir des petites réflexions !)
Le salon de Liliana : on ne voit qu’une partie, celle qui m’a servie à lui présenter mon spectacle. Ce salon a reçu des peintres, des musiciens, des écrivains, des acteurs., des danseurs, des metteurs en scène, des comédiens de premier plan. Liliana aime les arts, les belles choses, les relations riches et harmonieuses. Sur le mur du fond, on voit deux tableaux du peintre Viorel Mărgineari, décédé en 2022, qui a été le président de l’Union des artistes plasticiens. Sur la cheminée, il y a les photos de son fils, Ion Bogdan Ștefănescu, devenu le meilleur flûtiste de Roumanie. Il est le soliste de la Salle de l’Athénée et vient de recevoir un prix pour son talent !
Un mot sur l’intérieur de se maison. Liliana l’a fait construire selon les plans des premiers bâtiments modernes du XXe siècle par le grand architecte Marcel Iancu.
Un prix. Vous ne serez pas étonné de savoir que Liliana traduit admirablement en roumain des livres écrits en espagnol. Elle a été une élève brillante au lycée, surtout en mathématique. Puis elle a étudié le latin à l’université et s’est spécialisée dans l’espagnol. C’est tout un personnage. Elle a reçu un prix l’année passée pour la traduction de Cette brume insensée de l’écrivain espagnol Enrique Vila-Matas. Le voici :
Vous comprenez mon émotion en lisant les compliments de Liliana à mon égard…
Pregătesc un gen nou de spectacol, lecture-théâtre (lectură-teatru) și prezint un fel de avant-première la prietena mea Liliana Iacob care mi a devenit mescena. Este o călătorie scurtă de patru zile.
Prietenie, căldură, înțelegere și mescenat fac doar unu la prietena mea. Când sunt la ea acasă, sunt la mine ; bine nu chiar la mine pentru că ea verifică dacă am pus un paltou cald când merg în oraș, și este iarnă, sau dacă pantofii se potrivesc și așa mai departe. Înanite să iau zborul mi a spus la telefon să nu cumva să merg în țară cu pantalonii mei de voal ! Fiecare ar vrea să fie independent, dar rigoarea preitenei mele, exact ca ceea unei alte prietene, Ileana Iliescu, fostă prima balerină, îmi face foarte bine.
Țuică. Tare îmi plăce să băau un pahăr sau doi când sunt « acasă » la București ; nu când sunt la mine la Neuchâtel și nici dacă sunt la București cu străini. Nu am o explicație, este o dimensiune specială. Liliana înțelege.
O masă frumoasă m-aștepta când am ajuns, bine înțeles cu o sticlă de țuică și un pahăr doar pentru mine.
Primirea românească. Așa cum am spus, primirea Lilianei este perfectă. N-a avut timp să pună toate farfuriile pregătite pe masă înaintea să fac poză, dar mie mi este de ajuns. Liliana este o gazdă perfecta : știe ce i plăce fiecărui invitat, ce hrânește visele celorlalți și ce le plăce. Este un dar și ea este foarte talentată. La ea nu este nevoie să faci un efort, totul merge de la sine.
A două zi. Întămplarea este o prietenă în viață mea. Călătoria de acum a coincis cu celebrarea în sala Ateneului Român a celei de a 70-a aniversări de la înființariea orhestrei medicilor. Am o altè pritenă, Valentina, violonistă, care cântă în orhestră. M-a invitat la repetiție și la spectacol. Valentina înseamnă prelungirea perioadei mele de legătură strânsă cu Bucureștiul fiind nepoata doamnei Elena Oprescu, secretara Operei Române care, în anii mei de studii ca tânără aspirantă la statutul de balerină, m-a ajutat foarte mult. Invitația Valentinei m-a făcut să-mă simt ca pe vremuri după studii mergeam la repetiții și la spectacol. Nu uit că din primii bani cu care am fost remunerată pentru o participare la un spectacol al Operei n-am putut să cumpăr altceva decât cărți pentru că ele durează o viață întreagă. La repetiția orchestrei medicilor, am mai întâlnit o altă prietenă, tot violonistă, Eugenia Agarici, medic independent și membru al formației.
Programul concertului : sub conducerea lui Iosef Ion Prunner am auzit preludiul no 3 din Lohengrin, Wagner, Dansul macabru, Liszt cu pianistul Cristian Budu, faimosul Concert pentru doiuă viori – interpretat de Geza Hosszu Logocky, un violonist virtuos, și Antonio Piculeță, elevul lui foarte talentat – un adevăra! răsfăf ! introducere și Rondo Capricioso, Saint-Saens , tot cu Antonio Piculeață, și Symfonia no 3 cu orgă de Saint-Saëns. În ziua respectivă a fost înregistrarea și un fotograf lua instantanee. Deși aveam aparatul meu de fotografiat și mobilul meu, Intuiția mi a ghidat să i cer o poză cu Anton P. Bine am făcut pentru că pozele mele n-au fost reușite. Intuiția este un alt ingredient vital în viața mea.
Fotograful Adrian Stoicoviciu. Nu mă știa dar a avut încredere și din pozele trimite am păstrat câteva :
Dirijorul Iosif Ion Pruner și violonistulAntonio Piculeață. Nu este nevoie de comentarii ; privirea și atitudinele corporale vorbesc de la sine.
Încă trei imagini :
Deși nu se aude nici un cuvânt, pozele vorbesc.
O poză spune multe și aici se vede că spiritul violonistului este în lumea muzicii și nimeni n-ar fi surprins să afle ca este o persoană foarte deschisă și caldă. El era pe scena la repetiție și obervând că fac poze și mi a făcut semn cu mână și a zimbit.
Zilele petrecute la București mia au dat impresia, de data asta, ca pentru scurt timp trăiam viața mea de atunci în prezent. Nu este ușor de explicat dar : repetitții, concert, câteva vorbe schimbate cu muziciani la sfârșit, bar după concertul, întâlnirea cu un pictor și un iubitor de chitară, dormit la un hotel, plimbarea prin București, o halbă de bere nefiltrată într-un bistrou, schimb de vorbe plăcute cu necunoscuți pe trotoar. Totul a fos ca un vis. Așa a fost viață mea atunci.
Lectură-teatrul la Liliana. Am închis visul cu prezentarea spectacolului meu lui Liliana. Fac revizuire de texte în franceză și am dat de un scriitor, Jean-Loup Chiflet, care scrie despre limbă franceză, despre frumusețea și greutățile ei. Este un răsfăț să citiți cărțile lui. Cărțile care m-au inspirat sunt J‘ai un mot à vous dire și J’ai encore un mot à vous dire. Idea de a scrie aceste cărți i-a venit lui Jean-Loup când a citit o frază a lui Victor Hugo in Contemplații :
Car le mot, qu’on le sache, est un être vivant
Povestea : Jean-Loup își spune că este adevărat și imediat pune un anunț într-un ziar : « Caut un cuvânt care ar avea două cuvinte să-mi spună. Luați legatură prin ziar. Discreția asigurată. » Trei zile mai târziu ntâlnește un cuvănt care i povestește cum s-a născut, cum a fost la școală, unde mergea în vacanțe, ce prieteni avea, ce studii a făcut, traiectoria profesională câtorva cuvinte, ce meserie și a ales și ce multăumire are.
Părerea prietenei mele Liliana : Jean-Loup este, într-adevăr, un mare iubitor al cuvântului, căruia îi simte pulsul, sensibilitatea, intențiile, menirea în viață. De aceea se poartă cu cuvintele precum un părinte cu odraslele sale dragi și de aceea încearcă, cu perfectă intuiție de pedagog și într-o manieră extrem de amuzantă, să ne facă și pe noi să le iubim și să avem grijă de ele.
Iar Zully dovedește, prin tot ceea ce întreprinde în ultimul timp în domeniul literar, o grijă impresionantă pentru cuvântul scris, izvorâtă din aceeași iubire pentru o exprimare corectă, elegantă și expresivă, ca și Jean-Loup. În plus, talentul ei artistic își spune cuvântul la modul cel mai fericit atunci când dă viață unui text literar. Fiindcă Zully este nu doar balerină, ci o artistă completă, și încă una capabilă să dea strălucire oricărui act artistic în care se angajează cu credință, cu pasiune. Căci e făcută pentru scenă! Scena, sub orice formă, e casa ei ! Până și salonul meu a devenit, pentru o oră, scena pe care Zully și-a demonstrat talentul actoricesc de data asta, dacă mai era nevoie ! (l-a mai folosit și cu alte ocazii, și în alte scenarii). De data asta, așezată comod într-un jilț vechi, în fața unui covor persan la fel de vechi și a șemineului din salon, Zully, purtând un costum de scenă creație proprie (de o frumusețe nobilă și elegantă : voal negru presărat cu steluțe aurii) a citit unicei spectatoare din fața ei, eu, prietena și admiratoarea ei dintotdeauna, fragmente din savurosul text al lui Jean Loup adaptat și îmbogățit cu comentariile lui Pierre Buffiere de Lair și ale ei. A făcut-o cu o implicare și înțelegere profundă a subtilităților rafinate și de cele mai multe ori amuzante ale acestui text, încât nu mi-am putut abate ochii și urechile nici măcar un moment de la captivanta sa lectură-teatru, act artistic exemplar și demn a fi prezentat într-un cadru mai larg, în fața elevilor din școli, de exemplu, căci ar putea constitui o modalitate mult mai atractivă de a-i face pe tinerii de azi să își iubească și să-și respecte mai mult frumoasa limbă care le este zestre.
Nu pot să nu transcriu cuvintele Lilianei când i am transmis articulul să mi adăauge părere ei. Sunt protretul ei ! Draga mea, îți mulțumesc din suflet pentru gândurile și impresiile tale bune în legătură cu scurtul sejur petrecut în casa mea, casa noastră, unde vei fi mereu primită cu prietenie si sentimente sincere (chiar dacă uneori însoțite de cicăleală!)