Spectacle lecture-théâtre autour du… mot !

Les choses viennent toutes seules dans ma vie, mais quand elles sont là, je m’aperçois qu’il y avait un moment qu’elles prenaient forme.

Ce nouveau genre s’inspire passablement du livre J’ai un mot à vous dire et en partie de J’ai encore un mot à vous dire. Ce spectacle est une suite ou un parallèle de mes spectacles de danse intimistes puisque dans ces derniers, j’entre en relation avec le public. Cette fois-ci, je raconte une histoire et parle aussi avec le public. C’est une danse différente.

Jean-Loup Chiflet. Je fais de la révision de textes et suis tombée sur l’écrivain français, Jean-Loup Chiflet, qui a écrit une soixantaine de livres sur le français d’une façon qui lui a valu le titre de grammairien buissonnier par Alain Rey. Il est l’auteur des deux livres qui nourrissent mon spectacle. À la différence des autres livres que l’auteur a écrits, il y a une trame tout au long de l’histoire.

Pierre Buffiere de Lair, Chambaron de son nom de plume. Chacun de nous a son genre de vie, de pensée et d’écriture et quand on vit dans son monde, on oublie parfois ceux des autres. La révision de textes me permet de m’enrichir, de voir des mots traités différemment, des tournures que je n’aurais jamais employées ou de constater que certains écrivains se laissent emporter par leur élan… Pierre est le complice de mes révisions, soit l’expert que je consulte lorsque je ne sais pas quelque chose en français ou que j’ai un doute. Je ne sais pas tout mais j’ai un très bon instinct et Pierre m’éclaire dans tous les domaines que je traite et il y en a beaucoup. J’ai écrit un article sur lui, tellement il est hors norme.

Fil conducteur du spectacle : un jour Jean-Loup lit dans Les Contemplations de Victor Hugo : Car le mot, qu’on le sache, est un être vivant. Ni une ni deux, Jean-Loup fait passer un avis dans un journal du soir à grand tirage et demande à rencontrer un mot. La rencontre se fait, le mot lui raconte comment il est venu au monde, son entrée à l’école, ses vacances, ses copains, sa formation, la carrière professionnelle de certains de ses amis, le choix de sa profession et ce qu’elle lui rapporte. Au fond, c’est comme la vie d’un être tel que vous et moi, même la retraite est traitée !

Mon spectacle dure 45 minutes et ensuite on se réunit autour d’un verre pour discuter. Lors de la conversation, je profite d’une remarque ou d’une autre pour rajouter quelque chose que Jean-Loup a dite ou que Pierre a remarquée dans le texte ou pour faire un parallèle entre ce que j’entends et ce que je sais.

Jean-Loup m’a donné l’accord pour l’utilisation de ses textes. Je lui suis reconnaissante.

Signes du destin ou appréciations très particulières : comme souvent, les choses se lient les unes aux autres. D’abord, j’ai présenté des extraits à Thomas Facchinetti, l’ancien conseiller communal de la culture à Neuchâtel ainsi qu’à sa collaboratrice Gaëlle Métrailler. Ils ont aimé et dit que je me dirigeais vers un chemin littéraire. Ensuite, je suis allée à Bucarest faire une avant-première chez Liliana Iacob, amie de toujours, excellente traductrice (elle a reçu un prix en 2024), une autre présentation à Pierre Dubois, l’ancien conseiller d’Etat et homme de culture ; Il a trouvé passionnant et m’a félicitée. J’ai une amie, Béatrice Bois, qui a fait de la politique et qui est en fin de vie. Ne désirant plus voir personne, je lui ai fait une présentation par téléphone. Tu n’a pas eu besoin de te déplacer pour assister au spectacle ! lui ai-je dit à la fin. Elle a répondu qu’on pouvait dire la chose comme cela et elle a rigolé. Elle a aussi aimé, ajouté que comme toujours j’avais plein d’idées et déclaré que je devenais conteuse. Elle a encore dit que cela ne l’étonnait pas que je révise des textes parce qu’elle avait relu il n’y avait pas longtemps des lettres que je lui avais envoyées des années auparavant : « Tu écris fichtrement bien ! » a été son commentaire. Ce spectacle a été son dernier spectacle parce que mon amie a quitté ce monde le samedi suivant.

Encore une appréciation – Pierre Buffiere de Lair. Je le rencontre lors du concours d’orthographe du Salon du Livre à Genève. Il n’a pu arriver à temps à cause d’une panne de voiture et c’est vraiment dommage pour lui. Il aurait figuré parmi les premiers. Mais, il a une telle joie de vivre qu’il a quand même décidé qu’on pouvait se rencontrer à la gare de l’aéroport. J’ai pu lui présenter une partie de mon spectacle et voici son verdict : J’ai beaucoup apprécié (ad-precium) votre jeu de scène. Sincèrement, c’est sans commune mesure avec les échanges écrits. Il faut des mimiques, des intonations, des suspensions… Comme l’a fait notre ami belge Arnaud Hoedt, on arrive à vraiment faire passer les idées par cette théâtralisation.

De façon générale, les amis qui ont vu ma présentation pensent qu’elle s’adresse à un public qui aime la langue et qui pourrait intéresser des élèves parce que le côté théâtral fait passer bien mieux un tas de règles et peut même les motiver à approfondir le sujet.

Deux autres signes: j’ai hérité d’un petit tapis couleur lie de vin de la part de Béatrice. Il ira très bien avec le fauteuil que je viens d’hériter de la Bibliothèque de Neuchâtel. Ces deux objets font partie du décor du spectacle. Je n’avais jamais pensé présenter ce genre de spectacle, mais, les choses se lient les unes aux autres dans ma vie et je ne peux que suivre. Alors, le fauteuil, s’il arrive à point nommé pour le spectacle, il me rappelle que lorsque feu mon ami, André Oppel, avait présenté son dernier spectacle Alphonse Allais, une amie nous avait prêté un fauteuil semblable à celui qui vient se joindre à mon aventure. C’est une sorte de résonance.

Arbre généalogique du fauteuil : avant d’arriver chez moi, il était dans le bureau de Thierry Chatelain, directeur de la Bibliothèque de Neuchâtel, avant encore, il avait appartenu à Monika Roulet, décoratrice et ancienne connaissance – on s’est retrouvées grâce au fauteuil – et avant encore il avait appartenu à sa belle-mère qui est certainement la personne qui lui a fait son canevas. Cette belle-mère était la mère du professeur Eric Roulet qui m’a engagée pour donner des cours facultatifs à l’école secondaire ! Je saisis l’occasion pour le remercier de son geste. J’ai l’impression que ce fauteuil me parle et je vais finir par en faire l’objet d’un conte.

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Jean-Loup Chiflet-Clément Drouin-Pierre Buffiere de Lair-Zully ou un pas de quatre. Rencontre particulière 21.

Je ne sais quel est le premier protagoniste de ce pas de quatre, tout est relatif, mais ces hasards de la vie qui n’en sont pas m’ont fait acheter une fois un livre du magnifique écrivain qu’est Jean-Loup. Puis les choses se sont enchaînées sur une très belle musique au rythme de la vie.

Pas de quatre. Un pas de quatre est bien sûr dansé et celui-ci l’est mais il est aussi littéraire et aussi un croisement de personnes remarquables. Cependant, je crois avoir une préférence pour le pas de quatre dansé parce qu’on danse avec la vie. Sur une scène, les personnages apparaissent, s’en vont, reviennent, tout comme dans cette histoire.

J’aime la langue française. J’aime les gens qui s’efforcent de lui faire garder sa place, de lui redonner de la force. Souvent, on me dit que la langue évolue. Cela a été vrai jusqu’à ce qu’on établisse des règles. Les règles ? Bien des gens les rejettent, mais n’oublions pas qu’elles existent dans le règne minéral, végétal, animal ; alors, il en faut aussi dans le langage afin que chacun possède les mêmes clefs de communication. Cela n’empêche pas la création de mots, mais rien ne justifie leur destruction.

Paris. Paris est une ville qui me ravit, je m’y sens vivante, c’est une histoire d’amour et l’amour n’a pas besoin d’explications. J’y vais surtout pour suivre des cours et pour profiter de bien des choses. Je ne manque jamais, par exemple, de faire une visite à la maison qu’Abraham-Louis Breguet a habitée. De même, à chaque fois que le destin le veut, je rencontre Jean-Loup. En fait l’histoire d’amour est née avec Le Figaro où Jean-Loup a été chroniqueur et c’est là que j’ai rencontré pour la première fois le nom de l’auteur.

Le hasard et début du pas de quatre. Comme je le disais, le hasard, ce grand ami, m’a fait acheter plusieurs livres de Jean-Loup Chiflet, dont J’ai un mot à vous dire, et le désir de faire la connaissance de l’auteur est né. Le temps m’a joué des tours, mais finalement, j’ai vu de la publicité pour son livre Attention à la marcheJ’ai 80 ans et alors ? livre publié chez Bouquins en novembre 2022. J’ai téléphoné à l’édition qui m’a conseillé d’envoyer un courrier. C’est tellement plus personnel ! À quelques jours de là, Jean-Loup m’a envoyé un message électronique. Je dois des remerciements profonds à l’édition d’avoir fait suivre mon courrier. C’est ainsi que le pas de quatre a commencé à prendre forme.

Résultat de la deuxième rencontre : l’accord de Jean-Loup Chiflet pour l’utilisation de cette belle photo, la citation d’extraits de ses ouvrages et pour l’article qui suit. « Ce n’est pas rien », comme dirait un Anglais.

Pourquoi parler d’un Anglais ? Tout simplement parce que Jean-Loup est bilingue, qu’il a écrit une trentaine de livres sur l’humour anglais et américain et qu’il s’intéresse à la traduction. Il déconseille de traduire mot à mot parce que Ciel mon mari ! donnerait Sky my husband ! (tItre de l’un de ses ouvrages) ; vous voyez bien que si la traduction littérale est correcte, le sens n’y est pas du tout. Une Anglaise dirait : My God, my husband ! ou alors My God !My husband ! Cela dépend du temps qu’elle a… Lorsque je cherchais à entrer en contact avec l’écrivain, l’une des personnes qui l’avaient côtoyé m’avait dit qu’il avait eu un bateau sur la Seine qui s’appelait… devinez ? Sky my husband ! C’est tout le portrait de Jean-Loup : il est raffiné et il a le sens de l’humour.

Le genre littéraire de Jean-Loup. Il écrit beaucoup sur le français, sur ses difficultés, parfois pénibles, mais aussi sur son charme. Il a publié une septantaine de livres, dont la majorité sur le sujet (j’en ai 42 !) ; le reste traite de sujets dont je vous ai parlé plus haut : l’humour anglais ainsi que des adaptations et traductions de l’intégrale des dessins du célèbre New Yorker américain (j’en ai 12 en commençant par Sky my husband ! Ciel mon mari !). Le tout saupoudré d’humour, c’est sa touche personnelle et bien souvent j’ai l’impression de prendre des desserts en le lisant.

Voici quelques extraits de livres sur le français qui m’ont ravie : En fichier séparé (à venir).

Le temps passe et une idée atterrit dans mon cerveau : faire un spectacle « lecture-théâtre » à partir de certains de ses textes. Il y a deux livres qui ont retenu mon attention et dont vous avez une photo ci-dessous. Bien qu’ils traitent du même sujet, à la différence des autres livres, il n’y a qu’une trame ; Ils traitent de la naissance du mot, de sa formation, de sa vie sociale et mondaine ainsi que des problèmes qui peuvent surgir lorsqu’il est malmené par le destin. C’est un vrai délice. Je me suis dit qu’on pourrait en faire une lecture sur scène. Puisque ces textes sont humoristiques, je me suis demandé si l’une de mes connaissances, qui fait des spectacles d’humour, ne serait pas intéressée par eux. Je lui en parle et elle se dit intéressée. Mais, comme souvent, il se trouve que je me parlais à moi-même parce que l’idée a grandi en moi et que finalement, j’ai introduit, côté de mes spectacles intimistes de danse un genre « lecture-théâtre ». J’ai commencé par lire des extraits ici ou là et les gens ont aimé. Voici les deux livres qui m’ont inspirée :

Ces deux livres ont été publiés respectivement par les éditions Mots et Cie et Chiflet et Cie. Eh oui, Jean-Loup a eu ses propres éditions !

Une fois que je cherchais des informations sur l’auteur, je suis tombée sur un texte que Le Figaro avait commandé à Jean-Loup après le décès de Claude Duneton en mars 2012, un autre écrivain et personnalité remarquable qui a aussi collaboré avec Le Figaro. La copie que j’avais n’était pas très lisible et afin de la compléter, j’avais lu le texte par téléphone à Jean-Loup. J’entends encore la voix de ce dernier me dire, avec un certain étonnement, que je lisais très bien. Je n’avais pourtant rien fait d’autre que de me mettre dans la peau des personnages. Je suppose que c’est le secret de toute bonne lecture.

J’ai cru arriver à la fin de mon article, mais ce fameux hasard a plus d’un tour dans son sac ! Un jour, Jean-Loup m’a dit que le même éditeur qui lui avait transmis mes coordonnées (Bouquins) lui avait proposé de publier une dizaine de ses ouvrages en un seul volume, un seul… bouquin ! L’un des premiers livres que j’avais révisés de l’écrivain avait été J’ai un mot à vous dire. C’est un automatisme chez moi de me poser des questions quand je vois un mot écrit d’une drôle de façon, une ponctuation étrange, une expression faisant du tourisme au mauvais endroit. Aussi, lorsque j’ai su que le livre ferait partie du lot, je l’ai envoyé à Jean-Loup qui l’a remis à Clément Drouin, directeur littéraire de l’édition, lequel a trouvé mes remarques pertinentes. Cela a été une occasion inespérée de pouvoir rendre service à Jean-Loup. De plus, il se trouve que j’avais lu la plupart des livres qui figuraient dans le choix – à croire que l’éditeur et moi avons des goûts semblables ! Je suis allée rencontrer Clément à Paris et le courant a passé. Je lui suis reconnaissante de m’avoir fait confiance. Je considère cela comme un privilège. Je me suis sentie dans une sorte de paradis. Maintenant on est trois dans ce pas de quatre.

Pas de quatre au complet. Avec Jean-Loup, j’ai appris bien des choses. Le goût du bien parler me vient de la maison, de professeurs passionnés par l’enseignement et de feu mon ami André Oppel qui était féru de cette langue ; je le dois encore aux frères Hostachy qui ont construit le logiciel du Projet Voltaire ainsi que Question-orthographe.fr et à Pierre Buffiere de Lair qui y figure comme expert et qui publie sous le nom de Chambaron. Il est devenu mon cornac ; je le consulte à chaque fois que je ne sais pas quelque chose ou que je m’interroge. Il est fort ! Je suis attirée par toute sorte de domaines : la mathématique – les romans historiques – la Grèce ancienne – la science-fiction – les ouvrages sur le français – la vulgarisation scientifique – le bien-être… À chaque fois, Pierre me sort d’embarras. Il en est allé de même avec les questions que j’avais en révisant les livres de Jean-Loup et c’est ainsi qu’on a maintenant un pas de quatre au complet.

Pierre, en personne (!). Il est comme sur la photo, toujours de bonne humeur !

Ce qui unit les quatre protagonistes de ce pas de quatre est l’amour du français !

Récompense : Clément et Jean-Loup se sont dit qu’ils allaient me remercier publiquement dans le livre publié ! Je suis aux anges. Cela justifie ma vie en grande partie. On ne sait pas toujours pourquoi on vit, mais là, il y a une bonne raison. Mon nom, ainsi que celui de Pierre, figurent dans le dernier paragraphe.

Encore le hasard. Il est intéressant de mentionner que ce livre aurait dû paraître début 2023. Comme je n’avais pas lu tous les livres du recueil, le destin ou le hasard ou les deux se sont dit qu’il fallait m’accorder du temps. Dans leur monde tout est possible et j’ai pu faire d’autres propositions jusqu’en août 2024. C’est une victoire pour mon intuition.

Les amitiés de Clément sont « chocolatées » parce que lorsqu’on se voit on partage un bout de chocolat noir. Clément est un poète !

Les embranchements de la révision de texte. Dans mon monde, les branches de mon arbre de vie se croisent et fleurissent de façon inattendue. Cette fois-ci, la révision de textes est le tronc et les branches qui poussent ou s’y rattachent sont assez curieuses. Je ne me demande pas tout le temps « qu’est-ce que ceci ou cela représente dans ma vie ? », mais c’est une fois que les choses sont là que je vois la branche.

Voici quelques-unes de ces branches :

  • réorganisation de mes bibliothèques . Les livres de Jean-Loup formaient diverses piles avec encore d’autres livres tant dans ma chambre que dans mon bureau. Lorsque mon ami est parti au ciel, je me suis dit que j’allais arranger ma bibliothèque d’une façon définitive et je l’avais fait en prenant soin de laisser des espaces soit entre des catégories de livres soit dans la quantité d’un même sujet pour donner une jolie impression et pour y joindre, si le cas se présentait un livre ou deux. Je ne voyais pas ce qui pourrait encore me forcer à revoir la chose. Mais, les soixante et quelques livres de Jean-Loup, plus ceux de Jacques Collin, plus ceux sur les nombres, plus ceux sur Ramsès ii., plus ceux sur l’horlogerie, plus encore d’autres… m’ont dit que ma vie prenait un autre tournant et j’ai commencé à réorganiser mes bibliothèques. Le fait d’avoir révisé les livres de près d’une vie de Jean-Loup, m’a poussée à revoir mes bibliothèques et des pans de ma vie ;
  • nouveau genre de spectacles que je vais présenter « lecture-théâtre ». J’ai non seulement les textes de Jean-Loup, mais, j’ai aussi de très belles explications sur les mots fournies par Pierre Buffiere de Lair qui est un fin connaisseur de la langue française. Non seulement il connaît, mais il raisonne et fait résonner les mots de façon inattendue ;
  • Pierre se remet à écrire. Il a été frappé par la covid, non pas par la maladie, mais par l’absence soudaine et massive de livres à réviser. Les éditeurs ont semblé subitement paralysés. Lorsque j’en suis venue à lui dire que finalement les livres de Jean-Loup allaient être republiés, j’ai eu de la peine à le réveiller pour me donner ses conseils avisés, mais là aussi il m’a surprise puisqu’il s’est remis à écrire. Il a commencé à rédiger Musardises – Flâneries linguistiques dans les champs lexicaux, recueil de travaux de recherches sur des mots à l’étymologie obscure ou méconnue ;
  • nouvelle vie. J’ai souvent l’impression que ma vie ne commence que maintenant. Mais, en revisitant ma bibliothèque, j’ai revécu différentes périodes de mon existence. Parfois on est adepte d’un genre littéraire, on a travaillé dans tel domaine, ou autre chose encore. J’ai de la peine à me séparer de certains de ces ouvrages parce que même si je ne les consulte plus, ils font partie de moi. Bref, je me suis dit que si j’avais lu tant de livres de Jean-Loup et que Clément avait jugé bon d’en publier dix dans un seul volume, il devait y avoir quelque chose en commun avec mon histoire. Je ne sais pas encore comment elle est ou sera, mais la sensation est forte.

Voilà le résultat, en tout cas à ce jour.

Autres hasards liés d’une façon ou une autre à Jean-Loup. ils n’ont de signification que pour moi encore que je ne les comprenne pas toujours. Le premier : il a eu lieu lors de notre première rencontre. Il avait la main gauche bandée parce qu’il avait eu un accident sur sa mobylette et moi, la veille, j’avais fait une planée dans le parc des Champs-Élysées, j’avais la main gauche abîmée et un doigt, le majeur, blessé. C’était une drôle de chose ; le second : un jour à Paris, je dis à Jean-Loup que je venais de revoir une dame qui comme moi corrigeait ce qu’elle lisait et que le hasard avait fait qu’elle avait corrigé un livre de Jacques Collin, le conférencier et écrivain, que j’allais revoir. C’est alors que Jean-Loup m’a dit qu’il était grand ami de l’une des sœurs de Jacques ! Le troisième : j’ai rencontré une jeune femme qui lisait dans le métro parisien ; des ados parlaient trop fort et l’empêchaient de se concentrer. Je suis intervenue ; les ados ont compris et la jeune femme et moi avons entamé une amitié. Elle travaille dans une édition et on a convenu qu’une fois j’irais y faire un tour. Une année après, j’apprends que la fille de Jean-Loup est son chef ! Le quatrième : lorsque je cherchais des informations au sujet de la prononciation de la lettre X dans différentes langues, notamment dans le langage mathématique, un professeur de l’institut de Mathématiques de Neuchâtel, voyant mon intérêt pour les chiffres, m’a conseillée de lire L’Histoire universelle des chiffres, publié chez… vous avez déjà deviné et ne devrais pas l’écrire… quand même je le fais, publié chez Bouquins ! Clément a eu l’élégance de me l’offrir. C’est quand même extraordinaire !

Une coïncidence avec Pierre. Je dis à Pierre que je vais aussi écrire un article sur lui et il m’envoie ceci : Grand merci ! Pour la terminologie, j’utilise « révision » comme variante enrichie de relecture-correction qui est le terme habituel voire consacré en France mais que je trouve réducteur. Ce sont les Québécois qui en ont fait un métier plus valorisant (avec diplôme) que le correcteur d’imprimerie ou même le secrétaire de rédaction (S.R) à la française. Ici aussi le hasard s’en mêle puisque sans savoir cela, je propose aux auteurs que je croise de réviser leur texte. Je trouve le mot plus beau et mes révisions prennent souvent l’allure d’un dialogue avec l’écrivain concerné.

Maintenant qu’on arrive à la fin, Jean-Loup Chiflet vous tend sa carte de visite, un autre délice du point de vue des mots auquel s’ajoute le plaisir du toucher puisque la carte est imprimée en relief.

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Maquillages au Bureau international du Travail (BIT), Genève, 2024

Retrouver le monde de Noël du BIT c’est comme retourner à la maison. Voici l’image de la carte de voeux que j’ai reçue :

Ici, vous avez le hall d’entrée du BIT:

Le traité de Versailles de 1919 a posé les principes de l’Organisation internationale du Travail. Sur fond de toile, il y avait la conviction qu’une paix universelle ne pouvait se bâtir que sur la base d’une justice sociale.

Le BIT est le siège de l’organisation. J’y ai travaillé pendant des années dans divers départements, allant de Emploi à Égalité de traitement en passant par Maritime, le Syndicat, la Bibliothèque et les conférences annuelles, entre autres. Ce couloir, à mon époque sans tapis, est plein de pas de personnalités qui ont oeuvré pour le bien commun. Dire aussi que ce bâtiment commencé en 1969 et fini en 1974 a été le plus gros chantier suisse est quelque chose de symbolique ! On ne peut aussi que remercier Albert Thomas, le premier directeur du BIT, d’avoir choisi et imposé Genève comme siège de l’organisation ! Dans la photo, vous voyez l’enfilade des colonnes cruciformes – à l’envers des colonnes habituelles ; ce passage vous met dans un état d’esprit très spécial. C’est au-delà de ce qu’on voit que se passe la fête de Noël.

C’est ma place. On ne m’y voit pas parce que je fais la photo…
Cela fait des années que je maquille ces adolescentes, autrefois des enfants. Maintenant, elles s’occupent des « petits ». L’une d’elles m’a dit que chaque année, elle se fait faire une photo avec le maquillage et qu’elle en a une collection ! C’est un cadeau de participer de l’histoire de générations qui nous suivent. C’est aussi une marque de confiance et cela est précieux.

Le four et le moulin ? Eh bien ! On ne peut être à deux places en même temps. Je n’ai pas eu le temps de prendre plus de photos parce qu’il y avait la queue…

Conversations. Plus je pratique ce métier, et plus je me dis qu’il se compose d’un ensemble de choses : j’ai bien mon style, mais je ne sais jamais ce que je vais faire avant d’avoir la personne assise devant moi, le dos bien droit. Sinon, il ne se passe rien. Alors, quand des enfants me demandent ce que je vais leur faire… Je les tranquillise en leur disant que si le maquillage ne leur plaît pas, comme il est à l’eau, on pourra vite l’enlever. Quand ils se regardent dans le miroir… C’est l’étonnement et les yeux qui pétillent. L’une des enfants est venue vers moi, s’est assise et m’a dit : « Je t’ai reconnue ». Elle ne doit pas avoir six ans. C’est si touchant ! Une autre était inquiète parce que le maquillage n’allait pas sortir bien. Je l’ai rassurée et demandé ce qu’elle aimait à l’école. Elle aime je ne sais plus quoi et les maths. Là, le maquillage a pris un sens : tout était clair, en ordre et il m’a semblé que le front de la fillette rayonnait. Une autre avait l’air un peu, disons, lointain. Je lui ai demandé si les gens disaient d’elle qu’elle était timide. – Non. – Mmmm… Est-ce que tu dis tout ce que tu penses ou tu gardes bien des choses en toi ? – Oui ! – Eh, bien, tous ces trésors, tu les vois là, dans ton maquillage. La fillette a eu un sourire de soulagement en se regardant dans le miroir et une lueur est passée dans ses yeux. Ensuite, j’ai conversé avec le photographe, mais il faudra que je demande son nom. Son père, Etttore Brero, avait travaillé au Syndicat ; je l’ai connu bien que je n’ai pas travaillé avec lui, mais on avait bien des connaissances en commun et cela a resserré les liens.

Remerciements. Faute d’autres photos, je finis avec les remerciements qui me touchent profondément. Je remercie à mon tour l’équipe des lutins qui pense à moi à cette période et inclus Caroline et Jane absentes cette année.

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@articulations – jouons avec elles. Automne 2024

Nous pouvons tous avoir le même capital du point de vue des articulations, nous le manions chacun à notre manière. Le plus important c’est de savoir qu’il peut, tout comme un capital financier, produire un résultat.

Le capital. En affinant la pensée, le capital du squelette est l’égal d’un capital financier mais aussi d’un capital social et encore d’un capital au sens figuré.

Ma plus grande joie c’est de permettre à quelqu’un de découvrir quelque chose qu’il a et qu’il peut utiliser pour son propre bénéfice ou pour celui des autres. Dans ce cours, c’est réussi. En effet, je n’ai fait que dire comment on peut jouer avec ses articulations physiques pour que le jeu s’installe. Il en est allé de même avec les articulations (=situations) sociales. Ainsi que je l’ai dit auparavant, chacun est différent ; cette fois, j’ai eu des participants avec des corps, des métiers, des caractères différents et pourtant une sorte de symbiose s’est créée.

Photo hivernale. L’une des participantes m’a envoyé cette photo un jour de novembre alors qu’on venait d’être enneigé de façon inattendue. Je me suis dit que c’était l’occasion de lier l’articulation de ce qui entre par les yeux avec ce que nous avons en nous. Voici le résultat de l’exercice :

  • un grand espace ;
  • la respiration ;
  • un grand ciel ;
  • je suis née entourée de montagnes alors qu’ici, je les vois de loin ; tout comme à Neuchâtel et cela me donne un sentiment de liberté ;
  • souvenirs d’enfance ;
  • sensation de quelque chose de magnifique ;
  • espace infini.

Remerciements. Je remercie la personne qui m’a envoyé la photo. Elle l’a fait de façon spontanée, sans savoir qu’elle me serait utile pour mes cours. En effet, nous voyons la vie à travers notre prisme et ce dernier me permet de mieux comprendre les personnes. Mais, je vais laisser de côté ce sujet si complexe ; pour le moment, le principal est de savoir qu’il y a une articulation entre ce qui pénètre par nos sens et notre interprétation.

Tout de même, un mot au sujet des interprétations : l’une des participantes a mentionné le grand espace et une autre l’espace infini. Je dis que ces deux personnes s’unissent et la seconde ajoute qu’en fait elle a repris les mots de la première. C’est ici que la chose est intéressante : il n’y a pas de copiage, comme on pourrait le penser ; simplement, la seconde personne a résonné aux mots de la première, les a reconnus et a pu les sortir. En bref, la première a été le révélateur de la seconde et je trouve cela magnifique ! Mon cours est réussi.

Un autre exemple : le fameux jour où il a neigé, l’une des participantes se trouvait dans un bus qui a mis un temps infini pour un trajet passablement court. Elle a raconté que tout le monde était fâché. Arrivés sur place, les enfants sont sortis en criant : La neige ! La neige ! Cette joie a aussi envahi la participante. Voilà, elle aurait pu choisir l’articulation du retard, de l’énervement, ce qui aurait eu des conséquences de tension dans son corps alors que celles de la joie l’ont détendue.

Je me suis crue à Noël : caramels faits maison – miel de la Chaux-de-Fonds – chocolats au gingembre – miel du Valais pris à différentes altitudes – oignons de Berne – un Amaryllis – des messages électroniques de remerciements. De plus, le kéfir, fait par moi (bouteille tout à gauche) a aussi été de la partie parce qu’il était délicieux !

Remerciements de la part des participants : il est rare que des participants pensent à dire comment ils trouvent l’endroit où je donne les cours. Ils le sentent mais ne le disent pas toujours. Cette fois-ci, je ne peux m’empêcher d’en reproduire quelques-uns :
Vous m’ avez offert une écoute attentive qui m’a permis  de prendre conscience de toutes mes articulations et ce au sein d’un petit groupe où il était possible de s’exprimer et d’échanger des points de vue. L’ambiance était détendue, pleine d’humour et de créativité. Et encore : L’expérience a enrichi ma vie. Le côté ludique était délicieux et je retournais au bureau chaque vendredi avec un sourire sur le visage. J’ai aussi aimé cette Cave perdue avec son ambiance unique et magique !

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À vos pieds – automne 2024

Les pieds sont la base de notre corps et chaque chose doit avoir une base dont on peut être conscient.

Ce n’est pas parce que l’on ne voit pas les pieds qu’ils ne sont pas là.
Voilà les pieds invisibles sur la photo et pourtant si réels !

Que vous a apporté ce cours ? Une ouverture d’esprit – Je vois la vie différemment – J’ai découvert les chaînes articulaires et musculaires ; je comprends que le corps est un tout – Je comprends qu’il y a un lien entre le corps physique et ce que je vis ; toutes les cellules sont vivantes, bougent en permanence et réagissent au mode de vie que l’on mène.

Je me suis crue à Noël : caramels faits maison – miel de la Chaux-de-Fonds – chocolats au gingembre – miel du Valais pris à différentes altitudes – oignons de Berne – un Amaryllis – des messages électroniques de remerciements.

Kéfir. On voit aussi sur la photo la bouteille de kéfir que j’ai préparé. Il s’est dit qu’il allait se faire de la réclame parce qu’il avait un goût excellent ! À tel point que le sol s’est dit, lui aussi, qu’il n’y avait pas que les personnes qui pouvaient le boire ; mon corps a dû l’écouler parce que j’ai eu un drôle de geste et une partie du kéfir est allé rejoindre le sol. J’avais toujours un regard attendri vers ce sol posé par Ernest Grize, le premier régisseur du CCN devenu le Théâtre du Pommier ; maintenant qu’il a aussi bu du kéfir, je le sens plus vivant !

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@3m.ossature-automne 2024

Même constat que les fois précédentes : mon cours est simple, ce sont les participants qui l’enrichissent.

Pour des raisons qui m’appartiennent, j’ai réduit le nombre de participants. Mon cours concerne les os, les os sont la structure qui soutient le corps ; pas d’ossature, pas de corps. Il est évident que si on n’a pas de muscles… non plus, mais le châssis est le squelette. Quand on a affaire au squelette, aux os, on a affaire aussi à notre structure mentale-émotionnelle et pendant le cours on a parlé de structure osseuse et de structure intérieure.

De l’humour. Le cours s’est déroulé dans de très bonnes conditions. Les participants sont sur la même longueur d’onde et c’est un régal. À un moment donné, l’une des participantes n’arrive pas à suivre une consigne qui concerne le pied gauche et emploie le pied droit. Je lui dis – Heureusement qu’on n’est pas un poulpe avec huit membres ! – Oh, on ferait quatre droits et quatre gauches ! répondit-elle le plus tranquillement du monde. On a tous rigolé. C’est l’exemple même de choses qu’on ne peut inventer et qui rendent le cours si vivant. A un autre moment, j’ai parlé du nombre de cellules qui composent notre corps, de la quantité d’eau qu’il contient et finalement du vide qui nous remplit et dont notre cher collègue d’école, Albert Einstein, ai-je ajouté, a parlé. C’est à ce moment qu’une participante me demande : Vous l’avez connu ? Je sais que j’ai un certain vécu, tout de même… On a fini par tous rigoler aussi.

Les règles. Des règles et des principes, on les trouve partout. Le principal c’est de les connaître et ensuite, on peut en jouer librement. Nous avons un certain nombre d’exercices à faire pour que le corps résonne dans son ensemble. Si une fois, on commence par une partie « inhabituelle », parce que le corps en a senti le besoin, c’est très bien. On a écouté le corps. On continue la manoeuvre et on complète le reste.

Effet Driss. Juste avant de donner le cours, j’étais rentrée de Paris et avais apporté un objet qu’un vendeur m’avait vendu en faisant un gros rabais pour me remercier d’une chose que j’avais faite pour lui. Ledit objet s’est prêté à merveille à mes cours. C’est ainsi que lorsqu’on finit de se tapoter le corps, on ressent bien des fois une sorte de vibration globale que j’ai appelée maintenant l’effet Driss, du nom du vendeur. Cela se présente ainsi :

Dans la photo de gauche, la matière stagne (au bas de la tour Eiffel) ; à droite ladite matière, les particules, se promène dans tout le corps.

Effet Driss – détail. Le corps est en résonance, il ne fait qu’un (c’est à dire que membres inférieurs, supérieurs, corps et tête ne font qu’un) et c’est une sensation qui n’a pas son pareil. Je mentionne souvent que tout ce qui entre par nos sens en nous a un effet dans le corps ; raison pour laquelle, il vaut mieux trier ce que nous laissons passer de l’extérieur, ce que nous nous disons, ce qui naît spontanément en nous ; tout doit être trié.

Massage à la manière Claude. Nous avons recours à différents moyens pour faire résonner le corps. L’un d’eux concerne les gencives et les dents. Normalement, nous le faisons avec les mains, mais il est possible aussi de le faire autrement. Cette dernière manière a bien convenu à Claude et comme elle l’a fait avec beaucoup de plaisir, j’ai dit que j’allais proposer régulièrement les deux manières, la traditionnelle et à la manière Claude !

Je me suis crue à Noël : caramels faits maison – miel de la Chaux-de-Fonds – chocolats au gingembre – miel du Valais pris à différentes altitudes – oignons de Berne – un Amaryllis – un message de remerciements et des messages électroniques allant dans le même sens.

L’Amaryllis et mes spectacles. Je prépare un nouveau genre de spectacle et voilà que l’Amaryllis me donne l’occasion d’illustrer un passage. Mon spectacle sera une lecture-théâtre inspiré par deux livres de l’auteur Jean-Loup Chiflet. Il s’agit de la vie des mots dans le monde et voici qu’un couple de mots, inclination et inclinaison, aime bien troubler le monde. Pour comprendre, il suffit de lire la légende de la photo.

L’Amaryllis a une inclination vers l’inclinaison.

Jeu de mots mis à part, je n’aurais jamais pensé qu’un cadeau reçu à la fin d’un cours puisse rejoindre un autre pan de ma vie, celui des spectacles…

Liens vers :

Marti Sports dit au revoir et Jmove dit bonjour

Comme dit dans l’autre article, Christian et Katia Marti ont dit au revoir via un cocktail et Jean-Marc Dupuis, le propriétaire, qui a repris le magasin, et son amie en ont offert un de bienvenue.

Il n’y a pas eu de partie officielle, de discours et la remise du magasin est passée comme une lettre à la poste !

Changement du paysage commercial à Neuchâtel. Je le dis dans l’autre article, mon paysage commercial neuchâtelois ne cesse de changer, de s’effriter. Heureusement que Christian a pris soin et pu trouver un reprenant. En fait, ils se connaissent depuis des années et Jean-Marc désirait prendre un magasin. C’est une chance pour cette ville qui ne cesse de perdre des commerces.

Cocktail d’adieu de la part de Marti Sports.

La composition de la table n’a pas cessé d’évoluer ; au fur et à mesure qu’elle se vidait, Katia remplaçait les plats.
Christian et Katia au milieu.
Chrsitian au milieu
Christian reçoit une bouteille….
Je suis fascinée par la notion du temps. Alors, on peut lire l’image 1 comme : je passe la main et 2 : c’est quand même ma dernière vente ou comme : 3 c’est ma dernière vente et 4 : je passe la main, mais, le plus important tant pour Christian que pour Jean-Marc est l’image 5 : le client est content !

Les pieds. Le magasin de sports prête une attention particulière aux chaussures afin que les pieds soient bien traités. Christian a été le pionnier de l’analyse de la foulée du pied dans un magasin de sports à Neuchâtel ! Dans mon métier de danseuse, les pieds jouent un rôle primordial et dans tous les cours que je donne concernant le corps : @3m.ossature ; @jouons avec les articulations ; À vos pieds, sans parler des cours de danse classique pure, je mets l’accent sur les pieds. Je suis aussi fascinée par les positions des pieds des gens, elles sont tellement représentatives ! Voici un aperçu le jour du cocktail de Christian :

L’apéritif de bienvenue de Jean-Marc :

Voici Jean-Marc qui vous accueille dans son magasin JMove :

Jean-Marc tout à gauche.

Liens vers des articles sur le commerce au centre-ville ou des personnalités de la ville :

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Spectacle de danse-théâtre pour la journée : Comment vieillir en tant qu’étranger en Suisse ?

La vie et ses surprises ! Je n’ai jamais imaginé qu’une fois je danserais à l’hôtel de Ville. Cela s’est produit le mercredi 28 août 2024 !

C’est à l’occasion du spectacle que j’ai présenté pour les 50 ans de La Pesolière à Peseux que Brigitte Brun, déléguée aux personnes âgées pour la Ville de Neuchâtel, et moi nous sommes rencontrées. De plus, elle est la mère de l’électricien (âgé de cinq ans ; il n’est jamais trop tôt pour pratiquer un métier !) qui m’a aidée ce jour-là à résoudre un problème de néon noir. Cela crée des liens.

Le sujet de l’exposition a fait émerger bien des notions en moi. Si j’ai été invitée, c’est parce que je ne suis pas née en Suisse (donc étrangère) mais le résultat, après avoir vécu X années dans le pays, un grand X, est que je me sens de Neuchâtel.

J’ai expliqué que je me sens neuchâteloise, que je suis Neuchâteloise, non seulement par adoption officielle, d’ailleurs c’est dans ce même bâtiment de l’Hôtel de Ville, au premier étage, là où il y a le portrait de David de Pury que j’ai reçu ma naturalisation. Alors, le retour lors du vernissage, a été tout un symbole. Je l’ai perçu comme un cercle qui se referme ou plutôt comme une spirale puisque du temps s’est écoulé depuis ce jour-là et qu’on ne peut revivre le temps passé. Je dois dire qu’au moment où j’ai reçu ma naturalisation, je n’ai pas pensé qu’un jour, je danserais dans ces mêmes lieux. C’est une très belle surprise de la part du destin.

J’ai aussi expliqué que si je suis qui je suis, je le dois en grande partie à Neuchâtel, mais  que Neuchâtel fait partie de la Suisse, la Suisse fait partie de l’Europe et l’Europe fait partie du monde et qu’il en allait de même avec moi. Je suis un conglomérat (matière formée de divers éléments agglomérés par un liant et destinée à la construction. Le béton, par exemple, est un conglomérat) de ce que j’ai appris et vécu ; dans mon cas, le liant est mon esprit. En conclusion : ce que je suis, je le dois aux autres. On ne pense pas toujours à cette composante de notre existence. Si on est à l’écoute des autres, on s’ouvre bien des portes !

C’est pourquoi, je dois des remerciements à tous ceux qui ont fait partie de ma formation tant ici qu’ailleurs et à tous ceux qui m’inspirent. J’ai appris une leçon une fois à Moscou et elle fait partie de ma vie. Une autre fois, mon maître de ballet Oprea Petrescu m’a dit à Bucarest :  « Tu peux apprendre de tout le monde, même du pire, car de lui tu apprendras au moins à ne pas faire comme lui ! » C’est une leçon que je porte aussi en moi. Mon professeur de français à l’école supérieure de jeunes filles, Roger-Louis Junod, m’a dit, lorsque j’ai reçu une fois un travail noté par un autre professeur, que ce dernier était très rationnel et que les dissertations psychologiques et les associations d’idées lui échappaient, mais que mon travail était très bon. Il m’a appris à croire en moi.

Mon spectacle. Ensuite, j’ai présenté la première partie de mon spectacle. J’ai encore expliqué que  mon style de danse est inspiré de la danse classique pure et y ai ajouté des visualisations et sensations provenant d’autres techniques. Je qualifie mon spectacle comme étant un genre de danse-théâtre ; de la danse parce que je danse et du théâtre parce que je parle et invite les spectateurs à me donner leur opinion ou à partager leur expérience avec moi selon les sujets abordés.

Commentaire sur la danse Les Problèmes. C’est ainsi, qu’après cette danse, j’ai dit que lorsqu’on vit un problème, on est un émigré parce qu’on a quitté une situation stable pour devenir immigré dans une situation qui nous échappe, où on a perdu pied ; mais ainsi qu’on le comprend dans la danse, lorsqu’on a trouvé la solution, le paysage de notre vie redevient le nôtre et si agréable qu’on oublie le problème et qu’on regarde devant soi avec le sourire.

Cela étant dit, est-ce que je suis une immigrée ? une étrangère ? Cela dépend, ai-je poursuivi. Je me suis sentie étrangère, une immigrée (émigré est celui qui part et immigré est celui qui arrive)  dans le bâtiment où j’ai été invitée à danser ; dans mon studio de danse et de théâtre, près du Château, j’ai tout ce qu’il faut et dans ce bâtiment pas ; j’ai dû trouver des solutions. Est-ce que je les ai trouvées toute seule ? Je l’ai dit plus haut, je dépends aussi des autres. Il m’a fallu l’aide de l’huissière, madame Katia Barthel- Meia. Je me suis aussi adaptée au lieu, le bâtiment l’a compris et m’a prêté son concours pour que je puisse présenter mon spectacle. Je me suis enrichie d’expériences et de solutions. C’est magnifique ! De plus, Katia a connu feu mon ami, André Oppel. Cela a créé un lien et je me suis sentie accueillie. Voilà pourquoi je me sens une Neuchâteloise. Je n’oublie pas qu’on est dans un pays horloger ; pas d’horloger dans ma famille ? Le destin m’a fait rencontrer un horloger à Neuchâtel, Roger Peeters, un étranger, un Néerlandais, qui m’a montré comment faire une montre. Mon moi est au complet !

Cela n’empêche pas de se demander si parfois la vie n’est pas un combat.

Ensuite il y a eu la partie officielle où les organisateurs de l’exposition et de la Ville ont parlé

Deuxième partie de ma prestation :

Pour finir, il y a eu un buffet et quelques personnes sont venues vers moi.

Facéties du destin : la fête des Vendanges de Neuchâtel a lieu fin septembre. Cette fois-ci, soit un mois après ma prestation, le destin m’a joué un tour qui m’a fait me sentir étrangère dans ma ville ! Cela a duré un moment et ensuite, la vie a repris son cours. On ne sait pourquoi parfois des choses arrivent, est-ce que le dieu de Neuchâtel a voulu m’éprouver ou alors me montrer que j’étais vraiment chez moi ?

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Le magasin Marti Sports – commerce au centre-ville.13

Le paysage commercial de Neuchâtel ne cesse de changer. Je vais finir par me sentir étrangère dans ma propre ville ! Christian Marti prend sa retraite et Katia, sa femme, le suit. Mais, il y aura un repreneur que Christian connaît bien, il était représentant et lui vendait des chaussures de sport. Alors, c’est une chance pour la ville et Christian se dit aussi que ses clients seront entre de bonnes mains. Voilà un bon commerçant !

Le parcours de Christian.Il a fait son apprentissage de vendeur d’affaires de sport, travaillé chez Muller Sport et finalement s’est dit qu’il allait devenir son propre patron.

Début de son magasin en 1986. Christian Marti a repris le magasin de M. Bertschy, qui prenait sa retraite. À peine était-il installé qu’un monsieur qui désirait ouvrir un magasin de sports en ville lui a fait la proposition d’en devenir le gérant parce que, selon lui, dans un tel endroit il n’y avait pas de passage et qu’il fermerait boutique dans les deux ans !

Qui aura eu raison ? Il y a façon et façon de tenir son commerce : il y a celui qui fait tout le temps des calculs et il y a celui qui aime ses clients, qui prend son temps et pour lequel la satisfaction d’avoir fait la bonne chose compte plus. Christian fait partie de ces derniers et quand on va dans son magasin, il a toujours un mot pour vous, sait qui vous êtes, sur quelle planète vous vivez. De plus, il a un langage où la plaisanterie n’est jamais loin. On passe toujours un bon moment avec lui.

Ah, oui, qui aura eu raison ? L’aventure accompagne Christian jusqu’en 2024 ! Christian était d’accord avec le monsieur qui lui avait proposé la gérance de son commerce : divers autres magasins de sport vendaient des produits similaires et son endroit était ex-centré… mais, quand on a une passion, bien souvent l’intuition est là pour guider ; cela fait qu’il s’est dit qu’il allait se démarquer et, déjà à l’époque, il s’était spécialisé dans le conseil et les produits adaptés à ses clients. Cela a fait sa renommée et la clientèle est venue d’autres villes du canton, d’autres cantons et même depuis la France. Il n’y a rien à ajouter !

Effets de la politique de la Ville ? lui demandé-je. Je pose la question parce que je vois des effets et que plusieurs propriétaires ou gérants de magasin de Neuchâtel m’ont fait des réflexions ; voir notamment l’avis du propriétaire de l’ex Au pêcheur (paragraphe no 4 Les raisons ? ) qui avait été le magasin de pêche le plus ancien de toute la Suisse ! Il a dû fermer faute de clients qui autrefois venaient en voiture.

Screenshot

Les commandes en ligne : Les Marti ont raison. Cela m’échappe que la génération nouvelle, celle de l’écologie, commande des articles dans des tailles différentes pour n’en garder qu’une et renvoie le reste qui souvent n’est ni revendu ni recyclé. C’est tout un sujet à débattre car il implique : emplois – secteur commercial dans son entier (salaires, loyers des locaux, charges) – revenus d’une ville – service à la population locale – vie sociale tout court.

Les évaluations sur la Toile ? La notoriété sur les réseaux sociaux ? Il évite ce genre de choses parce que la clientèle attirée par ce type de publicité n’est pas celle qui correspond à ses critères. Il m’a donné l’exemple d’un restaurateur proche qui a gagné une étoile. Elle a généré une clientèle qui ne venait que pour évaluer le service, la façon de poser une chose ou une autre. Il n’avait plus sa clientèle qui venait goûter ses plats et son atmosphère.

Je remercie Christian qui m’a rendu service. J’accorde beaucoup d’intérêt aux pieds du fait que je donne des cours de danse classique et aussi sur le corps dans le cadre de Midi Tonus. Pour illustrer un cours uniquement destiné aux pieds, il m’a prêté les moules que voici :

Un pied plat, un normal et un troisième cambré. Ils me rendent bien service dans mes cours, car décrire une chose n’est pas la même chose que de la voir.

La fille de Christian et Katia a été mon élève. Je ne sais plus comment on s’est rencontrés, mais leur fille est venue à mes cours de danse et cela a créée un autre lien.

Je cours dans de bonnes chaussures. C’est aussi Christian et sa femme qui me procurent des chaussures pour que je sois à l’aise et ne me fasse pas mal aux articulations lorsque je cours le long du lac. Je les remercie de m’avoir écoutée et de m’avoir vendu les chaussures qu’il me fallait. J’ai eu de la chance d’en avoir trouvé encore une paire avant leur départ. Lors de mon achat on a discuté chaussures et j’ai dit que j’étais allée à Paris dans un magasin de chaussures pour m’acheter une belle paire mais que la gérante m’avait dit qu’elle avait restreint de beaucoup l’assortiment au profit de « tennis » parce que c’était ce que les gens portaient actuellement… C’est ce que je constate quand je regarde les gens dans la rue, dans le métro, dans les bureaux… Je trouve cela tellement dommage. Les gens peuvent avoir une certaine élégance dans leur coiffure, habit, ongles mais quand on arrive aux chaussures, c’est le désaccord total. Quand je vois un homme avec de belles chaussures en ville, je le lui dis. Christian ajoute que « maintenant, on vend des chaussures qu’il n’y a plus besoin de lacer ». C’est vrai, j’ai vu des réclames. Je ne sais comment ils font pour marcher, car si je n’ai pas mes chaussures lacées, mon pied n’est pas bien. Je le disais au début de cet article, mon paysage change !

Illustration du personnage : je suis passée dire à Christian que je serais présente à l’apéritif et que s’il a vait besoin d’un coup de main, je serais partante. Il a répondu que ce que je pouvais faire c’était : « Santé ! » et il la levé le bras comme s’il avait un verre. J’ai répondu que j’étais d’accord. Quand je suis arrivée, il expliquait à une cliente qu’il pouvait faire un moule du pied, adapter la chaussure et que même s’il y avait une incommodité quelconque par la suite, on pouvait toujours y remédier. Mon explication est courte, mais celui qui s’y connaît sait de quoi je parle. Et aujourd’hui, je sui passée devant son magasin pour lui dire qu’avec les chaussures dernièrement achetées, je courais comme dans un rêve et il a répondu : Vous avez couru 30 km en dix minutes ? – Comment le savez-vous ? ai-je dit après deux secondes – J’avais deviné ! Alors, à ce soir.

Katia Marti. Un remerciement particulier pour la femme de Christian qui a porté sur ses épaules toute l’administration. Son caractère est toujours resté le même, affable et chaleureux. Chapeau !

Apéritif d’au revoir et apéritif de bonjour : désirant avoir l’aval de Christian et de Katia pour la publication de cet article, je me vois invitée à l’apéritif qu’ils organisent :

On ne pouvait trouver meilleure façon de dire au revoir à une vie, à des clients et en même temps dire bonjour à une nouvelle vie et au nouveau gérant avec sa clientèle. Cela finit comme dans un conte de fées même si mon paysage change.

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