Fête des vendanges 2023

Mes maquillages et le miracle d’une montre !

Normalement, je ne publie pas avant d’avoir fini un article, mais le vendeur de la montre va quitter la Suisse et je voudrais lui faire voir que j’apprécie son attitude.

Installation. Je n’occupe généralement pas beaucoup de place, même pas 2m2, mais cette fois-ci je me trouve un peu à l’étroit dans le stand de Xamax et, en apparence, sans rien pour pouvoir suspendre les tableaux avec les photos de mes maquillage. Mais, j’aperçois de drôles de fentes dans les parois vitrées du magasin qui fait mon fond et me dis que des trombones pourraient faire l’affaire puisque mes tableaux sont très légers. Je ne peux que remercier Roger l’horloger (celui qui vient de créer pour la première fois dans l’histoire de l’horlogerie une montre avec un centre vide (sa plateforme) ; en effet, c’est l’utilisation qu’il a fait d’épingles de nourrice (article) qui m’a inspirée. Ce qui a été fascinant a été de voir les personnes auxquelles j’ai demandé de l’aide pour suspendre les cadres. La fente laissait présager une pose directe, mais cela n’a pas été le cas et les personnes choisies ont, chacune, cherché la position sûre pour que le cadre ne tombe pas. Aucune n’a dit un mot, leur main a cherché et trouvé le bon endroit. Cela a été un régal pour moi.

Au-dessous du tableau suspendu, on voit une bouteille contenant de l’eau et un verre à côté. C’est le verre de Pascal Hofer, laissé en souvenir à la fête.
On voit mieux la fente.

Ma place se trouve à côté d’une peinture qui me fait toujours penser à un personnage soviétique et qui m’avait inspirée il y a quelques années. Il est en compagnie du photographe Knut Vibe. La voici :

Parlons de « ma » montre ! L’année passée, j’avais acheté une montre à un stand tenu par un Africain. J’avais rangé mon matériel pour les maquillages dimanche soir et étais allée faire un tour en ville pour voir l’ambiance. Audit stand, j’avais vu une montre… elle m’avait fait signe mais je m’è’étais dit que j’avais une dizaine de montres chez moi. Je suis repassée devant et la montre m’a à nouveau fait signe. J’ai demandé le prix qui était un peu élevé pour moi et suis repartie. Sur le chemin, la montre m’a envoyé un message et j’ai fait marche arrière. J’ai dit au vendeur que je donnais tant s’il me la vendait. Il a été d’accord et je suis partie avec la montre qui était toute contente. J’ai aimé ma montre, elle a bien fonctionné et au mois d’août, alors que je courais au bord du lac pour aller me baigner, remarque que j’ai ma montre au poignet. Mince ! mais décide de ne pas perdre de temps pour retourner à la maison et me dis que je vais la mettre dans un sac en plastique que j’ai avec moi et comme cela, elle sera en sécurité. Arrivée à l’endroit prévu pour la baignade… plus de montre. J’ai fait marche arrière sans succès. J’ai eu un vide, une douleur inexplicable ou explicable parce que j’ai réellement aimé ma montre.

J’ai espéré que celui qui l’a trouvée l’apporterait au Service des objets trouvés. Rien. J’ai cherché sur Internet et ai trouvé le modèle ! Quelle chance ! me suis-je dit. Au moment de l’ouverture du paquet arrivé… ce n’est pas vraiment le modèle demandé. Le vendeur a dit qu’il allait me rembourser ; affaire à suivre. Puis, arrive le mois de septembre avec sa Fête des vendanges et ses stands. Je me précipite à l’endroit où j’avais acheté la montre, mais le vendeur n’est pas venu. Je vois un autre stand qui est en train de fermer et lui demande s’il a des montres. Oui !

Cheikhouna Sylla, c’est le nom du vendeur. Il me montre sa marchandise et je vois une montre… mon modèle ! Je lui raconte que j’ai donné telle somme l’année précédente et il m’explique que son stand lui avait coûté Fr. 500.- en 2022 mais que cette année c’était Fr. 800.- et ne pouvait me faire ce prix. Finalement, on tombe d’accord sur un autre prix et je pars avec Ma montre. Arrivée à la maison, je compare la montre avec une photo de celle que j’avais eue et remarque une différence. Je retourne le lendemain et un peu gênée dis à Cheikhouna que ce n’est pas tout à fait le modèle que je recherchais. Il n’avait pas vu non plus. Heureusement qu’une autre montre était celle qui était la sœur jumelle de celle qui avait fait battre mon cœur et je pars avec Elle ! Cette fois, les aiguilles de mon temps tournent dans le bon sens.  Je suis très reconnaissante à Cheikhouna pour son attitude, son amabilité, son beau sourire franc. Il fera partie de ma vie d’une belle façon. Je souhaite qu’il fasse de belles affaires ! Le vendeur de la vente par Internet a tenu parole, il m’a remboursé aujourd’hui. Je lui suis profondément reconnaissante.

Voici mes montres (Il faudra que je refasse la photo pour que les deux montres aient la même lumière et la même taille. Je vais mettre ma nouvelle montre aussi à l’heure de l’autre !).

Celle perdue La nouvelle

Pascal Hofer, journaliste d’Arcinfo, est passé me poser deux ou trois questions et m’a laissé son verre en souvenir. Cela m’a fait du bien de parler avec lui. J’ai eu l’impression de me retrouver avec le Neuchâtel d’autrefois. Le monde change et Neuchâtel aussi, ou l’inverse, mais le fait est là. Il a eu l’amabilité de m’inclure dans le journal qu’il a tenu de la fête. Je figure à 20 h 58, une heure qui me convient bien !

Les années et moi, cela fait deux. Je n’ai jamais accordé grande importance aux années et depuis qu’un physicien m’a dit que le passé, le présent et le futur existent en même temps mais dans des dimensions différentes… je me dis que 1969 ou 1989… Mais, la question de Pascal m’a rendue curieuse et j’ai dû aller consulter mon CV pour savoir dans quel temps j’avais vécu mes premiers maquillages. Je remercie Pascal pour l’article et pour la question.

Photos. Cette année, je ne sais pour quelle raison bien des photos sont mal sorties : la lumière n’était pas bonne et ni mon appareil photo ni mon portable n’arrivaient à prendre les couleurs des maquillages ; en voici tout de même un florilège.

Liens vers :

Le maquillage et les clients. Les nouveaux clients cherchent les modèles que je fais. J’explique que je me laisse inspirer par la personne. Cela marche la plupart du temps. Il y en a cependant qui ont voulu un petit cœur… J’ai expliqué que je ne sais pas faire de telles choses et que celui qui est à l’intérieur de nous est bien plus riche. Aucune de ces personnes n’est restée et cela ne me gêne pas. Nous sommes simplement dans des mondes différents. Le jeune homme sur la dernière photo m’a fait une demande très spéciale, la négociation a pris du temps, mais finalement, il m’a fait confiance. Certaines fois l’effet est meilleur sur la personne que sur la photo, c’est ce qui s’est passé avec lui, mais je garde la photo parce qu’après avoir vu le maquillage au miroir, il m’a fait un baisemain ! C’est bien la première fois que cela m’arrive. Avant de partir, il m’a demandé de mettre ma signature sur son front. Là aussi, on a négocié et je l’ai posée sur son épaule. À nouveau, il m’a fait un baisemain. Cela a été un moment hors du temps.

Et voici une partie de l’équipe de Xamax avec laquelle je me suis très bien entendue. Une autre personne, Anissa, absente sur cette photo, se trouve en 6e position, juste au-dessus de la photo de la chatte.

On y voit Christian Sydler, celui qui organise tout et qui a la tête à tous les endroits du stand. On y voit aussi Jean-Luc Boss. Il joué en 2e équipe de Xamax et lorsque je lui ai demandé s’il avait connu Bonni (ses filles avaient été mes élèves de danse), il m’a dit qu’après avoir arrêté sa carrière professionnelle il était allé jouer avec eux : « Il a toujours marqué un but. Mais dès qu’il l’avait marqué, il partait. Il avait fait ce pourquoi il était venu ! » J’ai trouvé cette anecdote très jolie. Les deux autres dames, je les connais aussi mais pas leur nom. Il faudra que je les demande : à droite, la dame a tenu le kiosque de la rue du Seyon et à gauche, la dame travaille dans l’horlogerie et m’a raconté des histoires horlogères qui verront le jour dans un autre article. L’histoire de l’horlogerie est une passion chez moi.

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Ouverture de la saison des spectacles – Invités : les membres du comité du Passeport-Vacances pour les Jeunes de Neuchâtel

Je le dis souvent, la fin d’un cycle annonce le début d’un autre. Cela me fait bizarre quand je le vis. Je viens de finir les nettoyages annuels des rideaux, tapis, chaises et choses de fond de mon studio de danse et voilà que cela coïncide avec le spectacle proposé au comité du « Passeport-Vacances ». J’aime aussi quand les choses s’enchaînent les unes aux autres.

Le Passeport-Vacances pour les Jeunes de Neuchâtel (PVJ). Cela fait des années que je collabore avec lui. Combien ? Je n’en sais rien, mais beaucoup. J’ai proposé diverses activités et actuellement, j’en ai deux : Réflexologie ou découvrir les lignes de téléphone qui parcourent ton corps et Des oiseaux à la maison.

Pourquoi je participe au PVJ. Le rapport avec les enfants est différent ; ils ne sont pas obligés de venir au cours ; ils choisissent leurs activités en fonction de leurs goûts. Il arrive, bien sûr, que ce soit les parents qui choisissent. La dernière fois, par exemple, l’une des fillettes a dit qu’elle n’avait pas choisi de venir au cours de réflexologie, ses joues se sont faites toutes rondes et sa bouche n’était plus qu’un point lorsqu’elle a fini sa phrase. C’était rigolo. Je lui ai dit que sa maman avait fait ce choix plein d’amour pour sa fille, pour qu’elle apprenne des choses qu’elle pourra pratiquer, qui lui rendront service et qui seront utiles. Au cours de l’après-midi, son attitude a changé, elle a apporté des réponses inattendues et s’est préoccupée d’un garçon, bien plus âgé qu’elle, et qui avait l’air seul. C’était très joli. J’en reviens à ma participation : j’aime apporter quelque chose aux autres et chez les enfants cela va tout seul. Je n’ai jamais eu un enfant qui ait dit qu’il n’a rien appris ou qu’il n’a pas aimé. Je pense que c’est une chance d’apporter quelque chose à quelqu’un. Si je sais des choses, c’est parce que d’autres me les ont enseignées ; à moi de les transmettre plus loin.

Pourquoi j’invite le comité du « Passeport-Vacances« . Cette année, le PVJ a fêté ses 45 ans au restaurant et les personnes qui proposaient des activités ont été conviées. Quelle chance, me suis-je dit ! C’était au printemps et le printemps rime quelques fois avec rhume des foins. Ces dernières années, je ne l’ai pratiquement pas eu, mais cette année… j’ai été mise hors circuit et j’ai laissé passer l’invitation. Flûte et reflûte ! J’avais quand même envie de rencontrer les membres du comité avec lequel j’échange des courriels et me suis dit que j’allais les inviter à l’un de mes spectacles. Huit sur les onze ont pu venir le 24 août à 18 h.

C’est toujours une émotion ! Avoir du public, des gens que l’on connaît ou que l’on ne connaît pas crée un état un peu spécial chez moi. Mes spectacles sont dits intimistes parce que la chose se passe entre nous, que le public est peu nombreux et qu’il est près de la scène. Tout spectacle demande une préparation, mais je venais de rentrer d’une tournée à Cluny et il a fallu me réadapter, en peu de temps, à mon lieu et faire l’électricienne, le technicien de scène, le costumier, le répétiteur, le préparateur du verre après le spectacle, le porteur de vaisselle, le décorateur, le placeur du public, sans oublier l’interprète des morceaux !

Le spectacle se passe bien. Les applaudissements sont nourris et l’une des spectatrices dit : « C’était magique, on se serait dit dans un ailleurs !  » En récompense, je reçois une magnifique plante, un hibiscus. C’est curieux. Je dirai plus bas pourquoi.

On s’installe pour prendre le verre. On discute de choses et d’autres et l’une des dames me demande si j’ai été danseuse étoile et je lui dis que ce n’était pas le cas mais que je cherchais encore le métier que je ferai quand je serai grande. Tout le monde a rigolé. Mais, ce n’est pas vraiment une boutade. J’ai exercé plein de métiers dans ma vie et je continue à en découvrir. Une autre dame a dit qu’en effet, j’étais à part parce que j’avais proposé, tout au long de ma participation au « Passeport-Vacances » diverses activités et que je ne manquais pas d’imagination pour en trouver.

Parmi les divers métiers que j’exerce lorsque je présente mes spectacles, il y a aussi normalement celui de photographe. Cette fois-ci, j’ai oublié de photographier la table prête pour les invitées. Je le regrette parce qu’une autre dame a dit que j’avais bien fait de rater l’invitation au repas du comité parce qu’elles auraient raté le spectacle, l’accueil si chaleureux et le verre ( en plus du Mauler rosé, j’avais aussi préparé du kéfir de fruits) avec une table si appétissante !

Je disais que ce spectacle marquait l’ouverture de la saison de mes représentations. En effet, je venais de finir les grands nettoyages annuels et de trouver enfin une façon de présenter mes activités actuelles sous la forme du tableau qui suit. On a bien rigolé quand elles m’ont demandé comment je faisais pour enlever les tissus du plafond et les rideaux, puis pour les porter… « Ce n’est pas trop lourd ? » J’ai expliqué que je m’étais déjà plainte auprès du destin qui ne m’a pas envoyé des employés pour les charrier jusque chez moi, mais, heureusement, un copain de classe, Albert Einstein, mais aussi de leur propre classe (!), a expliqué que l’espace-temps se courbe en présence d’un corps et alors, je suis un corps dans l’espace-temps qui se courbe quand je me déplace et donc ne sens plus le poids ! Tout le monde a rigolé.

Du renouveau et du kai zen. Le renouveau, on sait ce que c’est ; le kai zen est une notion japonaise qui veut dire amélioration constante. Cette saison est un mélange des deux et ce sont les membres du comité qui sont les premiers à entrer dans mon nouveau cycle. D’abord, en répétant mes danses, j’ai trouvé de nouveaux mouvements. Notamment dans la danse Piano fantasque. Je la présentais d’habitude en me servant d’une barre avec un rideau par-dessus. Un jour, je suis allée en tournée chez un ami et j’ai modifié la danse parce que je ne me voyais pas porter la barre. Ce qui m’a paru, au départ, un ennui, s’est révélé porteur de liberté. Je veux dire que je me suis sentie libre d’occuper l’espace différemment. Cela a été une sensation très forte. Et, lors de la préparation de ce spectacle, la chose est allée encore plus loin. C’est là que la notion de kai zen est entrée en jeu et c’est ici qu’intervient la plante. J’avais décidé de simplifier ma vie et d’avoir moins de plantes dans le passage que mes voisins mettent à disposition pour traverser leur cour privée et accéder à mon studio. Je n’avais gardé que le rosier devant l’entrée et un petit pot de persil pour en mettre dans de l’eau que je bois. Puis, une plante sauvage s’est invitée, elle ne m’a pas donné son nom, mais elle s’est joliment enroulée et pris de la place. Signe du destin, me suis-je dit et je lui ai mis des fils pour qu’elle puisse bien s’étendre. Arrive Mlle Hibiscus. Bon, c’est un autre signe du destin et en plus, ces temps-ci, je porte pas mal d’habits roses et la fleur rose cadre en tous points dans le décor. La fleur vient du magasin « Comme une fleur « et moi qui aime les mots, je me dis qu’elle arrive comme une fleur, que la fleur est un aboutissement, qu’elle embellit la vie, qu’elle est le reflet de ce que nous vivons. Cela cadre tout à fait dans ma vie. Merci pour ce magnifique cadeau !

La nature est vraiment inimitable !

Encore au sujet du renouveau. Je prépare un nouveau genre de spectacle ou une suite logique de ceux que je présente, je ne sais pas encore, mais il s’agit d’une lecture et de réflexions sur les mots, le langage écrit et parlé basé sur un ou des livres de l’écrivain français Jean-Loup Chiflet et des commentaires de Pierre Buffiere de Lair, l’expert que je consulte quand j’ai des doutes ou ne connais pas quelque chose. J’avais prévu de faire un peu de lecture le soir du spectacle, mais le temps est passé très vite et lorsque je m’en suis rendu compte, il n’y avait plus qu’un membre, Anne. Comme je me suis bien entendue avec elle, elle a été mon premier public pour ce genre de spectacle. Elle a aimé. Quelle chance ! C’est vraiment le début d’un cycle nouveau !

Un mot sur le Passeport-Vacances. L’origine de cette association se trouve en Allemagne, à Hambourg en 1969 (j’aimerais bien savoir comment l’idée a surgi) ; puis Bâle et Zurich ont suivi. En Suisse romande, le premier « Passeport-Vacances » a lieu à Fribourg en 1978 et Neuchâtel s’y lance la même année, à la suite de l’initiative de Pro Juventute qui s’est appuyée sur la Jeune Chambre Économique de Neuchâtel (JCÉ). Les pourparlers avaient été entamés 1977, année internationale de la jeunesse. Il s’adresse à des enfants, de 8 à 15 ans, en vacances en période d’été et qui restent à la maison. Le but est de leur proposer, pour un prix très modique, des activités éducatives tout en s’amusant. Le comité oeuvre bénévolement depuis 45 ans. Je leur tire mon chapeau. Comme je le dis plus haut, c’est mangifique d’apporter quelque chose aux autres. Je crois savoir que le comité accueille volontiers de nouveaux membres, alors, si ceux qui lisent ce texte ont du temps, ce serait une excellente façon de l’utiliser !

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Pieds enrubannés

Les pieds sont le socle de notre corps. Il est regrettable que lors de notre éducation, formation dans la vie, l’on ne nous apprenne pas à vivre avec lui. On le considère comme une chose qui est toujours là et qui ne peut défaillir. Pourtant, pourtant… il nous est d’une grande aide à bien des égards, car lorsqu’il va bien c’est parce que nous allons bien.

Cet article est la suite du précédent À vos pieds, cours créé pour le Service des sports de la Ville, section Midi Tonus, sous l’impulsion d’une amie qui avait pris part à l’un de mes autres cours.

Au départ, je voulais simplement faire une photo des pieds de chaque participante avec un quelque chose qui sorte du commun. Finalement, l’inspiration m’a visitée et il en est sorti ce que vous trouverez plus bas.

Préparation. Même si on est aguerri dans certains domaines, il vaut mieux faire des préparatifs. Je fais appel à deux Britanniques qui assistent au cours pour faire les premiers essais. Elles avaient le temps de venir parmi les autres participantes ; elles auraient pu dire non, mais, elles ont l’esprit britannique et sont prêtes à explorer la chose ! Je pense que c’est comme cela que l’inspiration est venue. On a aussi bien rigolé parce que l’air de rien, certaines fois il fallait bien garder l’équilibre et il faillait faire preuve de… courage ou d’inventivité pour garder la pose.

Le jour dit, je fais mes photos et voilà qu’ensuite l’une des participantes sort du Mauler rosé, mon champagne national préféré ! Je n’ai pas résisté au plaisir de faire un montage.

Contenu de la photo : deux bouteilles et le pied enrubanné (je fais appel à votre imagination pour voir le noeud fait avec le ruban) de la participante. C’est en cliquant à droite et à gauche pour mieux faire ressortir le noeud qu’un « effet miroir » en est ressorti, je ne sais à quel moment.

J’ai fait une présentation PowerPoint mais n’arrive pas à la mettre ici. Il faudra que je demande de l’aide. Voici, en attendant un PDF, mais il joue le même rôle et peut-être que cela suffilt.

L’intention… J’avais l’intention de faire un choix de photos pour ceux qui n’auraient pas la patience d’attendre le téléchargement des photos et voilà qu’en préparant la sélection, une autre version s’invite et je ne peux que lui laisser le chemin libre !

C’est la multiplication des pieds !
Pieds en route !
À vous de trouver le titre…
Vous connaissiez la roue de la fortune ? Vous avez ici la roue des pieds, à double !
Il est normal que des pieds jouent avec le nombre trois qui a toute sorte de significations. Rappelons que le chiffre est le symbole qui aide à écrire le nombre, ainsi 3 est chiffre et nombre. Vous avez compris, les pieds, ils mènent à tout !
Toute fin est le début d’un autre cycle.

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Fête de la danse – Neuchâtel.2023

Samedi : jour de cours, dimanche : spectacle.

La vie sociale semble reprendre son cours après la période de la pandémie. Cette fois-ci, je donne deux cours.

Quelle chance ! ils ont lieu, une fois de plus, au théâtre du Passage qui se prête toujours à l’exercice. En cliquant sur le cours vous avez le descriptif :

Mes cours. Je suis toujours fascinée par ce que les participants apportent. Dans mes cours, comme dans toute chose, il y a une recette, des règles, un apprentissage et après, c’est cet « après » qui est intéressant, c’est ce que les gens en font. Cela n’a pas manqué lors de cette série et tour à tour les participants disent lors du cours sur la valse :

  1. J’aime guider, contrôler, je ne peux pas me laisser aller ;
  2. Même chose pour moi ;
  3. Je n’ai jamais pu danser la valse, cela me donne le tournis, même voir les danseurs tourner me donne le tournis.
    • Et les trajets en train dans le sens contraire de la marche ?
  4. Pas possible.
    • Vous avez un point que vous pourriez masser dans votre main et cela devrait mieux aller. Le jour où ce point ne fait plus mal, le sympôme n’est plus là. Tant que cela fait mal, il faut continuer. Je lui montre et les autres participants approchent leur main pour que je le leur indique. C’est le signe qu’on forme vraiment un groupe. Je suis touchée.
      • Et on commence.

J’explique les principes que l’on va appliquer, on s’exerce en musique et deux personnes qui dansent ensemble bougent les jambes de la même façon. Je leur demande s’ils sont ensemble seulement pour le cours ou si c’est plus. « C’est plus ! » disent-ils. Je leur dis qu’ils sont bien assortis parce qu’ils font le premier pas d’une certaine façon ! Tout le monde rigole. Je leur explique qu’à ce moment-là, il faudrait déposer le poids du corps avec le genou plié.

Pour l’un des partenaires c’est allé tout seul et pour l’autre, cela a pris un peu de temps. J’explique que nous sommes tous différents (je sais, on est tous égaux, mais en traitement) et donc avons nos propres ressources, plus ou moins prononcées et que selon les besoins on les développe. Nous avons tous un parcours différent.

Le principe masculin et le principe féminin. Il n’est pas figé, une fois nous sommes le principe masculin qui guide et une fois le principe fémini qui se laisse guider, c’est à tour de rôle. Une fois l’explication donnée et des exemples fournis, j’entends au propre et au figuré un « ouf ! » de soulagement, de plaisir d’exister. Là, je me dis que j’ai donné mon cours.

Exemples de partenaires de valse, de couples. Je donne une feuille à chaque participant et lui demande d’écrire des exemples de couples. L’un des participants dit : « Je suis venu danser, je ne m’étais pas préparé à écrire. » Je lui dis que c’est justement la valse de la vie, il faut faire avec. Voici quelques-uns de ces couples :

La taille du « Moi » est relative, il ne faut pas tirer des conclusions hâtives.

Autre version :

La présentation est bien différente.

La valse est présente dans les deux cas ! Pour en savoir plus, il faudait assister à un atelier. Ce cours, je le destine à des entreprises, associations, groupes, voire à des fêtes de famille.

Le cours a lieu plus tard, c’est une évidence, mais c’est un samedi, en plus, c’est le week-end de la fête des mères, et les gens prennent leur temps pour ce qu’ils ont à faire. J’ai plus de participants et cette fois-ci, il n’y a pas d’homme.

Chose curieuse : aucune des participantes ne se connaît et pourtant il y en a trois liées à l’ethnologie. Ici aussi, j’explique la recette et on danse sur des poèmes inspirés des haïkus.

Le mouvement et la personne. Chaque mouvement est révélateur de la personne. Personne ne doit se sentir mal à l’aise en bougeant en musique. Je suis là pour aider les gens à vivre leur corps en entier. J’ai peu de temps, 45 minutes, c’est un peu court pour entrer dans le monde des autres. Néanmoins, je réussis à faire prendre conscience que les mouvements ne vont pas jusqu’au bout des doigs, que le tronc ne bouge pas, que les pieds sont inactifs, etc. À la fin du cours, j’ai demandé aux participantes si chacune partait avec quelque chose. La réponse a été oui. Quelle chance pour moi ! On n’arrive pas toujors a entrer en communication avec les autres.

Images, mouvements : à un moment donné, dans l’un des haïkus présentés, un nuage apparaît. Certaines participantes l’ont vu, suivi du regard et vu disparaître, une’autre était ce nuage un peu enveloppant, une autre encore s’est mise dans un coin et attendu qu’il passe et une autre l’a vu gris, comme une barre, elle l’a pris et s’en est occupée.

Commentaire. Je ne cesse de le répéter : en danse classique, il n’y a qu’une seule façon de faire un pas, les autres sont fausses ; dans d’autres disciplines il y a autant de personnes que de façons de vivre les choses. On le voit très bien dans le paragraphe précédent. Le plus important est de le savoir et de savoir où l’on en est. C’est ainsi que l’on a fait un exercice, le même pour toutes les participantes et que leurs ressentis ont bien différé. Ils étaient tous « justes », pas un n’était faux. C’est perturbant mais c’est ainsi. C’est un peu comme la mesure du temps, à Neuchâtel il est 15 h 27, à Irkoutsk il est 9 h 27, à Chicago 22 h 27 et à Hoululu c’est déjà le lendemain, 3 h 27 !

On a fini par :

Images :

  • Les fleurs en folie était pour toutes les participantes, sans exception, le printemps ;
  • Le désordre a été pour certaines la façon dont ce printemps pousse et pour deux le désordre à la maison ;
  • La fête a été en général la joie.

On n’a pas eu le temps d’entrer en profondeur dans les sujets et images, mais le principal : « vivre avec le corps, soit avec les mains, les bras, le tronc, la tête, les jambes et les pieds » a été compris. Là aussi, j’ai donné mon cours.

On est dimanche

Dix minutes. C’est le temps qui m’est imparti. J’ai choisi de présenter trois solos. Un solo dansé ne peut être trop long et comme j’en avais deux qui se suivaient, il fallait penser à un costume qui pouvait aller pour les deux danses. J’ai trouvé une solution. Pour la troisième, les organisateurs me permettent de passer en deux fois, soit après une ou deux autres écoles, c’est en fonction du style. C’est parfait.

Je me suis préparée en conséquence. Surprise toutefois, parce que le premier groupe est absent et je passe en premier. Heureusement que j’étais prête. C’est la vie et je joue le jeu. Tout se passe bien, je preésente deux danses qui sont de la danse-théâtre. Cela fait un moment que je fais une conversion de mes spectacles. Quant à la dernière danse, l’Adagio d’Albinoni, j’ai regardé dans ma collection de costumes et ressorti un costume de l’Opéra de Bucarest. Là, j’ai eu besoin de l’aide du ciel, comme on dit.

Ces temps-ci ont été passablement « pas en folie » et « pas en désordre » pour reprendre le poème du haut, mais inattendus. J’ai aidé un ami qui a créé sa propre montre à l’exposer à la foire de Genève. J’ai donc appris comment fonctionne une montre et préparé des textes dans les sept langues que je parle. Puis, j’ai appris la fermeture du magasin de pêche le plus ancien de toute la Suisse, Au Pêcheur, et deux connaissances ont décidé d’aller dans un jardin plus lumineux que celui de notre monde. Ce sont quand même trois départs que je dois vivre. Le magasin de pêche appartenait à Denis Demange, un homme que je trouve remarquable et qui vit la chose de façon hors du commun. Il est dans le thème tant de la valse que dans celui de l’atelier. Je lui donne un coup de main et me dis que l’inspiration pour la danse viendra au bon moment. Puis, c’est Christine Martin, horticultrice à Saint-Aubin, celle par laquelle j’en suis venue à mieux connaître les planges qui habitent mon balcon. Je ne pouvais faire autrement que d’aller lui dire un dernier aurevoir terrestre et assister à la cérémonie. Je me suis dit que l’inspiration allait venir. Et le miracle a eu lieu ! J’étais au temple de Saint-Aubin et tout à coup c’est « mon » morceau, l’adagio, qui est joué et, tenez-vous bien, dans la version raccourcie que je me suis arrangée ! Christine s’est dit « Je suis sûre que Zully va venir à l’église et je vais lui donner un coup de main ! ». Dans mon monde, c’est ce que je me dis.

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Au Pêcheur – fin d’un commerce

Ce n’est pas seulement un commerce, un simple commerce qui ferme, c’est le plus ancien magasin de pêche de Suisse qui s’en va. Il met un terme à ses activités tout comme une série dautres établissements commerciaux qui viennent de fermer leurs portes à Neuchâtel, C’est triste. Ma ville se désagrège, se dissout…

Dès que j’ai su la mauvaise nouvelle, je suis allée voir le patron, Denis Demange, pour lui dire que je désirais être à ses côtés et lui donner un coup de main ; je lui ai dit que je voulais représenter le Neuchâtel de jadis, celui où les valeurs d’autrefois prévalaient, qu’il fallait toujours garder la tête haute quoi qu’il arrive dans la vie et que nous allions fêter la chose avec une bouteille de Mauler rosé. Une fois ma tirade finie, je me suis dit qu’il avait le droit de penser différemment, mais, j’ai eu de la chance, il m’a dit que c’est bien ainsi qu‘il agissait et que ce serait avec plaisir avec, cependant, une condition : il fallait se tutoyer. Comme c’est joli !

La fin mais aussi le début. On le sait, chaque chose a une naissance, un développement, une fin et la fin engendre un nouveau cycle. C’est le cycle d’engendrement dont parlent les Chinois. Le fait de savoir que le cycle existe apporte-t-il une consolation, une certitude que les choses vont s’arranger ? En tous les cas, Denis me dit qu’il y a eu quelques étapes un peu compliquées mais qui ont trouvé des solutions et il a fêté chaque solution. On est du même monde et c’est magnifique. On voit sur la photo que la bouteille de Mauler repose sur une nappe à l’image de Paris. Je lui dis que pour moi Paris n’est jamais loin lorsque je fête quelque chose et il me dit qu’il aime aussi cette ville.

Mars 2021, c’est à ce moment-là que j’ai écrit mon premier article sur lui. Je n’ai pas pensé que j’allais vivre la fin du magasin.

Les raisons ? Il y a tout une chaîne de causes : la covid, une crue du lac qui l’a rendu impossible à la navigation, puis pas assez d’eau, encore une bactérie et une politique qui supprime les places de parc en ville. Cela fait des années que la tendance a commencé et que des amis me disent qu’ils ne viennent plus à Neuchâtel parce qu’il est très difficile de se parquer. Maintenant, on vient de supprimer les places de parc près de la gare ; à croire que seuls les jeunes en short et sac à dos voyagent. J’exagère… Cet article, ni aucun des miens d’ailleurs, n’est pas le lieu d’une polémique, je ne fais que dire ce que tant de personnes constatent : ma ville se désagrège, se dissout, le paysage commercial disparaît. À cela s’ajoute le fait que les grands centres commerciaux et Internet vendent des articles à bas prix et que souvent le personnel a une connaissance très limitée des articles qu’il vend. Au début des années 2000, l’opticien Luther me disait : « Les gens viennent se renseigner chez moi, se faire faire des examens et ensuite vont acheter dans la filiale de la chaîne X (pas besoin de leur faire de la réclame ici !). Ils ne viennent acheter que dans des cas difficiles. » Denis me dit que tout dernièrement deux clients, et ce ne sont pas les seuls, sont allés chez lui avec deux cannes à pêche achetées dans un de ces centres et lui ont demandé de la leur monter. Ils lui ont aussi expliqué que puisque c’était leur premier achat, ils ne voulaient pas trop dépenser. Denis leur a demandé leur profession. : « Ingénieurs chez Y » fut la réponse. Il n’y a rien à ajouter mais la tristesse m’envahit en l’entendant m’égrener les raisons de la fermeture de son magasin. Je lui ai demandé si son service de monteur de cannes à pêche avait été payé : « Non, je suis un passionné ! » Là non plus il n’y a rien à ajouter.

À propos de la filiale de la chaîne X, Denis me dit qu’en Suisse allemande la chaîne ne marche pas parce que les gens tiennent à leurs magasins locaux. J’admire !

Denis me raconte : « Dans mon magasin il y avait des personnes seules qui venaient non seulement pour acheter, mais aussi pour se confier. Je me demande ce qu’elles vont devenir ». Je dois dire que c’est une sorte de révélation pour moi. Je n’ai pas pensé qu’un commerce comme le sien s’y prêtait. J’en prends pour mon grade. J’ai eu ce genre de relation avec les commerçants d’il y a quelques années. Aujourd’hui, je les compte sur les doigts d’une main. Une relation entre le commerçant et le client est aussi empreinte d’amitié, de compréhension, on se rend aussi des services non monétaires . Les commerçants locaux sont remplacés par des filiales de gros commerces. C’est une partie de l’âme de la ville qui s’en va.

Pour le moment me voilà apprentie en inventaire d’articles de pêche, de nettoyage et de démontage de meubles ! J’aime l’apprentissage de toute sorte de métiers et, surtout, j’aime rendre service. Cette fois, je suis bien tombée, Denis est un patron en or : il a quelque chose en commun avec feus messieurs Schneitter, le droguiste, et Vautravers, commerçant en articles ménagers : un certain sens de l’humour mais aussi le respect des articles mis en vente. J’avais déjà remarqué un sens très prononcé de l’ordre, du classement chez Denis. Cela se vérifie en cette fin de vie commerciale. Le plaisir que j’ai de l’accompagner en cette période est en plus enrichi à bien des égards : voir une personne mettre fin, par obligation, à une activité qui date de 1882, de façon élégante est une belle leçon. Denis a le sens du devoir, il aime et respecte ce qu’il fait, il est même méticuleux. Il me rend meilleure et c’est un délice. Je parle d’apprentissage non seulement parce que c’est mon sentiment, mais aussi parce qu’à un moment donné, je devais aller dans mon studio de danse chercher les flûtes à champagne et juste avant de fermer la porte, il me dit : « Tu as les clefs ? ». C’est bien le patron qui parle à l’apprentie !

Apprentissage chez Denis. On a commencé par prendre les différents articles, les cataloguer et les photographier. Puis, on a simplifié et on a fait des cartons spécifiques. Je peux dire que j’ai vu l’ordre régner à toutes les étapes. Fascinant !

Son père. J’aime ma ville et ceux qui l’ont construite. Le père de Denis, Christian Demange, en fait partie ; cela fait que j’ai une affection particulière pour lui. Je le dis souvent, nous ne sommes rien sans les autres, et surtout sans les précédents. Alors, la fin de l’enseigne doit marquer Denis. Il me dit que c’est le cas et qu’à un moment donné, il est allé parler à son père sur sa tombe. La semaine qui a suivi lui a apporté les solutions pour son magasin. Je trouve cela magnifique et suis traversée par une onde vibratoire au moment où il me le dit. On trinque à la santé de son père ! Lorsque Denis prend un objet qu’il ne va plus vendre pour le mettre dans la caisse qui sera débarrassée, il m’arrive bien souvent de reprendre l’objet et de dire « Mmmm ! cela peut servir ». et Denis de commenter : « J’ai l’impression d’entendre mon père ! »

« Cela peut servir » était donc l’une des phrases de monsieur Christian Demange. C’est aussi la mienne. Elle est plus fréquente chez ceux qui ont vécu la guerre ou qui ont vécu dans des pays où il n’y a pas tout. C’est ainsi que je récupère un certain nombre de choses chez Denis. « Tu vas faire quoi avec ? » me demande-t-il. Je n’ai pas toujours une réponse claire, parfois je trouve l’objet beau, parfois c’est pour compléter ce que j’ai, parfois j’ai l’impression que l’objet me dit de le prendre ; alors, je prends. Denis me dit : « Tu vas avoir tout mon magasin chez toi ! » Il exagère, bien sûr.

Attitude remarquable. Il a trouvé un repreneur qui lui dit qu’il peut vider le magasin de la marchandise et de ne pas s’occuper du reste ; puis, il se ravise et lui dit que ce serait bien d’enlever encore ceci et encore plus tard qu’il vaudrait mieux ne rien laisser. Denis avait déjà fait son plan de travail. Mais, il est un gentleman. Il aurait pu dire que l’accord avait été conclu d’une certaine façon. Il n’a rien dit, il s’est exécuté et j’ai trouvé cette attitude remarquable. Chapeau !

Dernier jour ouvrable de la semaine. Les circonstances de la vie on fait que je n’ai pu « aller au travail » que de 15 h à 16 h. Denis avait un rendez-vous après. Il avait préparé mes tâches. C’était du nettoyage. Il avait tout calculé et j’arrive à faire ce qu’il fallait dans le temps imparti. Au moment de partir, le ciel envoie une belle averse. « 

  • Tu sais pourquoi il pleut ? demandé-je à Denis. C’est que le ciel a vu que je n’ai pas eu le temps d’arroser les plantes de mon balcon et s’est dit qu’il allait me donner un coup de main.
  • Tu as un parapluie ?
  • Non, j’ai toujours des paquets à porter et ne saurais où le mettre.
  • Tu ne vas pas partir ainsi. Tiens ! il reste une veste de pêcheur. C’est juste ta taille.
    • Je ne l’avais pas vue et même jamais pensé en porter une fois. Je lui dis qu’il pourrait la vendre. Il m’écoute, regarde par la vitrine et me tend la veste.

Découverte dans le démontage. Je trouve des traces de l’écriture de son père et peut-être des anciens propriétaires sur des étiquettes et les meubles. Je suis touchée. Je trouve même une annonce « Maidenform » collée à un arrière panneau. C’est la marque des soutien-gorge que ma mère a portés bien des années plus tard. Mon Dieu, que cela fait remonter des souvenirs ! Je dis à Denis qu’elle doit dater des années 1930, au moment où la boutique vendait des habits aussi (cf. l’autre article sur le magasin). Je me dis qu’il y a une porte temporelle que je pourrais ouvrir pour revivre ce temps qui me semble tout proche.

Le dernier ticket de caisse : c’est le mien ! Un ou deux jours avant que Denis ne ferme son magasin, je lui ai dit que je désirais acheter un couteau (inutile de lui dire « un bon couteau » parce qu’il ne vend que de la bonne marchandise) et que je lui demandais que ce soit sa dernière vente. Il s’est exécuté. Voici les deux objets.

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C’est donc le dernier ticket de la lignée qui a commencé en 1882. Je me sens liée à l’histoire. Il a été imprimé le 29.04.2023 à 16 h 15, le prix est en francs suisses et en euros. Le verso du ticket indique combien Denis est soucieux de son environnement.

Dernier article vendu. J’ai donc demandé à Denis de me choisir un couteau. Il me choisit un Opinel. J’ai de la chance, Opinel est une excellente marque française. L’entreprise fait ses premiers pas en 1800, Joseph Opinel invente son premier couteau en 1927 et la firme a une reconnaissance mondiale. Je suis, je l’ai déjà dit, dans l’histoire. De plus, je suis très sensible au français et viens d’apprendre que Larousse a inclus dans son dictionnaire opinel, en même temps que bic, frigidaire et solex. Larousse va parfois trop vite dans certaines acceptions, mais là, il s’agit d’une reconnaissance historique.

Inventaire et démontage en images :

En réalité… j’ai reçu trois fois cette quantité. J’ai aussi reçu des sortes de perles que je vais partager avec les filles de mes amies. Inutile de dire que je suis de toutes les générations !

Denis me dit que c’est la date de naissance de son père.

Ordre et élégance chez Denis. Denis a enlevé les tiroirs des meubles, les a rangés dans sa vitrine afin de faciliter le travail de la personne qui les avait achetés. Plusieurs choses dans cette photo : de l’ordre, du respect pour les meubles, et de l’élégance parce qu’il se met à la place des personnes qui vont charger les meubles et leur allège la charge. C’est le portrait de Denis. Je répète : toutes les étapes ont été sous le règne de l’ordre et de la propreté. Cela a été comme une danse.

Chaque tiroir numéroté. Tout est parfait, mais au moment du déménagement des meubles, on n’a pas le temps de chercher lequel va où et Denis dit que tous les tiroirs vont partout. C’est réellement le cas. Je me dis qu’avec les meubles actuels… Vous avez raison, dit l’acheteur, on ne peut même pas le bouger de la place où on les a montés. Une nouvelle fois je suis émerveillée par le travail fait. Ces meubles ont servi des années et des années et sont toujours en bon état.

« Bonne nouvelle vie ! » a été la phrase de Denis aux meubles en les touchant au moment où la remorque s’en allait avec eux. C’est tout simplement beau.

Ce que l’aventure m’a apporté. Je me dis que je ne m’étais pas trompée en écrivant le premier article sur le personnage et le fait de le connaître mieux me fait l’admirer pour son attitude si élégante face à des inconvénients. J’aime aussi l’ordre, les choses mises en évidence, les beaux rangements, mais de voir travailler Denis me fait aller plus loin. Je ne saurais l’expliciter, je le vis. Je lui suis reconnaissante de m’avoir permis de vivre cette fin de vie commerciale et historique. C’est un fait pour moi. On a aussi bien rigolé parce que, comme déjà aussi dit, il a un certain sens de l’humour. J’ai appris à mieux manier certains outils, j’ai pu apporter une fois ou l’autre mon concours et une fois ou l’autre ses observations m’ont bien nourrie. Cela fait maintenant partie de moi. J’ai grandi et me sens meilleure. À un moment donné, il m’a confié une tâche en me disant qu’il avait bien pensé que j’allais aimer la faire. C’est vrai, j’aime le travail manuel. C’était à la fin du sixième jour de travail :

  • Demain, il ne restera que quelques affaires à liquider et à trouver quelle clef va dans quelle porte.
  • Magnifique, ce sera la danse des clefs !
  • Toi, tu aimes tout faire !
  • Oui, pour entrer en communication avec quelqu’un, il faut avoir la bonne clef, c’est comme une porte. Tout n’est que symbole dans cette vie…
    • Et on a ri avec l’âme parce que la vie peut être tellement simple !

Célébrations variées. Comme je le dis au début de cet article, il faut toujours garder la tête haute et fêter les choses. Alors, le premier jour de travail commun, nous l’avons fêté avec du Mauler rosé, le deuxième avec un autre genre de rosé, du jus de d’oranges rosées, le troisième avec des gâteaux d’une amie qui partait au ciel, le quatrième avec l’amitié tout court parce que c’est mon jour de jeûne, le cinquième avec du silence afin de ne pas déranger les voisins avec le chargement de la remorque qui emportait les meubles, le sixième avec un sentiment d’exaltation parce que l’on avait accompli un très grand travail, chose qui à un certain moment était apparue impossible et septième et dernier jour avec le sentiment du devoir accompli (ne pas oublier que Denis a fait plus qu’il n’avait été convenu, mais lui se dit qu’il a ainsi le sentiment d’avoir achevé son travail) et, bien sûr, du Mauler rosé. On le voit le cycle se termine comme il avait commencé et c’est signe du départ d’un nouveau cycle.

Voilà la table improvisée sur la vitrine où le Mauler rosé règne sur un fond parisien.

Ouverture du Mauler. Normalement, j’ouvre les bouteilles. Le premier jour, je n’ai pas réussi. C’est bien la première fois et j’ai dû céder la chose à Denis. Cette fois-ci, je me dis que je dois réussir. Cela prend du temps et il dit :

  • Faut pas avoir soif !
    • Dieu sait la tête que je fais, et il ajoute :
  • Faut pas être dans le désert !
    • Je n’en ai cure, réussis à ouvrir la bouteille et là on éclate de rire. C’est cela passer du temps avec lui.

Le fait de participer à toute cette aventure me fait me sentir partie prenante de l’histoire et sens une nouvelle racine pousser pour aller rejoindre l’année où le magasin a été créé. Je la laisse aller plus loin, volontairement, parce que ceux qui étaient vivants en 1882 avaient leurs propres racines et qu’elles se lient aux miennes.

Solutions, c’est le mot de la fin. On rejoint le premier paragraphe, celui où Denis dit qu’il a fêté chaque solution qui lui est apparue. C’est magnifique. On ne peut que lui souhaiter bon vent !

Le plaisir. Bon, cette fois c’est le dernier mot et il se nomme « plaisir ». Le plaisir est un sentiment qui devrait nous accompagner tout le temps. Je le répète à tous mes élèves. À Denis, il n’y a pas besoin de le dire parce qu’il le dit lui-même : quand on a du plaisir, tout va tout seul. Comme il a souvent du plaisir, je l’imagine s’en aller dans la vie dans le bateau du plaisir.

Question d’écriture. Certains pourraient avoir été étonnés d’avoir lu « monsieur » et non pas « Monsieur ». Alors, doit-on écrire : j’ai parlé avec M. Levoisin ou j’ai parlé avec monsieur Levoisin ? Mon expert, Chambaron, m’explique que « monsieur » n’est pas un titre. On n’a pas l’idée d’écrire « Chère Voisine », alors, on n’écrit pas non plus « Cher Monsieur », mais « Cher monsieur », car il fait partie du corps du texte. Par voie de conséquence, on écrira « j’ai vu monsieur Duvoisin marcher dans la rue ».

Lien vers le site temporaire de Denis où vous pourrez acheter des articles pour la pêche : aupecheur.ch.

Liens vers des articles sur le commerce au centre-ville ou des personnalités de la ville :

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Spectacle.

@Articulations – jouons avec elles ! et participantes.6

Le corps humain possède dans les 360 articulations, presque autant que l’année a de jours, cela dépend de la façon de les compter. S’il est intéressant de travailler les articulations articulaires et musculaires de notre corps, il en va de même avec les articulations de la vie.

Articulation, définition. Si on lit la définition de l’Académie française, on voit qu’il y a plusieurs domaines qui ont des articulations : l’anatomie, bien sûr ; le droit (la façon dont les articles ou éléments juridiques se lient) ; la grammaire (le lien qui unit un membre de phrase à un autre) ; la musique (façon dont les sons sont liés ou séparés) ; la phonétique.1 – point du canal bucal qui permet l’émission des sons ; phonétique.2, par extension, la qualité de la prononciation (claire, aigüe, etc.). Nous ajoutons, dans ce cours : l’articulation aux éléments de notre vie. On peut les réduire au domaine professionnel et personnel. On peut encore aller plus loin et se demander comment on articule ce que l’on vit à l’extérieur et à l’intérieur de nous-mêmes.

J’aime les images. Dans le cas présent, l’arrosoir me rend bien service. Celui qui est sur la tête d’Essence, notre compagnon au cours, déverse son contenu en nous et peut contenir toute notre vie. Il s’agit de savoir à quel niveau on se situe.

Quelques arrosoirs :

L’arrosoir se décline à l’infini… et la façon de vivre son contenu aussi.

Comment vivons-nous, articulons-nous ce que l’arrosoir nous présente ? C’est un sujet passionnant dans ce cours.

Voici encore des exemples d’arrosoirs :

Liens vers :

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Danse classique et imagination.3

Je ne cesse de le répéter, ce sont les participants aux cours qui l’enrichissent. C’est une nouvelle fois le cas.

On continue à faire le cours et à sentir l’eau, ce qu’elle fait en nous ou autour de nous.

L’eau. Notre corps est composé à 70 % d’eau, mais les molécules d’eau du corps sont à hauteur de 99,6 % ! L’eau est un élément essentiel dans notre vie. Ma référence dans ce domaine est Jacques Collin, conférencier et auteur de trois livres sur le sujet. Il a rencontré tous ceux qui ont parlé des qualités particulières de l’eau. L’eau est l’élément qui permet que les aliments nourrissent le corps , alors, suivre l’eau dans le corps est fascinant. Je dois quand même dire que faire de la danse classique pour un adulte qui n’en a plus fait depuis des années ou jamais n’est pas si simple ; de sorte que se concentrer sur le corps prend parfois le dessus, mais on arrive quand même à inviter l’eau.

Réactions pendant le cours : « l’eau reste au niveau des pieds, arrive jusqu’au cou, est calme ; – l’eau n’oppose aucune résistance, les mouvements se font tranquillement ; – je me sens ailleurs ; – je suis dans l’eau, sous l’eau et pourtant je n’ai pas froid ; – je peux me mouvoir aisément. « 

Une autre fois, le tonnerre se fait entendre et une participante de dire :  » – je marche dans la campagne, la pluie tombe, me mouille. Malgré le tonnerre, je ne cours aucun danger, et je suis remplie d’une énergie bienfaisante… puis je me déplace dans un pré sous des arbres fruitiers. La pluie s’arrête. Devant moi un magnifique pommier en fleurs et je me délecte de sa beauté.  » 

Danser avec l’eau et danser avec la vie. La danse n’est pas seulement un ensemble de mouvements du corps. Dans ce cours, on parle aussi de la façon dont on danse avec ce que la vie nous propose.

On pratique des exercices sous une autre lumière. Tout comme dans la vie, selon les angles de vue, selon la lumière qu’on met à la chose, elle apparaît comme ceci ou comme cela.

Montage de Zully

Liens vers :

Autres liens :

À vos pieds ! et participantes

Pour faire bref, dans ce cours, on fait connaissance avec les informations que les pieds détiennent et avec lesquelles on peut interagir. Pour faire encore plus court, dans le pied il y a le corps. Pour donner une image, les pieds nous guident ; à nous de savoir où et comment on les pose.

En plus du travail physique avec les pieds, on a pris le temps de discuter de certaines expressions et par là même de voir dans quelles circonstances on pouvait faire appel à elles.

Pourquoi ces expressions seraient importantes ? Parce que ce sont des mots et que les mots ont une signification et qu’ils ont une vie en nous, ils nous marquent. On en arrive au rôle de la pensée, sujet si bien traité par Jean-Pierre Garnier Malet.

Pieds ailés et bijoutés !

Le pied et les expressions. Autrefois, il y a bien longtemps, comme dans les contes, au xviie siècle, on utilisait une unité de mesure qui s’appelait « le pied ». Les Anglais continuent à parler de « feet » dans ce sens-là. L’expression « sur un pied d’égalité » veut dire que deux ou plusieurs personnes sont dans un rapport égalitaire. Ainsi, l’une des participantes a manqué le premier cours pour des raisons indépendantes de sa volonté et je le lui ai donné séparément. La fois suivante, tout le monde était sur un pied d’égalité (on sait qu’on ne dit pas « sur un même pied d’égalité », il y aurait redondance). C’est la première expression qui a fait son entrée au cours !

D’autres expressions avec le mot pied, pieds. Les pieds racontent bien des choses et les mots permettent aux pieds de dire des choses. Nous avons décidé de ne retenir que des expressions qui nous font du bien, qui nous renforcent, qui nous enrichissent. Elles font partie de la vie de tous les jours, et en fonction de la situation vécue, on fera appel à l’une ou l’autre d’entre elles.

  • Sur un pied d’égalité (être, vivre, mettre) ;
  • Avoir bon pied, bon œil ;
  • Avoir les pieds sur terre ;
  • De pied ferme ;
  • Être sur un bon pied ;
  • Lever le pied ;
  • Mettre un pied devant l’autre ;
  • Prendre pied.

Que signifie « lever le pied »? ai-je demandé. Ralentir ! a été la réponse. Oui c’est cela, mais à l’origine, j’ai perdu la source, on le disait des personnes qui étaient en visite et qui en levant le pied signifiaient qu’elles s’en allaient.

Expressions adaptées. On le sait, la vie n’est pas figée et nous avons transposé l’expression « Mettre les pieds dans la vigne du seigneur » qui veut dire s’enivrer. Elle donne :

  • Mettre les pieds dans la vigne de… (prénom de la participante au cours) :
    • Cela veut dire que n’entre pas qui veut dans son monde. Ainsi, au cours, nous sommes dans une même vigne !

Expressions inventées. Nous avons senti le besoin d’enrichir notre vocabulaire afin que les pieds fassent encore plus partie de notre vie.

  • Pieds ailés et bijoutés (image d’en haut) :
    • c’est ce que l’on peut dire lorsqu’on a fini une séance avec les pieds, lorsqu’on a réussi quelque chose.

Forme des pieds. On a aussi comparé la forme de nos pieds au descriptif fait par des professionnels et on a bien ri !

Les flèches indiquent la forme. Explication dans le paragraphe qui suit.

Les flèches. Afin de ne pas me servir d’images qui pourraient avoir des droits d’auteur, j’ai fait les miennes. Ce n’est pas la peine de dire que cela n’a pas été simple. Ce qui est intéressant de retenir c’est qu’au moment où je n’arrivais pas à m’en sortir, l’expression « perdre pied » a atterri dans mon cerveau. Comme elle ne figure pas dans la liste ci-dessus (rappel : la liste proposée n’est pas « positive », elle est « constructive »), que les réserves de ma patience étaient au plus bas et qu’il ne faut jamais épuiser ses réserves, je me suis dit que j’allais faire appel à votre imaginaire afin de mettre une ligne parallèle à un certain endroit. Pourquoi pas ? Les parallèles de la Terre sont bien imaginaires et je ne vois pas pourquoi le domaine lui serait réservé. Mais, ce matin, mes batteries étaient rechargées, on le sait, la nuit porte conseil, et j’avais « le pied des solutions ! » J’ai donc repris mon métier, ai réussi et en plus me suis enrichie dans le maniement des lignes et des flèches. Quelle chance !

Revenons à nos pieds (pas à nos moutons, à nos pieds !) : dans le descriptif, le propriétaire de telle ou telle forme a telle ou telle propriété en plus ou moins grande abondance. L’une des participantes a dit que cela ressemblait à un horoscope et on a toutes ri parce que les prédictions… C’est vrai, on avait toutes un peu de tout ce qui était mentionné. Bien sûr, la morphologie d’une personne en dit long sur elle, mais une chose isolée… on le sait, ne fait pas le tout. Il y avait encore des pieds où le propriétaire ne peut bouger le petit doigt, où le troisième orteil grimpe sur le quatrième, etc. L’intuition nous dit que les noms des formes sont liés aux pieds des pharaons égyptiens, statues d’athlètes grecs, personnalités romaines, et le carré, je viens de voir que ce serait le pied germanique. On peut aussi se dire qu’il y a autant de formes de pieds que de personnes, d’ailleurs, nous n’avons même pas deux pieds égaux. La nature, on le sait, n’aime pas la répétition.

Rendre à César ce qui lui appartient ! C’est une autre participante qui m’a envoyé une photo du tableau de Frida Kahlo sur les pieds qui m’a donné l’idée d’aller voir ce que « les formes racontent ». Vous pouvez voir sur la Toile le tableau, je ne le mets pas ici parce que je ne sais pas si je peux le faire. Mais, merci à la participante et à Frida pour la forme de ses pieds.

Des pieds ailés, bijoutés et étoilés. Les étoiles sont des points-source le long de méridiens. Ils sont fort utiles et on peut les stimuler de bien des manières !

Un peu d’anatomie : nous avons environ 100.000 milliards de cellules dans le corps et si on divise le corps de profil en deux, puis une moitié en deux et ainsi de suite jusqu’aux pieds, on peut de dire qu’on en a … (calculez) cellules aux pieds (à quelques milliers près puisque le tronc est plus épais que les jambes, mais l’approximation y est). On sait que chaque cellule enregistre toutes les informations que nous recevons. C’est fabuleux. On va entrer dans ces mémoires…

Robert Hooke. C’est le moment de rendre hommage a ce grand scientifique anglais qui a apporté tant de choses en astronomie, horlogerie, physique, optique, mécanique, etc. et, et, c’est lui qui a étudié la première cellule et qui l’a baptisée cellule ! Pourquoi ce nom ? parce qu’il a pensé aux petites chambres des moines dans les monastères, les cellules. En latin, cellule se dit cellula, diminutif de cella. Cela s’est passé en 1665 ! Voilà. Vous venez de lire cette information, et elle est maintenant dans vos cellules ! Si vous regardez bien vos cellules, vous l’y trouverez !

Voyage d’une cellule. Voici un autre sujet traité pendant le cours.

Ceci reste personnel, mais le schéma est valable pour tout le monde.

Texte avec :

  • Définition du pied. Il n’y a pas que l’anatomie…
  • Expressions en français avec le (les) pied (pieds).

Comme dans les réclames d’antan : « Avant et après ».

Slogan publicitaire
Après traitement ZS : pieds enrubannés !

Une chose en amène une autre. C’est ainsi, les choses se lient sans qu’on y pense. Je ne voulais prendre qu’une photo par participante et finalement… j’ai matière pour faire un PowerPoint dans un article séparé, Pieds enrubannés.

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Autres cours que je donne dans le cadre de Midi Tonus :

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Hooke & Huygens watch – Roger Peeters – Zully (on its way)

I am Neuchâteloise (a region of Switzerland) and every Neuchâtelois has among his ancestors a watchmaker. Being from Neuchâtel only on the papers but loving the town, fate had to repair the lack and made me meet watchmakers in different dimensions about whom I wrote articles on my web site. After that, fate ,being satisfied, thought that I could go further and asked Roger to initiate me into the secrets of how a watch works and now, and now I am a true Neuchâteloise !

Version en français

Roger, engineer in mechanics, took it into his head to make his own watch and he managed ! He participates to the exhibition Time to Watches to show it and invites me to present it together with him. His watch is not just any watch. Roger is particular, he has a strong sense of aesthetics, the usefulness of things and how they function. We have great conversations on the subject. Moreover, his head never stops thinking. He finds all kinds of solutions ; some of them make my life easier and more beautiful in my ballet studio. In addition, he has a general culture that exceeds average knowledge and he trains himself in different areas on his own. But I get lost, there are so many things to say about him. Coming back to his watch, it has the shape of a ring, it is an annular shape and therefore it was necessary to adapt the movement, the case, the hands and to introduce novelties. He owns five patents for it, but it could be more. It is the first time in the entire history of watchmaking that such a watch is ever made! I repeat, it is the first time that such a watch has ever been made. Yes, some watches have a jewel in their centre, but below it the movement runs while at Roger’s watch there is a real void ! Professionals, collectors, watchmaking as well as jewellery students who saw it, found it extraordinary, a success, ingenious, beautiful.

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The magic watch through which you can admire the lake of Neuchâtel (the center is really empty), on the left and, on the right, with its dress hours and decorated with a labradorite which makes us think of a planet in our universe. Both pictures are by Roger.
Thanks to the Culture and Information Center of the Embassy of Japan in Bern.

Kai zen. It is a Japanese notion that marketers reduce to a single word, kaizen, and that means constant improvement. Whenever one invents something, one can get satisfied with it and reproduce it endlessly or, as the Japanese do, permanently find things to improve and therefore really develop the idea, the creation. This is something Roger practices continuously. In order to avoid a misunderstanding, I asked help from the Cultural and Information Centre of the Embassy of Japan in Bern and I received the image you see on the right. I sincerely thank the manager of that service. I often say : « We are nothing without others ».

As far as I am concerned, I did not have the impression of applying this notion. All that I know, is that since my childhood I like to take things back, to make them more beautiful, easier and it is a pleasure when I succeed. I certainly don’t have the same vocabulary as Roger, but definitely the same intention !

The adventure with Roger. I entered watchmaking by tangent. See the articles on the Fabrique d’Horlogerie Froidevaux, Neuchâtel, and Abraham-Louis Breguet whose links appear at the bottom of this text. It has been almost five years since I wrote the first one, three for the second and year and a half ago I wrote one on Beaumarchais who started his life as a watchmaker, he even became watchmaker to the king ! So, he was watchmaker among an incredible amount of trades. And there, I find something in common with Roger : the diversity of centres of interest, all well comprehended and deepened. Roger, I met him seven years ago and he first joined my adventures. It is thanks to him that the Watchmaking Museum of Château des Monts, in Le Locle, is enriched wtih documents, relating to the factory of Mr Froidevaux, left my late friend André Oppel. He is the one who told me that the museum might be interested. It is also the one who, when I told him I wanted to see something relating to watchmaking in Paris, told me to visit the Breguet museum. That is how I discovered the latter and thus my admiration for the spirit of this man started. Then I followed some of Roger’s episodes in which I participated from near or far :

  • of the four friends of the beginning of his adventure, there remains one ;
  • in order to have a list of his suppliers, parts and everything related to his watch, he created an Excel spreadsheet, which is absolutely effective. He doesn’t need to seek during painful moments the place where he could have classified this or that. He has everything at hand. I have been thinking for a while that I am going to do something similar. I just did it for the passwords and other information of the various companies and platforms I deal with ; each one has its logic and it is complicated to remember everything. A sequel should see the light of day and make my life easier. With an Excel spreadsheet, one finds everything immediately ;
  • the search for investors. A whole chapter !
  • December 30, 2021 Roger was in my ballet studio and received a call from an old student friend desiring to invest in his enterprise ! This magnificent news in my studio made me feel part of his adventure : I witnesses a crucial moment, I witnesses the confidence this friend has in Roger and I find that magnificent ;
  • Roger needs a platform, a web site, to publicise his watch and, as usual, he studies the possibilities offered on the market. He discovers that many of the offices that offer a site for their clients are, in fact, only using pre-formatted sites, like mine. Very often I feel limited when I want to highlight this or that. But anyway, I am the one who writes all my articles, makes all my pictures and montages. Roger doesn’t like to depend on others, he knows in advance what the site should look like and he starts learning how to make his own platform. There too, he succeeds. If you look at it, all the information appears on a single page that you scroll down. Nothing can escape you. This manner is unusual, which may surprise some, but Roger doesn’t care. I told you, Roger is particular. For him, the most important thing is that everything is at hand ;
  • for his website he needs photos. Some, he orders, but most of them he takes himself ;
  • he needs a film or two ? No problem, he makes them ( management, production and editing) ;
  • he participates to the exhibition Time to Watches in Geneva and designs how to best use the space he has. The exhibition has not yet finished that Roger knows already what he is going to change next year. He also knows what his watch will look like next year, in two years, in three years. I told you, Roger doesn’t stop thinking. If he was Chinese, his name would be :

I recognize the last ideogram, the one of the man ; it is the only one I know. I find fascinating the human being ability of transcribing orally and in writing what they saw, all what happened to them in so many different ways ! When I showed the ideograms to Roger, he also recognized the same as me, and told me that Limburgish, his mother tongue (now you know he is Dutch), is the only European language to modulate vowels like Chinese. With Roger one gets richer all the time.

I take the opportunity to thank Mr Jaycee Fan, marketing director of the watch trade Behrens that also participated in the exhibition. He was kind enough to translate into Chinese the expression that characterises Roger so well. I will say a few words about this company later.

  • I resume :
  • moreover, Roger is a simple man, he likes to joke, and is deeply honest. For instance, his ring-shaped watch can be decorated with different objects : metal balls, semi-precious or precious stones and even tiny sculptures. If a client buys his watch and knows somebody who could make him the sculpture he desires, it is possible. Similarly, if an artist wishes to propose sculptures that could appeal to his clients, the client negotiates directly with the artist without Roger asking for a commission. For me, that is called nobility of soul ;
  • this nobility of soul is the one that I find in Abraham-Louis Breguet when he makes his subscription watches in order to be repairable by any watchmaker and not just his own. That fascinates me !

French. I love languages and French in particular. There is a pun between « watchmaker », the name « Roger » and « Run Roger ! » in Limburgish that cannot be translated. What you can see is that « Roger » and « horloger » (watchmaker) finish with the same rhyme. Roger told me that there was something better in Limburgish : »Hol Roger I » (run Roger !) which has exactly the same number of letters as the French word watchmaker and also the same letters with only one at a different place. That suits him so well. Doing some research, I discover that the first French watchmaker of which we have trace, 1292, is Jehan L’Aulogier whose name in French is also close to watchmaker and, of course, I like this name !

Predestination ? According to what I said before, there must be something like that. The fact is that at the age of 12 he tweaks his alarm clock so that instead of ringing at a specific time, it sends an electric current through a cable so that the curtains in his room open. How did he do it ? I didn’t very well understand, the main thing is that it worked : a pin which held together the first ring of each curtain, in the middle of the window, was withdrawn by an electrical charge emanating from the clock and the curtains opened pulled by a weight on each side. He tells me also that he used to buy old appliances and take them apart to see how they worked. If you were looking for an inquisitive mind, you found it !

The idea of his watch. If the idea of an invention often appears suddenly, one knows that things do not arise from a vacuum and that there is a lot of work sometimes conscious, sometimes unconscious behind… Roger had already worked in the watchmaking industry, but as his head never stops thinking, one day, the idea of making a ring-shaped watch with an empty centre that could accommodate an interchangeable decoration appeared to him, landed in his brain, was born. That is the beginning of the adventure. This is one question that he was often asked during the exhibition. It is indeed a fascinating subject. I often say that it is not because you eat fruit that you will have a fruity thought. There are very interesting theories on the subject, including that of physicist Jean-Pierre Garnier Malet although he declares that he only recalls a vital principle that the ancients knew.

I speak of intuition and Roger speaks of certainty. That is his way of being. He knows since ten yeas that his watch will see the light of day and that day is coming. He knows that his watch will have this or that characteristic and not a different one because it is the way it has to be. He says, Ferrari does not put his name on the tyres ; they have to be changed anyway, so why to lose time ? Think about it.

Roger during the exhibition : I see him talking to all kinds of people, industry professionals, collectors, students. He finds topics of conversation because he travelled around the world for three years by bike, so he knows almost the whole world, he knows several cultures, speaks six living languages in addition to Latin, he loves the arts, cars, mechanics, music, has designed furniture, he sails, he will never run out of ideas. Although he was there for his watch, speaking to a young craftsman who tells him that he has created a special piece, Roger gives him a hint to go further. That is all Roger. I tell myself that the beings who have a noble soul are those who should govern us.

Hooke and Huygens. It is the name of his company. When it becomes time to name his company that is taking shape, he does some research (not surprising knowing now how he functions) and realizes that these names are not associated to companies although they really innovated in watchmaking. The first is English and the second Dutch. They also made a lot of inventions, but both invented the spiral balance wheel, which made it possible to increase the precision of time measurement – until then it was measured in hours only. Since their invention, the first in 1665 and the other in 1670, without one knowing that the other was working on it, time has been measured to the nearest minute. It was also Hooke who in 1675 invented the lever escapement for clocks in order to regulate the energy in clocks and Huygens invents the pendulum clock ! It is quite fascinating to see how their inventions follow each other and are the basics of current watchmaking ! I tell myself that Hooke and Huygens, who must sleep among other stars, must wake up hearing their names mentioned so often !

Behrens Watches. In my world things get linked without me being aware. First I had taken pictures of people present at the exhibition and who appear in this article. Among them were people from the management of Behrens and I gave them my business card so that they could see the result. Hazard, a famous companion of my life, made that there was an error in the card and in order to avoid them difficulties, I send them a message of correction. Wanting to know more about them, I took a look on their platform and learned that the leaders paid homage to the German Peter Behrens, father of modern architecture and of industrial design at the end of the nineteenth and beginning of the twentieth century. The enterprise was created in 2012. I find that great. I like people who love history, it says a lot about them, and I tell myself that Peter Behrens must also wake up in his star hearing his name so often. I am tempted to write a tale where I would bring Hooke, Huygens and Behrens together over a starry cup of tea.

My adventure in Roger’s adventure. One day Roger told me that he would need me during the exhibition. I accepted immediately. He said that I knew about the subject, that I liked people and that I could speak different languages. I am not far from believing that fate played his part… Then, he took time to show me how his watch functions so that I could answer visitors’ questions and because I was interested in it. For me it is an experience, an adventure, a training, a life journey ; it is also a way of participating to the watchmaking history as a whole and of Neuchâtel in particular. I tell myself that I can leave this world in peace. Good, but seeing Roger’s watch next year holds me back !

Inés into Roger’s watch (my montage)

Expressions with clock, hours, etc. This paragraph is also linked to French. It turns out that the students who passed by Roger’s stand told their friends to pass too. This is how a student, called Inés, arrives and tells me that it was her friends that had told her to come. I congratulate her and she says : « Well, there was no need to reverse a clock to make me come ! » It was so evocative and welcome that I thought the expression existed. The explanation was totally different, but, I told her that I was going to introduce it into my vocabulary and mention it my article and she posed for me.

I have to look for more English idioms and expressions with these words.

  • A whale of a time ;
  • Crack of dawn ;
  • Only time will tell ;
  • Turn back the hands of time ;
  • Time is on my side.

An idiom to come : It is time to have an H&H watch ! and probably, in a couple of years, it shall be enough to say « It is time to have an H&H ! » when you mean that it is necessary to do, have, something unique…

History. I like history. I very often repeat that the most important branch in our studies should be history. Without history we would not be who we are. We must know it in order to avoid mistakes, we must glorify those who have paved the way for us and Roger does so by naming his company after the two watchmakers who marked the beginning of watchmaking :

  • Introduction : in the beginning there is the observation of day and night, the phases of the moon, the observation shadows moved, the division of time into day and night and each one into 12 in order to organize daily life. Those who achieve this feat ate the Babylonians ! It is linked to a duodecimal system for counting : they counted the different phalanges of the hand with their thumb, that was 4 X 3 = 12, twice and so we have 12 during the day and12 at night. That is wonderful ! There are thrilling platforms on the Web to track all of this, which allows me to jump to those who managed to regulate the speed of the gears :
  • 1657 – Hooke invents the anchor escapement for clocks ;
  • 1670 – Hooke and in 1675 Huygens invent the balance spring , independently of each other, increasing watch precision from hours to minutes. Therefore a minute hand was added ;
  • 1750 – Thomas Mudge invents the free and self-starting lever escapement ;
  • 1776 – Perrelet invents the self-winding watch.

These inventions are the basics of today’s mechanical clocks and watches. They are the gears that inspired Roger to create his ring-shaped watch into which he put eight barrels in order to give it a power reserve of a week.

Robert Hooke and Christiaan Huygens in the painting, on the left, look at Zully and Roger who are toasting, at the end of the exhibition, to a beautiful sequel ! Photo taken by a friend of Roger’s.

Time has come ! Time has come to part, it is also time to repeat that Roger’s watch is ingenious, never seen before and it is time for your to head to Roger’s website : https://hookeandhuygens.com/#History.

Links in English to :

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Hooke & Huygens montre – Roger Peeters – Zully

Je suis Neuchâteloise et tout Neuchâtelois a dans ses ancêtres un horloger. N’étant qu’originaire du lieu, le destin se devait de réparer l’affaire et m’a fait rencontrer dans diverses dimensions des horlogers au sujet desquels j’ai écrit des articles sur ma plateforme. Mais, ce même destin s’est dit que je devais aller encore plus loin et a demandé à Roger de m’initier au secret des rouages d’une montre et là, là, je me sens vraiment neuchâteloise !

English version

Roger, ingénieur en mécanique s’est mis en tête de faire sa propre montre et il l’a réussie ! Il vient la montrer à l’exposition Time to Watches et m’invite à la présenter en sa compagnie. Sa montre n’est pas n’importe quelle montre. Roger est particulier, il a un sens prononcé de l’esthétique, de l’utilité des choses et de leur fonctionnement. Nous avons des conversations passionnantes à ce sujet. De plus, il a une tête qui n’arrête pas de penser. Il trouve plein de solutions ; certaines d’entre elles facilitent ma vie dans mon studio de danse. De plus, il a une culture générale qui dépasse les connaissances moyennes et il se forme dans bien des domaines tout seul. Je me perds, tellement il y a de choses à dire sur sa personne. Je reprends sa montre, sa montre est en forme d’anneau, de bague, on parle d’une forme annulaire et il a fallu adapter le mouvement, l’emboîtage, les aiguilles et introduire des nouveautés, Il a déposé cinq brevets pour cela, mais la liste pourrait être plus longue. C’est la première fois que l’on fait une montre pareille dans toute l’histoire de l’horlogerie ! Je répète, c’est bien la première fois qu’une telle montre est faite. Il ne faut pas se faire avoir par des montres qui ont aussi un bijou en leur centre, car dessous il y a le mouvement alors que chez Roger il y a un vrai vide. Tant les gens de métier que les collectionneurs et étudiants en horlogerie ou bijouterie qui l’ont vue l’ont trouvée extraordinaire, une réussite, ingénieuse, belle. La question qui ne manquait pas de suivre était : Comment a-t-il fait ?

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est 4.-montre-lac.3.jpeg
La montre magique à travers laquelle vous pouvez admirer le lac de Neuchâtel (le centre est donc vide), à gauche, et à droite, avec sa robe des heures et décorée d’une labradorite qui fait penser à une planète de notre univers. Les deux photos sont de Roger.
Remerciements au Centre culturel et d’information de l’ambassade du Japon à Berne.

Kai zen. C’est une notion japonaise que ceux qui font du marketing réduisent à un mot, kaizen, et qui signifie l’amélioration constante. Lorsqu’on invente une chose, on peut se satisfaire d’elle et la reproduire à l’infini ou, comme le font les Japonais, trouver de façon permanente des choses à améliorer et donc réellement développer l’idée, la création. C’est quelque chose que Roger pratique continuellement. Afin de ne pas faire d’erreur, j’ai demandé de l’aide au Centre culturel et d’information de l’ambassade du Japon à Berne et j’ai reçu l’image que vous voyez à droite. Je remercie vivement le responsable du service. Je le dis souvent, nous ne sommes rien sans les autres.

En ce qui me concerne, je n’avais pas conscience d’appliquer cette notion. Ce que je sais c’est que depuis l’enfance, j’aime reprendre les choses, les rendre plus belles, plus faciles et c’est un plaisir quand j’y arrive. Il est sûr que je n’ai pas le même vocabulaire que Roger mais la même intention pour sûr oui !

L’aventure avec Roger. Je suis entrée par la tangente dans l’horlogerie. Voir les articles sur la Fabrique d’Horlogerie Froidevaux, Neuchâtel, et Abraham-Louis Breguet dont les liens figurent en bas de ce texte. Cela fait près de cinq ans que j’ai écrit le premier article, trois ans pour le second et il y a une année et demie, j’ai rédigé un article sur Beaumarchais qui a aussi été horloger, horloger du roi !, parmi une quantité invraisemblable de métiers. Et là, je trouve un point commun avec Roger : la diversité de centres d’intérêts, tous bien appréhendés et approfondis. Roger, je l’ai rencontré il y a environ sept ans et c’est d’abord lui qui est entré dans mes aventures. C’est grâce à lui que le Musée d’horlogerie du Château des Monts, au Locle, s’est enrichi des documents laissés par feu mon ami André Oppel et qui étaient en relation avec la fabrique de monsieur Froidevaux. C’est lui qui m’avait dit que le musée pourrait être intéressé. C’est aussi lui qui, lorsque je lui ai dit que je voulais voir quelque chose en relation avec l’horlogerie à Paris, m’a dit d’aller voir le musée Breguet. C’est comme cela que j’ai découvert ce dernier et que mon admiration pour l’esprit d’A.-L. Breguet a commencé. Puis, j’ai suivi quelques-unes des péripéties de Roger auxquelles j’ai participé de près ou de loin :

  • des quatre copains du début de son aventure, il en reste un ;
  • afin d’avoir une liste de fournisseurs, de pièces et de tout ce qui concerne sa montre, il se crée un tableau en Excel qui est absolument efficace. Il n’a pas besoin de chercher pendant des moments pénibles l’endroit où il a pu classer ceci ou cela. Il a tout sous la main. Cela fait un moment que je me dis que je vais aussi m’en inspirer. Je viens de le faire pour les mots de passe et autres informations des diverses compagnies et plateformes avec lesquelles je traite, chacune a sa logique et c’est compliqué de tout retenir. Une suite devrait voir le jour et me faciliter la vie. Avec un tableau Excel on trouve tout tout de suite ;
  • la recherche d’investisseurs. Tout un chapitre !
  • le 30 décembre 2021 Roger se trouve dans mon studio de danse et il reçoit un coup de fil d’un ancien copain d’études qui désire investir chez lui ! Cette magnifique nouvelle dans mon studio me fait me sentir partie prenante de l’aventure : j’ai assisté à un moment crucial, je suis témoin de la confiance que cet ami a en Roger et je trouve cela magnifique ;
  • Roger a besoin d’une plateforme pour faire connaître sa montre et, comme à son habitude, il étudie les possibilités qui s’offrent à lui. Il découvre que bien des bureaux qui proposent une plateforme à des clients ne font, en réalité, qu’utiliser des modèles à remplir, comme le mien. Bien souvent, je me dis que je suis limitée dans ma façon de mettre en évidence ceci ou cela. Mais, quand même, c’est moi qui écris tous mes articles et qui fais toutes mes photos et montages. Roger n’aime pas dépendre des autres, sait à l’avance l’allure que le site devrait avoir et se met à apprendre comment faire sa propre plateforme. Là aussi, il réussit. Si vous allez la voir, vous aurez toutes les informations sur une seule page que vous faites dérouler. Rien ne peut vous échapper. Sa façon est inhabituelle, ce qui peut étonner certains, mais Roger n’en a cure. Je vous l’ai dit, Roger est particulier. Pour lui, l’important est que tout soit sous la main ;
  • pour sa plateforme il a besoin de photos. Certaines, il les commande, mais la plupart c’est lui qui les fait ;
  • il a besoin d’un film ou deux ? Pas de problème, il les fait (direction, régie et montage) ;
  • il participe à l’exposition Time to Watches à Genève et il conçoit comment utiliser au mieux l’espace qu’il a. L’exposition n’a pas fini que Roger sait déjà ce qu’il va changer pour l’année suivante. Il sait aussi quelle allure aura sa montre dans une année, dans deux et dans trois ans. Je vous l’ai dit, Roger n’arrête pas de penser. S’il était Chinois, il s’appellerait :

Je reconnais le dernier idéogramme, celui de l’homme ; c’est le seul que je connaisse. Je trouve fascinante la faculté que l’être humain a eue de transcrire par oral et par écrit ce qu’il voyait, ce qui lui arrivait de tellement de façons différentes ! Lorsque j’ai montré les idéogrammes à Roger, il a également reconnu le même que moi et me dit que le limbourgeois, sa langue maternelle (maintenant vous savez qu’il est néerlandais) est la seule langue européenne à moduler les voyelles tout comme le chinois. Avec Roger, on s’enrichit tout le temps.

Je saisis l’occasion pour remercier monsieur Jaycee Fan, directeur marketing de la marque horlogère chinoise Behrens qui participait aussi à l’exposition. Il a eu l’amabilité de faire la traduction en chinois de l’expression qui caractérise si bien Roger. Je dirai plus bas quelques mots au sujet de cette entreprise.

  • Je reprends le fil avec Roger :
  • de plus, c’est un homme simple, qui aime plaisanter, qui est profondément honnête et un gentleman. Par exemple, sa montre en forme d’anneau peut se décorer avec divers objets : billes en métal, pierres semi-précieuses, voire précieuses ou même avec de minuscules sculptures. Si un client achète sa montre et a une connaissance qui pourrait lui faire la sculpture qu’il désire, c’est possible. De même, si un artiste désire proposer des sculptures qui pourraient plaire à ses clients, le client négocie directement avec l’artiste sans que Roger demande de commission. Pour moi, cela s’appelle de la noblesse d’âme ;
  • cette noblesse d’âme est celle que je retrouve chez Abraham-Louis Breguet lorsqu’il fait ses montres de souscription de façon à être réparables par n’importe quel horloger et pas seulement chez lui. Cela me fascine !

Le français. C’est une de mes passions. En écrivant une fois « Roger l’horloger », je dis à Roger qu’il y a rime et il répond qu’il y a mieux en néerlandais « hol Roger ! », soit « cours Roger ! ». Cela lui va si bien ! Bref, c’est parce que je faisais des recherches sur l’horlogerie que la chose est venue. Ma recherche m’a aussi amenée à apprendre que le premier horloger français dont on a trace, 1292, est Jehan L’Aulogier. J’aime ce nom !

Hol Roger et Horloger. On remarque qu’il y a le même nombre de lettres et les mêmes ! Prédestination ? Le fait est qu’à l’âge de 12 ans, il tripatouille son réveil pour qu’au lieu qu’il sonne à une heure précise, il envoie du courant à un câble afin que les rideaux de sa chambre s’ouvrent. Comment il a fait la chose ? Je n’ai pas bien compris, le principal est que cela fonctionnait : une goupille qui maintenait ensemble, au milieu de la fenêtre, le premier anneau de chaque rideau, se retirait par une charge électrique émanant du réveil et les rideaux s’ouvraient parce qu’un poids de chaque côté les tirait. Il me raconte aussi qu’il achetait des vieux appareils ménagers et qu’il les démontait pour savoir comment ils fonctionnaient. Si vous cherchiez un esprit curieux, vous l’avez trouvé !

L’idée de sa montre. Si l’idée d’une invention apparaît souvent tout à coup, on sait que les choses ne naissent du vide et qu’il y a tout un travail parfois conscient, parfois inconscient derrière. Roger avait déjà travaillé dans l’horlogerie, mais comme sa tête n’arrête jamais de penser, un jour l’idée de faire une montre en forme d’anneau avec un centre vide qui pourrait accueillir une décoration interchangeable lui est apparue, a atterri dans son cerveau, est née. Voilà le début de l’aventure. C’est une question qui lui a souvent été posée lors de l’exposition. C’est effectivement un sujet passionnant. Je dis souvent que ce n’est pas parce que vous mangez des fruits que vous aurez une pensée fruitée. Il y a des théories fort intéressantes sur le sujet dont celle du physicien Jean-Pierre Garnier Malet bien que lui, il dise qu’il ne fait que rappeler un principe vital que les anciens connaissaient.

Je parle d’intuition et Roger parle de certitude. C’est comme cela chez lui, il sait depuis dix ans que sa montre verra le jour et le jour arrive. Il sait que sa montre doit avoir telle ou telle caractéristique et pas une autre parce que c’est ainsi. Il dit, une Ferrari ne met pas son nom sur les pneus, ils doivent de toute façon être changés, alors ce n’est pas la peine. Je vous laisser réfléchir.

Roger pendant l’exposition : je le vois parler avec toute sorte de gens, des professionnels de la branche, des collectionneurs, des étudiants. Il trouve des sujets de conversation du fait qu’il a fait le tour du monde à vélo pendant trois ans, alors il connaît presque le monde entier, il connaît plusieurs cultures, parle six langues vivantes en plus du latin, il aime les arts, les voitures, la mécanique, la musique, a créé des meubles, il fait de la voile, il ne sera jamais à court d’idées. Alors qu’il est là pour sa montre, en parlant avec un jeune artisan qui lui raconte qu’il a créé une pièce spéciale, Roger lui donne une piste pour aller plus loin. C’est tout Roger. Je me dis que les êtres qui ont une âme noble sont ceux qui devraient nous gouverner.

Hooke and Huygens. C’est le nom de son entreprise. Au moment de donner un nom à son entreprise qui prend forme, il fait des recherches (personne ne s’étonne maintenant que j’ai dit comment il fonctionne) et se rend compte que ces noms ne sont pas associés à des entreprises alors qu’ils ont réellement innové dans l’horlogerie. L’un est Anglais et l’autre Néerlandais. Ils ont fait aussi plein d’inventions, mais tous les deux ont inventé le balancier spiral, ce qui a permis d’augmenter la précision de la mesure du temps qui jusque-là se faisait en heures. Depuis leur invention – l’un en 1665 et l’autre en 1670, sans que l’un sache que l’autre y travaillait, le temps s’est mesuré à la minute près ! C’est aussi Hooke qui en 1675 invente l’échappement à ancre pour les horloges afin de réguler l’énergie dans les horloges et Huygens invente l’horloge à pendule ! C’est tout à fait fascinant de voir comment les inventions des uns et des autres se suivent et sont à la base de l’horlogerie actuelle ! Je me dis que Hooke et Huygens, qui doivent dormir parmi d’autres étoiles, doivent se réveiller en entendant prononcer leurs noms aussi souvent !

Behrens Watches. Chez moi les choses se lient sans que j’en sois consciente. D’abord, j’avais pris des photos de personnes présentes à l’exposition et qui figurent dans cet article. Parmi elles il y avait des personnes de la direction de Behrens et je leur ai donné ma carte de visite pour qu’ils voient le résultat. Le hasard, fameux compagnon de ma vie, a fait qu’il y avait une erreur dans ma carte et afin de leur éviter des difficultés, je leur ai envoyé un message de correction. Désirant en savoir plus sur eux, j’ai fait un tour sur leur plateforme et ai appris que les dirigeants rendaient hommage à l’Allemand Peter Behrens, père du mouvement moderne en architecture et du design industriel de la fin du xixe au début du xxe siècle. L’entreprise a été créée en 2012. Je trouve cela formidable. J’aime les gens qui aiment l’histoire, cela en dit long sur eux, et me dis que Peter Behrens doit aussi se réveiller dans son étoile à entendre son nom prononcé aussi souvent. Je suis tentée d’écrire un conte où je réunirais Hooke, Huygens et Behrens autour d’une tasse de thé étoilée.

Mon aventure dans l’aventure de Roger. Un jour Roger me dit qu’il aurait besoin de moi pendant l’exposition. J’ai tout de suite accepté. Il m’a dit que je connaissais un peu le domaine, que j’aimais les gens et que je parlais plusieurs langues. À croire que le destin y avait mis du sien… Ensuite, il m’a consacré du temps pour me montrer comment sa montre fonctionnait pour que je puisse répondre aux visiteurs et aussi parce que cela m’intéresse. Pour moi c’est une expérience, c’est une aventure, c’est une formation, c’est un trajet de vie; c’est aussi participer à l’histoire horlogère dans son entier et neuchâteloise en particulier. Je me dis que je peux quitter ce monde en toute tranquillité. Bon, mais voir la montre de Roger de l’années prochaine me retient encore !

Inés dans la montre de Roger(montage par moi)

Expressions avec horloge, les heures, etc. Je disais plus haut que le français était l’une de mes passions. Il se trouve que les étudiants qui passaient au stand de Roger disaient à leurs copains de passer aussi. C’est ainsi qu’une étudiante, Inés de son prénom, arrive et qu’elle me dit que ce sont ses copains qui lui ont dit de venir. Je la félicite et elle répond : « Oh, il n’a quand même pas fallu renverser une horloge pour me faire venir ! ». C’était tellemenrt évocateur et bien venu que j’ai cru que l’expression existait. L’explication était tout autre, mais, je lui ai dit que j’allais l’introduite dans mon vocabulaire et la mentionner dans l’article et elle a posé pour moi.

Autres expressions : j’apprends qu’autrefois le mot horloge était masculin et qu’il en subsiste des traces comme dans « La rue du Gros-Horloge » à Rouen. C’est magnifique ! Alors, voici un florilège d’expressions avec ce mot et autres mots liés au temps :

  • À la bonne heure !
  • Avoir l’heure juste ;
  • Chercher midi à quatorze heures ;
  • Être en avance/retard sur son temps ;
  • Le chat est dans l’horloge ;
  • L’heure a sonné ;
  • Midi pétante !
  • Passer un mauvais/sale quart d’heure ;
  • Réglé comme une horloge ;
  • Remettre les pendules à l’heure ;
  • Se lever à l’heure des poules ;
  • Se lever de bonne heure ;
  • Une heure d’horloge.

Si certaines expressions sont claires, d’autres méritent une explication, par exemple : « Midi pétante » vient du fait qu’à Paris un canon solaire sonnait à midi et ainsi les gens pouvaient régler leur montre. Je trouve cela magnifique. Pour en savoir plus, allez chez Charlie Paris ; « Le chat est dans l’horloge » veut dire que le chat s’est réfugié dans l’horloge parce qu’il a y a une scène de ménage dans la maison et « Une heure d’horloge » est une heure pleine. Ce n’est pas une redondance comme « une heure de temps » (le temps étant toujours le temps) alors qu’on peut avoir une heure de joie, des heures magnifiques passées au stand de Roger !

Une locution en devenir : « C’est l’heure d’avoir une montre H&H ! » et qui, très certainement, en quelques années, pourra se résumer à « C’est l’heure d’avoir une H&H ! » pour signifier qu’il faut faire, avoir quelque chose d’unique…

L’histoire. J’aime l’histoire. Je répète très souvent que la branche la plus importante dans nos études devrait être l’histoire. Sans histoire nous ne serions pas qui nous sommes. On se doit de la connaître afin d’éviter des erreurs, on se doit de glorifier ceux qui nous ont ouvert des voies et Roger le fait en donnant à son entreprise le nom des deux horlogers qui ont marqué le début de l’horlogerie : (RUBRIQUE À COMPLÉTER)

  • Introduction : au début il y a l’observation du jour et de la nuit , les phases de la lune, l’observation des ombres, la division du temps en jour et nuit et chacun en 12 afin de mieux s’organiser. Ceux qui réussissent cet exploit ce sont les Babyloniens ! C’est lié à un système duodécimal pour compter : ils comptaient avec le pouce les différentes phalanges de la main, cela faisait 4 X 3 = 12, deux fois, et ainsi on a 12 le jour et 12 la nuit. C’est magnifique ! Il y a des plateformes passionnantes sur la Toile pour suivre tout cela ; de sorte que je saute à la façon dont on a réussi à réguler la vitesse des rouages :
  • 1657 – Hooke invente l’échappement à ancre pour les horloges ;
  • 1670 – Hooke et en 1675 Huygens inventent le balancier spiral, indépendamment l’un de l’autre, augmentant la précision de la montre d’heures en minutes. Une aiguille des minutes a donc été ajoutée ;
  • 1750 – Thomas Mudge a inventé l’échappement libre à ancre et autonome.
  • 1776 – Perrelet invente la montre à remontage automatique.

Ces inventions sont à la base des horloges et montres mécaniques d’aujourd’hui. Voilà les rouages qui ont inspiré Roger pour construire sa montre en forme d’anneau et à laquelle il a mit huit barillets pour qu’elle ait une réserve d’énergie d’une semaine.

Robert Hooke et Christiaan Huygens dans le tableau, à gauche, regardent Zully et Roger qui trinquent, à la fin de l’exposition, à une belle suite ! Photo prise par un ami de Roger.

C’est l’heure ! C’est l’heure de se quitter, c’est aussi l’heure de répéter que la montre de Roger est ingénieuse, jamais vue jusqu’ici et l’heure de vous diriger vers la plateforme de Roger : https://hookeandhuygens.com/#History

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