Les portes du monde de Zully, métaphore.

Tout a commencé avec les élèves et parents d’élèves qui arrivaient à mon studio de danse et qui ouvraient intempestivement la porte sans avertissement. Comment dire les choses sans heurter les gens, même s’ils ont tort ? C’est qu’il arrive qu’on ne sache pas qu’on a tort. Voilà comment est née la longue histoire des portes.

Voici ce que j’ai dit à mes élèves :

Savez-vous qu’une porte est très utile ? À la maison, elle te permet d’entrer chez toi, de laisser entrer ceux que tu invites et ne laisse pas entrer ceux qui ne sont pas invités. La porte te protège du vent, de la pluie, d’un tas de choses que tu n’as pas envie d’inviter. De plus, il y a porte et porte. Celle de ta chambre, par exemple, elle laisse entrer encore autrement, car tu es plus chez toi, c’est plus privé. Alors, s’il n’y a plus de porte, comment fait-on ?

La porte, même s’il te semble qu’elle ne parle pas, elle est très utile. Il faut bien la traiter, c’est une amie, on lui demande la permission d’entrer, on ne la claque pas et on la remercie pour son travail. Une porte travaille !

Et, c’est ainsi qu’on a fait la danse-exercice de la porte.

Puis, je me suis aperçue qu’en en faisant un jeu pour les élèves, je pouvais aussi l’appliquer dans ma vie de tous les jours. Je m’y retrouve très bien dans le monde de la communication. C’est vrai, lorsqu’on parle avec quelqu’un et que la communication ne passe pas, on s’y prend autrement si on désire réellement avoir une relation, faire passer un message. Peu à peu l’image des portes s’est imposée. D’abord, je l’ai utilisée comme image. Il est possible que je l’aie employée avant d’en être consciente, mais, je me rappelle très bien du jour où je m’en suis servie dans un cas très précis. C’était une fois où un papa tout neuf se plaignait qu’à la maison sa femme ne parlait que de son travail à lui et pas d’autre chose. Je lui ai expliqué que c’était parce que sa femme était tout le temps avec le bébé et désirant établir un dialogue avec lui, elle frappait à la fenêtre et pas à la porte d’entrée. Aujourd’hui, je laisserais la fenêtre tranquille pour dire tout simplement que ce n’était pas la bonne porte ; car, quand même, la porte du travail existe.

Tiens ! Je viens juste de me rappeler que mon professeur d’histoire de la pensée économique, Jean-Pierre Gern, a dit une fois au cours que chez les Occidentaux, la porte était ouverte ou fermée et que chez les Orientaux elle pouvait être entre les deux ! Là, j’avais vu l’image de la porte entrouverte.

Au fil du temps et des portes rencontrées me voici avec toute une liste de portes. C’est un peu compliqué à présenter, mais il y en a qui sont :

  • grandes ouvertes ; elles nous permettent d’entrer et de sortir à notre guise ;
  • fermées ; elles nous imposent des limites, des frontières. Elles sont intéressantes, car parfois trompeuses. Il arrive qu’elles ne soient fermées qu’en apparence et si on revient tout doucement, elles s’entrouvrent, s’ouvrent ; il y en a qui ne vont pas s’ouvrir du tout parce qu’on n’a pas frappé au bon endroit. Celui-ci peut se trouver derrière la maison, pour ainsi dire, ou au premier étage, voire au sous-sol. Les maisons sont étonnantes ;
  • parfois ouvertes et parfois fermées ; c’est qu’elles ont aussi leur tempérament et ne désirent pas être dérangées, être vues quand elles ont leurs bigoudis, pas en forme, au repos. Là, la liste est longue ;
  • entrouvertes ; elles sont toujours aux aguets et exigent un contrôle d’identité avant de décider de quel côté elles vont aller. Il y en a des rigolotes ;
  • toujours fermées ; là, il n’y a rien à faire et il m’est arrivé de les remercier après coup, car elles m’ont évité d’entrer dans des endroits qui n’étaient pas pour moi.

Je viens de faire connaissance une nouvelle catégorie : celle des portes qui disparaissent.  Il y avait une porte grande ouverte et tout à coup, elle a disparu ! Là, je ne sais pas du tout comment faire. La vie est tout un apprentissage, ou devrais-je dire « les portes c’est tout un apprentissage » ?

Il faut quand même dire que les portes ce n’est pas seulement chez les autres, j’ai aussi les miennes et j’en ai de toutes catégories, sauf de la dernière. Bien que, bien que… le jour où je partirai de ce monde ma porte disparaîtra… Bon, cela me fait voir la chose différemment.

Et voici Scooby, le chien des voisins de mon studio de danse et avec lequel j’ai une relation très particulière. Lui, il a sa porte tout le temps ouverte pour moi. J’aime ! (cela va de soi que la mienne lui est toujours ouverte). Il mérite à lui tout seul un article, car il fait partie de ma vie.

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Révision de textes 4 : Forum Figaro

Histoire 2018 – 2020 .

Cette rubrique ne concerne pas réellement la révision de textes. Je donne un coup de main à un traducteur dont la langue française n’est pas sa langue maternelle. C’est plus une explication de certaines phrases, de contexte culturel, d’usages particuliers de la langue que je propose. C’est une autre facette de l’un de mes derniers métiers. Voici l’histoire.

2018. Le hasard, qui comme on le sait n’existe pas, m’a guidée vers le forum Figaro où des gens posent des questions sur la langue, la grammaire, etc.  J’ai été attirée par quelqu’un qui posait des questions sur le sens de certaines phrases. Il m’a dit qu’il traduisait le roman La Délicatesse de David Foenkinos en persan. Je lui ai donné quelques coups de main et pensais en avoir pour au moins une année et voilà qu’il a fini.

Pour me remercier, il me dit qu’il allait signaler dans la préface de sa traduction que je l’ai aidé alors que l’on ne se connaissait ni d’Ève ni d’Adam. Il ne l’a pas dit ainsi, mais c’était le sens. J’en suis toute retournée, car je l’ai fait par instinct, comme si cela avait été normal.

J’ai profité de lui dire qu’il fallait alors aussi remercier le forum qui a été mis à notre disposition gratuitement. Sans le forum… rien. Je trouve que le traducteur, Parsa Haji Hosseini, est d’une élégance rare. À mon tour de le remercier.

2019, début. Le temps est passé et je viens de recevoir des nouvelles de Parsa. Il a publié son livre et mon nom y figure ! Cela me donne une grande joie.

Pour ceux qui lisent le persan, pas de problème, pour les autres, je suis tout en bas de la page !

2020, début, J’envoie un mot pour nouvel an à la plateforme Figaro et le lien vers cet article. J’ai reçu une jolie réponse et par la même occasion j’ai appris que la cheffe du département est originaire de Suisse. On est en famille ! Voici la réponse :

Le Figaro – équipe d’animation (FAQ Le Figaro) 6 janv. 10:19 Oh merci de partager avec nous cette «belle histoire»! Nous faisons suivre aux animateurs du forum. 
Cordialement, Le Figaro
En ce même début d’année, j’ai reçu cette vidéo de la part de Parsa.
On ne peut s’empêcher de se dire que Parsa a de très belles mains ! Elles vont si bien avec l’écriture persane, c’est toute une poésie.

Je suis ravie de cette aventure et me réjouis que Parsa commence la traduction d’un autre livre, Ghost in love, de Marc Lévy pour continuer notre collaboration.

2020, juillet. C’est fait, la traduction est finie et j’ai eu la joie de pouvoir expliquer quelques tournures et sens de mots à Parsa qui est décidément très méticuleux dans son travail. Le seul regret de cette dernière aventure c’est qu’il n’y ait eu pas tant de questions que cela !

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Voir aussi :

La danse classique, anatomie et maître boucher René Margot

Afin de rendre plus conscients les élèves de leur corps... Oh, mais pas seulement les élèves, les parents aussi, j’ai demandé à mon ami René Margot, maître boucher à Neuchâtel et personnage bien connu du fait de l’excellente qualité de ses produits, de son franc parler et de son amour pour la ville de Neuchâtel, de m’aider à faire comprendre à mes élèves comment le corps était composé. Il n’a pas hésité une minute.

Cela fait des années que René Margot est le maître en la matière auprès de mes élèves. Cette fois-ci, ce sont les participants au cours « @3m.ossature » qui se sont joints à mes élèves afin d’admirer les os, leur structure et leur beauté.

La beauté des os… En effet, j’ai bien conscience que nous sommes tous égaux, l’histoire, le droit, la psychologie, la politique nous le dit. Même la littérature. S’il y a un passage qui m’a marqué à ce sujet, c’est celui-ci :

Extrait de la tirade de Shylock dans « Le Marchand de Venise  » de Shakespeare (acte III, scène 1), dans la traduction de François-Victor Hugo, fils de Victor Hugo : Il m’a couvert d’opprobre, il m’a fait tort d’un demi-million, il a ri de mes pertes, il s’est moqué de mes gains, il a conspué ma nation, il m’a fait manquer des marchés, refroidi mes amis, échauffé mes ennemis ; et Extrait de la tirade de Shylock dans « Le Marchand de Venise » de Shakespeare (acte III, scène 1), dans la traduction de François-Victor Hugo, fils de Victor Hugo : Il m’a couvert d’opprobre, il m’a fait tort d’un demi-million, il a ri de mes pertes, il s’est moqué de mes gains, il a conspué ma nation, il m’a fait manquer des marchés, refroidi mes amis, échauffé mes ennemis ; et quelle est sa raison ? … Je suis un juif !  Un juif n’a-t-il pas des yeux, des organes, des proportions, des sens, des affections, des passions ? N’est-il pas nourri de la même nourriture, blessé des mêmes armes, sujet aux mêmes maladies, guéri par les mêmes moyens, échauffé et refroidi par le même été et par le même hiver qu’un chrétien ? Si vous nous piquez, est-ce-que nous ne saignons pas ? Si vous nous chatouillez, est-ce-que nous ne rions pas ? Si vous nous empoisonnez, est-ce-que nous ne mourons pas ? […]. Source : michel.balmont.free.fr/cav_docs/films/lubitsch…/Monologue_Shylock.pdf

C’est lors d’une de mes visites au laaboratoire de René que j’ai vu, réellement vu les os si beaux, si nacréc, que j’ai compris, senti, qu’on était tous égaux. L’une de mes élèves a ajouté que même les animaux étaient comme nous. C’était évident. C’était devant nous. Alors, quand je marche, quand je pense à l’intérieur de mon corps, je vois combien c’est beau, combien nous avons tous des belles choses.

Pour ce qui est du voyage à l’intérieur de mon corps, j’ai mis des années, des années et des années à pouvoir y entrer. Et pourtant Dieu sait si je l’ai travaillé, mais toujours avec la forme, avec l’extérieur ; même lorsque je plaçais les muscles et les os correctement ou que je les sentais… Maintenant c’est bon, j’ai réussi à faire ce petit bout de chemin en moi.

Voici des images :

Il y a encore des choses à dire sur le rôle de la moelle jaune. Ce sera pour plus tard.

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Lien vers : @3m.ossature.

L’enseignement de la danse et la lecture partagée avec les élèves…

Il arrive que mes élèves et moi lisions les mêmes auteurs, les mêmes livres. Cette fois-ci, la nouvelle petite élève de cinq ans et qui parle russe, m’a amené un livre sur l’anatomie. Il se trouve que l’anatomie est l’un de nos sujets de discussion et elle était très fière de me montrer son livre. Je l’ai trouvé intéressant et  ai commandé la version en français. Comme cela, nous pouvons faire des parallèles et comparer les traductions.

C’est ainsi que selon la langue, le titre change :

  • Original, langue anglaise : Look inside your body ;
  • Traduction française : Le corps humain :
  • Traduction russe : Секреты Человека (Les secrets de l’être humain).

C’est intéressant de voir combien un titre varie en fonction du public, de la culture. C’est l’occasion de faire voir aux élèves qu’une même chose peut être vue différemment.

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On voit les images avec des rabats sous lesquels on trouve des explications supplémentaires. C’est très bien fait.
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Version en russe

En ce qui concerne mon élève de 15 ans, nous discutons de la vie, des choses qui nous arrivent, du pourquoi elles nous arrivent, de ce que nous pouvons y faire ou pas. Qu’est-ce que la conscience, le Soi (au sens jungien) ? Comment avoir confiance en soi ? Qu’est-ce que la vibration de la matière, de nos particules ? Qu’est-ce que le rayonnement de chacun ?

Ainsi, l’autre jour, je reçois mon élève dans mon studio par la lecture d’un passage du livre « Le hasard n’existe pas » de Karl Otto Schmidt. Elle a dit que c’était justement un thème qu’elle venait de traiter à l’école et que cela l’intéresserait de lire le livre. Le hasard, ce fameux hasard qui n’existe pas, a voulu qu’elle ait assez d’argent pour aller tout de suite chez le libraire Payot et puisse s’acheter le livre.

Lors de la leçon suivante, elle m’a dit que si au début elle avait pensé que l’auteur racontait ses propres « trucs », elle commençait à le trouver intéressant. Voici le livre en question :

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L’autre livre qu’elle est en train de lire est le suivant :

Exemplaire que l’auteur m’a offert.

Mon élève trouve que les jeux de mots que Pierre utilise, invente, sont excellents ! La chance nous a souri et quelques mois plus tard, Pierre est venu à Neuchâtel présenter l’une de ses conférences. Nous y avons été invitées et maintenant, mon élève a son propre exemplaire.

Racontant à mon élève que mon ami avait été un admirateur inconditionnel de l’écrivain, journaliste et humoriste français Alphonse Allais et que j’avais été heureusement surprise de voir que Pierre Cleitman l’avait cité dans l’une de ses conférences, elle me demande de lui dire deux mots sur lui. Je lui dis qu’il avait beaucoup d’humour, humour un peu absurde, qu’il avait vécu dans la seconde moitié du xixe siècle (note en bas de page au sujet de l’écriture des siècles), qu’il avait été un très grand connaisseur de la langue française et qu’il est considéré comme l’un des plus grands conteurs de notre langue. Il ne lui en a pas fallu plus, elle aime ce genre et m’a demandé de lui prêter les livres de mon ami !

Le père de mon élève a hérité de la bibliothèque de son oncle qui avait été chimiste et un homme fort cultivé. L’autre jour, elle m’a dit qu’elle ne choisissait pas seulement des livres pour le titre ou l’extérieur, qu’elle était curieuse de savoir ce que certains livres avec des couvertures « vieilles » contenaient. C’est ainsi qu’elle est tombée sur » La Philosophie de Newton » par Léon Bloch. Or, quelques jours auparavant, j’avais lu des paragraphes sur la philosophie de Newton dans un livre que je révisais. Il m’a semblé que Newton me faisait signe et mon élève me l’a prêté !

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Le dos du livre »La Philosophie de Newton »

En fait de « vieille » couverture, il s’agit d’un ouvrage édité par Félix Alcan à Paris en 1908. L’oncle de mon élève a dû le faire relier, le livre est en parfait état ! Il n’a rien de « vieux » dans mon sens à moi.  La plupart des chapitres traitent d’algèbre et de mécanique, mais il y en a deux qui m’intéressent :

  1. Les idées métaphysiques de Newton;
  2. Voltaire et Newton.

Je remercie le grand-oncle de mon élève d’avoir pensé à moi sans le savoir ! Bien que peut-être qu’il le savait… Le temps est une drôle d’histoire.

Note : les siècles s’écrivent en petites capitales, mais cette plateforme ne les reconnaît pas.

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Danse classique pour adultes

J’ai été étonnée, il y a quelques mois, d’entendre une jeune femme me dire qu’elle aurait toujours voulu faire de la danse classique et qu’elle voudrait en faire à son âge, soit la trentaine. Peu de jours après, une autre jeune femme m’approche pour me dire la même chose.

Le monde a continué de tourner et voilà que désirant participer au programme « Midi Tonus », organisé par les autorités de Neuchâtel, les organisateurs me proposent de donner un cours de danse classique pour adultes. J’ai quelques jours pour y réfléchir.

La chance veut que j’aie créé pour mon élève de 15 ans un genre que je peux adapter à des adultes. J’ai donc créé un cours de danse classique revisitée. Bon, je ne l’ai pas sorti d’un chapeau, il y a de l’expérience derrière et bien des danseurs que j’ai connus ont adapté le style à leur âge ou se sont adaptés à ce qu’ils pouvaient faire. Je suis dans ce cas aussi et j’ai une immense joie à faire ce que je fais. Ce sont donc des choses que j’ai vues, que j’ai vécues et qui n’attendaient que le moment pour voir le jour.

Alors, oui, c’est une danse classique revisitée, car cette danse qui a des règles très précises et qui permet au corps de s’exprimer d’une façon harmonieuse peut s’apprendre ou être reprise après une longue pause d’une autre façon. En effet, un mouvement n’a de sens que si on y met de la conscience. Pour cela, on fera appel à l’anatomie, aux méridiens, aux symboles, à la visualisation. Ainsi, un port de bras, par exemple, peut être vécu de différentes façons. C’est étonnant de remarquer que certains pas entrent tout à fait dans le code de l’énergétique chinoise. Bien des fois, j’ai pensé qu’un « initié » était à la base de la danse classique !

L’avantage des adultes, c’est que le désir de faire est fort, que la conscience est là et que la maturité accompagne les mouvements. La courte expérience que je viens d’avoir me permet de dire que c’est possible, qu’on peut faire des choses très intéressantes et que le plaisir est là. Le mouvement est un reflet de la pensée ; on peut faire toute sorte de parallèles et la danse nous permet de voir la vie différemment, peut même nous aider à mieux comprendre certaines des situations que nous vivons.

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Révision de textes 3 : mon élève de danse de 15 ans

 Il n’y a pas si longtemps, mon élève parlait comme la plupart de ses copains… un français un peu limité et décoré de bien de fautes : mots, accords, grammaire, style. Les remarques à ce sujet n’ont pas très bien passé et j’ai dû laisser l’eau couler sous les ponts… pendant un certain temps.

Ce même temps a fait son oeuvre. Voilà que mon élève écrit des poèmes. Je viens de les lire et les trouve remarquables. Le hasard a fait que j’ai donné hier un « Atelier de mouvement du corps et de l’esprit » où interviennent de courts poèmes inspirés des haïkus (courts poèmes japonais liés à la nature). Ces poèmes ont un lien avec les événements de la vie et n’ont pas de but littéraire. Je les lui ai montrés et elle les a aimés ! Ce n’est pas rien. J’ai proposé à mon élève de publier sur ma plateforme ses poèmes et elle a été ravie. « Du coup », comme elle dit, je publie les siens et les miens.

Voici quatre des miens :

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Mon élève : son poème « Comptine » est écrit sur deux diapositives.

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Mon élève : son autre poème « Mireille a le bout du nez rouge » est également écrit sur deux diapositives.

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On ne peut qu’admirer !

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Voir également :

Réflexions diverses – philosophie

Les sujets sont variés, dans cette rubrique. Nous avons tous nos fondements, nos idées, nos principes. nos questionnements. Ici, vous trouvez des sortes de chapitres du livre de ma vie, de mon monde.

Voici les liens vers les articles :

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Ma chère banque… chère

De ma chère banque, je ne sais plus que dire qu’elle est chère !

Mes affaires professionnelles ne m’avaient jamais permis d’avoir un compte régulier en banque. Je n’ai pas non plus eu un compte irrégulier ! Mais le compte normal ou courant était un compte qui devait avoir mensuellement une somme au-dessus d’un certain plancher et sur lequel la banque percevait des frais. Alors, je me suis cantonnée dans un compte épargne qui me satisfaisait. Le taux d’intérêt était plus bas, mais cela ne me gênait pas.

Puis la chère banque a eu des ennuis avec les subprimes aux USA, de sérieux ennuis et ses liquidités ont quelque peu diminué. Mais, elle a reçu de l’aide. Il faut que je révise l’affaire afin d’être précise. Il ne faut jamais s’avancer à découvert sur un terrain inconnu, difficile…

Bref, l’année passée, la chère banque qui n’est plus qu’une banque chère m’a envoyé une lettre très claire, à défaut d’être tendre, pour confirmer que je pouvais garder mon compte épargne mais que je serais limitée à trois retraits sans frais par année et que si j’en faisais davantage, ils coûteraient Fr. 15.- chacun… Ou alors, je passais à un compte courant et là, je devrais payer les frais normaux. Ne possédant pas encore une fortune, je ne voyais pas comment j’allais pouvoir payer mes frais mensuels en seulement trois retraits annuels du compte épargne. Dire à ceux qui me versaient de l’argent de venir l’apporter chez moi… n’était pas réaliste du tout. J’ai donc dû me plier, exactement comme on plie quelque chose qu’on met dans une petite boîte…

Puis, j’ai reçu des documents bancaires mensuels qui me donnaient l’état du compte et pour lesquels la banque me prélevait 5.- à chaque fois si j’avais une certaine somme minimale et Fr. 7.- si j’étais en dessous. Il est normal de taxer plus ceux qui ont moins ! C’est mathématiquement élémentaire !

Au bout d’une année, je me suis dit que j’avais fait cadeau d’assez, de trop ! d’argent à la banque et que je n’avais pas besoin de ces papiers pour le peu de mouvements que j’avais sur mon compte. Je suis passée à l’e-banking. On aurait tort de penser que puisqu’il n’y a plus de papier, cela ne coûte rien… Non, c’est un service et il coûte Fr. 3.- mensuels.  La banque aurait pu m’avertir qu’il y avait deux services…

Autre surprise de ma banque chère : le personnel qui se trouve au guichet bancaire est là depuis des années et j’ai du plaisir à passer au guichet pour le saluer et retirer chez eux de l’argent plutôt qu’au bancomat. J’aime bien discuter de choses et d’autres. Je viens d’apprendre que si j’y vais pour des opérations que je pourrais aisément faire au bancomat, je dois payer Fr. 2.- par opération… Ma banque… Je ne peux plus dire que c’est « ma » banque, elle devient une banque qui supprime des emplois. Je crois bien que je vais retourner sur les bancs de l’université pour écouter les cours d’économie dont la logique rentable est en train de l’emporter sur celle de service à la communauté… Cela me fait froid dans le dos !

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Lien vers :

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Questions sociales

La vie sociale… je m’interroge bien des fois sur le sens et la valeur qu’on lui accorde. Nous vivons une période de grand changement, c’est vrai, mais nous sommes tous des acteurs et on devrait agir avec conscience – nos actes ont tous une répercussion – et en ayant une vue à long terme. Voici les liens vers les articles de cette rubrique qui concerne le commerce au centre-ville de Neuchâtel, le comportement des clients, les entreprises horlogères et, dernièrement, une imprimerie :

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Rôle du commerce au centre-ville.1 – Michel Vautravers

Une ville, par définition, est un centre urbain comprenant des habitants, des centres administratifs, des représentants politiques, des activités de différents secteurs parmi lesquels le commerce.

Le rôle du commerce au centre de Neuchâtel, ville de 33 000 habitants. Quand j’étais petite, mes camarades de classe avaient, pour la plupart, un membre de leur famille qui était ou avait été dans le commerce, propriétaire ou employé ; le fils du boulanger, par exemple, allait en classe avec la fille de la voisine du troisième étage de la rue parallèle et qui était cliente de la boulangerie. Bref, tout le monde se connaissait.

Début du changement dans les années 1990. Les commerces familiaux ont commencé à disparaître au centre-ville. Un opticien de mes amis me dit un jour qu’il avait voulu remettre son négoce mais qu’il n’avait trouvé personne. Les clients allaient bien chez lui pour lui demander conseil lors de  cas compliqués et allaient ensuite acheter les lunettes dans les grandes enseignes où ils les payaient moins cher. Il a dû changer l’affectation de son local. À la même époque, il y a eu trois opticiens à Lausanne dans le même cas que lui et qui ont dû également fermer faute de repreneur.

Plus récemment, le magasin d’articles ménagers, le magasin Vautravers, a subi le même sort. Son propriétaire, Michel Vautravers, a cherché un repreneur pendant une année. Peine perdue. Il a été fortement secoué par l’affaire, car il a bien pensé à son personnel. Il aurait voulu le replacer. Mais, cela n’a pas été possible non plus. Il en a été tellement affecté qu’il est tombé malade. Cela ne l’a pas empêché d’être d’une élégance rare. Il a fait un 20 % sur les produits lors de la liquidation. Sa marchandise était une marchandise de qualité.

Monsieur Vautravers me rend visite. Chez moi, ma batterie de cuisine était bien au-dessous de la qualité de ses produits. Je l’ai invité chez moi à dîner à condition qu’il me dise ce qui allait et ce qui n’allait pas dans mes affaires. M. Vautravers s’est comporté d’une façon exemplaire. L’une de mes casseroles avait le fond un peu bombé… »dehors », dit-il, une autre avait la poignée à l’envers… « dehors », ajouta-t-il une nouvelle fois ; pour le reste, même si les articles provenaient de grands magasins ou supermarchés, il n’a rien trouvé à redire. Il a ajouté qu’il n’était pas là pour vendre à tout prix. Il a même ajouté que puisque je vivais seule, il ne me fallait pas grand chose ! J’ai pensé que c’était quand même un peu osé, mais je ne pouvais pas non plus le contredire.

Batterie en aluminium. J’avais rapporté de quelques voyages des récipients et casseroles en aluminium. J’aimais leur fonction et leur forme. Vous ne pouvez pas les employer, dit-il. L’aluminium migre dans l’eau pendant la cuisson… Je me suis interrogée sur le commerce de tels objets dans de nombreux pays. L’argent… dit Monsieur Vautravers. Alors, l’âme un peu triste, j’ai dû me séparer de ces objets. Sachant que j’allais m’en défaire, quelqu’un m’a dit que lesdits objets pouvaient rendre service à d’autres personnes (certains étaient neufs) ; mais si je ne m’empoisonne pas, je ne vais pas empoisonner les autres ! ai-je répondu. On m’a aussi dit que je pouvais les utiliser pour y mettre des plantes. Mais, j’ai tenu le même raisonnement : je ne m’empoisonne pas, par conséquent je ne vais pas non plus empoisonner les plantes !

Ibric ou petit récipient  en cuivre servant à faire du café. J’avais envie d’en avoir un même si je ne bois pas de café. Pareil que pour l’aluminium, le cuivre devrait avoir une couche de protection… dit M. Vautravers. Pour moi c’est un autre rêve qui s’en est allé !

La bonne batterie et la bonne température pour la cuisson. J’ai appris qu’il vaut mieux avoir une casserole composée de trois métaux qui couvrent l’entier de la casserole et pas seulement le fond, car ainsi la chaleur se répand plus uniformément. De plus, si le bouton de la cuisinière dont la plaque est en vitrocéramique peut se tourner jusqu’au nombre 10, il vaut mieux le régler à 4 ; cela évite de détruire les aliments. M. Vautravers a dit qu’il se battait avec bien de ses clientes à ce sujet.

Il faut quand même dire que les casseroles à trois couches de métal sont passablement plus lourdes et que les aliments mettent du temps à cuire. Mais, c’est finalement un avantage, car je ne brûle plus mes casseroles ni mes repas !  D’ailleurs, il semble que plus c’est cru, mieux c’est !

Encore à propos du comportement élégant  de M. Vautravers lors de la fermeture de son magasin. Il a donc fait une remise de 20 % sur le prix d’achat. Les articles ont été vite épuisés, Si l’un ou l’autre des clients disait qu’il aurait encore voulu en avoir… M. Vautravers en commandait. Il a procédé à des commandes jusqu’à trois semaines avant la fermeture ! Et toujours avec le 20 % de remise alors qu’il payait le prix entier. C’est comme cela que j’ai pu avoir encore deux magnifiques casseroles.

Je suis fière de dire que c’est automatique maintenant, je ne tourne plus le bouton au-delà de 4. J’y ai mis un peu de temps, mais j’y suis arrivée !

Un de ses fournisseurs a dit à M. Vautravers, lors de la liquidation, qu’il lui vendait pour Fr. 200.- (je ne sais plus le montant exact) un stock de marchandises qu’il avait et que M. Vautravers pourrait en tirer un joli bénéfice. Ce dernier lui a répondu qu’il pouvait garder sa marchandise qu’il a qualifiée d’un mot un peu spécial parce que, a-t-il dit, il ne vendait que des articles de qualité !

Retour au rôle du commerce au centre-ville. Les autorités de la ville ont créé au début des années 2000 un groupe de réflexion sur le sujet. J’ai été nommée à la tête du groupe « Animations », sujet délicat. Car, en effet, qu’est-ce qu’une animation ? Le mot vient du latin animare soit donner la vie ; on y reconnaît aussi le mot anima qui est souffle, vie.

On m’a expliqué que si le soir les rues de la ville étaient tranquilles (« désertes » est le mot qui a été employé) c’est parce que la ville était morte. Je n’ai jamais compris. Les gens, quand ils sont chez eux, je les suppose occupés à plein de choses. Quand je suis chez moi, je fais plein de choses, je réfléchis, j’imagine, j’écris, je parle, je fais ceci, j’arrange cela, etc. Il semble que non, qu’il faut apporter de l’animation.

Cela m’interroge sur le phénomène de la propagation des idées. Comment une idée aussi saugrenue peut-elle prendre racine ? Je suppose que c’est une question de conscience.

En plus, pour moi, il y a animation et animation. Les gens confondent animation et bruit. Par ailleurs, ce n’est pas parce qu’on organise une fête, un concert dans la rue que cela amène des clients dans les magasins. Ceux qui s’en sortent le mieux, lorsqu’il y a ce genre d’animations, ce sont les restaurants. Encore que maintenant on voit aussi lors de ces manifestations des stands qui vendent à boire et à manger…

Les choses sont souvent déformées. Ainsi, la musique qui au départ est une expression sonore d’un état d’esprit, est devenu un outil de manipulation, le mot n’est pas trop fort, pour inciter les gens à se sentir bien, donc à acheter et maintenant à faire la fête, à ne plus réfléchir. De plus, le son est parfois tellement fort, que les gens sont obligés de hurler pour se faire entendre. Les magasins, les banques, la poste mettent de la musique. Mais, je vais traiter ce sujet dans un autre article.

Et on en revient au commerce au centre-ville. Bien des magasins, des négoces familiaux qui ont fermé ont été remplacés par des filiales de grandes enseignes qui vendent des lunettes et des appareils auditifs. Très récemment, je suis allée dans un de ces derniers commerces car je révisais un texte sur la fréquence émise par les sons des animaux et le gérant m’a expliqué que bien des jeunes parents y allaient acheter des protège-ouïes pour leurs jeunes enfants… Si on peut féliciter des parents de s’occuper de la santé de leurs enfants, on peut se demander à quoi cela sert de mettre la musique aussi fort si c’est pour ne pas l’écouter. Une logique qui m’échappe !

M. Michel Vautravers est parti au ciel, a quitté ce monde au printemps 2018. L’épreuve a été trop forte pour un homme aussi élégant. Voyez-vous, à l’hôpital, il a encore rédigé une lettre pour ses anciennes employées en leur souhaitant de trouver un nouvel emploi. Il a aussi dit qu’il partait l’âme en paix. C’est absolument remarquable. Je l’ai dit au début, M. Vautravers était d’une élégance rare.

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