Conversations de rue en patchwork.5

No 1. Le métier dans la vente de détail. Je discute avec une jeune vendeuse dans un magasin de prêt-à-porter qui va fermer ses portes :

No 2. Les rues en pente. Neuchâtel est Neuchâtel et je ne me pose pas de questions au sujet des rues de la ville. Je les vis. Mais, certains amis m’ont dit que je ne fais que monter et descendre tout le temps. Une fois ou l’autre, je ne sais pourquoi et je m’adresse à ceux qui viennent en sens opposé.

Cette fois-ci, je descends la pente qui mène à mon studio de danse et un monsieur la monte avec lenteur :

No 3. Un autre jour, dans un sous-voie en pente, il a beaucoup neigé, j’ai mon sac plein d’achats et je descends avec précaution alors qu’un jeune monsieur monte :

No 4. Au marché. Je passe au stand des Pellet. Je connais trois générations : grand-mère, fils et petit-fils (il est déjà marié et a des enfants scolarisés que je ne connais pas). Mais, la grand-mère, Hélène, reste très chère à mon coeur. Elle se trouve actuellement dans un home et j’annonce que je vais lui rendre visite. Je regrette les temps où les différentes générations vivaient sous un même toit ; il y avait alors toujours quelqu’un pour s’occuper des malades ou de ceux qui n’arrivaient plus à s’en sortir tout seuls. Le fils (mon Dieu !, je m’aperçois que je ne connais pas son prénom, or cela fait des années et des années qu’on se connaît…) me dit que sa mère s’était occupée de sa grand-mère et de sa mère.

Je le sais aussi parce que j’ai un ami que je voudrais le prendre chez moi, mais je n’arriverais pas à m’occuper de lui comme il le faudrait. Je le regrette tellement… Ce n’est pas la première fois que cela m’arrive.

Liens vers :

L’histoire de Max le chat

Je ne sais où cette histoire commence, ni comment elle va finir, mais elle va bien !

Max est tout noir avec des yeux verts. Une beauté ! Son caractère ? Comme celui d’un chat, indépendant.

Max a vécu près de huit ans chez des amis qui avaient un âge dit avancé. La dame, Gretel Frésard, sa patronne, est partie cette année dans un home et finalement décidé d’aller au ciel. Max, qui ne s’approchait que d’elle a décidé de voir du côté du mari de Gretel, Charles Frésard, et lui a ainsi manifesté son affection. C’était un grand changement ! Oh, ce n’était pas de grandes manifestations, mais, qui sait ce qui est beaucoup ou peu ? Pour Max cela devait être en tout cas suffisant ou même beaucoup.

Je suis entrée dans leur vie parce que feu mon ami, André Oppel, avait travaillé en tant que graphiste à la Fabrique d’horlogerie Froidevaux S.A. – Neuchâtel. Le comptable avait été monsieur Charles Frésard. Je raconte l’histoire ici. Je fais donc la connaissance du couple Frésard et de Max. La période de confinement est arrivée et j’ai pu rendre divers services à la famille. Parmi ces services, il y a eu l’herbe pour le chat et cela jusqu’à ce que monsieur Frésard aille rejoindre sa femme au ciel.

Lors de l’une de nos dernières discussions, monsieur Frésard m’avait dit qu’après son départ définitif, Max serait euthanasié. Je lui ai demandé pourquoi et il a répondu que le chat serait malheureux. Je lui ai répondu que Max s’était déjà adapté à lui et qu’il y avait des chances pour que… Monsieur Frésard m’a interrompue et dit que c’était une affaire décidée. On ne discute pas les ordres d’un chef, or monsieur Frésard était chef dans l’âme. Mais, entre ce que l’homme veut et ce que le destin a décidé…

Monsieur Frésard vit ses derniers instants sur terre. Pensant à son chat, il demande à un ami de l’amener chez le vétérinaire. L’ami s’exécute et le vétérinaire demande pourquoi le chat est là. L’ami ne sait pas trop, monsieur Frésard lui a seulement demandé de lui amener le chat. Le vétérinaire dit qu’il ne peut le prendre en pension et qu’il faut l’amener à la SPA. Voilà donc que Max est encore transporté à un autre endroit.

J’apprends le décès de monsieur Frésard, téléphone à l’ami qui a transporté le chat et il me dit où il se trouve. Je lui dis qu’une de mes connaissances aimerait l’avoir. Il répond que c’est un chat qui coûte cher parce qu’il mange une nourriture spéciale. La personne qui aimerait prendre Max est une de mes voisines et très bonne connaissance ; elle est plus qu’une amie, elle est mon double lorsque je m’absente et qu’elle prend soin de mes canaris et de mes plantes ; j’ai une confiance absolue en elle. Elle a eu des chiens, des chats et, chose particulière, a aussi travaillé un temps à la fabrique Froidevaux. Sacrée coïncidence, direz-vous. Je n’invente rien. Si on avait écrit une pièce de théâtre avec de tels personnages, on aurait dit que c’est parce que c’est du théâtre, or la réalité dépasse la fiction ! Je l’ai même amenée rendre visite chez monsieur Frésard et cela avait été un beau moment. Bref, Nadine, de son prénom, se dit intéressée par le chat. Elle l’avait entraperçu lors de sa visite.

Max ira chez Nadine ! Je ne raconte pas les péripéties arrivées entre temps. Ce qui est important c’est que Max, qui aurait dû quitter ce monde, se trouve encore parmi nous. Nous voilà face à l’une de ces décisions du destin qui a primé sur la volonté de monsieur Frésard. Max avait vécu dans l’appartement sans sortir, sans voir d’autres animaux que les oiseaux qui arrivaient parfois sur son balcon, et voilà que tout à coup un presque inconnu l’amène chez le vétérinaire qui ne le veut pas, puis à la SPA, où il a été isolé dans une chambre du fait qu’il ne mangeait qu’une sorte de nourriture. L’ami-destin a fait en sorte que Nadine puisse prendre le chat chez elle et je l’ai accompagnée à la SPA pour que Max se sente un peu en confiance pendant le trajet. Tout de même, il est à nouveau trimbalé dans une voiture qu’il ne connaît pas pour aller Dieu sait où. D’ailleurs, pendant le temps passé à la SPA, personne n’a pu le prendre pour le caresser. Je vous l’ai dit, Max a son caractère ; d’ailleurs, caractère ou pas caractère, Max a fait savoir que la mesure était dépassée en ne laissant approcher personne !

Max chez Nadine.1. Max est arrivé dans une cage. Arrivé chez Nadine, celle-ci l’ouvre et Max sort. Nadine me dit qu’elle va laisser la cage ouverte permettant ainsi à Max d’aller s’y réfugier si besoin. Max inspecte le salon et a une préférence pour la partie arrière d’un canapé. Nadine lui met à boire et à manger et on s’installe pour bavarder un moment et ensuite, je m’en vais.

Suite 1. Le soir, je téléphone à Nadine qui me dit que Max a inspecté une partie de l’appartement et qu’il s’est laissé toucher une fois. Je me dis que c’est une victoire et qu’il commence à se retrouver.

Suite 2. Je laisse passer quelques jours et rappelle Nadine. Elle me dit que les deux premiers jours, Max n’a pas mangé, puis les choses sont rentrées dans l’ordre et qu’il n’est pas du tout retourné dans la cage. Elle a fini par la ranger. Max va partout et préfère le balcon. Il avait aussi un balcon chez les Frésard, mais, il n’y voyait pas la rue ni de voitures. Chez Nadine c’est le contraire et de plus, celle-ci a installé une maisonnette pour oiseaux, lesquels viennent manger les graines que Nadine y pose. L’instinct de Max est éveillé ! Finalement, Nadine a enlevé la petite maison pour éviter aux oiseaux de mauvaises aventures.

Suite 3.1 Nadine fait tout ce qu’il faut pour Max : elle est allée voir le vétérinaire qui s’est dit ravi de le savoir chez elle et lui a dit d’ajouter un autre aliment ; elle a acheté un peigne et, me dit-elle, Max adore quand elle le passe sur sa fourrure. C’est un rituel journalier ; Nadine lui dit : « On fait un beau Max ? » et il se laisse faire. Je me dis que Max a gagné à la loterie et que le Destin (avec majuscule) doit être content. Il savait bien…

Suite 3.2 L’herbe pour Max. Je l’achetais à la Migros et les caissières du magasin ont été touchées par ce Max qu’elles ne connaissaient pas mais dont le patron ne pouvait plus descendre en ville. Tous les mercredis, elles mettaient une barquette de côté. Si une fois, je n’avais pas eu le temps et arrivais le jeudi, tout de suite elles disaient . « Vous n’avez pas pris l’herbe pour Max ! » D’ailleurs, mon nom pour elles était « Mme Max » ! Je disais volontiers que Max avait non seulement une bonne amie, la responsable de la caisse, mais plusieurs puisqu’elles étaient attentives à son herbe. Maintenant, tenez-vous bien, Nadine ayant observé que Max ne mange pas tant d’herbe que cela, elle la fait pousser dans des pots. Ah, Max… quelle belle vie tu as !

Suite 3.3 Du fromage pour Max. Je dis à Nadine que je voyais une soucoupe avec du fromage râpé pour Max. Du fromage ? dit-elle. Oui, mais je ne sais de quelle sorte. Le temps passe et Nadine me dit qu’elle n’avait jamais entendu dire que les chats mangeaient du fromage, mais que Max aime le parmesan et le gruyère râpés, pas les autres. Je vous le dis, Max, tout comme nous, a ses goûts !

Suite 3.4 Cycle du sommeil de Max. Comme tous les chats, Max a plusieurs cycles de sommeil où il passe, de même que les humains, par un sommeil léger, profond et paradoxal. En tant que prédateur nocturne, il partage ses cycles pendant les 24 heures de la journée. Je ne pense pas que Max réveillait le couple Frésard la nuit, mais Nadine… oui. Je lui ai donné un conseil à appliquer lors du sommeil paradoxal ; Nadine l’a suivi à sa façon, mais la chose fonctionne. C’est vraiment l’entente parfaite !

Suite 4. Max se promène partout, saute à droite et à gauche. Une amie de Nadine lui a apporté des souris en tissu, Nadine les lui lance et Max court après elles ; il sort sur le pas de la porte, explore les escaliers. Bref, il a un territoire plus grand que jamais et il est traité avec amour. C’est d’ailleurs une histoire d’amour réciproque et je suis ravie. Nadine, tout comme moi, pense que monsieur Frésard, là où il est, doit être content et se dire que Zully avait raison ! Tout dernièrement, Nadine dormait et Max est monté sur le lit, chose qu’il n’avait jamais faite, et lui a touché le nez avec le museau pour la réveiller ; il avait envie de sortir ! Je ne crois pas qu’il aurait fait cela à monsieur Frésard-chef !

Suite.5. Cela fait bien cinq mois que Max est chez Nadine ; il ne touche plus la nourriture pour « chat malade », se porte comme un charme et on a convenu que j’irai lui rendre visite. Suite au prochain numéro.

Suite 6. Je suis allée rendre visite à Max. Il est vraiment chez lui. Il a ses coins et aime dormir, la journée, dans l’armoire de Nadine. Une fois, elle a laissé la porte ouverte, il y a vu une couverture sur le fond et il s’est dit que c’était pour lui. Depuis, Nadine garde l’armoire ouverte la journée, toute la journée. Alors, qui s’adapte à qui ? Vous avez trouvé, c’est Nadine qui s’adapte à Max. En échange, Max se laisse caresser de plus en plus longuement et Nadine le brosse deux fois par jour. Le cadeau pour les deux, c’est que Max n’est plus malade du tout. Je suis ravie d’avoir participé à leur rencontre et monsieur Frésard doit être bien content là où il est.

L’eau bouge en permanence et elle reste vivante, c’est comme l’eau des ruisseaux.

Suite 7. C’est l’été et Nadine remarque que Max ne boit pas suffisamment d’eau. Une amie lui dit qu’elle a acheté une fontaine pour son chat qui, depuis lors, boit plus. Nadine fait de même.

C’est en rendant visite à Max que j’ai vu la fontaine. Nous, les humains, quand nous sommes très heureux, nous disons que nous sommes comme au paradis. Et Max ? Je me demande si lorsqu’il arrivera au paradis des chats , il dira : « Je veux retrouver Nadine ! »

Encore le paradis. Cela fait un peu plus d’une année que Max est chez Nadine ; cette dernière me raconte qu’elle avait eu quelques problèmes de santé assez régulièrement, mais depuis que Max est chez elle… ils ont disparu. L’amour fait des merveilles : Max n’est plus malade et Nadine non plus ; ils baignent dans le bonheur !

2026. Ce n’est qu’un constat : Max est toujours bien, il ne réveille plus jamais Nadine à des heures indues, il boit très bien son eau dynamisée, il n’est plus malade du tout et Nadine non plus. Un couple heureux, quoi ! À se demander, si lorsque monsieur Frésard a demandé à son ami Margot, lors de ses derniers moments sur terre, d’amener le chat chez le vétérinaire n’a pas fait exprès de ne pas mentionner la raison parce qu’il savait que Zully allait s’en mêler.

Liens vers :

Conversations de rue en patchwork.4

J’aime raconter des choses nourrissantes, celles qui m’arrivent et celles qui arrivent aux autres. Celui qui les lit ou les entend en tire profit, j’en suis convaincue.

Voici l’histoire qui est arrivée à l’un de mes amis. J’étais chez Cighélio l’imprimeur et un monsieur me demande si je le reconnais. Je cherche dans ma tête et tout à coup il dit : « On a fait du bateau ensemble ! ». Mon Dieu ! Cela fait des années que je n’avais vu François. Je lui dis que je me suis demandé plusieurs fois ce qu’il était devenu. Comme je dois partir et qu’il a des choses à faire, on convient d’un rendez-vous pour le lendemain. C’est là qu’il me raconte une histoire qui finit bien et cele m’a fait tellement de bien que je me dois de la transcrire :

– Je suis devenu professeur d’école, j’ai fondé une famille, ma femme a divorcé…

– C’est toi ou c’est elle ?

– C’est elle.

– Elle travaillait à mi-temps et je faisais la cuisine, les courses, et elle était quand même débordée. Comme elle était amie avec la responsable du département de l’enseignement, cette dernière m’a mis à la porte de l’école. À cette époque il y avait pléthore de professeurs et je n’ai trouvé de place que dans le canton de Vaud, puis cela a été à Fribourg, en Gruyère. Dans le premier cas, les élèves étaient en retard d’une année par rapport à ceux de Neuchâtel et dans le second, ils avaient une année d’avance parce que c’était des fils de paysans, des bosseurs. Je me rappelle le cas d’une fille qui trouvait que paysan était le pire métier du monde et que son village était le dernier des endroits où l’on pouvait habiter. Son père m’a demandé d’aller discuter avec elle.

– Quand je suis arrivé, la maison est comme celles d’avant où l’on entrait par la cuisine. C’est la grand-maman qui m’a reçu et m’a dit que le fils était à l’étable et qu’il fallait l’attendre. Je lui ai demandé où c’était et elle a répondu que bien habillé comme je l’étais, je ferais mieux d’attendre. Je lui ai répondu que dans un étable il y avait des vaches et qu’il le savait. La dame n’arrivait pas à le croire, mais finalement m’a montré comment m’y rendre.

– Arrivé sur place, le papa de mon élève trayait les vaches. Je lui ai demandé si je pouvais l’aider. Là aussi, il a été surpris. Je l’ai rassuré en lui disant que les vaches c’était comme le vélo : « On n’oublie pas ». Il m’a montré une vache qui ne voulait pas être traite par une machine, on s’est bien entendus et j’ai fait ma part. Quand on a fini et qu’on est rentrés dans la cuisine, tout le monde était au courant. J’ai vu mon élève et lui ai dit : « Ton père fait un métier formidable, il nourrit le monde ! » J’ai vu que dans l’esprit de la fillette la chose prenait forme et depuis, j’ai été le meilleur professeur que la terre ait porté !

Il se passe encore des choses, mais ce qui est important est qu’arrivé à la retraite, mon ami reçoit plus d’argent que lorsqu’il travaillait. C’est un cas assez rare et je lui dis que finalement, il pourrait remercier sa femme d’avoir été ainsi parce que c’est grâce à elle qu’il se trouve dans cette situation si confortable !

***********

Histoire dans un quai de gare. Je vais rendre visite à une ancienne maraîchère qui se trouve à l’hôpital et je dois changer de train dans une gare que je ne connais pas. Je descends du train, vois un couple qui fait de même et demande s’ils changent aussi de voie. Le monsieur répond :

  • Nous chantons toujours de la même voix !

Ce jeu de mots si ingénieux m’a fait rire et j’ai dit que j’allais mentionner l’affaire sur ma plateforme. C’est vraiment joli !

***********

Une autre histoire dans un home. Mme X, une de mes bonnes connaissances, avait une amie dans un home ou Éhpad. Cette personne avait une certaine culture et depuis quelques années donnait des cours d’anglais à l’étranger, à raison de deux jours tous les quinze jours. Tout à coup, elle a eu une attaque cérébrale et n’a plus pu se déplacer. Elle est restée un temps chez elle et finalement, son mari a dû se résoudre à l’installer dans un établissement spécialisé. Mais, elle pouvait parler et a demandé à Mme X de lui apporter du champagne. En principe, elle n’a pas le droit d’en boire, mais une coupe de champagne, en plein milieu de l’après-midi, n’a jamais fait de tort à personne. Je le sais aussi parce que j’ai eu une aventure semblable avec un ami. Bref, Mme X se dit que le champagne tout seul ce n’est pas élégant et achète à la Migros, notre supermarché, une boîte de flûtes de chaque sorte afin de savoir laquelle fond dans la bouche. La dame en question avait des difficultés à avaler.

Mme X arrive au home vers 14 h 30. Elle demande à voir son amie et on lui dit qu’elle ne peut sortir parce qu’elle n’est pas encore lavée. Mon amie se fâche, dit que ce n’est pas permis, l’endroit coûte Fr. 7’000.- par mois et à l’heure qu’il est la dame n’est pas encore baignée ! Elle se fâche tout rouge et fait en sorte qu’on s’occupe de la dame. Finalement, elles s’installent dans un coin, boivent leur champagne, et tout se passe à merveille.

Une autre fois, la même dame avait envie de boire un thé de je ne sais quelle sorte. Mme X s’exécute et va au home avec une autre amie qui rendait visite à une autre personne installée au même endroit. Comme elle connaissait aussi la dame qui voulait boire du thé, elle se joint pour le goûter et apporte des flûtes. La dame de l’histoire en prend et s’étouffe. Malheureusement, la dame qui a acheté les flûtes n’a plus pensé à prendre la sorte qui fondait dans la bouche. L’infirmière arrive, se fâche et dit que la prochaine fois, elles seront fouillées avant d’entrer. Mon amie se fâche à son tour parce que ce n’est pas sa faute.

– Et ensuite ? demandé-je.

– Elle est décédée quelques jours après.

– De quoi ?

– Étouffée.

– À la suite de quoi ?

– C’est assez étrange. Il semble qu’elle ait…

L’histoire est triste. Les établissements pour personnes dépendantes ne sont pas toujours idoines. La personne qui y arrive, y va souvent en dépit de sa volonté, elle est immergée dans un environnement qui n’est pas le sien, tout ce qui lui appartenait est absent. Sa vie doit s’intégrer à un horaire et à des personnes étrangers. Une de mes amies arrivée à un âge certain avait des problèmes de santé. Elle avait décidé de partir dans un pays africain, pour ses derniers jours, où les gens sont plus aimables et joyeux avec les résidents. Mais, je félicite mon amie d’avoir apporté du plaisir au palais et à l’âme de son amie dans les derniers jours de sa vie. Je trouve cela important et beau.

************

La retraite : je rencontre une connaissance sur mon chemin. On marche un moment sans rien dire. Puis, je demande :

  • Comment va la vie ?
  • Elle prend son temps et répond : J’ai une nouvelle vie. Je suis à la retraite, mais n’aime pas ce mot.
  • Vous avez tout à fait raison. Auparavant, les personnes arrivaient à la retraite et ils étaient épuisés pour la plupart ; ils portaient leur âge et de plus, l’espérance de vie était moindre. Aujourd’hui, les gens peuvent couper les ponts avec leur ancienne activité, se lancer dans une autre, changer de vie, continuer autrement leur manière de vivre et tout cela dans une joie et un bon état physique.
  • C’est vrai. Mais les gens, quand ils savent que vous êtes à la retraite…
  • Il n’y a pas besoin de le dire. Il y a des gens qui, lorsqu’ils l’apprennent, vous mettent dans une catégorie pleine de sens très lourds. Cela vous charge et les charge eux-mêmes. Cela ne vaut pas la peine. De toutes façons, les gens n’écoutent pas réellement ce que vous dites, ils ramènent souvent les choses à eux. Alors, dites simplement que vous vous investissez un peu plus dans… que vous avez repris telle activité, etc.
  • Qu’est-ce que cela me fait du bien. C’est comme si vous m’offriez une fleur.
  • Oh, mais la fleur était chez vous. Je vous l’ai simplement montrée.
  • Quel cadeau ! Je me sens toute légère ; j’ai comme des ailes qui poussent !
  • Moi aussi !

Liens vers :

Maquillages au Bureau international du Travail (BIT), Genève

La pandémie avait mis un arrêt… Après 2019, le Noël des enfants a repris et j’ai eu la joie de reprendre le fil du temps, ce fil du temps qui me dit que la vie reprend son cours. Quelle chance !

Quand je travaille, je ne pense pas toujours à prendre des photos. Parfois même, je n’ai pas le temps et hier, par exemple, une fillette est venue me tirer par la manche au moment où je prenais une photo pour me faire comprendre qu’elle attendait son tour ! Elle n’a pas dit un mot… Je n’ai pu que sourire, cela ne m’était jamais arrivé. Voici un florilège de prises et de montages comprenant 2019 et 2023 :

Une fois de plus : le maquillage est révélateur de la personne. Il y a eu des enfants qui m’ont demandé ce que j’allais peindre ou de faire une image précise. J’ai répondu que je ne savais jamais à l’avance, que ce n’est qu’une fois que la personne est devant moi et que j’ai le pinceau à la main, que la chose se produit. Ce sont mes mains qui savent. Quant aux couleurs ou motifs demandés, je négocie et je n’ai jamais eu quelqu’un qui ait enlevé le maquillage. Il arrive aussi, comme cette fois-ci, que des enfants m’en demandent un second. J’ai expliqué que c’était une composition, que si j’ajoutais quelque chose ailleurs, on ne saurait où regarder, mais que je remerciais de la demande parce que cela voulait dire que le maquillage porté était très apprécié et à ce moment-là, un grand sourire est apparu dans le visage de l’enfant exprimant qu’il a tout compris. Ce sont de très beaux moments.

C’est aussi l’occasion de remercier les organisatrices de cette fête et ceux qui y participent d’une façon ou d’une autre, le service des surveillants compris. Il n’y a pas que le maquillage qui soit révélateur de la personne ; si cette fête n’est pas professionnellement liée au BIT, ceux qui l’organisent y travaillent et en faisant appel aux organisatrices précédentes, reproduisent une façon de considérer le monde social. Le BIT est la seule organisation au monde à faire participer aux décisions les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs, c’est un tout. Hier, en rencontrant les organisatrices d’hier et d’aujourd’hui, je me suis sentie dans un monde complet et en plus plein d’amitié.

Liens vers :

Si vous souhaitez laisser un commentaire, il y a deux façons de procéder :

  • directement par courriel (voir contact sur ma page d’accueil) ;
  • ou si vous avez une plateforme WordPress, vous pouvez facilement l’insérer au bas de cette page.

Les histoires de Roger Peeters.1

Ces histoires, Roger me les raconte quand on est dans mon studio de danse la Cave perdue. Ce studio a déjà une histoire et continue à s’enrichir d’histoires. Parfois, quand je regarde ma Cave perdue, j’ai l’impression qu’elle vit.

Roger a tout le temps quelque chose à raconter. Cette fois-ci on parle d’argent, de valeurs humaines, d’or, de diamants, de rubis et d’aluminium.

Je dis à Roger que notre civilisation n’a peut-être pas pris la bonne direction :

– Tout est ramené à une valeur marchande, à l’argent. Or l’espèce sonnante et trébuchante a été inventée par l’être humain. Elle n’est pas disponible dans la nature. La terre produit des fruits, des légumes, pas de monnaie.

– Tout est une question de rareté et d’utilité. L’un des métaux les plus chers est l’or.

– C’est ce que j’ai entendu en économie politique. Mais, l’exemple de l’or est intéressant. Je me dis que sa brillance doit rappeler celle du soleil et là le symbolisme astral joue un rôle déterminant…

– S’il y avait de l’or partout, il n’aurait plus la même valeur.

– Si, par exemple, il y avait eu très peu de charbon, il aurait pu prendre la première place.

–: Oui. Est-ce que je vous ai raconté l’histoire du diamant ?

– Non…

– Le diamant a été considéré comme une pierre rare malgré les grandes réserves minées et mises en stock par l’entreprise monopolistique de Beers d’Afrique du Sud. Puis, on est arrivé à faire le diamant synthétique et là…

– Pas de différence entre le diamant naturel et le fabriqué ?

– Un diamant pur valait très cher, mais souvent il a quelques imperfections, alors que le diamant synthétique n’en a jamais, il est toujours pur. Cela a fait que le prix du diamant a commencé à descendre.

– Mon Dieu ! Alors, ceux qui avaient investi dans les diamants…

– Oui, et les réserves de l’entreprise sont énormes. Leur politique de gestion, rareté artificielle, maintenait les prix hauts. Mais, voilà, tout est relatif. Il s’est passé la même chose avec le rubis.

– Oui, je sais, on utilise le rubis synthétique dans l’horlogerie. Vous m’aviez raconté. Le premier à avoir pensé au rubis a été un astronome bâlois, Nicolas Fatio de Duillier, qui de Paris s’était réfugié en Angleterre. La vertu du rubis a été de prolonger la durée de vie et d’améliorer la précision de la montre. Il a fait breveter son invention de perçage du rubis à Londres en 1704. Tout de même, le prix était élevé et c’est le chimiste français Auguste Verneuil qui en 1902 dévoile comment produire du rubis par fusion. Je crois bien que sa méthode est toujours d’actualité.

– Vous connaissez l’obélisque de Washington ?

– Non…

– C’est un monument en l’honneur de George Washington, le premier président des États-Unis. À l’époque, l’aluminium était un matériau très rare et très cher, plus cher que l’or, et donc le pyramidion a été fait en aluminium pour donner encore une valeur symbolique à l’obélisque. Or, aujourd’hui, l’aluminium est très bon marché…

Et on retrouve le début de notre conversation, à savoir la valeur qu’on prête aux choses… Je me demande ce qu’en pense George W.

Sur fond de champagne et de caviar. La rencontre d’aujourd’hui a été improvisée. C’est Roger qui a régalé et on s’est dit sans se le dire que l’on buvait à un futur prospère. D’une certaine façon, on a lancé une bouteille à la mer du destin.

J’ai envoyé l’article à Chambaron, mon expert en français. Il répond à toutes mes questions, vraiment à toutes. Il a l’avantage aussi d’avoir un esprit très riche et a qualifié le dialogue écrit de socratique. Oui, il y a quelque chose de cela, on a mis en évidence des contradictions sociales et mis à nu la réalité. Il me dit aussi que lorsque l’homme Sapiens s’est sédentarisé grâce à la stabilité climatique, il a commencé à faire des échanges avec ses voisins et des prévisions dépassant l’année ; ensuite ce sont les métaux que l’on a utilisé pour faire les échanges, puis est venu le papier monnaie afin de faciliter les opérations. Mais déjà à l’époque romaine, on avait créé de la monnaie fiat ou fiduciaire, c’est-à-dire, une monnaie dont la valeur était dictée par le gouvernement et à laquelle le peuple accordait la confiance ce qui impliquait qu’il croyait qu’elle représentait une valeur. Cela a duré des millénaires, jusqu’à l’invention du crédit s’appuyant sur une autre croyance, celle dans le progrès et l’augmentation de richesses qu’on anticipe. Tout cela est l’invention de l’homme. C’est quand même curieux que l’on oublie les croyances spirituelles et qu’on accorde sa croyance à des papiers, des écritures… Tout ce que je sais, c’est que si tout le monde voulait retirer son argent de la banque, il n’y aurait pas assez de monnaie ni de biens de garantie.

Autre chose dans ce dialogue : les remerciements à ceux qui ont introduit quelque chose d’intéressant pour le bien de tous dans ce monde. C’est un exercice que je pratique souvent. Nous utilisons tant de choses sans remercier ceux qui ont été à leur début. C’est ainsi que j’ai raconté à Roger que dans un cours que je donne, j’ai parlé du début des chaussettes ; les premières chaussettes tricotées on les a trouvées en Égypte, du temps des pharaons, en 1400 av. J.-C. et la première machine à tricoter des chaussettes est due à un révérend écossais, William Lee, puis du kaléidoscope, trouvé par le physicien écossais David Brewster en 1816 qui, grâce à W. Lee et aux Français, portait des chaussettes ! (Je raconte cela ici).

Encore autre chose dans type d’article ; il a aussi la vertu de ramener à la surface de ma conscience un tas de sujets, de personnages, de lectures, de commentaires et c’est comme si je les avais à fleur dans mon esprit. Je trouve jolie l’image d’avoir des fleurs partout.

Les fleurs de l’esprit de Zully. J’ai montré l’article à Roger avant la publication et là… c’est reparti pour un tour de nouvelles choses. C’est ainsi que j’ai pu compléter l’historique de la valeur monétaire et Roger a trouvé moyen d’insérer l’influence du travail à la chaîne qui n’aurait jamais pu prendre place sans la fabrication en ligne d’abord, puis sans le recours aux pièces interchangeables. Il a évoqué les implications des premiers métiers à tisser, l’extraordinaire abondance énergétique due au charbon au xviiie siècle, les industrialisations qui s’ensuivirent et a mentionné la production de chronomètres et montres en masse par l’entreprise Waltham aux États-Unis avec ses effets sur l’industrie horlogère suisse. Comme on le voit, tous ces éléments sont liés et forment un tissu vivant au travers de l’homme ; une fois de plus, on en arrive au début de notre conversation : la valeur qu’on attribue aux choses.

Liens vers :

Pour laisser un ommentaire, deux façons de procéder :

  • directement par courriel (voir contact sur ma page d’accueil) ;
  • si vous avez une plateforme WordPress, vous pouvez facilement ajouter un commentaire.

@Articulations – jouons avec elles.7

Une participante au cours me dit qu’elle a appris en dix leçons plus sur son corps que pendant toutes les années où elle a fait de la danse !

Le but du cours est de jouer avec ses articulations. S’il est intéressant de savoir que nous sommes composés de 300 à 400 articulations, cela dépend de la façon de les compter (le sacrum, par exemple, est composé de 5 vertèbres soudées), le plus important est de les faire bouger dans tous les sens. On le sait, une chambre de la maison qui n’est pas habitée se remplit de poussière, au moins. Il en va de même avec le corps. Or le corps est le reflet de nous-mêmes, de notre façon d’agir et de réagir, de la façon dont nous vivons. C’est simple et complexe à la fois, mais tout est lié, pas de doute.

Voici quelques données chiffrées au sujet de notre corps :

Non seulement il y a différentes façons de compter les os, par exemple, mais, selon les sources consultées, les quantités de muscles, ligaments varient aussi. Mais, l’ordre de grandeur est quand même semblable.

Données chiffrées : tous ces muscles, articulations, cellules ont leur vie presque autonome. Presque autonome parce qu’il faut bien se dire que si une personne a une certaine forme dans sa jambe c’est parce qu’une certaine vie l’habite. Il en va de même pour le visage, pour les mains, pour tout. Il est complexe de définir ce qu’est la vie, mais tant que nous sommes vivants, nous avons une façon d’agir et de réagir, ainsi que déjà dit, dans la vie. C’est cela qui est important. Nous pouvons pratiquer toutes les techniques de relaxation du monde, si on ne sait pas vivre les événements de la vie de façon harmonieuse, nous aurons des tensions. Je vous laisse réfléchir.

Façon de tenir le crayon. Ce qui est fascinant dans mon cours, ce n’est pas tant le contenu que ce que les participants apportent chacun avec son corps. C’est ainsi qu’à un certain moment, j’ai demandé à faire un dessin d’un mouvement afin de mieux le concevoir. Voilà qu’une participante se met à table, pour ainsi dire, prend son crayon et commence à dessiner. J’observe et demande si elle écrit toujours de cette façon parce qu’elle utilise nombre de muscles qui ne sont pas directement concernés par l’opération. « Ah, oui ! c’est vrai. Souvent, à la fin de la journée de travail, je suis fatiguée. »

Une illustration :

Si on n’est pas attentif, on ne remarque pas le problème vu de profil.

Une participante a les pieds plats. On ne le lui a pas dit dans les différents cours de danse ou de gymnastique orientale fréquentés. Cela me donne l’occasion de lui en parler et de voir ce qu’il est possible de faire. J’ai de la chance parce que cette personne est très sensible et sent tout de suite la différence. On regarde du côté des chaînes articulaires et musculaires et on s’approprie quelques étirements. C’est un travail à long terme. On a discuté de l’affaire depuis le début et après trois mois, elle me dit qu’il lui arrive très souvent de penser à ses pieds lorsqu’elle marche et à corriger automatiquement les points d’appui sur le pied. Pour moi c’est une victoire. Il n’y a rien de plus satisfaisant que de savoir que je peux apporter un mieux-être à quelqu’un. Je me dis que cela justifie mon existence !

Les articulations dans le corps et dans la vie. Si nous avons dans les 300 – 400 articulations articulaires et musculaires, nous avons quantité d’éléments de la vie avec lesquels nous sommes en relation ou qui entrent en relation avec nous. J’en ai mis quelques-uns, quelques-uns dont on a parlé pendant le cours dans l’image ci-dessous.

Essence est le squelette qui m’accompagne dans tous mes cours.

Comme vous le voyez, on a quasiment refait le monde ! Non, on ne peut pas avoir un monde conforme à nos désirs parce que nous sommes tous différents et que nous ignorons tant de choses, mais nous pouvons avoir un oeil conscient, soit une articulation vivante. Une articulation physique ne peut pas faire des mouvements dans tous les sens et c’est pourquoi on a des os agencés d’une façon ou d’une autre. Il en va de même dans notre vie.

Des jeunes gens du canton de Schwytz et les articulations de la vie. Je montais par la rue du Château à mon studio et entends parler du suisse-allemand. Je dis : « Quand on est à Neuchâtel, on parle en français ! » , regarde les jeunes gens et leur souris. L’un d’eux me dit : « Vous pourriez répondre à des questions ? Ce sera dix minutes ». Je lui dis que oui et que si lui et ses copains viennent avec moi, ils verront une belle salle où j’enseigne et présente des spectacles. Comme je vais donner un cours, il y aura bien quelqu’un d’autre qui pourra répondre aussi aux questions. Ils ne s’attendaient pas à trouver une salle si intéressante, ils ont regardé les tableaux, les costumes suspendus et on a répondu au questionnaire.

L’une des questions a été : – Combien de langues parlez-vous ? – … Sept -– Sept ? Lesquelles ? – Le français, le roumain, l’espagnol, l’anglais, l’italien, le russe, l’allemand. – Le russe ? Je suis né à Saint-Pétersbourg ! dit le jeune homme. Alors, on a parlé un peu en russe, mais, dit-il, je suis arrivé à l’âge de cinq ans ici et je parle le suisse-allemand. Je lui ai montré des photos et costumes de danseurs russes et le tableau avec le nom de tous les danseurs et professeurs du théâtre Mariinsky ramené de la fois où j’ai passé un mois à Saint-Pétersbourg. Cela a quand même créé un lien, renforcé une articulation, l’articulation que j’ai avec le russe, Quand j’entends cette langue, c’est comme si c’était la langue de l’amour. Pourquoi aime-t-on une chose, quelqu’un ? Je n’ai pas de réponse, c’est un fait. Alors, voilà comment est née l’articulation d’élèves qui améliorent leur français avec des participants à un cours à Neuchâtel. Moralité : les articulations sont partout !

Liens vers :

Pour laisser un commentaire, deux possibilités :

  • directement par courriel (voir contact sur ma page d’accueil) ;
  • si vous avez une plateforme WordPress, vous pouvez facilement l’insérer au bas de cette page.

Histoire de dents

Tout ce que je rapporte, je l’ai appris de la part d’une ostéopathe. Je la remercie parce que j’ai pu aider plusieurs personnes.

Nous vivons dans une société qui attache beaucoup d’importance à l’extérieur et les dentistes ont pensé à mettre des bagues et autres appareils pour aligner les dents. Ce travail se fait, en général, pendant la croissance.

C’est ainsi que le dentiste scolaire a dit à l’une de mes élèves de douze ans de porter un appareil afin d’aligner les dents et de donner de la place à celles qui n’arrivaient pas à pousser. Elle m’a raconté l’affaire et dit qu’elle n’en avait pas envie, qu’il faisait mal. Elle avait raison, un appareil force les dents, les dents sont collées au crâne, le crâne abrite le cerveau et tant les oreilles que les yeux, le nez, la parole, la personnalité de la personne sont affectés. D’ailleurs, le document que les parents signent mentionne que ledit appareil peut affecter la vue, l’odorat, l’ouïe, le parler, le goût. Mais, on ne fait pas attention à cela, le papier étant officiel, les parents signent sans tout lire.

En principe, le traitement dure quelques années et lorsque la personne atteint l’âge adulte, 18 ans, en général, on lui enlève les bagues. Afin de s’assurer que les dents ne reprendront plus leur place initiale, le dentiste met des cercles métalliques derrière les dents pour le restant de la vie du patient afin de les fixer. En effet, les dentistes avaient remarqué, quelques années après la mise en route de la pratique, que chez la plupart des adolescents auxquels on enlevait bagues et gouttières, les dents reprenaient leur place. Pas chez tous les patients et c’est cela qui est intéressant. Cela a à voir avec la façon dont la personne vit sa vie. Nous avons tous une façon ou une autre de réagir aux événements et même de les créer. Cela va de pair avec le corps.

J’ai expliqué à mon élève que le corps fait un tout et que toutes les parties sont donc liées. Les dents poussent en dernier dans le corps et ce en fonction de la disposition des tissus et des os. Tant que le reste du corps n’a pas suivi… les dents reprennent leur place.  

L’ostéopathe que j’avais consultée a travaillé une séance avec mon élève et nous a montré le genre d’exercices à faire quotidiennement.

Mon élève avait douze ans à l’époque et si elle n’avait pas envie de porter un appareil, l’assiduité des exercices journaliers ne lui était pas… familière. Aussi, au bout d’un moment, tous les soirs, pendant près d’une année, j’ai téléphoné pour rappeler la chose et mon élève, tout comme ses parents, a été d’accord. Ce point est extrêmement important.

De plus, elle venait au cours de danse et nous faisions d’autres exercices qui aidaient le corps.

Un peu plus d’une année après. Pour la grande joie de mon élève, le dentiste a noté des changements dans la bouche, dit que ses dents s’étaient bien alignées en haut et qu’un appareil n’était plus nécessaire. Il restait encore un travail à faire pour les dents d’en bas, mais le plus gros était passé. Le dentiste ne s’est pas posé de questions et n’a pas posé de questions à mon élève non plus. Nous n’avons pas insisté. Les parents ont économisé plus de 10’000.- francs. Mais, le plus important est que le crâne n’a pas été forcé et qu’aucun des effets mentionnés plus haut n’a eu lieu. C’est précieux !

Voici quelques photos :

Le travail s’est fait à long terme. Si pendant près d’une année, le travail a été quotidien, ensuite, cela s’est fait à raison d’environ quatre fois par semaine.

L’ostéopathe consultée et les ostéopathes actuels. Mon ostéopathe considérait le corps comme un tout, une unité et c’est pour cela qu’elle a obtenu le résultat que vous voyez. Mon ostéopathe a quitté le pays et j’ai discuté avec des dentistes. Certains travaillent avec des ostéopathes qui sont formés pour accompagner le travail des dentistes ; leur rôle est de faire diminuer les douleurs sur le crâne. C’est bien différent du travail de l’ostéopathe que je connaissais. Mais, comme tout évolue très vite, je vais vérifier auprès d’une institution qui forme des ostéopathes.

Photos d’un crâne :

Le crâne transformé. On ne peut être catégorique parce que parfois les « accidents de la vie » nous amènent de belles choses. Mais, dans le cas présent, le crâne transformé ne permet plus à l’idée jaune qui est en l’air d’entrer dans le cerveau, elle est trop longue. De même avec la verte. Quant à la violette, elle ne sait que faire parque aucune autre ne lui ressemble. Peut-être aussi qu’elles sont en train de s’en aller… La vie n’est pas une expérience où l’on peut la reprendre au point zéro et on doit se garder d’être catégorique, mais le fait de savoir que le corps est une unité et que les éléments d’ici sont en liaison avec ceux de là-bas… laisse à réfléchir.

Les dents et le français. Je saisis toute occasion pour parler de l’une de mes passions et activités : la langue française et voilà que cet article m’offre une occasion de le faire. Il s’agit des mots denture et dentition ; la plupart des gens parlent du second mot et ignorent le premier. La dentition est la parution, la poussée des dents que ce soit celles de lait ou les définitives. Lorsqu’on parle de l’ensemble des dents d’une personne ou d’un animal, on devrait parler de denture. Une personne a donc une belle denture et pas une belle dentition. Je suis tombée l’autre jour sur la plateforme de Sophie Viguier, correctrice, qui a rédigé un joli billet sur le sujet ; c’est tellement bien rédigé, que je lui ai demandé si je pouvais le citer. Elle vient de me donner son accord.

Liens vers :

Pour laisser un commentaire, deux possibilités :

  • directement par courriel (voir contact sur ma page d’accueil) ;
  • si vous avez une plateforme WordPress, vous pouvez facilement l’insérer au bas de cette page.

Dialogue avec une élève de danse de 17 ans.2

Que dire quand vous entendez une élève vous dire :

Ensuite, elle a fait le geste avec la main comme si elle contournait des obstacles.

Elle a ajouté qu’elle avait appris de moi à ne pas avoir de préjugés, à ne pas imaginer que l’autre pensait ceci ou cela et qu’il faut toujours s’assurer que ce qu’on sent, perçoit, pense correspond à l’intention de l’autre. L’autre agit parfois sans se rendre compte, ou n’a pas imaginé la portée de ses mots, de ses actes.

Le système scolaire : « Je suis minimaliste – ce que le prof veut ne correspond pas toujours à ce que je vois – je suis impulsive – j’aime trouver mon propre chemin et cela ne fait rien si je n’ai pas de bonnes notes, alors que je sais tout « . C’est sorti d’un trait et je ne peux rien ajouter. Mon élève est une fille intelligente, bien des fois je lui ai dit que je discutais avec elle de sujets dont je ne discutais pas avec des adultes. Pourquoi ? demandait-elle. Ma réponse était alors la même : « Question d’ouverture d’esprit, tu as une grande maturité. »

Elle aime enseigner… Je dis que lorsque j’enseigne, j’ai souvent l’impression que c’est moi qui m’enrichis, qu’enfin j’ai réellement compris.

Ce n’est pas seulement cela, dis-je. Bien sûr qu’il faut bien connaître son sujet, mais quand j’explique, je me mets dans la tête de l’autre pour trouver la porte qui peut s’ouvrir ou qui est déjà ouverte et qui me laisse passer ; une fois le seuil passé, les explications viennent avec les mots de l’autre et c’est cela qui m’enrichit ; j’ai une autre façon de comprendre la chose. Cela me donne l’impression que c’est nouveau et me procure en plus une grande joie. Lorsque les gens me remercient pour mes explications, je réponds que je n’ai fait que mettre en lumière ce qui était chez eux. On le sait, il ne sert à rien d’expliquer quelque chose à quelqu’un qui ne le veut pas.

Au sujet des spectacles. Lors de l’un de nos derniers spectacles, elle a dit que puisque c’était des danses qu’on avait tellement exécutées, qu’on les savait par coeur et qu’une seule répétition, juste avant le spectacle, allait suffire. Je n’ai rien dit, mais j’ai travaillé de mon côté. Le jour de la répétition, elle dit :

Le professeur doit savoir se taire par moments : j’ai laissé mon élève faire son expérience et elle a compris mieux que si je lui avais dit quoi et comment faire !

Mon élève a pris son envol une année après. C’est un moment difficile, je pense parfois aux parents qui voient leur enfant partir de la maison, mais je suis rassurée parce qu’elle a appris a danser aussi avec la vie.

Liens vers :

Commentaire, deux façons de procéder :

  • directement par courriel (voir contact sur ma page d’accueil) ;
  • si vous avez une plateforme WordPress, vous pouvez facilement ajouter un commentaire.

Enseignement

Transmettre, comprendre l’autre et l’enrichir, lui ouvrir des portes, le renforcer est une passion chez moi.

Tous les cours ont un contenu personnalisé et qui peut être utilisé tout de suite.

Cours donnés dans le cadre du Service des sports de la Ville, Midi Tonus

Ateliers et formations pour renforcer l’esprit d’équipe dans des entreprises ou clubs

Pour les soirées d’entreprise ou événements tels que les anniversaires, mariages, fêtes

Pour les cours ou activités extra-scolaires (Passeport vacances), se rapporter ici.

Les animaux pensent-ils ?

Je rencontre un ami qui me raconte l’histoire d’un grèbe et je lui raconte certaines de celles de ms oiseaux.

Disons d’emblée que les animaux communiquent entre eux. Ils avertissent leurs congénères lorsqu’il y a danger, lorsqu’ils trouvent à manger et encore un tas de choses que j’ignore. Tout dernièrement, j’ai hérité de deux canaris qui avaient habité dans un garage. Les miens habitent dans une volière avec une sortie permanente sur le balcon. Quand les deux canaris sont arrivés et ont commencé à chanter, j’ai entendu des sons que mes canaris n’émettaient pas. Peu de temps après, ils les ont aussi chantés. Quelle était l’information ? Je n’en sais rien, mais les « nouveaux » canaris ont rapidement fait partie de la grande famille et je n’ai jamais vu de querelle.

Je reprends l’histoire du grèbe. Voici ce que l’ami en question m’a raconté : il se trouvait sur son canoë lorsqu’il a vu un grèbe qui régulièrement plongeait et émergeait sans rien dans le bec et qui ensuite le regardait. À un moment donné, l’ami, compatissant, hausse les épaules et soupire. Vous avez deviné la suite : le grèbe a aussi haussé les épaules et soupiré !

Scooby, le chien de mes voisins. Les voisins de mon studio de danse ont hérité d’un chien qui a une histoire particulière et qui émet un son spécifiquement pour moi. Quand il sent que je suis dans les parages, sans me voir puisqu’il est à l’intérieur de la maison, il l’émet. Les propriétaires m’ont dit que ce n’est que pour moi et pour personne d’autre. Ce n’est pas un aboiement, c’est un son de gorge.Je suis flatée. Il a un autre son, une sorte de « bof  » qu’il utilise lorsque je frappe à la porte pour que mes voisins l’ouvrent et je puisse le caresser mais que lesdits voisins sont absents. Il me signifie : « Ce n’est pas la peine ! » et il se tait. C’est magnifique !

Un papillon. Je me trouve dans mon lac et perçois dans l’eau un papillon qui se débat avec les pattes dans l’eau. Je regarde autour de moi, vois une branche, la mets sous les pattes du papillon et il s’y agrippe. Instinct de conservation diront certains. Oui, mais à un moment donné il doit s’être dit : « Ah, une branche pour me sauver ! ». Le lendemain, je retourne à la même place, je m’assieds pour ne garder que ma tenue de bain et voilà un papillon, de la même couleur, qui vient se poser sur ma chaussure. Vous direz ce que vous voudrez, pour moi, il me faisait signe ! Cela ne m’était jamais arrivé.

Une abeille. Là aussi, je la vois en train de se préparer pour rejoindre l’autre monde parce qu’elle repose sur l’eau du lac, sur le dos, les pattes en l’air. Je fais de même et elle s’agrippe. Je la pose sur une pierre ; elle met un temps assez long à s’en remettre et tout à coup prend son envol.

Une algue et une sorte de cafard. Je me trouve une autre fois dans l’eau et vois des algues qui me font signe. Ne me demandez pas comment je le sais, je le vois et le sens. Je les prends dans la main, me demande ce que je peux en faire… rien… mes canaris ne vont pas manger cette sorte et les remets dans l’eau. Tout de suite après, je vois une sorte de cafard qui s’agite dans l’eau. J’hésite parce que ces bestioles ne sont pas recommandables, puis, je me dis que la nature ne fait rien gratuitement et qu’elle doit servir à des choses que j’ignore. Je regarde pour voir s’il n’y a pas une branche… rien… mais les algues sont toujours là. Je les prends et la petite bête s’y agrippe. Je la dépose sur une pierre et elle s’en sort aussi. Je me sens soulagée et ne peux que remercier les algues.

Quant à mes canaris, les histoires sont nombreuses. Ces derniers jours, ils m’ont fait comprendre qu’il ne fallait pas trop remplir les piscines dans lesquelles ils se baignent. Normalement, je m’y prends à deux fois pour les remplir. J’avais fini le premier tour, si je puis dire, et voilà que des oiseaux viennent et montrent signe de vouloir se baigner ; ils trouvent qu’il y a assez d’eau et qu’il ne faut pas remplir à ras bord. C’est bien la première fois. Tout arrive ! Parfois, lorsque j’arrive dans la volière pour apporter quelque chose, j’en vois qui sont en train de boire ou de manger quelque chose, ils me regardent comme s’ils me disaient : « Est-ce que j’ai le temps de boire, de prendre une graine, de prencre une morce (bouchée) ? » Je leur dis, en général, qu’il sont le temps.

Autre exemple avec mes canaris. Lorsque je mets une salade qui a des grains de maïs, ils se précipitent sur ces derniers et j’ai l’impression qu’ils disent : « Ah, ça c’est bon ! ». Un animal ou une personne qui a très faim se précipite sur ce qu’on lui donne, mais ici le cas est différent ; les oiseaux lâchent ce qu’ils ont dans le bec pour aller prendre du maïs. Il arrive la même chose lorsque je mets des fleurs, des graminées ou certaines plantes. Le fait de lâcher une chose pour une autre implique un instant de réflexion même si elle n’a pas de mots. C’est comme l’intuition chez nous.

Encore un exemple , la confection des nids. Je propose la base, un panier vide et ils le remplissent à leur guise. Ils font montre de personnalité, parfaitement. Il y en a qui décorent, d’autres qui font juste le nécessaire, d’autres qui font tout du début à la fin et où ils veulent.

Les nids. Celui à gauche, tout en haut est fait par une oiselle spartiate ; elle a mis juste ce qui est nécessaire ; l’oiselle de droite aime le style baroque, fleuri, abondant, harmonieux, agréable ; le nid d’en bas a été construit sur les hauteurs et l’oiselle a mis du temps jusqu’é ce qu’il soit solide. Il est aussi joli et avec une décoration.

Alors, les animaux pensent-ils ? Les gens confondent souvent le fait de parler avec la pensée. Ce n’est pas parce que les animaux ne parlent pas avec nos vocables qu’ils ne pensent pas. Dans Sciences humaines, je trouve : « La pensée animale est proche de la pensée humaine pour certaines capacités liées à la représentation, à l’abstraction et même au raisonnement. Il n’en est pas de même pour des processus cognitifs plus élaborés comme le langage ». D’autre part, on le voit, au cours de notre histoire, des peuples ont eu des civilisations différentes, des langages différents, des moyens de communication différents. Les expériences avec mes oiseaux et ce que racontent les personnes qui vivent avec des animaux vous diront que les animaux pensent. Nous mêmes, nous sommes incapables de dire comment une pensée nous vient. Je le dis souvent, ce n’est pas parce que nous avons mangé quelque chose de sucré que notre pensée est sucrée… Une chose est certaine, lorsqu’une pensée nous visite, notre cerveau s’agite. Une fois la vie partie… il n’y a plus de pensée, tout comme chez nos amis les animaux.

Liens vers :

Pour laisser un commentaire, deux façons de procéder :

  • directement par courriel (voir contact sur ma page d’accueil) ;
  • si vous avez une plateforme WordPress, vous pouvez facilement l’insérer au bas de cette page.