Spectacle de danse-théâtre, le 29 décembre 2025

J’ai eu une année compliquée et je me demandais où j’allais, puis, les choses ont commencé à tourner et voilà que des amis sont venus voir mon spectacle de danse-théâtre.

La danse. Lorsqu’on présente une danse, elle a sa chorégraphie et peu importe sur quelle scène on danse, elle ne change pas ; on peut prendre plus ou moins de place mais c’est tout. Dans le cas des danses où je suis en interaction avec le public, je parle en fonction des spectateurs présents. Cette fois, j’avais deux parents, Anne et Stefano, leurs deux enfants, Siméon – 10 ans, Émilie – 8 ans et Roger l’horloger un autre adulte.

Au départ, il n’avait été question que des parents et enfants. J’avais mentionné qu’après le spectacle on aurait un petit en-cas. J’avais vu de jolies boîtes de biscuits dans un magasin mais le jour où j’ai voulu en acheter, le rayon était vide. Il y a un personnage, Roger l’horloger, qui me rend souvent visite au studio et pour lequel, j’achète des framboises. Ce sont ses fruits préférés. Quelque chose m’a dit d’en acheter, mais la raison m’a dit qu’il ne venait pas, qu’il était en train de quitter la Suisse pour rentrer chez lui aux Pays-Bas et que donc cela n’avait pas de sens. Ces mots ont tourné plusieurs fois dans ma tête et finalement, j’ai fini par en acheter.

Le hasard ou cet ami qui me suit souvent. Le jour du spectacle, j’étais en train de répéter avant l’arrivée des invités et voilà que Roger l’horloger s’annonce. Il passait, par hasard, pour savoir si j’étais là. Ni une ni deux, je l’invite au spectacle.

Invités spéciaux. J’ai pensé que trois composantes de ma vie voudraient venir à ce spectacle et grossir le rang des spectateurs. Les voici :

  1. Béria. Il est toujours présent et sa fourrure me rend moins difficile un exercice où j’ai le dessus du pied au sol. Il représente aussi la Russie, essentielle dans ma vie ;
  2. À gauche : le Fils du sultan. C’est le poupon que mon père m’a offert lorsque j’ai eu sept ans. Il est allemand ;
  3. À droite : Mademoiselle Ding-Ding. Elle a été faite par mon arrière-grand mère quand elle a eu cent-huit ans ! Elle a voyagé partout avec moi. Je lui ai fait la robe et le chapeau. Quant au bracelet (fllûte ! j’ai oublié de lui mettre son collier), c’est la bijoutière de la place, Suzanne Dändliker, qui les lui a faits.

Mon spectacle, faut-il le rappeler, est un spectacle intimiste et il se passe des choses comme celles qui se passent en famille. Quand on est en famille, il arrive que l’un des enfants ou des parents soit en retard, qu’il pense qu’il doit préparer quelque chose et part le faire avant de l’oublier, etc. Dans mon spectacle, il en va de même. Cette fois-ci, j’ai eu besoin d’Anne pour mettre un tissu sur ma barre. Pour une raison qui m’échappe, le tissu n’en faisait qu’à sa tête !

Déroulement du spectacle. Je commence par un exercice de danse classique pure et je demande aux enfants s’ils savent ce qu’est la danse classique. Silence. Je demande alors s’ils savent ce qu’est la musique classique et Siméon répond : « La musique normale ! ». J’ai trouvé cette réponse remarquable et lui ai dit que je n’avais jamais entendu de définition plus parfaite que celle-là. Ensuite, j’ai fait un parallèle avec la danse classique et donné les informations pertinentes.

Une autre de mes danses s’appelle La vie est-elle un combat ? Au moment où j’ai annoncé le titre, Émilie a dit : « Non ! ».

Inutile de vous dire que ces deux réponses ont amené des rires dans la salle.

Arrivée à la danse Cueillir un lotus, j’ai demandé à chacun de me dire, à la fin de la danse, comment il avait vu la fleur : couleur, forme, autre chose. Voici la récolte de cette fois :

C’est le moment de préciser que Roger l’horloger a fait le tour du monde à vélo pendant trois ans. Alors, son parallèle me fait fondre.

Dernière danse Sérénade de Schubert. À la fin, Siméon s’est exclamé : « C’est trop beau! »

Appréciation de Stefano : « Un spectacle poétique, plein de magie ».

On arrive à l’en-cas :

J’explique aux enfants pourquoi j’ai acheté des framboises et comment le hasard a fait que Roger vienne au spectacle :

Commentaire de Roger : *J’ai senti de loin l’odeur des framboises et c’est pour cela que j’ai tapé à la porte ! *Tout le monde a rigolé.

Commentaire de Stefano : « Le hasard n’existe pas ».

Ce qui a eu le plus de succès auprès des enfants : les chocolats (deuxième plan à partir du haut). Ce sont des chocolats en forme de coquillages. Ils n’en avaient jamais vu (ça c’est un succès, montrer à des enfants de la génération actuelle quelque chose qu’ils ne connaissent pas ! C’est l’une des variables de mon spectacle : apporter quelque chose aux autres).

Conversation. Ensuite, la conversation s’est engagée.

Émilie regarde mon studio-salle de spectacle et me demande si j’habite là. Tout le monde a rigolé, mais je lui ai dit que j’ai bien pensé plusieurs fois à le faire tellement je me sens bien dans mon local, mais, j’ai des canaris dans une volière et ils ne pourraient survivre. Je suis touchée qu’elle ait senti que quelque chose de moi habitait ces murs.

Une leçon de vie. Je le dis souvent, j’aime transmettre et j’aime voir transmettre. Roger raconte que pendant son tour du monde, il est passé par une frontière asiatique où il y avait un guichet de change. Roger a vu que l’employé le trompait et comme ce dernier faisait la sourde oreille, Roger l’a pris par le col – précisons que Roger est très très grand, qu’il a beaucoup de force et surtout qu’il n’a pas peur, alors si on imagine un asiatique à côté de lui, ne lui arrivant même pas au cou… – et l’a obligé à lui donner la somme officielle. Un ami japonais qui voyageait avec lui a profité pour se faire rembourser aussi. Puis, sont arrivés dix autres gardiens. Roger s’est dit que si les dix l’attaquaient, il n’avait aucune chance, mais de leur côté, chacun des gardiens se disait : « Il est grand et s’il me tape… Je ne veux pas être le premier, j’attends ». Finalement, Roger a pu passer et son ami aussi. J’ai dit aux enfants que c’était une leçon de vie : ne pas avoir peur devant dans des situations compliquées quand on a raison. Même si ces enfants pratiquent du jiu-jiutsu, je pense que c’est entré en eux.

Le hasard. Il s’est présenté quelques fois lors de ce spectacle. Mais, c’est Stefano qui l’a mis en exergue au moment où la pris sa fillette dans les bras et fait un tour de la salle pour voir les différentes photos et décorations. À un moment, il tombe sur une photo-montage que j’ai faite du livre de Karl-Otto Schmidt Le Hasard n’existe pas et il me regarde d’un regard qui embrasse tous les hasards du spectacle et me dit : « Le hasard n’existe pas ! »

Les enfants de retour à la maison : « Oh, mais les costumes de Zully sont incroyables, surtout celui de Roses de Picardie. La danse Le Piano fantasque a fait dire à Émilie qu’elle voulait apprendre à jouer le piano.

Une suite. Comme déjà dit, je m’intéresse à la langue et forcément à la typographie et à l’imprimerie. Or Stefano travaille dans la dernière imprimerie du canton, chez Baillod S.A. J’irai faire un tour quand l’occasion se présentera. C’est passionnant !

Question d’Emilie :

Dernière chose qui m’a touchée. Le lendemain, la famille est allée voir un film où une fillette cueille des lotus. Ils se sont exclamés ensemble : « Elle fait comme Zully! ». Que dire sinon que je suis ravie. C’est une belle façon de finir l’année et prémonitoire pour celle qui vient.

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Spectacle de la rentrée 2025

Les événements s’entremêlent et se suivent les uns les autres sans que j’intervienne.

Nettoyage de mon studio et rencontre. J’étais en train de finir les nettoyages et réparations estivales de mon studio de danse (quelque peu humide et donc ce n’est qu’en été que certaines choses peuvent et doivent être faites) lorsque j’ai rencontré en ville, grâce à un stand de nourriture du Buskers festival de Neuchâtel, Véronique, l’une des élèves de mon premier groupe d’élèves de danse, et sa maman. Cette dernière avait quitté la Suisse pour l’Espagne lorsque son mari et elle étaient entrés à la retraite. Je n’ai jamais pensé que j’allais la revoir…

Comme si cela avait été la veille. La rencontre s’est faite naturellement. Véronique, je l’avais revue il y a quelque deux ou trois ans au festival des Sports où je donnais un cours. Elle a toujours le même sourire qui dit « je savais qu’on allait se revoir » et cela fait toute la différence. La rencontre a été pleine d’amitié et, sans que je prenne le temps de réfléchir, je leur ai proposé de venir à mon studio de danse pour que je leur présente l’un de mes spectacles.

25 août 2025 à 17 h. Le nombre cinq est partout… Elles sont arrivées un peu avant l’heure, juste au moment où je finissais mes répétitions. Une chose c’est de danser pour soi et une autre pour un public, car tout est alors différent et une certaine tension s’installe. Bref, elles sont arrivées et je leur ai proposé une visite du lieu. Depuis le nombre d’années que je l’occupe, j’ai amélioré bien des choses et la conclusion de Véronique a été : « Tu pourrais y vivre ! ». Oui, c’est vrai. J’y ai pensé une fois ou l’autre, mais j’ai d’autres activités qui demandent plus d’espace. Cependant, s’il prenait fantaisie à la vie de m’y mettre, je le ferais avec grand plaisir. Puis, Véronique a regardé la scène et s’est exclamée : « Oh, quand j’étais petite, je la voyais si grande ! » Effectivement, quand on est petit, les repères sont différents. Je lui ai dit qu’elle a la même grandeur que celle du théâtre du Pommier. C’est d’ailleurs Ernest Grize, le premier régisseur de ce théâtre, qui les a faites.

Le spectacle. J’ai présenté mes danses dont certaines sont interactives. Cela veut dire que je discute avec le public ou lui pose des questions. L’une des danses consiste à cueillir un lotus et voici les commentaires de Véronique : « …. Il est enraciné » et celui de Kéna, sa maman : « Je l’ai vu changer et s’ouvrir ». Lors d’une autre danse, je fais appel à un jeu de lumières et Kéna a dit que cela lui avait rappelé un souvenir alors qu’elle avait sept ans et était à l’école : c’était lors d’une chorale ; les lumières avaient été éteintes et les élèves, avec une lampe de poche, avaient fait des figures. Pour moi c’est comme si la page actuelle de son livre de vie avait rejoint celle de ses sept ans. J’ai trouvé cela fantastique.

Leurs commentaires : (à venir). Mais Kéna m’a demandé à deux reprises en cours de spectacle si tout cela (histoires, chorégraphies et costumes) sortait de mon imagination. Je pense qu’elle savait que c’était oui.

Ma reconnaissance-1. Je suis reconnaissante à Véronique d’avoir suivi avec plaisir mes cours. Elle m’a dit que si elle avait de la discipline c’était parce que je la lui avais inculquée. J’ai répondu que l’on peut dire et montrer bien des choses à des personnes, si la chose n’est pas en elle… Comme Véronique aime les conclusions, elle a dit pour finir : « Disons alors que tu m’as sensibilisée ! ». Elle a aussi dit que parfois, lorsqu’elle écoute du Chopin, il lui prend l’envie de danser. C’est beau. Elle a demandé si c’était la même barre et dit qu’elle se rappelait lorsqu’on massait les pieds avec la balle. Je suis touchée.

Reconnaissance-2. Je ne sais laquelle est la première, parce qu’il s’agit de Kéna. C’est elle qui a inscrit Véronique et sa  sœur Brigitte à mes cours. Elle s’est dit que ses filles seraient dans de bonnes mains et elle m’a payée. Je suis qui je suis en partie grâce à elle. Nous sommes la résultante de centaines de rencontres, mais certaines nous touchent plus que d’autres. Je remercie Kéna et toutes les autres mamans. Avoir la confiance de quelqu’un est précieux.

Après le spectacle : un verre de Mauler rosé. C’est ma façon de remercier le public qui répond à mes invitations.

Des photos et des programmes. J’avais pris des photos prises à l’époque et des programmes du temps où Véronique avait dansé. Elle s’est souvenue des danses et de certaines copines. Je lui ai dit qu’elle avait dansé sur de la musique chinoise et que je continuais sur la lancée puisque dans ma présentation il y avait une danse du même genre. Elle a dit :  » Tu vois, tu m’as aussi influencée là puisque la Chine joue un rôle dans ma vie.  » En effet, l’une de ses filles a habité plusieurs années dans ce pays et Véronique lui y a rendu visite. En plus, Véronique pratique le taï chi (moi, j’ai pratiqué du qi gong) et quand elle a vu mes poèmes inspirés par des haïkus, elle m’a dit qu’elle en écrivait aussi !

L’horlogerie. Le monde de l’horlogerie fait partie intégrante de ma vie depuis des années. Il se trouve que Kéna et son mari travaillaient dans ce secteur. Monsieur Villard était le propriétaire des montres Villard Watch, fabrique héritée de son père qui l’avait fondée en 1963. Je lui avais acheté des montres une fois ou l’autre dans sa fabrique et lorsque j’ai revu Véronique il y a quelques années, je lui avais dit que le musée du Château des Monts, au Locle, accueillerait volontiers des montres Villard parce qu’il ne possédait pas grand-chose de la période des années 1950 – 1980. La chose est en cours. De plus, j’ai publié sur ma plateforme plusieurs articles sur l’horlogerie et voudrais ajouter l’histoire Villard.

Commentaire de Véronique au sujet du studio :  » Nous nous sommes retrouvées après tant d’années dans cet univers et espace hors du temps que tu as su conserver et embellir. » Je suis à nouveau touchée. Véronique l’a bien senti. Dans ce lieu, je me sens hors du temps ; lorsque j’en sors, je découvre l’heure…

Elle m’a aussi dit qu’elle avait suivi de loin mon travail, en assistant une fois ou l’autre à mes spectacles, et l’histoire avec mon ami, André Oppel, par l’intermédiaire des journaux. Je ne sais que dire. Je n’aurais jamais imaginé une telle chose.

Drôle de période. L’autre jour, j’ai rencontré la maman de Nicole Aegerter, une autre élève. La rencontre a été aussi pleine d’émotion. Aujourd’hui, je vais chez Jumbo pour acheter un support pour l’arrosoir de mon studio et dont un voisin m’a fait cadeau et je rencontre le père de Giliane, une autre élève. Il m’a aidée à trouver le bon support pour le suspendre et aussi à choisir un bon chariot pour porter mon matériel de maquillage fantaisie lorsque je suis appelée à travailler ici ou là. Je lui suis très reconnaissante et il me donne l’occasion de remercier tous les papas de mes élèves. Comme cela, on a un yin et un yang et on reste dans la philosophie chinoise !

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Spectacle de danse-théâtre pour la journée : Comment vieillir en tant qu’étranger en Suisse ?

La vie et ses surprises ! Je n’ai jamais imaginé qu’une fois je danserais à l’hôtel de Ville. Cela s’est produit le mercredi 28 août 2024 !

C’est à l’occasion du spectacle que j’ai présenté pour les 50 ans de La Pesolière à Peseux que Brigitte Brun, déléguée aux personnes âgées pour la Ville de Neuchâtel, et moi nous sommes rencontrées. De plus, elle est la mère de l’électricien (âgé de cinq ans ; il n’est jamais trop tôt pour pratiquer un métier !) qui m’a aidée ce jour-là à résoudre un problème de néon noir. Cela crée des liens.

Le sujet de l’exposition a fait émerger bien des notions en moi. Si j’ai été invitée, c’est parce que je ne suis pas née en Suisse (donc étrangère) mais le résultat, après avoir vécu X années dans le pays, un grand X, est que je me sens de Neuchâtel.

J’ai expliqué que je me sens neuchâteloise, que je suis Neuchâteloise, non seulement par adoption officielle, d’ailleurs c’est dans ce même bâtiment de l’Hôtel de Ville, au premier étage, là où il y a le portrait de David de Pury que j’ai reçu ma naturalisation. Alors, le retour lors du vernissage, a été tout un symbole. Je l’ai perçu comme un cercle qui se referme ou plutôt comme une spirale puisque du temps s’est écoulé depuis ce jour-là et qu’on ne peut revivre le temps passé. Je dois dire qu’au moment où j’ai reçu ma naturalisation, je n’ai pas pensé qu’un jour, je danserais dans ces mêmes lieux. C’est une très belle surprise de la part du destin.

J’ai aussi expliqué que si je suis qui je suis, je le dois en grande partie à Neuchâtel, mais  que Neuchâtel fait partie de la Suisse, la Suisse fait partie de l’Europe et l’Europe fait partie du monde et qu’il en allait de même avec moi. Je suis un conglomérat (matière formée de divers éléments agglomérés par un liant et destinée à la construction. Le béton, par exemple, est un conglomérat) de ce que j’ai appris et vécu ; dans mon cas, le liant est mon esprit. En conclusion : ce que je suis, je le dois aux autres. On ne pense pas toujours à cette composante de notre existence. Si on est à l’écoute des autres, on s’ouvre bien des portes !

C’est pourquoi, je dois des remerciements à tous ceux qui ont fait partie de ma formation tant ici qu’ailleurs et à tous ceux qui m’inspirent. J’ai appris une leçon une fois à Moscou et elle fait partie de ma vie. Une autre fois, mon maître de ballet Oprea Petrescu m’a dit à Bucarest :  « Tu peux apprendre de tout le monde, même du pire, car de lui tu apprendras au moins à ne pas faire comme lui ! » C’est une leçon que je porte aussi en moi. Mon professeur de français à l’école supérieure de jeunes filles, Roger-Louis Junod, m’a dit, lorsque j’ai reçu une fois un travail noté par un autre professeur, que ce dernier était très rationnel et que les dissertations psychologiques et les associations d’idées lui échappaient, mais que mon travail était très bon. Il m’a appris à croire en moi.

Mon spectacle. Ensuite, j’ai présenté la première partie de mon spectacle. J’ai encore expliqué que  mon style de danse est inspiré de la danse classique pure et y ai ajouté des visualisations et sensations provenant d’autres techniques. Je qualifie mon spectacle comme étant un genre de danse-théâtre ; de la danse parce que je danse et du théâtre parce que je parle et invite les spectateurs à me donner leur opinion ou à partager leur expérience avec moi selon les sujets abordés.

Commentaire sur la danse Les Problèmes. C’est ainsi, qu’après cette danse, j’ai dit que lorsqu’on vit un problème, on est un émigré parce qu’on a quitté une situation stable pour devenir immigré dans une situation qui nous échappe, où on a perdu pied ; mais ainsi qu’on le comprend dans la danse, lorsqu’on a trouvé la solution, le paysage de notre vie redevient le nôtre et si agréable qu’on oublie le problème et qu’on regarde devant soi avec le sourire.

Cela étant dit, est-ce que je suis une immigrée ? une étrangère ? Cela dépend, ai-je poursuivi. Je me suis sentie étrangère, une immigrée (émigré est celui qui part et immigré est celui qui arrive)  dans le bâtiment où j’ai été invitée à danser ; dans mon studio de danse et de théâtre, près du Château, j’ai tout ce qu’il faut et dans ce bâtiment pas ; j’ai dû trouver des solutions. Est-ce que je les ai trouvées toute seule ? Je l’ai dit plus haut, je dépends aussi des autres. Il m’a fallu l’aide de l’huissière, madame Katia Barthel- Meia. Je me suis aussi adaptée au lieu, le bâtiment l’a compris et m’a prêté son concours pour que je puisse présenter mon spectacle. Je me suis enrichie d’expériences et de solutions. C’est magnifique ! De plus, Katia a connu feu mon ami, André Oppel. Cela a créé un lien et je me suis sentie accueillie. Voilà pourquoi je me sens une Neuchâteloise. Je n’oublie pas qu’on est dans un pays horloger ; pas d’horloger dans ma famille ? Le destin m’a fait rencontrer un horloger à Neuchâtel, Roger Peeters, un étranger, un Néerlandais, qui m’a montré comment faire une montre. Mon moi est au complet !

Cela n’empêche pas de se demander si parfois la vie n’est pas un combat.

Ensuite il y a eu la partie officielle où les organisateurs de l’exposition et de la Ville ont parlé

Deuxième partie de ma prestation :

Pour finir, il y a eu un buffet et quelques personnes sont venues vers moi.

Facéties du destin : la fête des Vendanges de Neuchâtel a lieu fin septembre. Cette fois-ci, soit un mois après ma prestation, le destin m’a joué un tour qui m’a fait me sentir étrangère dans ma ville ! Cela a duré un moment et ensuite, la vie a repris son cours. On ne sait pourquoi parfois des choses arrivent, est-ce que le dieu de Neuchâtel a voulu m’éprouver ou alors me montrer que j’étais vraiment chez moi ?

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Spectacle de danse pour les 50 ans de « La Pesolière »

Je suis fière d’avoir pu apporter quelque chose aux résidents de « La Pesolière ». Mais, je suis aussi sortie gagnante de cette aventure. On verra comment.

Bruna Raccio. Je l’ai rencontrée à l’occasion de la fête des Vendanges il y a quelques années ; elle est venue voir l’un de mes spectacles et s’est dit que je pourrais apporter quelque chose aux résidents de la fondation qui aller fêter ses 50 ans le 15 juin de cette année. En apprenant qu’un Subiérien (cela a été l’occasion de me rappeler que les habitants de Peseux s’appelaient ainsi ! ), M. Willy Sieber, avait fait construire les premiers appartements protégés du canton de Neuchâtel, mon thermomètre de l’admiration est sorti de son tiroir pour montrer qu’il était à son maximum. En effet, je suis toujours fascinée par les gens qui pensent aux autres, qui pensent à améliorer la vie des autres et surtout des aînés. Je reviendrai sur le sujet.

La conception de mon spectacle. Il a lieu dans mon studio La Cave perdue qui a est un cadre particulier et où je peux faire la lumière que je veux et jouer avec elle. J’utilise beaucoup celle qu’on dénomme la lumière noire qui permet de faire des effets. Par mesure de précaution, je suis allée voir la salle qui venait d’être rénovée. Elle est très belle mais les murs sont blancs… Les autres membres du comité, Mme Nicole Muhlethaler (je n’en reviens pas, on se connaissait de vue avant de nous rencontrer, elle avec son mari et moi avec feu mon compagnon André Oppel, lors d’un voyage en… Chine !) et Mme Marie-Claire Zimmerli (son visage m’était connu, le mien pour elle aussi mais on n’a pas réussi à trouver le départ), les autres membres du comité donc se disent, sans l’ombre d’un doute, qu’on doit trouver une solution. Immédiatement, je pense aux tissus qui recouvrent le plafond de mon studio et à des lattes en bois qui pourraient faire l’affaire. Je trouve fascinant comment les idées germent dans des cerveaux pour trouver une solution. Dans le cas présent trois personnes se disent qu’on doit trouver une solution et le fruit arrive dans mon cerveau. Elles savaient que j’allais trouver la façon de faire, mais sans leur question je n’aurais pas trouvé.

Solution pour l’arrière-fond pendant le spectacle :

Dans la photo 2 on voit le premier tissu décroché du plafond ; il a fallu en prendre deux. Dans la photo 4, les deux tissus sont enroulés.

Transport du matériel pour le spectacle. Il y avait les costumes, les accessoires des danses, la barre avec ses supports, les lumières et les rideaux. Il a fallu deux trajets, l’un avec Bruna et l’autre avec M. Zimmerli, le mari de la présidente, qui avait une voiture plus grande pour transporter les lattes. On arrive dans la salle, je commence à redresser les lattes et oh surprise, elles sont plus hautes que le plafond ! C’est là que je découvre les talents de menuisier de M. Zimmerli car il dit : « On va chercher une scie et on coupe ! ». Mme Zimmerli trouve cela naturel et on va sur place où je suis émerveillée par toutes les machines de son atelier. « Pas de miracle, me dit-il, mon père était menuisier et à l’âge de 9 ans, j’ai fait mon premier camion en bois ! » Je demande si je peux assister une fois à son travail parce que j’aime bricoler et que j’ai des choses aussi à faire… C’est entendu. On verra le moment venu. En attendant on est retournés à la salle de La Pesolière, M. Zimmerli a mesuré la hauteur du mur, la latte et a décrété qu’on pouvait enlever 11 cm. Sitôt dit, sitôt fait.

Comment faire tenir l’arrière-fond de scène. J’avais pensé demander à deux bénévoles de se tenir chacune à un côté. C’est alors qu’est intervenu le graffeur, Kesh, engagé pour faire une fresque murale. Il m’a demandé comment j’allais faire tenir les tissus de la photo no 1 d’en bas. Je lui ai répondu que j’avais pensé à la force humaine. Il m’a dit qu’il utilisait des étais de soutien (voilà que j’ai appris qu’il existait de telles choses portant ce nom) pour faire tenir le plastique qui l’entoure pendant qu’il travaille. Il me les a proposés pour le lendemain. Il en avait trois, juste ce qu’il fallait pour mes lourds tissus. Voici le résultat :

Photos de Roger Muhlethaler, mari de la vice-présidente

Jour du spectacle. Bruna et Mme Zimmerli sont venues me dire que j’allais devoir passer avant le moment prévu parce qu’une autre artiste était malade. J’ai répondu que c’était dans la norme parce que les deux dernières fois que j’ai participé à la fête de la Danse il s’était produit la même chose. Quand une chose arrive une fois, cela n’a pas grande incidence, mais deux et trois… c’est un signe. Je me dis que je dois me dépêcher de ranger un tas d’affaires parce que… ce signe doit avoir un sens. Finalement, je présente la première partie de mon spectacle à la lumière du jour et on voit sur la photo no 1 le fond de scène tout à droite.

Spectacle. J’ai dit un texte où je remerciais les membres du comité pour la confiance déposée en moi et pour l’occasion qui m’était donnée de faire quelque chose pour les aînés. C’était un vœu émis en 2019 (j’ai tendance à écrire 1019…) et voilà que le destin me permettait de le réaliser grâce à elles. Je l’avais émis à ce moment-là parce que la vie venait de me permettre d’être la seule locataire de mon studio de danse. Les aînés ont construit le monde et le Neuchâtel dont j’ai hérité et ma façon de les remercier, m’étais-je dit, serait de leur proposer des spectacles et des ateliers de bien-être afin de leur rendre la vie plus facile et avec un peu de poésie. Il y a tellement de façons de faire les choses…

Le public. J’ai annoncé que mon studio était particulier et que si M. Sieber avait fait construire une belle salle pour que 50 ans plus tard je puisse y danser, j’allais leur demander leur concours pour ne voir, lors de certaines danses, que le décor. Ils ont rigolé et ont été d’accord. Au fil des danses je leur ai posé à nouveau la question et la réponse a toujours été la même. Si je leur ai apporté quelque chose de différent dans leur vie, ils m’ont rassurée. Je leur suis profondément reconnaissante.

Surprises. L’une des dames m’a dit qu’elle me connaissait. Elle avait fait partie d’un groupe de théâtre à Peseux, il y avait des années (j’ai dit : « Hier  » et elle a ajouté : « Avant-hier », c’est si joli) et que c’était Philippe Badan qui m’avait présentée. J’avais oublié… Mais, oui, tout à coup le souvenir est venu. Une autre dame parlait et je lui ai demandé quelle était sa langue maternelle : « Le polonais ». –  » По польски ! (Po polski ! ) – « Po polsku » rectifia la dame – « (Ah, oui, en polonais c’est « polsku). Mon maître de ballet, Anton Romanovski, était polonais ». Cela nous a rapprochées. À un moment donné l’une des lumières noires n’a pas voulu s’allumer et j’ai demandé s’il y avait un électricien dans la salle. L’une des dames a répondu : « Ils sont tous partis en vacances ! ». J’ai apprécié sa répartie et l’ai remerciée. Une autre dame, lorsque j’ai fait un geste précis de la main, a fait le même avec moi. Je me suis trouvée une partenaire ! Un monsieur m’a raconté, pendant la pause, qu’il avait émigré au Canada à l’âge de 27 ans et que bien des ses façons d’être étaient marquées par son expérience dans ce pays ; il m’a demandé comment j’allais entrer dans le rideau noir pour ne pas être visible… Je lui ai dit que c’était mon secret !

Encore d’autres surprises : j’ai rencontré pour la première fois la femme de Patrice Neuenschwander, l’ancien chef de la culture de la Ville. Elle donnait un coup de main. J’avais prévu de dire lors de la seconde partie du spectacle combien je devais à Patrice, mais la musique est partie avant que j’ouvre la bouche. Je le fais donc ici. S’il ne m’avait par reçue dans son bureau lorsque je suis passée par une situation difficile, je ne pourrais rendre les services que je propose aujourd’hui ;  une dame a eu un problème d’équilibre et m’a raconté qu’elle avait perdu son mari peu de temps avant ; je lui ai montré un point dans la main pour lui éviter de tels ennuis. La dame qui s’occupait de la tombola a travaillé dans l’horlogerie et comme je fais des recherches sur les horlogers des années 1960-1980 à Neuchâtel, elle va me donner des informations qui vont enrichir le tableau que je fais ! Roger Muhlethaler, le mari de la vice-président, a fait plein de photos et grâce à lui je peux en publier ici certaines.

On a toujours besoin de plus petit que soi. Au moment où j’ai eu le problème avec la lumière noire, un enfant auquel j’avais adressé deux mots durant la pose est venu spontanément avec sa lampe de poche et m’a aidée à voir plus clair et j’ai fini par trouver la solution. Il n’a pas dit un mot, il s’est accroupi sur le sol et a montré sa lampe. Je n’ai eu qu’à lui montrer l’endroit exact. C’était comme dans un film. Je le remercie.

L’aide avec sa mini-lampe en photo !

Le buffet. J’ai présenté le spectacle en deux parties et entre deux, il y a eu un magnifique buffet.

Le support sur lequel sont posés les amuse-bouches est un miroir ! La présentation autant que la qualité ont été remarquables. J’ai rarement vu une aussi jolie composition. Félicitations au restaurateur de Couvet.

Florilège de photos du spectacle faites par Roger Muhlethaler et dont j’ai fait le montage.

Photos de Roger Muhlethaler et montage de Zully

À la fin du spectacle, plusieurs personnes m’ont remerciée. Il y en avait eu une qui était venue pour la musicienne absente et avait voulu repartir. Je lui avais dit que j’allais danser ; elle avait décidé de rester et ne l’a pas regretté. Une autre m’a dit que son coeur avait battu avec Les roses de Picardie et que les larmes lui étaient venues aux yeux. Un monsieur m’a dit que New York New York était sa préférée. Une autre dame m’a dit qu’elle avait aimé mon sourire et qu’elle allait s’en inspirer. Je n’en reviens pas.

Fin. Il a fallu se rendre à l’évidence, la danse était finie mais il fallait ranger mes affaires, démonter les prises, ranger les lumières, rendre les étais et enrouler les tissus. J’ai profité pour les démonter afin de les laver la semaine prochaine. Les membres du comité, les maris et moi avons rangé une chose ou une autre afin de rendre son apparence normale à la salle et on s’est assis pour boire un verre.

Je sors gagnante : j’ai rencontré en les membre du comité et leurs conjoints des personnes pleines de cœur, c’est devenu si rare dans la société actuelle. Mme Zimmerli a dit dans son discours qu’avec les pensionnaires ils formaient une grande famille. C’est ce que j’ai ressenti ; je suis déjà allée en tournée avec mon matériel, mais cette fois j’ai une solution pour des fonds de scène ; j’ai été traitée comme une reine puisque j’ai bénéficié de plusieurs trajets en voiture (celle de M. Zimmerli est une hybride et il conduit avec un tel plaisir que les passagers le sentent !) ; je pourrai aller voir un menuisier qui aime faire des travaux, c’est le même M. Zimmerli ; je pourrai avoir des informations d’une personne qui a travaillé dans l’horlogerie pour enrichir mes recherches ; j’ai pu remercier des aînés, ceux qui ont construit le Neuchâtel dont j’ai hérité et tout cela parce que j’ai invité à un spectacle Bruna Grazio qui en plus de tout ce qu’elle avait à faire a fait office d’ingénieur du son pendant que je dansais. Je la remercie et remercie toute l’équipe. Au moment du montage, j’ai découvert de nouvelles façons de traiter les images. Il y a encore cette notion d’être prête pour ce qui vient plus vite que prévu que je dois mettre en pratique. Rien ne vient par hasard.

La Pesolière. J’ai appris que le nom est le résultat d’un concours à l’école et qu’il est la contraction de Peseux et écolier = Pesolière. Voilà, vous savez tout… ou presque. L’action de M. Sieber a servi de modèle pour d’autres appartements protégés et les rénovations actuelles lui permettront d’avoir un statut supérieur. Des représentants cantonaux et communaux sont venus et c’est magnifique. M. Sieber doit trinquer là où il se trouve !

Un regret. Les médias, comme on appelle la presse écrite et visuelle, étaient absentes. Pas besoin de commentaire.

Le plus important c’est que M. Sieber (vous ai-je déjà parlé de lui ?) a eu une idée, l’a rendue concrète afin d’aider les autres et a pensé que je pourrais apporter, à ces derniers, quelque chose 50 ans plus tard.

Conclusion. Nous avons tous besoin les uns des autres : l’aventure de mon spectacle est un exemple ; tout ce que nous faisons participe d’un tout.

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Le CCN-la Cave perdue-Zully

Mes remerciements à ceux qui ont imaginé et incarné le Centre culturel neuchâtelois, CCN, et à la Ville de Neuchâtel. Sans eux, pas de Cave perdue et pas d’activités de Zully !

Zully et la Cave perdue (mon studio-atelier de danse). Je voudrais présenter en quelques tableaux mon aventure avec la Cave perdue. Dans un autre article, je raconte comment je suis arrivée à ce lieu et l’histoire des principaux protagonistes. Pour relater les faits, tels qu’ils se sont déroulés, je montre dans l’organigramme de droite la manière dont je me suis représentée, pendant de très longues années, ma relation avec le CCN, jusqu’en 2019 :

Le centre était dirigé, à ses débuts, par Jacques de Montmollin, directeur administratif et André Oppel, directeur artistique. Il y avait également un régisseur, Ernest Grize, et une secrétaire-comptable, Mado Grize. J’ai donc été persuadée que c’était à la direction que je devais mon insertion à la Cave perdue.

Il y a environ trois ans, j’ai appris par Mado, Mado Grize – elle a été, aux premiers temps du CCN, secrétaire, comptable, barmaid, à l’accueil, à la billetterie et à la caisse des spectacles, comment la chose s’était déroulée. Mado était aussi la femme d’Ernest Grize, le premier régisseur du lieu ainsi que personnage clef dans la création du centre. Elle m’a raconté que c’est Ernest qui a insisté pour que je puisse occuper la Cave perdue. Cela change la vision de mon histoire qui devient :

Mado me raconte que c’est Ernest qui a insisté pour que le CCN me loue la Cave perdue.

Autre fait important qui découle de l’action d’Ernest : ma rencontre avec André, le directeur artistique. Cela s’est fait sans qu’on y pense et nous avons vécu dix-sept ans ensemble ; dix-sept ans que je peux représenter ainsi :

J’espère que vous comprendrez si je dis qu’André et moi avons été deux un ou un deux, soit deux personnes, chacune elle-même mais en même temps l’autre ou alors un seul être en deux entités jusqu’au moment de son départ de ce monde.

Je reprends l’histoire de la Cave perdue. Les années passent et les directeurs se suivent, chacun avec un désir de marquer sa période et mon occupation de la Cave perdue s’est vue réduite à une portion congrue jusqu’à ce que le destin tourne et je me trouve seule occupante du lieu sans que j’intervienne. Cela s’est fait tout seul. Cela n’a pas été facile de voir mon temps d’occupation diminuer, mais, finalement, je sors gagnante parce que j’ai développé d’autres cours, pour adultes, et peux les proposer, en majorité, au Service des sports de la Ville. J’ai repris mes spectacles en solo qui sont devenus des spectacles intimistes et qui sont en train de s’enrichir d’un spectacle de lecture-théâtre. Le Service de la culture de la Ville a été sensible à mon parcours et m’octroie une aide.

L’aide de la Ville. Elle n’est pas seulement matérielle. Au moment le plus difficile de ma relation avec le CCN, Patrice Neuenschwander, chef du Service de la culture et Thomas Facchinetti, conseiller communal en charge du dicastère de la culture, m’ont conseillé de m’approcher du Service des sports. C’est comme cela que l’idée de créer des cours pour ce service est née. Voici l’organigramme actuel :

2019 est une année importante de ma vie.

La mémoire. Je sais que nous ne sommes rien sans les autres et j’aimerais aussi être utile aux autres. Lorsque cela arrive, je suis aux anges. Je remercie, tous les jours, ceux qui m’ont formée et aidée. Je reprends le début de cet article pour remercier une fois de plus les protagonistes du CCN qui m’ont accueillie et la Ville de Neuchâtel, au travers du Service de la culture, qui prend soin des siens.

Je précise encore qu’après le départ d’André, il n’y a plus eu de directeur artistique. C’est dommage, ce sont des sensibilités différentes. Jaques de Montmollin a été l’un des rares directeurs que je connaisse à avoir eu une fibre administrative et théâtrale.

2024, le rôle du Service de la culture de Neuchâtel : grâce à l’intervention du même conseiller communal, Thomas Facchinetti, la Bibliothèque publique universitaire de Neuchâtel a créé un fonds André Oppel. Je vais écrire un article sur le sujet, si j’en parle ici c’est parce qu’en revisitant les documents qui pourraient alimenter ce fonds, j’ai découvert une lettre qu’André à envoyée à Mado, le 15 juin 2002, lors du départ au ciel d’Ernest qui avait eu lieu trois jours auparavant où il écrit que c’est « grâce à Ernest qui a accueilli Zully à la Cave perdue » qu’il fait ma connaissance et qu’il a retrouvé goût à la vie. J’ai l’impression qu’ils (Mado, Ernest et André) sont à côté de moi… Le plus fantastique est de voir que c’est l’action de M. Facchinetti, bien actif en ce monde, qui me permet de compléter mon passé. C’est le genre de choses qui m’enracinent encore plus à Neuchâtel et me rendent meilleure.

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Fête de la danse – Neuchâtel.2024

C’est à chaque fois une expérience différente et enrichissante.

Quelle chance ! Je peux participer avec deux cours et peux présenter deux danses sur scène.

Mon premier cours :

Ce cours est destiné à des entreprises et se décline à l’infini !

Une nouvelle chance ! Je me trouve dans la scène où feu mon ami André Oppel a présenté son dernier spectacle Alphonse Allais. L’heure avance et je ne vois personne entrer dans la salle… Je me dis que personne ne va venir. Que faire ? Je profite pour photographier cette salle vide en pensant au moment où André avait rempli la scène de sa présence. Je suis toujours émue en l’imaginant à cet endroit.

Depuis la scène, parce que c’était la vision d’André et depuis la régie parce que j’avais filmé depuis là son spectacle.

Ne voyant toujours personne et comme il était près de 15 h, je suis sortie de la salle et ait vu du monde. Je leur ai demandé s’ils allaient à un cours et ils m’ont répondu qu’ils attendent le cours sur la valse. Ouf ! C’est avec moi, précisé-je. Il y a quatre personnes. J’aurais dû les remercier de leur attitude (ils m’ont attendue), si élégante et si en accord avec la valse telle que je l’enseigne. Je les ai priés de s’asseoir et ai raconté que la vie est une valse, que l’on est toujours en relation avec une chose ou avec quelqu’un et je donne des exemples tels : employé-employeur ; entreprise-client ; mais aussi chaise-moi. J’ai vu l’étonnement chez l’un des participants et ai expliqué que si l’on traite mal une chaise, elle ne va pas résister longtemps et on ne pourra donc pas valser avec elle longtemps… J’ai eu l’impression que le temps s’était arrêté et que l’information passait dans son esprit pour ne plus en sortir. Puis, le cours a repris. Deux participantes avaient déjà valsé mais ne connaissaient pas les règles et les deux autres ne la connaissaient pas.

En observant le couple, homme-femme, faire le pas de valse, j’ai vu qu’ils posaient le pied de la même façon et je leur ai demandé s’ils étaient là ensemble pour le cours ou si c’était plus. « Plus », ont-ils répondu. Je leu ai dit qu’ils étaient bien assortis puisqu’ils avaient ce mouvement en commun. Chez le couple d’amies, il s’est passé la même chose. On sait bien que qui se ressemble s’assemble, mais là, dans la valse c’était clair.

Dans la vie, on peut être préparé à plein de choses, il nous arrive quand même des imprévus. J’ai donc mis la valse en mode accéléré, mais les participants ont préféré s’exercer sur un temps normal. Alors, comme je valsais avec eux, je veux dire que nous sommes le couple  » enseignant-participants, afin de ne pas rompre le rythme, je me suis adaptée, gardé le rythme, et j’ai alors introduit d’autres figures que l’on fait lorsqu’on valse : les tours, valser en avant et en arrière, une fois c’est l’un qui guide, une fois c’est l’autre parce que dans la vie c’est ainsi : une entreprise vend un produit et le client l’achète et s’il est content cela continue mais si le client s’aperçoit qu’un concurrent fait mieux, il s’en va. C’est toute une histoire, la valse. Comme je le dis plus haut, ce cours se décline à l’infini.

Mon second cours : j’ai eu juste le temps de prendre mes affaires et de changer de salle !

Ce cours est aussi destiné à des entreprises.

Cette fois, j’ai huit participantes et pas d’homme. Cela dépend des années… c’est comme les récoltes. Ici aussi, j’ai eu de jolies surprises. La description du cours est ici.

Cette fois-ci. il a été question de trois poèmes inspirés dans leur forme par les haïkus. Ce qui est fascinant pour moi c’est l’apport des participants en général. Chacun a son monde, sa façon de percevoir les choses et cela n’a pas manqué lors de ce cours. Dans l’un des poèmes il a été question d’une lune qui se cache, d’un soleil qui naît et de fleurs qui dansent. L’une des participantes a interprété le printemps les trois fois parce que le printemps lui plaît, parce qu’elle n’en fait qu’à sa tête (dixit). C’était tellement drôle que tout le monde a ri. Mais, à la fin de la séance, lorsqu’il a été question d’un ciel bleu, d’un ciel militaire et d’un ciel en fête, elle a rejoint le mouvement, si l’on peut dire, et expliqué que ce ciel bleu avait été quelque chose parce qu’elle était née dans un pays où la plupart du temps le ciel était bleu. Comme tout allait bien, je me suis permis de passer un morceau musical inquiétant – qui n’a perturbé personne – et fini par une musique gaie. Les participants de ce groupe avaient aussi quelque chose en commun : une certaine tranquillité dans leur vie et leur façon de la prendre. Quel plaisir !

Mes prestations ont été :

Chose curieuse. Je préfère danser de nouvelles danses lorsque j’ai l’occasion de participer à la fête de la Danse. C’est au moment où j’ai transmis les deux titres à Mehdi Berdal, l’organisateur de Neuchâtel, que je me suis rendu compte que les deux danses étaient liées. Je fais les choses parce qu’elles se présentent et ensuite, je vois le fil.

Autre chose du même genre. Mehdi me demande lors de la répétition de lui dire comment présenter mon école. Comme je suis en pleine transmutation, je donne quelques mots à Mehdi qui me dit que je peux lui donner le reste après. J’apprécie tellement cette compréhension ! Alors, au moment où je suis arrivée, je lui ai donné ce billet :

Réflexion éclair. Il paraît que lorsqu’on passe de vie à trépas, on revoit sa vie en un instant. Cette fois-ci, j’ai revu, en quelque sorte, mon enseignement, et me suis aperçue que j’avais toujours fait intervenir la philosophie, la compréhension de la vie de mes élèves, et maintenant que je reprends mes spectacles en solo, la compréhension de la vie me fait signe. J’ai rédigé le billet en un instant et j’ai l’impression d’avoir donné le résumé de ma vie.

La vie est-elle un combat ? Ainsi que la vie me l’a proposé il y a un certain temps, le genre de mon spectacle est danse-théâtre. En bref, le thème de cette danse est : faut-il se battre dans la vie pour vivre son rôle ? N’y a-t-il pas une autre façon de vivre ? La chose est symbolisée par une balle et qui dit balle dit partenaire pour se la lancer. Cela me permet de jouer avec le public et de faire des commentaires. Mais, la scène du Passage est bien plus grande que la mienne et les spectateurs plus loin. Alors, je demande l’aide au sécuritas présent, Pierre-Olivier, qui se prête au jeu et me demande comment je désire qu’il me renvoie la balle. C’est une surprise pour moi car cela démontre la délicatesse de cette personne. Pour moi, tout geste et toute parole sont révélateurs de la personne. On a convenu d’une façon. Finalement, lors de la prestation, le public a pu prendre la balle et me la renvoyer, mais j’ai eu besoin de Pierre-Olivier. Je lui ai lancé la balle en l’air et il me l’a renvoyée en roulant par terre. C’est si magnifique ! On lance une information, on rend un service (à l’égal d’une balle) et il vous revient sous une autre forme. Les commentaires sont sans fin ! Merci au public et à Pierre-Olivier qui ont démontré qu’on pouvait bien se renvoyer la balle sans se donner de coups !

La vie est une valse et le costume ! J’avais calculé le temps qu’il me fallait pour me changer, cinq minutes et donc j’avais du temps. Mais Mehdi est venu me dire qu’il n’y aurait pas de pause, qu’une école n’allait pas se présenter (même aventure que l’année prédécente) et que j’allais devoir entrer peu de temps après… Mon costume a l’air simple mais il est compliqué à mettre. Je devais encore changer de décoration de tête et de chaussons… La course ! Mehdi a voulu m’aider mais ne sachant pas comment le costume ni la décoration de tête allaient… il a demandé l’aide au chef du plateau et à Pierre-Olivier qui n’ont pas pu non plus faire grand-chose. Finalement, j’ai trouvé des solutions et je suis entrée sur scène avec l’assurance que tout allait bien. Il y a des moments où l’on ne peut arrêter le temps, où il faut faire plus vite que prévu et où l’on arrive ! C’est la valse de la vie !

Sur scène. Je suis entrée sur scène et remercié le public de m’avoir aidée à trouver d’autres solutions pour vivre, ce qui me permettait de dire que la vie était une valse et j’ai repris les explications que je donne dans mon cours. J’ai aussi expliqué que ma danse serait très courte parce qu’à un moment de la vie on se dit qu’elle est drôlement courte ! Tout s’est bien passé, le costume et la décoration de tête ont tenu.

En sortant du théâtre, j’ai vu trois adultes bien devant moi et l’une d’elles, un monsieur, a mis la main droite dans sa poche de pantalon, sorti je ne sais quoi et d’un geste rapide, derrière le dos, a jeté deux papiers sur la route. C’était adroit mais… J’ai couru après le petit groupe et ai dit au monsieur qu’il avait balancé élégamment deux bouts de papier par terre. « Ah, oui ? » a été sa réponse –– Oui, c’est exact, ai-je répondu. La dame qui faisait partie du groupe m’a dit qu’elle m’avait trouvée très bien sur scène. Je lui ai demandé si elle avait vu le spectacle et elle m’a répondu qu’elle était venue voir sa petite-fille. Le compliment m’a fait du bien et j’ai oublié l’attitude du monsieur ; on s’est quittés avec le sourire. C’était une drôle de valse, mais le compliment m’a fait du bien.

Photo. Je viens de recevoir cette belle photo qui illustre si bien la danse. Je dois dire que je n’ai aucun souvenir du jeu de lumières ; elles ajoutent une magnifique touche artistique ; je me trouve entre deux « feux » et l’on voit mon reflet sur le plateau, je valse avec tout cela. Je remercie Thalie Rossetti, photographe, les techniciens de la scène du Passage et Mehdi Berdal, l’organisateur de l’événement pour me l’avoir envoyée. Vous voyez, on peut même valser à plusieurs !

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En tournée à Cluny – chez Jacques Collin

Vous le savez bien, ce n’est pas parce que l’on désire une chose, qu’elle se réalise. Ce qu’il y a d’intéressant c’est que ce qui se passe à la place est souvent enrichissant. Dans le cas présent, j’attends la visite de Jacques depuis un moment et finalement, je me suis dit que j’allais plutôt me déplacer !

Je prends contact avec les responsables de la résidence Bénétin, où Jacques séjourne, propose mon spectacle et tout se met en route.

L’accueil de la résidence est très chaleureux. J’explique qu’il me faudrait une salle où l’on puisse éteindre les lumières et être dans le noir, lors de certaines de mes danses et la directrice, Mme Lafay et la responsable de l’accueil, Sandrine, discutent pour trouver une solution. Cela démontre qu’elles pensent que présenter un spectacle comme le mien peut apporter quelque chose à leurs résidents. Finalement, Sandrine pense aux nombreux journaux qui n’ont pas été débarrassés afin de couvrir les fenêtres. Je me dis que les journaux attendaient de rendre un service supplémentaire avant de se recycler ! Voici Sandrine et Bruno en plein travail.

Technique de travail. À droite, on voit Bruno qui ouvre, applatit les journaux et prépare le nombre de feuilles requis, à gauche on voit Sandrine procéder à l’étape avant-dernière avant de les coller sur les grandes vitres. Alors la technique ? J’ai donné un coup de main et Sandrine m’a bien expliqué que s’il fallait bien quatre feuilles, il fallait d’abord les coller entre elles. J’ai vite compris pourquoi… en mettant les feuilles sans les coller, le ruban adhésif ne collait que la dernière feuille et les autres s’éparpillaient… J’ai admiré le sens pratique de Sandrine et l’ai remerciée de m’avoir appris quelque chose. Une fois l’opération finie, on a fait des essais avec mes lumières et costumes et elle n’a pas hésité à remettre une couche de journaux.

Une semaine plus tard, c’est fait. J’ai mon enceinte, soeur (car même marque) de celle de Sabrine !

Sabrine est aussi technicienne du son. Je n’avais que mon ordinateur et elle a pris son enceinte personnelle pour que le public puisse bien écouter la musique ! Un vrai cadeau. Je me dis qu’il faudrait que je m’en procure aussi une, cela va me faciliter la vie. Vous voyez, je m’enrichis de choses utiles !

Madame Lafay est aussi très à l’écoute. Elle se dit que j’ai besoin de m’installer, de répéter tranquillement et place le spectacle le jour qu’il faut. Je me sens réellement bien traitée.

Le public. J’ai une vingtaine de spectateurs, ce qui en fait plus que dans mon studio. Je précise que c’est un spectacle intimiste, que les choses se passent entre nous et que chacun est libre de s’exprimer. Mon spectacle étant de la danse-théâtre et interactif, j’avertis que je vais poser des questions. Tout le monde accepte et bien sûr, Jacques aussi. Il a mis un beau T-shirt rose et cela lui donne une belle allure. Il est au premier rang.

Durant le spectacle. Tout se déroule parfaitement. Sandrine intervient une fois ou l’autre et fait preuve de qualités d’intervenante de qualité, d’inventivité, de drôlerie dans ses improvisations. Elle a dit au public que les journaux collés aux vitres étaient destinés à obscurcir la salle mais qu’ils avaient aussi une fonction de gym douce parce que pour les lire il fallait se mettre sur la pointe des pieds, se pencher à droite, à gauche ou même se baisser ! Tout le monde a ri. Elle a aussi expliqué que dans ma salle de Neuchâtel, on ne me voyait pas, qu’on ne voyait que les éléments que je manipulais sous la lumière noire et qu’ils étaient priés de ne pas me voir ; ceux qui me verraient, ce serait parce qu’ils auraient une trop bonne vue ! Je trouve cette façon de s’exprimer remarquable. Cela a rassuré les spectacteurs et je me suis dit que moi, qui aime aider les gens, allais m’inspirer de cette expression.

Un verre et des biscuits. La directrice a trouvé que pour que l’on puisse mieux discuter, on se réunisse, après le spectacle, un moment au jardin pour une verrée. Cela a été très bienvenu.

Compliments après le spectacle : « J’ai aimé la danse avec les voiles ! Moi aussi ! Votre façon de bouger est très souple et élégante ! La danse sur du Schubert m’a remué l’âme ! Et c’est vous qui composez toutes les danses ? Et les costumes ?  » Quant à Jacques, il m’a dit :  » Je te remercie d’avoir montré ton talent. Tu as touché le public, c’est quelque chose ! et il a fait un geste de la tête qui confirmait ses paroles en même temps que son regard se dirigeait vers l’infini. Merci ! » J’ai été touchée. De plus, il m’a donné son exemplaire personnel de  Au-delà de l’eau, le livre qu’il a sur-ligné et qui me donne l’impression de l’entendre. Je suis vraiment très touchée. Jacques parle souvent de l’éternité ; c’est vrai, tout ce que l’on fait s’imprègne dans nos cellules. Au moment où j’écris ceci, les miennes vibrent.

Il n’y a plus besoin de me présenter, j’ai gagné mon prénom !

Atelier de mouvement. Je propose de donner le lendemain un cours de gym douce afin de montrer certains mouvements, de montrer que l’on peut faire plus que ce que l’on croit, de comprendre que ce que l’on pense est important. Tout s’est bien passé et j’ai même parlé de Jade Allègre et des effets de l’argile. À la fin de la séance, on m’a demandé quand j’allais revenir ! Cela vaut tous les compliments. De plus, juste avant de partir, une dame, Anh, m’a apporté une banane et des mirabelles pour le voyage. Je craque !

Les dieux ont été avec moi. On peut trouver diverses formules : les dieux, le hasard, la chance, bref, bien des choses se sont alignées pour faciliter mon trajet tant à l’aller qu’au retour :

  • au moment de mettre mes affaires dans la valise, je vois qu’elle est déséquilibrée, il lui manque un bout devant ; je discute avec mon voisin et trouve une solution : un bout de bois peint en rouge, comme ma valise que j’installe à l’aide de fil de pèche hérité du magasin de pèche que j’ai aidé à fermer ;
  • on annonce un changement de voie au dernier moment, je me déplace avec ma lourde valise – tout le matériel du spectacle – et finalement ce n’est pas le cas. Je fais cela en trois minutes, presque pas possible ; le train Genève-Annecy arrive avec un retard de 25 minutes. Le contrôleur me dit que le TGV qui va à Toloché ne va pas attendre ; je lui dis que je dois absolument arriver à Cluny. Il me dit qu’il va voir et que s’il y a une possibilité, il fera une annonce. Juste avant d’arriver à Annecy, il annonce que le TGV nous attend. Au moment où je sors du train à Toloché, je demande au personnel du train de remercier celui du train précédent parce que le TGV nous a attendus. J’apprends alors que c’est le personnel du TGV qui exceptionnellement a décidé d’attendre. Un vrai miracle !
  • je vois des escaliers qui descendent d’abord pour remonter plus loin et prends ma valise… un employé de la gare vient, me la prend et la porte jusqu’au moment où je suis sur un terrain plat, tout cela dans la joie et la bonne humeur ;
  • l’aide reçue pour présenter mon spectacle dans des bonnes conditions, c’est aussi à prendre en compte, ainsi que les leçons de Sandrine ;
  • lors d’une de mes promenades dans Cluny, une dame me demande si elle peut s’asseoir à côté de moi, à l’ombre (je m’étais assise en plein milieu d’un banc de bois). On discute, elle me raconte qu’elle a épousé un monsieur qui travaillait lors de la construction du TGV et qu’elle avait tenu des restaurants à chaque fois qu’il y avait changement d’étape. Elle se trouve un peu seule et je l’invite au spectacle. Elle vient et lors de la verrée, elle se trouve à côté d’une dame. Elles se regardent et se reconnaissent. Elles étaient du même village du temps de leur enfance. Le père de la dame invitée était meunier et celui de la résidente le boulanger qui utilisait sa farine ! Elles ne s’étaient plus revues depuis leur adolescence !
  • à un moment donné, j’étais en attente de quelque chose et une dame de la résidence s’approche. Je me dis qu’on va parler. Elle me raconte sa vie et lui dis qu’elle pourrait voir certains épisodes d’une autre façon et que les miracles qui m’avaient accompagnée devaient avoir un sens. Elle finit par me remercier parce qu’elle n’aurait jamais pensé à cela. Je lui dis qu’en fait, je n’ai fait que prononcer les mots qu’elle n’arrivait pas à se dire ;
Les herbes clunysoises (des alentours de la résidence, cela vaut la peine de le mentionner) et sept des vingt-quatre canaris en train de se régaler.
  • je me promène toujours avec une paire de ciseaux parce que j’ai une grande volière avec des canaris et qu’ils raffolent de graminées et autres fleurs sauvages. Je n’arrive plus à les retrouver et c’est Julien, qui fait office de cuisinier, qui me prête les siennes. Ouf ! Je peux rentrer tranquille et apporter des herbes clunysoises que mes oiseaux vont transformer en chants !
  • le bout de bois de la valise s’est un peu détendu. La nuit avant mon retour, je discute avec la personne qui fait la veille et elle me dit qu’elle prépare des décoratioins à faire avec les résidents. Elle a un fil spécial qui me rendrait service. Elle m’en donne un bout et revoilà ma valise en équilibre ;
  • pour aller à la gare routière, la directrice a permis à Sandrine qu’elle m’accompagne en voiture – ma valise s’était alourdie avec de l’argile et autres affaires – et je me suis sentie comme une reine ;
  • à tous les changements de train, il y a eu quelqu’un pour me porter la valise, me dire sur quel quai je devais aller parce que là aussi il y a eu des retards et changements de train ;
  • si j’ai pu mettre dans une valise le matériel qu’il me fallait pour le spectacle est aussi une suite d’événements qui font que maintenant en quelques minutes, je peux assembler tout ce qu’il me faut pour une tournée ; tout est préparé ;
  • je dois aussi préciser que je suis une admiratrice inconditionnelle d’Abraham-Louis Breguet, l’horloger né près de Neuchâtel, et qu’à Cluny j’y ai trouvé un livre qui me m’apporte certaines réponses. C’est un signe de plus qui me dit que je suis sur le bon chemin.

Tout cela est dû à Jacques : sans lui, pas de voyage, pas de spectacle (Sandrine l’a aussi souligné lors de la présentation), pas d’expériences. Je suis ravie et remercie Jacques pour ce que j’ai pu apporter et pour ce que j’ai reçu !

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Spectacles 2024 : c’est l’heure !

L’heure de quoi ? Je ne sais pas. Je n’ai pas conscience de préparer les choses et pourtant lorsqu’elles arrivent, je vois que le chemin était préparé.

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La mesure du temps… la forme du garde-temps, ses couleurs, ses rouages qui symbolisent les rouages de la vie… Cela fait un tout qui me fit dire, lorsque je l’ai vu en magasin, que c’était l’heure !

Le réveil, réveil au sens horloger. Je vais dans un magasin, y vois l’objet à -70 %du prix initial et me dis qu’il est à moi ! Je vais à la caisse et le caissier peine à trouver le prix que je devrais payer. Un autre employé constate avec moi que trois autres mêmes articles sont dans le rayon des réductions, mais finalement c’est une erreur. Toutefois, le caissier me dit que j’ai droit au rabais mais que ce sera le seul réveil à ce prix. Pour moi, c’est un signe. Je ne sais pas exactement de quoi, mais je sens que mon heure arrive ! L’heure de quoi, je ne sais pas, mais ce doit être une bonne heure ! Et là, j’ai remercié toute la cohorte d’horlogers qui ont mesuré le temps et fait des objets qui nous rendent la vie plus facile ou plus compliquée, et celui-ci en particulier. Je le trouve très beau avec ses rouages visibles. D’ailleurs, je dois dire que je n’ai pas vu que c’était un réveil ; j’ai été attirée par la forme ronde et les couleurs noir et doré du cadran et des rouages, le squelette du garde-temps. Tout de suite, j’ai pensé au père de Beaumarchais, André-Charles Caron, qui en 1760 fit la première montre dévoilant ses rouages ! Je m’extasie, tout comme ses premiers clients l’ont été devant ce mécanisme ; je suis même remplie de bonheur. La notion du temps est quelque chose qui me fascine.

Alors, l’heure. Un élément qui me fait dire que quelque chose va arriver c’est l’énergie qui monte en moi et qui me fait ranger ou réparer un certain nombre de choses qui sont en attente. J’ai toujours cru que le printemps était l’éveil de la nature et l’hiver son sommeil. Mais, il y a quelques années, j’ai ressenti cette même énergie au mois de janvier et ai constaté que sur mon balcon bien des plantes avaient des bourgeons. C’est une sorte de renouveau qui me fait, ainsi que je l’a dit, ranger des choses différemment ou les réparer d’une meilleure façon et voici que je retrouve la notion japonaise de kai zen, si chère à Roger l’horloger.

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Plantes de mon balcon

C’est aussi l’heure de continuer avec mes spectacles, et voilà qu’en les reprenant, je trouve de nouvelles subtilités, de nouveaux plaisirs. Je remercie le maître de ballet qui m’a dit qu’à chaque fois que l’on reprenait une danse, c’était à interpréter comme si c’était la première fois. Je précise que je n’applique pas une formule ; seulement, je vis les choses et tout à coup, des souvenirs, comme les mots de mon maître de ballet, maître Oprea Petrescu, affleurent à mon esprit. Je fais un parallèle avec les mots : quand on dit des mots de circonstance, c’est une chose, mais quand on les vit, c’en est une autre.

Deux spectacles le lundi 22 janvier. Un concours de circonstances a fait que les invités à mon spectacle pouvaient venir ce même lundi mais à des moments différents. Je me suis dit que c’était peut-être prémonitoire et que cela me permettrait de savoir, si la situation venait à se reproduite, que c’est faisable. Cela l’a été et m’a rendu bien confiante.

Premier spectacle en matinée et second à 16 h.

Mes invités sont pour le premier des personnes que je n’ai jamais rencontrées mais auxquelles j’ai eu affaire pour des raisons professionnelles. Celui du second, je le connais depuis des années, aussi pour des raisons professionnelles ; on sait chacun quelle est la sensibilité de l’autre, je me porte garante de lui, lui de moi aussi, mais on n’a jamais partagé un moment proche. Mes invitations ont pour but de remercier ces personnes pour leur engagement en général et pour l’aide qu’ils m’ont apportée. Je sais que si je peux aider d’autres personnes, c’est parce que je reçois de l’aide.

Les impressions. Le public des deux spectacles a aimé ma salle, la façon dont elle est décorée et l’atmosphère que s’en dégage. C’est pour moi un signe que nous sommes du même monde et cela me réjouit. Il en est allé de même pendant le spectacle. Le public a été très présent et a participé aux moments requis. En effet, mes spectacles intitulés « intimistes » sortent un peu du commun du fait que je suis seule sur scène, qu’il y a des moments où je change de costume et que je m’adresse à lui de temps à autre. Tout s’est vraiment bien passé et j’ai reçu des compliments qui m’ont fait beaucoup de bien et profondément touchée.

Surprise par une question encore jamais posée et par une suggestion inattendue. Nous sommes tous différents, on le sait, mais l’un de mes invités me demande si je présente aussi mon spectacle ailleurs, si je peux prendre toutes mes affaires facilement parce qu’une idée trotte dans sa tête. L’invité du second spectacle me suggère de prendre contact avec une association qu’il connaît. On ne m’avait encore jamais posé la question de la possibilité de présenter mon spectacle ailleurs. Il se trouve que depuis un peu plus d’une année, je suis partie en tournée plusieurs fois. J’ai trouvé des solutions pour mettre mes costumes, accessoires et lumières dans une valise. Quant à l’association, on verra ce qu’il pourra en sortir.

Coïncidence, hasard, synchronisation, l’heure ! Je reprends la notion du garde-temps parce que la question et la suggestion arrivent au bon moment. On ne sait pas tout sur la marche du monde, mais le fait que le public de ces spectacles soit rodé et me fasse des propositions c’est signe que c’est le moment, la bonne heure sonne. Ce que j’apprécie le plus est le fait que ces personnes bien qu’elles soient aussi en train de changer de vie pensent à m’apporter leur aide.

Sujet de discussion avec les premiers invités : la comptabilité de la vie. Les choses se lient les unes aux autres sans qu’on y prenne garde et lorsqu’il a été question de comptabilité, j’ai dit que c’était un domaine intéressant. Je rapporte qu’une fois que j’avais été au chômage, j’avais pu suivre un cours d’allemand et avais écrit une rédaction sur « Comptabilité financière et comptabilité de la vie ». Les gens pensent qu’il n’y a que celle financière, celle qui fait que lorsque j’emprunte CHF 10.- à quelqu’un, je dois les lui rendre et c’est tout. Je pense qu’il y a aussi une comptabilité de la vie et que cela se sent. On fait une chose et elle vous revient d’une façon ou d’une autre et pas forcément de la part de la personne qui l’a reçue. C’est un peu plus complexe que cela, mais le principe est le même. La comptabilité financière est le reflet de celle de la vie. Au fur et à mesure que je parlais, je sentais que mon discours faisait un avec la pensée de mes interlocuteurs. C’est un autre beau moment partagé.

D‘autres points communs. En dehors du monde de l’art, j’ai découvert que l’invité du second spectacle est, comme moi, un passionné d’horlogerie. On en a parlé parce que je lui ai raconté mon aventure avec l’achat du garde-temps. J’ai aussi appris qu’il a été correcteur à la Feuille d’Avis, devenu ArcInfo, et comme je fais des révisions de texte, on se retrouve dans un autre même monde. On a aussi parlé de la mémoire des particules. C’est un sujet récurrent dans mes discours et de me savoir en résonance avec mon invité a été une très grande joie.

Nouveau genre de spectacle, un spectacle lecture-théâtre. Les choses se lient les unes les autres. Mon activité de révision de textes m’a fait rencontrer l’écrivain français Jean-Loup Chiflet et de fil en aiguille ou plutôt de lecture en lecture, il m’est venu l’idée de faire une lecture un peu spéciale de certains de ses textes. Mon invité est l’une des personnes idéales à qui je présente le début de mon spectacle et il lui a plu ! C’est vraiment une chance.

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À table pour les plaisirs de ce monde ! Voici le genre de table que j’ai préparé deux fois dans la journée pour mes invités après le spectacle. Je n’ai pas eu à me presser, le temps à disposition m’a permis de tout faire, de penser à mes invités, à ce qui pourrait leur plaire et je me plais à penser que cela se sent. Si au premier spectacle on a eu du thé parce qu’on était en milieu de journée et que le retour au travail suivait, lors du second c’est le traditionnel Mauler rosé qui est venu nous accompagner.

Je n’ai pas résisté à la tentation de mettre une photo de la bouteille de Mauler « couronnée à la chinoise » avec les bouts de papier de chocolats qu’on a mangés. C’est un montage, mais il est plus fidèle à la réalité. Cela arrive dans la vie.

Pour clore, je reprends la notion de hasard qui réunit en une journée des personnes qui ont exercé des fonctions en vue et qui reprennent une nouvelle vie. Je les remercie encore une fois parce qu’elles sont en plein déménagement spatial et temporel et trouvent le moyen de penser à m’apporter leur aide. Je suis aussi dans un renouveau, je ne sais pas de quoi, mais je le sens et le garde-temps nouvellement acquis vient de parler !

Je pensais avoir fini l’article, mais je viens de recevoir un magnifique bouquet de fleurs blanches, dont des roses, de la part du public du premier spectacle. J’ai beau chercher, je crois bien que c’est la première fois que je reçois un bouquet à la maison. C’est une émotion, une très vivre émotion ! Et des roses blanches… Il se trouve que j’achète parfois des roses et ma préférence allait des jaunes à celles à tonalités orange. Depuis quelques mois, j’en achète des blanches. Ce sont elles qui m’ont choisie. Pourquoi ? Je n’en sais rien, mais elles ont parlé et je les ai écoutées. Mercredi passé, elles se sont invitées à nouveau, on les voit en arrière-fond. Aujourd’hui, le bouquet de remerciement pour le spectacle est arrivé accompagné d’un mot très délicat. Je me dis que ces coïncidences sont des annonces d’un nouveau printemps dans ma vie ; j’ai l’impression que l’univers m’envoie des messages.

Le bouquet de fleurs sur ma table qui a encore des décorations de Nouvel An… Mais, le temps est relatif et, de plus, aujourd’hui c’est le Nouvel An chinois.

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Articles avec la notion de kai zen. Ils sont tous liés à mon studio la Cave perdue (CP) ; CP et fonds de scène CP et interstices sur la scène CP et arrière-salle 1CP et arrière-salle 2CP et ma salle d’eau orientale.

Dialogue avec une élève de danse de 17 ans.2

Que dire quand vous entendez une élève vous dire :

Ensuite, elle a fait le geste avec la main comme si elle contournait des obstacles.

Elle a ajouté qu’elle avait appris de moi à ne pas avoir de préjugés, à ne pas imaginer que l’autre pensait ceci ou cela et qu’il faut toujours s’assurer que ce qu’on sent, perçoit, pense correspond à l’intention de l’autre. L’autre agit parfois sans se rendre compte, ou n’a pas imaginé la portée de ses mots, de ses actes.

Le système scolaire : « Je suis minimaliste – ce que le prof veut ne correspond pas toujours à ce que je vois – je suis impulsive – j’aime trouver mon propre chemin et cela ne fait rien si je n’ai pas de bonnes notes, alors que je sais tout « . C’est sorti d’un trait et je ne peux rien ajouter. Mon élève est une fille intelligente, bien des fois je lui ai dit que je discutais avec elle de sujets dont je ne discutais pas avec des adultes. Pourquoi ? demandait-elle. Ma réponse était alors la même : « Question d’ouverture d’esprit, tu as une grande maturité. »

Elle aime enseigner… Je dis que lorsque j’enseigne, j’ai souvent l’impression que c’est moi qui m’enrichis, qu’enfin j’ai réellement compris.

Ce n’est pas seulement cela, dis-je. Bien sûr qu’il faut bien connaître son sujet, mais quand j’explique, je me mets dans la tête de l’autre pour trouver la porte qui peut s’ouvrir ou qui est déjà ouverte et qui me laisse passer ; une fois le seuil passé, les explications viennent avec les mots de l’autre et c’est cela qui m’enrichit ; j’ai une autre façon de comprendre la chose. Cela me donne l’impression que c’est nouveau et me procure en plus une grande joie. Lorsque les gens me remercient pour mes explications, je réponds que je n’ai fait que mettre en lumière ce qui était chez eux. On le sait, il ne sert à rien d’expliquer quelque chose à quelqu’un qui ne le veut pas.

Au sujet des spectacles. Lors de l’un de nos derniers spectacles, elle a dit que puisque c’était des danses qu’on avait tellement exécutées, qu’on les savait par coeur et qu’une seule répétition, juste avant le spectacle, allait suffire. Je n’ai rien dit, mais j’ai travaillé de mon côté. Le jour de la répétition, elle dit :

Le professeur doit savoir se taire par moments : j’ai laissé mon élève faire son expérience et elle a compris mieux que si je lui avais dit quoi et comment faire !

Mon élève a pris son envol une année après. C’est un moment difficile, je pense parfois aux parents qui voient leur enfant partir de la maison, mais je suis rassurée parce qu’elle a appris a danser aussi avec la vie.

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Spectacle pour Roger Peeters et son ami d’études Marcel

Marcel est venu en Suisse il y a quelques années et il voulait avoir de la peinture sur le corps. Il est le premier sur lequel j’ai fait du body painting. Un garçonnet de cinq ans qui passait par là, l’a appelé l' »Homme bleu ».

Chronos… le temps… Il passe si vite. Cela remonte à plus de trois ans… Je me réjouis de revoir Marcel qui vient rendre visite à Roger et invite les deux amis pour un spectacle. J’admire les personnes qui maintiennent vivants les liens pendant des années.

Public. J’ai un public de choix : Roger est ingénieur en mécanique, créateur de la montre « Hooke and Huygens« , un homme d’une grande culture et Marcel est un développeur de programmes avec un bon bagage culturel aussi.

Roger. Je suis fière de l’avoir rencontré et de participer, dans un toute petite mesure, à son aventure horlogère. Quand même, il a produit, pour la première fois dans l’histoire de l’horlogerie une montre en forme annulaire ! Inutile de préciser que son centre est vide et que le mouvement fait le cercle. Alors, si Roger a pensé que je pouvais lui tenir compagnie au stand de Genève quand il a montré publiquement sa montre… Ce n’est pas rien !

Spectacle. Il se passe très bien ; le public participe activement. J’ai des numéros interactifs et les échanges avec eux sont très intéressants et révélateurs ; je les garde pour moi. À la fin du spectacle, Marcel dit que cela a été magique. Il a beaucoup aimé la danse avec les voiles et Les Roses de Picardie. Quant à moi, le fait de danser pour un public, initié ou pas, me met dans un état de fébrilité et cette fois, j’ai senti tellement fort l’attention du public entrer dans les gestes que je faisais que je n’ai plus su où j’étais et pendant un moment, j’ai dû improviser. À la fin de la danse j’ai rappelé que mes spectacles sont intimistes et que dans l’intimité d’un cercle restreint comme celui d’une famille ou d’amis, il se passait des choses qui restaient entre nous. Cela m’a permis de dire que je m’étais perdue… « On n’a rien vu ! », ont-ils dit. – « Non, mais moi, je sais ». Alors, j’ai refait la danse. Dans les grands spectacles, il arrive toujours une chose ou une autre et la chose passe. Dans mon cas, je peux remettre la montre à l’heure (!), pour rester dans le langage horloger. Décidément, je suis bien neuchâteloise !

Après le spectacle. Nous avons bu du Mauler rosé avec un en-cas que j’avais préparé. Lorsque j’ai soulevé la nappe qui le recouvrait, Roger et Marcel ont été agréablement surpris.

J’aime le français et si certains écrivent « salle de bains », je suis le raisonnement de ceux qui pensent que si on écrit « salle d’eau », on doit écrire « salle de bain ».

La surprise ! Quand j’invite un public, je ne m’attends pas à recevoir de cadeau ; surtout pas de plante ! Je suis dans une période où je me demande où est mon rôle… Le fait de recevoir une plante est comme un signe du destin qui me dit que je suis responsable d’elle et que l’aventure continue.

Curieux. J’ai aussi reçu une plante, de la même couleur, rose, lors de mon dernier spectacle présenté aux membres du comité du Passeport vacances de Neuchâtel. Je dis curieux parce que ces temps-ci, chose nouvelle, je m’habille passablement en rose. Alors, peut-être que je vois la vie en rose et que la vie me voit aussi en rose !

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