J’ai, depuis quelque temps, l’impression que ce n’est qu’aujourd’hui que je comprends ceci ou cela. Ce « aujourd’hui », il faut le préciser, se promène avec les dates du calendrier qui avance. C’est ainsi que ce jour a son moment de lumière et que celui d’hier en a eu un autre et que celui d’il y a un mois en a eu un autre et qu’à chaque fois je me dis que c’est celui du jour qui prime ! C’est comme si c’était à chaque fois une nouvelle vie. C’est fascinant.
Je fais de l’ordre dans mes affaires. Mes affaires… j’en ai tellement… j’ai fait différents métiers et tous à fond et je pourrais les reprendre tous sans hésiter et à nouveau changer pour un autre sans m’interroger car, je m’en rends compte aussi, ils se retrouvent tous les uns dans les autres sous différents aspects. Alors, j’ai beaucoup de choses à ranger, régler, réparer, revisiter.
Danse. C’est le titre que j’ai donné à un texte que je viens de retrouver que j’avais mis dans une vitrine de ma banque, bon « ma » n’est qu’une façon de s’exprimer, vous le savez, donc, du temps où « ma » banque exposait des travaux d’artistes. Ce jour-là, je dois m’être dit que j’avais compris ce qu’était le travail du maître de danse, car aujourd’hui, je m’exprimerais à peu de chose près de la même façon.
Pouvoir guider, pouvoir ouvrir des voies. Enseigner c’est cela, rendre service c’est cela. Quand je vois le résultat chez les personnes avec lesquelles j’ai traité, c’est un immense plaisir, car à mon tour, si je sais des choses, si je peux transmettre c’est parce que d’autres ont pris la peine de prendre soin de moi. Je saisis l’occasion pour les remercier tous en même temps.
Alors « ma » banque. Je la remercie de m’avoir offert la possibilité d’exposer, à plusieurs reprises, dans ses locaux.
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Je suis toujours émerveillée de voir comment les choses se lient les unes les autres dans ma vie. Toute vie a une trame, mais j’ai l’impression que la mienne prend une réalité à plusieurs dimensions, et que les événements qui viennent la mettre en relief lui donnent un aspect visible, presque tactile.
Ma rencontre avec Martial. C’est le hasard qui a voulu que je fasse sa connaissance. Il faisait partie du groupe d’artistes plasticiens chargé de peindre la rue des Chavannes. J’ai proposé ma collaboration et elle a été acceptée.
Martial expose à la galerie. Hunkeler est son nom de famille et Sial son pseudonyme. Les choses étant claires, on remarque que chez lui aussi le hasard fait bien des choses. Il rencontre un ancien copain d’école dans une gare, puis au tour du canton et ensuite dans des galeries d’art et voilà que le lien écolier devient amical et que la collaboration s’installe tout naturellement. C’est ainsi que Philippe Du Pasquier, le nouveau galeriste de la Galerie 2016 d’Hauterive (NE) a proposé à Martial les dates 21 août – 19 septembre de l’année courante pour qu’il expose ses oeuvres dans la galerie. Martial me dit : « Le genre d’oeuvres que je fais actuellement : tableaux, sculptures, sculptures murales (elles ne peuvent que s’accrocher, tels des tableaux) tout s’est parfaitement encadré. Les volumes de la galerie, son illumination, l’emplacement, tout était parfait. Bien sûr, le savoir-faire de Philippe a été primordial ; c’est un tout ».
La Galerie 2016 et son attitude en pleine pandémie. En cette période où les entreprises, les commerces et autres acteurs économiques courent après la rentabilité et suppriment des emplois, il faut célébrer la politique de la galerie qui ouvre ses portes à un artiste qui se construit une carrière. En effet, ouverture d’esprit, qualité et rentabilité peuvent faire bon ménage.
Style de Martial. Disons d’emblée que les créations de Martial sont abstraites. En ce qui concerne ses scupltures, il parle de squelette, de structure et de chair suggérée, du rôle de l’imagination à jouer avec les formes de ses oeuvres. Je me dis, en l’entendant me raconter comment son exposition a pris forme, que c’est comme s’il décrivait l’une de ses propres sculptures : les formes, les matériaux, les espaces, la consistance, les rencontres se sont unis pour donner naissance à cette exposition.
Flow W. C’est le nom de l’oeuvre et l’une des dernières créées. C’est aussi celle qui a attiré mon attention. Je la trouve légère, agréable à voir, reposante. L’imagination peut très bien jouer avec elle. On peut l’imaginer volant dans l’espace, un espace indéfini, s’agrandissant, revenant à sa forme, se rapetissant mais gardant toujours sa structure. Que dire d’autre sinon que c’est plaisant. De plus, elle m’inspire. Suite au prochain paragraphe !
Atelier du mouvement pour le corps et l’esprit. Je donne cet atelier dans le cadre de formations continues et me dis que ce tableau irait bien dans mon cours, car justement l’imagination et la vie de chacun peut y trouver sa place. il y a bien des façons d’entrer dans l’oeuvre ou d’interpréter ne serait-ce que le passage d’une couleur à l’autre ; l’oeuvre étant ajourée, on peut jouer avec les jours (rappel pour ceux qui comme moi l’avons oublié : le substantif du verbe ajourer – percé d’ouvertures, de jours – est justement « le jour ». C’est tellement joli… je me dis que se réveiller le matin c’est « voir le jour », c’est avoir une nouvelle ouverture… fascinant !) qui peuvent nous conduire à d’autres dimensions.
Article dans le Bulletin des Communes– dont le nom abrégé est Bulcom (journal régional). La journaliste Céline Smith consacre une page entière à l’exposition. Joli exploit pour Martial ! Voici un de ses commentaires : « Ainsi, ses dessins au crayon métallique semblent littéralement être en relief, et, à suivre la ligne, on se perd dans le trait, on est happé, hypnotisé par le motif qui tourne sur lui-même… Spirale du temps, enchaînement des mouvements, allégorie de la vie, ici encore ».
Le nom des oeuvres de Martial dans cette exposition sont en anglais, mais lorsqu’on va dans son atelier, il y en a aussi en français. Quelle importance ? direz-vous. Je tiens à la langue du pays où l’on vit, mais, il est vrai que l’on peut avoir des résonances avec certains sons ou concepts exprimés dans une autre langue et cela ne s’explique pas. Je fonds lorsque j’entends le russe… alors… Martial me dit que les titres de ses oeuvres lui viennent tout seuls.
Une surprise. Une fois de plus, le hasard, cet ami qui existe sans exister, vient à ma rencontre. Je demande à Philippe si les livres que je vois dans son atelier sont tous liés aux expositions de la galerie. Il répond affirmativement et m’en montre quelques uns. L’un d’entre eux n’a pas le nom de l’artiste. Il trouve cela curieux, car effectivement il n’y a pas de nom, nulle part. Je lui dis que je possède un exemplaire avec la référence Je rentre chez moi et trouve :
Jean-Claude Viellefond et Eva Montgomery. Eva est la femme de Jean-Claude. Nous nous sommes connues à l’époque où nous travaillions à Genève, elle à l’AELE et moi au BIT. Ensuite elle a travaillé à Lausanne où j’allais les mercredis à la séance de rédaction de L’Hebdo, revue pour laquelle je tenais la rubrique des conférences. D’ailleurs c’est moi qui y ai mentionné pour la première fois, hors du canton, les conférences de Frédéric Maire sur le cinéma. Eva et Jean-Claude sont venus chez moi. Jean-Claude a regardé les peintures que je faisais à cette période-là et m’a donné un conseil qui est devenu une partie de moi-même. Je l’applique surtout dans les maquillages fantaisie que je fais. Lorsque je revisite les photos que j’ai prises de mes maquillages, je croise celles que j’ai faites à Eva et une nostalgie m’envahit. Dernièrement, je me suis dit que la nostalgie ne servait à rien, que j’allais appeler Eva, et ai prié pour qu’elle ait conservé un numéro fixe de téléphone. C’est le cas, mais je n’ai pas obtenu de réponse. Pour en revenir au fameux hasard, Philippe pourra compléter ses archives !
Autre pan de mon histoire. Je dis à Philippe Du Pasquier que j’ai connu Alain Petitpierre, le cofondateur de la galerie ; il a été mon professeur de français à l’école. Il me semble le revoir, avec sa tête bien posée sur ses épaules, sa moustache et debout, à côté de sa table. J’aimais bien sa voix, son rire. Il est toujours de ce monde et je voudrais bien le revoir pour le remercier. Il était exigeant en matière de langue.
Moins de dix joura près. Finalement, j’ai retrouvé, en partie grâce à Philippe, mon cher professeur ! Il a la même tête,le même sourire, le même regard. Je le dis souvent, le temps n’existe pas toujours comme on le pense. Et surtout, il se dégage de mon professeur une telle bonté qu’on ne peut que lui répondre de la même façon. C’est magnifique !
Une réponse. J’avais reçu une remarque de la part de mon cher professeur, Alain Petitpierre, au sujet du choix d’un auteur dont j’avais étudié un poème. En bref, il n’avait pas approuvé mon choix et je n’ai pas compris pourquoi. Je lui rappelle l’histoire maintenant et il m’explique l’affaire alors qu’il m’invite sur une terrasse à boire un chocolat chaud. Pour le lecteur, cela n’a pas d’importance ni de qui il s’agit ni du pourquoi. Ce qui est fabuleux c’est que mon professeur m’a apporté la réponse à une question qui date de… quelques années et cela n’a pas de prix ! Toute question qui reste sans solution tourne en nous d’une façon ou d’une autre. Eh bien ! Cette insatisfaction a fait place à de la compréhension, à du plaisir et à une immense reconnaissance pour mon professeur.
Je reprends l’exposition. Voici la présentation qu’en fait Philippe sur la plateforme de la galerie.
Très belles photos de Reto Duriet.
C’est une très jolie composition, pleine de légèreté, de couleurs qui donne une idée des oeuvres de Martial. En regardant celles qui sont exposées, je me dis qu’elles peuvent très bien figurer dans toute sorte de lieux, des salons, des salles d’attente, tellement elles sont agréables à l’oeil en plus d’inviter l’imagination du spectateur à jouer avec les formes. Je l’ai dit plus haut, je pourrais même en utiliser pour mes cours.
Échantillon de visiteurs.
Le public. Les photos ne sont pas toutes claires. Je vous prie d’excuser la qualité, je suppose que c’est sur le coup de l’émotion que j’ai bougé mon appareil. Quoi qu’il en soit, on le voit, le public a réellement investi la galerie et ils ont tous l’air content, même « le studieux », celui qui est concentré sur la liste des oeuvres et des prix, lesquels, il n’est pas inutile de préciser, sont bien plus que modérés. Le plus jeune spectateur, tout en haut à gauche, mange littéralement la liste ! J’ai demandé si c’était sa première exposition, or non, elles se comptent par dizaines. Il sera un connoisseur (le dictionnaire de l’Académie française a accepté le mot ainsi orthographié jusque dans ses 4e et 5e éditions, soit au xviiie (*) siècle, siècle du baroque que j’aime tant ; ce n’est pas étonnant que ce soit cette orthographe qui soit venue automatiquement sous mes doigts.) !
Repas. Comme il se doit, un repas suit le vernissage. J’ai été l’une des heureuses invitées. Cela faisait un bail que je n’étais plus allée au restaurant et, de plus, je n’étais jamais allée au Silex qui est au bord du lac, près du Laténium. On a eu droit à un magnifique repas accompagné par une lune que le soleil a richement coloriée. Pas besoin d’en dire plus, on admire.
Du poisson pour ceux qui en mangent, un café gourmand – absolument gourmand ! – et une mousse caramel au beurre salé comme desserts. J’avais tellement faim que je n’ai pas pris le temps de photographier mon joli plat de quinoa aux fruits confits. Cela a été un festin !
Note (*) : on le sait, les siècles s’écrivent avec des petites capitales, mais malheureusement ma plateforme n’en a pas. Cela ne constitue toutefois pas une raison suffisante pour que j’utilise des capitales. Le lecteur composera avec mes prétentions.
Berne. C’est une ville qui me remplit toujours de joie lorsque je la vois. J’aime m’y promener. En plus, c’est la ville où A. Einstein a vécu et qui lui a donné la tranquillité d’esprit nécessaire pour qu’il mette, en collaboration avec sa femme Mileva, ses fameuses équations sur le papier.
Église du Saint-Esprit. Voilà que vendredi dernier, je sors de la gare, entre dans la rue principale et vois les portes de l’église ouvertes. Je n’y suis jamais entrée. La curiosité l’emporte et je vois des gens assis, ainsi qu’un monsieur qui distribue des papillons. Je me dis que quelque chose se prépare et décide de m’asseoir. Je suis attirée par la voûte de la nef que je trouve très belle. Je la prends en photo et me dis que je vais l’utiliser dans mes cours sur les os, c’est une magnifique structure. J’apprends que l’église date de 1729. J’aime le baroque et cette voûte me comble.
Concert d’orgue. Je suis bien tombée, c’est l’un des concerts prévus dans le cadre des événements organisés pour fêter les 40 ans de l’orgue. Le concert dure 30 minutes et on entend trois fantaisies du compositeur Krebs jouées par un organiste de Constance, M. Stefan Johannes Bleicher. La musique pénètre tout mon être. On ne se rend pas toujours compte, mais tout ce qui nous entoure et touche nos sens résonne en nous.
Exposition. Ensuite, le monsieur qui a distribué les papillons, soit l’organiste de l’église, M. Marc Fitze, annonce qu’un facteur d’orgues, M. Thomas Wälti, va expliquer au public comment fonctionne un orgue et qu’il est aussi l’auteur des peintures exposées dans les nefs latérales et dont le thème est l’orgue.
Tableaux. Il n’y a pas besoin de donner des explications. Le sujet est clair, mais dans ces tableaux y a de la poésie, du rêve, on sent le vent, l’air, l’envol : on voit des formes, des chandeliers, des navires. On pense même à les utiliser pour raconter des histoires.
Mes photos. Les peintures sont encadrées sous verre réfléchissant et on voit parfois le reflet des fenêtres de l’autre côté. Je ne sais pas ce qu’en pense le peintre, mais cela ajoute un effet parfois heureux.
Position des orgues dans les tableaux. J’ai demandé au peintre pourquoi les orgues « penchaient ». Il a dit que parfois les gens le critiquaient pour cela mais que de peindre un orgue tout droit était « langweilig », ennuyeux. Il n’a pas eu besoin de m’en dire plus, car justement c’est le charme de ses tableaux. Je voulais une confirmation. J’ai été servie !
C’est un festival, un feu d’artifice ! On félicite ceux qui ont organisé l’exposition et, naturellement, le peintre pour ces rêves exposés.
Parenthèse. M. Wälti a raconté bien des choses sur la construction d’un orgue et des effets recherchés. Bien que le récit ait été fait en suisse-allemand, j’ai pu suivre et me dire qu’il y avait beaucoup de physique dans les tuyaux et pressions d’air. Mais, ce sont ses mains qui ont attiré mon attention. Il a aimablement posé pour moi. Quelle chance !
Et on finit avec un autre tableau avec un orgue qui nous invite à monter sur lui, tel un navire, et à partir dans un monde onirique.
Le plus surprenant. Je vis une période de ma vie où bien des choses, en apparence sans lien, s’unissent pour faire un tout ou m’apporter des réponses. Je n’ai pas compris pourquoi le destin m’avait poussée dans cette exposition. J’avais le souvenir d’avoir entendu le mot « Roumanie », mais n’avais pas vraiment compris. Je retourne à Berne et là, je comprends que le facteur d’orgues a été en Roumanie et qu’il y a, sur les douze « orgues » peints, la moitié se trouve en Roumanie (ce sont les photos 1, 2, 4, et 6, l’autre ne figure pas) ! Voilà que la Roumanie se rappelle à ma mémoire et je me rappelle de la première fois où je suis entrée dans l’une des églises dont l’orgue est reproduit par M. Wälti. Là, je respire parce que cette exposition fait partie d’un pan de mon histoire ! La Roumanie c’est ma formation en danse classique et bien des choses qui m’ont construite.
Je rentre après avoir donné mon dernier spectacle intimiste de danse et je vois deux jolies jambes… Ni une ni deux, je demande si je peux les photographier et la jeune fille accepte. Sa copine participe aux poses et finalement, je les prends toutes les deux. Malheureusement, elles avaient rendez-vous et ont dû partir. Mais, elles ont ma carte et on devrait se revoir. Je me réjouis, car le courant était passé.
Arrivée à la maison, je prends mes photos et m’aperçois que je me suis focalisée sur les jambes et que le sol est… plein de taches, de chiclets, de cigarettes, bref, il dépare avec les jolies jambes. J’ai dû faire un montage. Voici ce que cela donne.
Deux genres bien différents et pourtant ils vont bien ensemble !
La photo et le français. Ce qui est passionnant dans ma vie c’est que les domaines qui m’intéressent se recoupent. Dans le cas présent, je vérifie l’orthographe du mot « chiclet, chiclette » et vois que le mot existe en Belgique et en Suisse, mais pas en France. En France, on accepte « chewing-gum ». Je me dis que c’est un mot plus américain que français. En France, toujours, on accepte « gomme à mâcher parfumée », je trouve l’expression tellement jolie que je ne peux l’associer aux vilaines taches qu’on trouve par terre. Ce produit qui dessert la digestion n’est pas coupable de se trouver par terre, se sont les « mâcheurs » qui jettent la chose après usage sans aucune élégance !
Pandémie et fortes pluies. Je reprends mes courses au bord du lac après un relâchement des normes sanitaires et les pluies diluviennes qui ont rendu le bain au lac périlleux.
De prime à bord, je ne vois pas grand différence sinon que le niveau du lac est comme il y a quelques années, assez haut.
La puissance du lac. Je fais comme d’habitude et à un moment donné, je m’éloigne de la rive et là, j’ai une sensation étonnante, je sens la puissance de l’eau, la puissance de l’eau dont le volume a réellement augmenté et qui agit sur moi. Je me dépêche de retourner au bord. Mais, cette puissance continue de m’habiter, même maintenant que j’écris. Je n’avais jamais senti vivre en moi une puissance, c’est chose faite maintenant.
J’avais un sac Ikea pour mettre des graminées qui poussent au bord du lac et qui plaisent tellement à mes canaris. Entre temps, je rencontre Thomas Pohl, un musicien de rue allemand que je n’ai vu depuis longemps. On parle de cette période de pandémie et de tout ce que cela implique dans nos vies. On se donne rendez-vous pour plus tard. Puis je rencontre une jeune maman avec un magnifique bébé qui se trouve sous une tante miniature, je félicite bébé et maman et m’en vais cueillir des graminées plus loin.
Plus de clefs ! En arrivant à la maison… pas de clefs. Me vient une image de sac Ikea ouvert au moment où j’ai voulu y introduire les graminées… Je retourne sur place… rien. Je me dis que je les ai peut-être perdues lorsque j’ai pris mon bain plus loin.
Ma pensée. Je ne cesse de me dire que j’avais fait tout le chemin en pensant à ma pensée, au rôle qu’elle a, à la façon dont je peux l’utiliser et voilà qu’à un moment qui a dû m’échapper la pensée m’a échappé – on le sait la pensée est quasiment instantannée – et les clefs avec. Je me dis que je vais les retrouver. Je ne cesse de me dire que j’ai pensé à ma pensée et que je ne mérite pas un désagrément !
Bébé et sa lolette. Je recroise maman et bébé que papa a rejoint. Je raconte que j’ai perdu mes clefs, je regarde par terre et vois une jolie lolette. Je leur demande si c’est celle de bébé. Effectivement, tout le monde cherchait la fameuse lolette. Je la donne et dis à bébé : tu diras, quand tu seras grand que c’est Zully qui a trouvé ta lolette. Bébé rit de tout son corps. C’est joli à voir. Juste avant de continuer mon chemin je dis :
J’espère que je n’ai pas fait tout ce chemin uniquement pour trouver la lolette de bébé !
Tout le monde rit.
C’est en vain que je cherche mes clefs. Je rebrousse chemin et recroise pour la troisième fois bébé et sa famille. Bébé suce sa lolette tout content et je dis : pas de clefs, mais si bébé est content…
De l’aide providentielle. En arrivant à l’endroit où j’avais cru avoir perdu mes clefs, je vois trois dames dont l’une avec une robe à dessins. Je la regarde, elle parle.. Je me dis que je vais leur demander de l’aide. On est juste avant un passage de tram et les barrières vont descendre. Je me dis que si les dames passent avant, pour mes clefs c’est cuit, mais j’ai de la chance, elles s’arrêtent. Je leur demande si elles ont un oeil différent du mien pour m’aider à retrouver mes clefs perdues à tel endroit. Deux dames et moi cherchons à l’endroit où j’avais cherché en vain et la troisième, celle avec la robe à dessins, va un peu plus loin. Tout à coup elle dit : « Ce sont ces clefs ? »
Où chercher. La dame qui a trouvé les clefs dit qu’elle connaît l’histoire d’une dame qui cherche ses clefs. On lui demande si elle est sûre de les avoir perdues là et elle répond que non mais que là il y a de la lumière. Je connais une autre version mais je ne me la rappelle pas très bien. Je cherche sur la Toile et tombe sur une autre version encore mais qui explique le pourquoi du comment. Je fais les démarches nécessaire pour entrer en contact avec l’auteur et voir comment je peux le citer.
Trousseau de clefs. Mes clefs ne sont pas en or, mais elles me sont précieuses et c’est pour cela que j’ai composé cette image. Parmi les clefs de ma vie actuelle, il y a aussi des clefs du temps de feu mon ami ou même des clefs actuelles mais qu’il avait utilisées. Irremplaçables !
Fin de l’histoire : j’ai bel et bien fait tout ce chemin pour retrouver la lolette de bébé !
Je n’avais pas l’intention d’avoir une catégorie d’articles sur la santé, mais ce sont les circonstances qui commandent. Ces derniers temps, bien des personnes en ayant besoin ont croisé mon chemin.
Je n’ai rien inventé dans ce domaine. Ce que je transmets c’est le savoir d’un monsieur, monsieur Fr. Marti, qui était un sachant en matière de santé. Je lui dois bien des solutions naturelles pour divers problèmes et lui suis très reconnaissante.
En ce qui concerne les clous de girofle, il les recommandait pour :
améliorer la circulation ;
faire disparaître le diabète à ses débuts ;
enlever les varices ;
dégonfler les jambes ;
faire baisser le cholestérol LDL.
Voici la recette de la macération :
le matin, mettre 5 clous de girofle dans un petit verre d’eau (grandeur du verre à cognac – le mien a 5 cm de diamètre et je le remplis à une hauteur de 2 cm) ;
les laisser macérer 24 h ;
le lendemain, boire l’eau sans les clous (à jeun si possible) ;
recommencer avec des nouveaux clous.
Si on désire l’utiliser en même temps comme antibiotique pour les dents, laisser l’eau ou la promener dans la bouche pendant quelques minutes – le temps de faire autre chose – et ensuite l’avaler. On a l’impression qu’on a été anesthésié, on a des picotements dans la bouche et de plus, la macération entre dans le corps par les canaux qu’on a dans la bouche.
Une de mes amies, Mado. Très récemment, en discutant des clous de girofle, Mado me dit que sa maman lui mettait un clou de girofle dans la bouche lorsqu’elle avait mal aux dents.
Mon ami a vu disparaître un début de diabète après deux ou trois mois de clous de girofle !
En prendre pendant combien de temps ? Cela dépend de chacun. Parfois les résultats sont rapides. On prend la macération pendant trois semaines, un mois et on observe. Je la prends par périodes. On le sait, la vie prend parfois des chemins détournés et comme ces temps-ci, je rencontre bien des personnes qui en ont besoin, je me dis que le message est aussi pour moi et donc je recommence aujourd’hui.
Ceux qui s’intéressent à la santé pourraient lire :
Je pensais que la peinture était derrière moi et voilà que le destin m’offre de nouvelles occasions (on sait qu’on ne dit pas « opportunités » en français, c’est un anglicisme !). On peut néanmoins dire que l’occasion est venue à un moment opportun.
J’ai hésité à introduire cette dernière catégorie parce que j’avais déjà fait le montage des seize autres catégories et que cela m’obligeait à refaire des tableaux. Mais « contra la forza del destino » on ne peut rien ! Je vais reprendre certains des travaux que j’ai encore ou des photos et les introduire dans ma plateforme.
Julien Elzingre. En fait, lorsque j’ai fait la connaissance des trois artistes plasticiens auxquels je me suis jointe pour peindre la rue des Chavannes, Julien m’a demandé si j’avais une plateforme avec mes travaux. C’est comme cela que je me suis dit que j’allais mettre à jour mes activités artitiques.
Voici ce que j’ai fait en peinture :
décors en tissu pour le Bureau international du Travail (Genève). Exposés lors des conférences internationales annuelles 1986 – 2008 ;
décor du rideau de fond de la salle de spectacles du Bureau international du Travail (Genève) ;
écharpes pour homme et foulards pour dame en soie (cousus et peints) ;
t-shirts en coton avec un motif devant et le même ou une variante derrière ;
rue des Chavannes ;
tableaux.
Le destin. Je disais que le destin m’avait offert de nouvelles occasions. Cela s’est fait tout seul et quand les choses viennent, je prends et cela m’amène de jolies choses. Voici les deux événements en question :
Ils ont ma signature en bas, mais ici c’est invisible…
Les dimensions et quelques détails : Ils mesurent 2,5 cm X 18 cm et sont peints sur du carton noir. Il y a deux versions pour chacun : mat et brillant.
Participer une nouvelle fois à la peinture de la rue des Chavannes me fait revivre une ancienne vie et me fait vivre une nouvelle vie. Une fois de plus, la notion du temps se présente : passé et présent = un !
Mes articles sur le commerce au centre-ville ont, jusqu’ici, été liés à des commerçants. Cette fois-ci, c’est l’une des rues qui accueille des commerçants qui en est l’objet.
Un peu d’histoire d’abord. La rue des Chavannes est fort ancienne. Il semble qu’il y ait deux lectures possibles quant à l’origine de son nom :
lorsque l’on a construit la rue des Moulins et ses bâtiments, il a fallu des ouvriers qui se sont installés dans des sortes de cabanes ou baraques et l’endroit a pris le nom de vicus cabannarum (village de cabanes) ;
des granges, des écuries et autres bâtiments du même genre auraient eu la forme de cabanes.
Quoi qu’il en soit, au xive siècle, (voir note plus bas au sujet de l’écriture des siècles) c’est un quartier qui prend forme, les habitations deviennent mitoyennes de part et d’autre de la rue qui porte le nom des Chavannes depuis 1353.
Il faut encore imaginer qu’à l’époque, la ville était entourée d’une enceinte et qu’en haut de la rue il y avait une tour, dite la tour des Chavannes qui a vécu jusqu’en 1864.
Depuis que je suis à Neuchâtel, j’ai vu bien des magasins dans cette rue. Dans les années 1980, Anne Monnier, l’une de mes amies, avec un groupe de jeunes dont je faisais partie, a proposé de peindre la rue. J’ai une photo quelque part, mais n’arrive pas à mettre la main dessus pour le moment, de l’un des projets d’Anne avec moi en train de peindre un motif. (Voir plus bas !)
Cette rue m’est aussi chère parce que Pierre Schwaab, le grand complice d’Anne, et Laurent Perrenoud, le pianiste, habitaient en vis-à-vis dans la rue et avaient suspendu un fil pour se passer des messages. À l’époque, nous étions très liés et le groupe était venu prendre des cours de danse, le dimanche matin, dans ma Cave perdue, tout près du Château.
Actuellement, j’ai un faible pour le magasinAu Pêcheurqui se trouve dans cette rue et où j’ai trouvé un article qui me rend bien service. C’est le magasin de pêche le plus ancien de Suisse et son propriétaire, Denis Demange, est le digne successeur de son fondateur, M. Paul Savoie-Petitpierre. La date ? 1882 !
Il y a quelques jours, en descendant le long de cette rue, je vois un groupe de trois jeunes en train de peindre la rue. Je demande s’ils acceptent une volontaire. Ma demande s’est faite spontanément, réellement, je ne me suis pas posé de question, c’est parti tout seul, et la réponse a été « oui ». J’ai commencé le lendemain.
Le passé et le présent = 1. C’est curieux de revivre certaines situations bien que de façon très différente. Je n’ai pas l’impression de revivre un passé, simplement je sais que j’ai déjà vécu l’histoire, mais en même temps, je la vis comme si c’était la première fois. Cela est bien fascinant pour moi.
Je suis arrivée au moment où le groupe qui peint, soit Jean-Thomas Vannotti, Martial Hunkeler, Julien Elzingre, trois artistes plasticiens, allait rédiger le communiqué de presse et que écrire, composer fait partie de l’un de mes derniers métiers. L’utilisation des mots, leur sens, la structure de la langue, est une passion chez moi. Là aussi la chose s’est passée tout naturellement.
Dans le communiqué envoyé à la presse il est indiqué que « l’oeuvre représente une cascade de carrés qui ondule le long de la rue des Chavannes de façon aléatoire ». C’est vraiment le cas.
Avant d’aller plus loin : le titre de l’oeuvre est Memphis ; elle est un clin d’oeil au mouvement de concepteurs (en anglais « designers ») italiens des années 1980 qui se sert de la couleur comme d’un élément primordial ; Memphis est aussi un clin d’œil au constructivisme russe des années 1910 qui s’inspire souvent du carré.
Tout le monde sait ce qu’est un carré, avec ses quatre côtés égaux et ses quatre angles droits. Cette forme géométrique élémentaire représente l’ordre, la règle, le dépouillement, la stabilité. D’ailleurs le nombre 4 correspond à la structure. C’est intéressant, car on a tous besoin de structure.
La disposition des carrésdans la rue des Chavannes, si carrés soient-ils, mène le promeneur à la rêverie du fait de la composition du dessin ; les enfants, quant à eux, peuvent jouer avec les couleurs, aller d’un carré à l’autre, s’inventer des histoires, des jeux. D’ailleurs, dès qu’un bout de la rue a été rendu au public, les enfants ont tout de suite commencé à jouer. C’est tellement merveilleux, le monde des enfants. Ils ne se posent pas mille et une questions, ils vivent ce qui leur est proposé. Le philosophe ou le scientifique, quant à lui, pourra se dire que s’il entre dans le carré, il trouvera une forme, une matière, des pixels, des atomes et arrivera à une nouvelle dimension. Cela aussi est passionnant.
Et pourquoi le carré ? vous direz-vous. Parce que c’est une forme simple et que notre société tend à tout simplifier. On le constate partout. Mais, l’esprit de l’homme est riche et avec la simplification on peut créer une effervescence, une cascade, un cheminement qui nous mène à l’harmonie. En fait, toute règle, tout problème, une fois bien expliqué est simple.
Jusqu’ici c’était l’association des commerçants qui commanditait l’oeuvre, cette fois-ci, c’est la Ville qui a pris la relève. En cette période si hors du commun de notre histoire, la Ville comprend que les commerçants ne s’en sortent pas avec la pandémie et prévoient de lancer au mois d’août une grande campagne où les musées et les différentes associations de commerçants seront réunis. C’est beau de voir une politique prendre soin des siens.
Reprenons l’oeuvre. La composition, les carrés ne tombent pas tout seuls. Il y a tout un travail derrière ce qui nous est présenté.
J’aime la minutie. Je me dis que tout dans l’univers a un sens et que rien n’est de travers. Je ne comprends pas les gens qui font les choses « à peu près » et qui ajoutent « c’est pas grave ». Déjà, du point de vue de la langue ce n’est pas fameux ! Quant au contenu… c’est simple, il n’y en a pas. J’ai eu beaucoup de plaisir à donner une belle allure au carré. Quelqu’un m’a dit qu’il fallait beacoup de patience pour cela. Je ne sais que dire, la patience c’est justement quand on n’en a pas et qu’il faut recourir à la patience pour faire quelque chose. Dans le cas présent, je ne me pose même pas la question, je fais, je « suis » (du verbe « être ») la forme dont je prends soin. En fait, je prends soin de moi, les autres sont « moi ».
Tout demande du travail, une structure, un savoir.
Comme je le disais, il faut toute une structure pour tout.
De l’aide. Que c’est appréciable d’avoir de l’aide spontannée ! Comment dire la chose sans la dire… Les gens marchent, disons, sans trop regarder où ils marchent. Alors, on (« on » c’est la bande des trois peintres et moi) a mis des rubans de signalisation, mais d’autres gens, disons je ne sais quoi, les arrachent et il faut réparer. Anne-Claude est sortie de la boutique Calamity où elle travaille et Clémentine est sortie de sa boutique Alegria pour m’aider. Une autre commerçante, Laxmi, est aussi sortie de sa boutique Goa et a participé au déplacement des barrières, mais elle a été si rapide que je n’ai pas eu le temps de sortir mon appareil photo.
Javier et le ruban de signalisation. Comme dit plus haut, il y a des gens qui et des gens qui, pas besoin d’explications. Ce dimanche matin, en retournant au « chantier », les barrières étaient par terre et les rubans aussi. C’est normal, disent certains, car samedi soir… Pas besoin d’explications non plus. Bref, je vois un groupe de gens en début d’après-midi qui font des photos de la rue et un jeune homme a le ruban entre les mains. Ne comprenant pas ce qui se passe, je vais vers eux et le jeune homme m’explique qu’il monte la rue et profite pour monter aussi le ruban qui gisait par terre afin que les gens comprennent qu’il ne faut pas marcher sur la peinture. Je n’en reviens pas ! Je le félicite de penser aux autres, c’est si rare, et lui demande de poser pour moi afin de rendre ce moment plus long. Merci Javier !
Ruban de signalisation. Nous n’avons pas assez de ruban de signalisation et j’ai pris contact avec le service de la Voirie qui a délégué l’un de ses employés pour nous l’apporter. C’est tellement inattendu ! Je remercie le Service pour ce service qui nous rend bien service ! Et voilà en une phrase trois des acceptions du mot « service ». Je ne cesse de m’émerveiller de cette si belle langue qu’est le français.
Les escaliers devant l’ABC. Elles ont été modifiées pour faciliter l’installation de la « terrasse »; mais le patron a dit qu’il allait changer le motif qu’on voit sur la photo pour qu’il ressemble aux pavés. il a aussi ajouté que son « agencement » n’abîmait pas les pavés dessous. Il reste que la hauteur des marches modifiées augmente du double…
Les marches d’un escalier ont toutes le même format, le fait de l’avoir changé provoquait des incidents. Maintenant, c’est réglé ! On remercie les services de la VIlle qui ont pris l’affaire en main.
Les terrasses temporaires. On le sait, afin d’aider certains tenanciers, les autorités ont permis que des établissements sans terrasse puissent « agencer » une terrasse provisoire pendant la pandémie. On le voit, il y a différentes façons de procéder. J’ai vu d’autres restaurants qui ont des installations mobiles et tout est rangé en fin de service. Le sujet mérite à lui tout seul un article, car les effets secondaires sont nombreux tant pour les commerces avoisinants que pour les habitants locaux.
C’est Julien qui a pris la photo. Et moi qui disais que je ne figurais nulle part du fait que c’est moi qui ai pris les autres photos de mon article ! En plus, je me trouve devant le magasinAu Pêcheur! Je remercie Julien. Je me trouve avec Jean-Thomas en train de perfectionner certains écarts dus à l’infractuosité du terrain.
Un compliment parmi d’autres. Nous avons reçu bien des compliments, mais il y en a un qui a retenu mon attention parce qu’il était bien tourné et qu’il s’adressait à moi. C’est un passant qui m’a dit : Le carré est aussi bien fait que votre rouge à lèvres est posé… et il a souri. Voilà un compliment que je garde précieusement.
Anecdote. Je passe chez Clémentine pour lui dire que j’ai commencé à écrire un article sur ma plateforme et lui demande si sa patronne est là. Elle répond : la patronne c’est moi ! Je ne sais plus pourquoi l’on parle de ses origines et elle me dit qu’elles sont diverses ; elles vont de l’ancienne Prusse à l’Algérie en passant par le Sud de la France. On parle d’héritages génétiques et de ce que cela implique pour certains. Je lui dis que ce qui importe c’est ce qu’on fait de sa vie et que lorsqu’elle affirme « la patronne c’est moi », elle est prusienne, algérienne et française. Elle éclate de rire et c’est comme si ses branches prusienne, algérienne et française de son ADN se manifestaient à travers son rire. C’est un beau moment.
2024 octobre, je viens de retrouver les diapos des années 1990 ! C’est André Oppel, feu mon compagnon qui avait pris les photos (il m’en manque une… elle va refaire surface…).
On avait soumis nos esquisses à Anne avant de les exécuter sur la rue.
Peindre la rue des Chavannes avec Anne. Comme on le voit, on était beaucoup, chacun avait proposé un projet.
Note au sujet de l’écriture des siècles : on le sait, un siècle s’écrit en petites capitales. Le logiciel de ma plateforme ne connaît pas ce format. C’est dommage, mais ce n’est pas une raison pour que j’utilise des capitales. Pour mémoire, on sait aussi qu’on ne dit pas « écrire en majuscules », puisque la majuscule est la première lettre d’un mot, uniquement.
Si vous désirez laisser un commentaire, deux façons de procéder :
directement par courriel (voir contact sur ma page d’accueil) ;
si vous avez une plateforme WordPress, vous pouvez facilement l’insérer au bas de cette page.
Cet endroit, témoin de ma vie, m’est arrivé comme un cadeau. J’avais besoin d’un local pour donner mes cours. Ernest Grize, le premier régisseur du Centre culturel neuchâtelois se bat pour que je puisse occuper la Cave perdue, endroit inoccupé après un incendie.
Remerciements à Ernest Grize. Sans lui, je n’aurais pas pu développer mon école, je n’aurais pas pu aider plein d’élèves, de parents, un tas d’autres personnes, et n’aurais pas rencontré le compagnon de ma vie, André Oppel.
Ceux qui ont connu Ernest savent qu’il n’aurait pas été qui il a été sans Mado, sa femme, qui était partie intégrante de toutes ses aventures sur cette terre ! Et Ernest ne se serait pas battu pour moi si Jacques de Montmollin n’était pas tombé amoureux du théâtre, n’avait décidé de créer le TNP à Neuchâtel et si sa mère ne l’avait aidé à avoir le local actuel du Théâtre du Pommier. Et le reste de l’histoire remonte au début des temps. Vertinigeux !
Alors, faisons une visite virtuelle du lieu qui est devenu mon studio de danse, mon atelier, ma Cave perdue. Il se visite comme un musée tant il est changé d’histoire. Une fois qu’on est entré (à droite de la photo) on trouve :
Le mur de droite :
Théâtre du Passage. Les costumes exposés ont habillé les loges du Théâtre du Passage lors de son inauguration ! Les autres costumes que j’avais prêtés se trouvent aussi à la Cave perdue, on les retrouvera plus loin.
Les fils de suspension. Ils proviennent du magasin Au Pêcheur, de Neuchâtel.
Pressing Blanc-Sec. Cet ancien pressing a aussi participé à mon bien-être. Les housses en plastique qui couvrent tous mes costumes ou qui les empêchent de se salir contre le mur proviennent de ce pressing. Je remercie les patrons qui l’ont tenu.
Mes activités. Se trouve aussi, dans ce mur, un panneau avec mes activités, par ordre alphabétique :
2. On finit le mur de droite et on arrive sur la scène :
Écriteau composé par André et découvert sur place quand j’en suis devenue la locataire principale. Des chaises héritées de Freddy Landry, un autre être important dans ma vie.
3. Mur de gauche :
Une porte. Elle se trouve à la fin du mur de gauche.
L’arcade au-dessus de la porte a été réparée par des travailleurs de l’entreprise Facchinetti. J’ai connu M. Gilbert Facchinetti et une fois que les travailleurs ont su cela, je suis devenue un membre de la famille !
Atelier de menuiserie d’Evologia. Cet atelier fait aussi partie intégrante de ma vie. Je lui dois bien des conseils avisés et des éléments de rangement pour mon local. J’ai rafraîchi cette porte avec une teinture provenant l’atelier. Je viens d’apprendre que son chef et formateur, Claude Lienher, part à la retraite. J’ai pensé qu’il resterait toujours…
Afin de donner un genre à la porte, je l’ai décorée.
L’année passée, j’ai ramené de Paris l’écriteau sur les Champs-Élysées. J’aime Paris, je m’y sens bien. Je crois bien que c’est l’écriteau qui m’a choisie et pas le contraire.
4. Mur du sud :
On arrive au dernier mur de la salle. J’y ai accroché deux décors faits par André pour des danses de mes spectacles.
On y voit aussi quatre chaises, trouvées en ville lors d’une promenade. On y voit l’un des costumes utilisé pour l’un de mes spectacles intimistes.
Meubles dessinés par André, faits par Ernest et rajeunis par moi grâce aux conseils de M. Schneitter. Diverses peintures, produits de nettoyage, colophane proviennent de la droguerie Scneitter.
Des éléments incontournables dans mes cours :
Essence : c’est le squelette. Mais, c’est un squelette qui pense. On le voit penser à droite. Il a des pensées plus ou moins en ordre. Ce qu’il y a d’intéressant ce sont les idées très ordonnées à côté, prêtes à entrer dans sa tête alors que dans sa tête il y a une pensée qui… à vous de décider « une idée qui tombe juste à pic » ou « zut, une idée qui s’en va ». C’est le genre de choses que l’on voit dans mon cours « Visitons les chambres du cerveau », cours donné au sein du Passeport Vacances.
Tout un ensemble !
J’ai des choses très diverses dans mon studio et pourtant elles participent de l’atmosphère qui y règne. Il y a une unité. Je suis moi-même un ensemble de connaissances acquises dans divers endroits et provenant de tous ceux qui ont croisé ma vie. Et pourtant, tout ce que je fais porte mon empreinte. Je ne serais pas qui je suis sans les autres et sans les choses qui ont traversé ma route. Je suis de l’avis que tout est important et qu’on doit prendre soin de tout, tant des choses que des gens. Je remercie tous ceux et toutes les choses qui ont traversé ma vie.
Je le dis souvent, les choses n’ont pas besoin d’avoir un « propriétaire » pour que je m’intéresse à elles et en prenne soin. Il en va ainsi du coq de mon dentiste.
Je pense encore et toujours que lorsqu’on répare quelque chose, on le fait aussi en soi et cela se traduit par un certain ordre dans notre monde intérieur. Cela fait que les réparations, dans mon monde, doivent se faire au mieux car tout a une résonance en nous.
Chez le dentiste. Les dents, c’est précieux. Tout est précieux dans notre corps, mais les dents… Le hasard, ce fameux hasard qui me suit comme mon ombre et qui en fait n’existe pas, fait que je sois obligée d’aller chez un dentiste de la place, et pas n’importe lequel, car il est excellent. Son nom ? Philippe-Denis Roth. Il ne s’occupe que des cas compliqués. Lorsqu’on a un objet en porcelaine à faire réparer, l’apprenti peut prendre les objets du quotidien, mais le vase ming ou de l’époque Ming sera confié au maître. C’est une image, bien sûr. Pas besoin d’explications. Il me traite avec grand soin et je lui demande s’il a toujours le coq que j’avais vu la dernière fois. Je voudrais le réparer.
Comme dans les réclames pour la lessive ou d’autres produits qui promettent monts et merveilles, on aura une photo de « avant », une autre photo de « pendant » et celle de « après ».
1. AVANT
Le coq. Si on ne peut pas dire qu’il manque de plumes, manque de matière. On observe aussi que les yeux ne sont pas pareils. C’est comme chez l’être humain.
2. PENDANT
Le coq a l’ait tout étonné… comme je le comprends ! Les réparations, remises en état, révisions, sèment souvent le désordre. Quand on va ranger un tiroir, il vaut mieux tout sortir et en apparence il y a plus de désordre que le contraire. Dans la vie c’est pareil. Il faudra que je le dise au coq !
3. APRÈS
Le coq doit se dire que cela valait la peine. En tous les cas, son propriétaire l’a trouvé très beau !
Tout cela pour dire que je prends soin des choses. Il arrive que je me trouve dans un magasin et que des clients remettent mal les choses en place, laissent les vitres coulissantes des frigidaires mal fermées, qu’ils ouvrent les portes, prennent un produit pour lire tout ce qui est écrit, etc. Je me permets de fermer les vitres, d’attirer l’attention sur le fait que toute la marchandise subit des changements de température ; je dis aussi parfois « oh ! le pull est tombé ! », « je crois bien que l’article n’est pas à la bonne place », etc. Je ne me fais pas toujours bien voir et reçois parfois des remarques. De quoi me mêlé-je ? Ben…
Un second conq. Coq no 2 voyant arriver Coq no 1 en si bonne forme lui demande comment il a fait. Celui-ci lui raconte et Coq no 2 se dit prêt à faire de même. Je suis si touchée que je ne peux résister et le prends chez moi.
Des plumes à retordre. On sait bien qu’un coq, fût-il celui du Dr Roth, n’a pas de fils (dans le sens de l’expression » du fil à retordre »), mais des plumes. Cela n’a pas été facile. Une fois un bout réparé, un autre apparaissait ou revenait. C’est aussi mon savoir-faire qui était en jeu et je me suis dit qu’on allait réussir. « On », car c’était le coq et moi.
Remerciements. Je remercie le coq pour sa collaboration et les matériaux utilisés ainsi que tous ceux qui les ont produits, transportés, vendus. C’est vrai, on n’est rien sans les autres.
Shakespeare. Comme le disait mon collègue de banc, William (Shakespeare, de son nom de famille), « Tout est bien qui finit bien ». Quelle chance de l’avoir côtoyé !