Cours Midi Tonus 2025.1

Je propose quatre cours : @articulations-jouons avec elles ; @3m.ossature ; à vos pieds ; danse classique et imagination. Cette fois, je fais un article avec le tout.

Cours intimistes. J’aime le contact avec les gens et si les circonstances ont voulu que j’aie des cours avec quelques participants, finalement c’est pour mon bien et celui de ceux présents. En effet, ma salle est petite, je ne peux avoir beaucoup d’adultes et cela m’arrange bien parce qu’il se passe des choses intéressantes et souvent touchantes.

@articulations-jouons avec elles. Il s’agit de comprendre les articulations du corps, de les rendre plus vivantes mais aussi d’être conscients des articulations sociales de notre mode de vie et de jouer avec elles. Voici un exemple de résultat :

Lecture du tableau : nous voyons des positions statiques, des mouvements de recul, d’avancement, des moments de réflexion, de plaisir, etc. et cela fait un tout ; c’est comme dans la vie.

Le jeu des articulations peut mener à la poésie :

Le destin ! J’avais prévu de finir le cours d’une certaine façon, or il est arrivé que certaines articulations sociales de quelques participants avaient fait des siennes. Cela a enrichi le cours et permis de voir que si on peut bien manier une articulation osseuse, on peut faire de même avec les sociales !

@3m.ossature. Entrer dans les os, sentir leurs particules est toute une aventure. Il y a des personnes qui n’y arrivent pas. Cela ne veut pas dire que l’exercice de se tapoter les os soit inutile. Les choses sont là, mais on ne les sent pas. Nous sommes tous différents et sommes sensibles à une chose plutôt qu’à une autre. Il n’y a qu’à demander à plusieurs personnes de décrire une maison sortie de leur imagination et on notera qu’elles sont toutes différentes, ce sera toujours une maison mais pas la même. Aussi, quand quelqu’un me dit qu’il ressent des paillettes d’or dans son corps… c’est à l’effet Driss qu’il fait référence et je suis comblée.

C’est monsieur Driss, qui tient une boutique de souvenirs à Paris, qui m’a vendu l’objet. En le secouant, il y plein de paillettes qui remplissent l’espace. C’est ce qui se produit dans le corps. Merci à monsieur Driss et à ceux qui ont composé cette décoration. Ils rendent bien des services.

À vos pieds ! Les photos sont l’illustration même de la cohésion qui règne dans le cours : les pieds vont dans la même direction, chacun avec son histoire (l’un plus haut, l’autre plus incliné, etc. Nous sommes tous différents), mais nous allons dans le même sens.


Le point commun à ces cours : l’unité ; nous sommes un dans un tout, nous sommes un d’un tout. Du fait que nous sommes un tout, on discute de tout, on prend de la distance par rapport aux choses qu’on ne peut changer. Bien des choses ne changeront pas, mais elles ne vont plus peser. La pensée joue un rôle déterminant.

Danse classique et imagination. Une nouvelle fois, ce sont les participants qui apportent de la matière à ce cours. Danser avec le corps (la danse est l’une des rares activités qui mette tous les muscles – des pieds à la tête – en jeu) et la vie est un cadeau !

Liens : normalement chaque cours a ses propres liens, cette fois-ci, j’en mets un par cours et dans chacun il y a les liens pour les articles du même genre.

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Chambaron ou le correcteur qui me comble !

Dans tous les métiers il y a toute sorte de gens, ceux qui font juste ce qu’il faut, d’autres qui appliquent des recettes, d’autres encore qui vivent ce qu’ils font. C’est le cas de Chambaron.

Commençons par dire qu’il se définit lui-même comme un incorrigible correcteur, mangeant langues vivantes et étymons antiques à tous les repas. Dans une vie antérieure il a travaillé dans l’énergie, notamment en Suisse. J’ajoute que s’il a un bac scientifique, il a étudié le grec et le latin. La littérature lui est tombée dessus en étudiant… la gestion. Ah, les voies du destin…

Je l’ai rencontré via la plateforme Question-orthographe.fr, issue du Projet Voltaire lancé par les deux frères Hostachy, que je remercie une nouvelle fois. Pierre, ah, oui, j’ai oublié de vous dire que sous le nom de plume Chambaron il y a Pierre Buffiere de Lair. La graphie du nom est correcte, pas de è ni d’apostrophe.

Portrait fidèle de Pierre, toujours franc et joyeux !

Correcteur – complice – cornac. C’est lui qui m’a appris le mot cornac (guide), c’est aussi un trait de sa personnalité : la délicatesse. Il est devenu le complice de toutes mes révisions de texte qui comprennent tant la mathématique, l’histoire de la Grèce ancienne, la science-fiction, la musique, le Moyen Âge, l’histoire de la France, la typographie, l’horlogerie, ainsi que des livres sur la langue française. Il trouve toujours une explication. C’est fabuleux.

Chambaron l’écrivain. Il est un fervent des nouvelles et c’est un genre où il excelle. Celles qu’il publie, la plupart primées lors de concours, sont des nids de trésors tant par les mots que par les idées. Lors d’un échange de messages, je lui avais écrit : J’ai connu des gens qui connaissaient les règles sur le bout des doigts mais qui n’avaient aucun talent pour l’écriture, vous vous avez les deux et en plus de l’imagination. C’est vrai, Pierre sort du chemin battu. Voici quelques commentaires et extraits tirés du recueil Ni vent ni nouvelle. Dans ce titre assez inattendu, on retrouve l’expression de jadis « je n’ai eu ni vent ni nouvelles de Untel ». Le titre est fait pour intriguer tout en affichant le mot nouvelle. C’est bien le genre de jeu de mots que Pierre aime.

Métamorphose sabbatique. C’est la première nouvelle du recueil et la phrase qui saute à mes yeux est en lien avec le spectacle sur les mots que je prépare. En effet, je monte un spectacle sur la métamorphose des mots. Sacrée coïncidence ou alors c’est cet ami appelé hasard qui me rend visite. L’histoire de la nouvelle se situe à Prague et il est question de Kafka et de situations étranges. Voici le texte : Les mots se suivaient, comme autant de pavés dans une rue de Prague, chacun ne se joignant au précédent que par le lien syntaxique habituel qui unit des noms à des verbes, puis des verbes à d’autres noms qui s’accouplent eux-mêmes à des adjectifs. Et tout le petit peuple obscur d’articles, de conjonctions, de prépositions qui grouillaient entre les mots, s’affairait à lier, articuler, à coordonner les princes de la fête pour en faire phrases, chapitres et un livre… On comprend bien comment naît une phrase, un texte.

Pierre réussit à rendre vivants des pavés et donne une vie à des mots ; les pavés sont des mots et les mots sont des pavés. Je suis comblée !

Et voici encore la séance de rasage du héros de la nouvelle. Se raser n’est pas pour l’homme une opération anodine : c’est souvent la seule vraie confrontation avec son propre regard dans une journée, et l’on se confie oculairement tant de choses pendant que la lame vous redonne l’air imberbe du premier matin du monde. Je trouve le monologue avec le miroir et le premier matin du monde un délice. J’ai déjà vu des hommes se raser et senti qu’il se passait quelque chose, mais Chambaron y met les mots.

Autre qualité de Pierre-Chambaron : s’il respecte les règles, s’il connaît l’étymologie des mots, s’il connaît l’histoire ou l’évolution de ces derniers, il connaît en plus la typographie. C’est un grand atout. Que vient faire la typographie ici ? C’est quand même la mise en pages des textes, comment et quand utiliser des guillemets, ou l’italique, quand mettre une majuscule à un titre, au nom d’un institut. Par exemple, lorsqu’on écrit une lettre on écrira : Cher monsieur ou Chère madame. Je sais, on voit très régulièrement, et ce de la part de toutes classes sociales confondues, une majuscule au nom, mais ce dernier n’est pas un titre, c’est une civilité. Il ne viendrait à l’esprit de personne d’écrire Cher Élève, mais c’est une habitude qui s’est prise et lorsque j’ai suivi des cours de sténo-dactylo, c’était la règle. Cela me met dans de drôles de situations parce que si j’écris à la représentante de ma gérance Chère madame, elle va se dire que je lui manque de respect… De plus, Pierre réfléchit et relève bien des contradictions qui me rendent service.

Le mot orthographe. Je ne peux pas ne pas parler de ce mot qui est si mal utilisé. C’est Pierre qui a attiré mon attention sur le sujet et voici le lien pour l’article que je lui ai consacré, mais en bref : le mot orthographe veut dire j’écris correctement, celui qui sait écrire, tout comme le géographe est celui qui connaît la Terre, le savant de la planète. Il est plus pertinent alors d’utiliser le mot graphie qui veut dire représentation d’un mot ou d’un son par l’écriture. Pierre a fait des émules grâce au compte qu’il a sur Twitter !

Prenons une autre part de dessert dans le recueil de Pierre-Chambaron intitulé Ni vent ni nouvelle. On le trouve dans Correspondance des quatre saisons. Une dame et un monsieur, qui vit dans un endroit isolé, échangent des messages. Le monsieur écrit : Heureusement, vous êtes là. Je reçois vos billets par Partounet, c’est amusant. Celui du 1er novembre m’a vraiment fait sourire : des photos de Vous, entourée de vos chats, avec la Pastorale en fond musical et cet entêtant parfum de cannelle, c’était vraiment… stupéfiant. Vous l’avez compris, Partounet est une version postérieure à Internet puisqu’on peut même s’envoyer des parfums. C’est délicieux !

La même inventivité, le même plaisir, je les retrouve lorsque Pierre m’envoie des éclaircissements sur tel ou tel point relatif à la langue. Le français a des caprices ou des logiques ou des exceptions (heureusement que le dictionnaire est plein de subtilités pour m’aider à mettre un mot sur mes interrogations) que je ne connais pas et Pierre me sort des mauvais pas.

Des exemples ? C’est un peu compliqué parce que je ne voudrais mettre qui que ce soit mal à l’aise. Quelqu’un pourrait se reconnaître et personne n’est exempt de commettre une erreur. Parfois on écrit trop vite, parfois on tape à côté, parfois on se fait avoir parce qu’on lit ou entend. Les journaux, tout ce qui touche aux médias, les déclarations des personnalités, les films, les livres… tout contient des abus et des coquilles aujourd’hui. Ah, voici un exemple des explications de Pierre avec le mot aujourd’hui. Autrefois, pour parler du jour, on utilisait le mot hui (du latin hodie). Au Moyen Âge, on a ajouté jour, pourtant issu du même mot, pour différencier la période en journée de celle de la nuit ; cela a donné aujourd’hui qui crée déjà un pléonasme. Si en plus, on ajoute au jour d’aujourd’hui il y a double redondance. Si par exemple, dans le monde de la mode, certains disent la mode au jour d’aujourd’hui désirant mettre en exergue l’époque, on pourrait leur donner raison, mais il vaut mieux être précis et utiliser d’autres mots ou expressions (actuellement, de notre époque, à ce jour, de nos jours, de notre temps, etc.).

Richesse d’esprit et désir d’aider. Je monte un spectacle basé sur deux livres de Jean-Loup Chiflet et cherche à compléter des noms de personnages, des histoires, me pose des questions et Pierre est là avec son imagination. À un moment donné, je lui demande quelque chose, il répond et signe « Al Fabey ». J’ai mis du temps à déchiffrer « Alphabet » ; d’autres fois, il a signé « Inspecteur Gétouluz ». Et on arrive à l’un des sujets traités dans ce spectacle : les homonymes, les homographes, les mots qui ont plusieurs graphies, bref d’un tas de plaisirs pour certains et de tourments pour d’autres ! Je le disais, Pierre n’est pas seulement quelqu’un qui remarque des contradictions, qui regrette certaines mesures prises ou au contraire oubliées, il apporte sa pierre à l’édifice. C’est ainsi que j’ai pu compléter les catégories de mots qui prêtent à confusion et su qu’il avait dans sa base de données 1’200 groupes d’homonymes ; cela doit représenter quelque 5’000 mots (2 ou 3 mots par groupe, avec un record à 6) !

Que dire en conclusion sinon que j’ai beaucoup de chance d’avoir rencontré pareil personnage et que les éditeurs devraient s’arracher un tel réviseur (tout comme moi, il n’aime pas le mot correcteur. Si je le mets parfois, c’est pour être compréhensible par des non-initiés) !

Juin 2025. Un texte de Chambaron remporte le deuxième prix dans un concours littéraire !  Il s’agit de Transhumance, un poème en prose sur le thème imposé du Rhône, fleuve nourricier et destructeur. Une évocation qui a pris un relief surprenant quelques jours avant la catastrophe de Blatten (village valaisan)…

Juillet 2025. Je le dis, Chambaron est le cornac qui me comble ! Voici un exemple : (à suivre)

C’est parfait et là, tout le monde comprend !

2026. Le plaisir que j’ai à poser des questions à mon cornac et à lire ses réponses ne diminue pas. Voici qu’il me fait remarquer que l’on n’utilise pas toujours correctement le terme d’approximation.

Je lui ai demandé si on pouvait dire, lorsqu’on évalue le poids d’un objet : 3 à 4 kg c’est une bonne approximation ? Quel serait alors l’emploi abusif et fréquent ? Le mien ?

Sa réponse : « Il faut ‘qualifier’ l’approximation, en soi ce n’est pas assez parlant. On dira donc par exemple de première approximation ou d’approximation grossière, affinée, fondée sur tel calcul ou telle chose, avec telle marge d’erreur, etc. Bonne ou mauvaise relèvent du jugement par rapport à des critères à définir.

Dans le texte qui suit, vous aurez deux choses : pourquoi ne pas habiller d’une majuscule les écoles et autres institutions d’enseignement et pourquoi éviter l’utilisation des capitales lorsqu’on envoie des messages, une lettre, un texte. Cela vous mettra d’excellente humeur !

Liens :

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Conversations de rue.10

On peut se dire tellement de choses en si peu de temps…

Un cycliste à pied. Je marche sur le trottoir, à un pas mesuré, et vois un monsieur d’un âge certain me dépasser en sautillant et en tenant un vélo. Je me dis qu’il est alerte. Il reste encore un bon bout avant les feux rouges. Je continue de marcher, arrive au bout du trottoir, vois le monsieur et lui dis :

Je suis encore sous le charme de la conversation. Je ne saurai sans doute jamais qui ce monsieur est, mais il m’a marquée.

Dans un supermarché.1 On est un lundi et arrive près de la caissière que j’avais déjà vue le samedi précédent où elle avait travaillé toute la journée.

Je trouve curieux que des copains ne sachent pas quels sont les rêves des uns et des autres.

Je ne sais plus à quel moment, je leur ai demandé si les fautes de français comptaient dans des branches comme les sciences, etc. Ils ont dit que non et l’un d’eux m’a dit : « L’essentiel c’est qu’on se comprenne ! ». C’est un argument que j’entends souvent et qui m’échappe. Je lui dis : *Tu te rends compte qu’on a vingt siècles de civilisation derrière nous et tout cela pour arriver à « se comprendre » ? À de moment-là, j’ai vu l’étonnement envahir son esprit et il a dit : « Ah, oui, c’est beaucoup ! » J’ai été ravie d’avoir passé un moment avec ces ados.

Dans le même supermarché.2 Je fais la queue pour payer et derrière moi, deux garçons d’environ 9 ans. Je leur demande ce qu’ils ont acheté.

Un camion Cardinal en train de décharger à Neuchâtel. Bon, il est évident que je ne peux pas parler avec un camion, mais avec un de ses chauffeurs ou accompagnants oui. Le camion est immense et je le trouve beau.

Merci Roberto, pour toutes ces informations ! Je me suis enrichie. De plus, j’avais assisté à la distribution de cette bière Bilz. Cela avait été un samedi matin et j’en avait pris une pour l’un des vendeurs au marché. Il l’avait trouvée bonne. Alors, santé ! Roberto.

Liens vers :

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Orthographe – orthographie – graphie

Le français est la langue de communication commune à plusieurs pays, elle a enrichi l’Histoire et les générations actuelles devraient la soigner, mais ce n’est pas toujours le cas. Voici un exemple mis au point avec le cornac qui me sort d’embarras, quand je m’y trouve, tellement la langue est subtile. Il s’appelle Pierre Buffiere de Lair (graphie correcte). Nous y sommes ! Voici pourquoi il ne faudrait pas utiliser le mot ‘orthographe’. Je vous l’explique.

De l’ordre dans ma messagerie électronique. En ce moment, je monte un spectacle lecture-théâtre sur les mots et je fais une compilation de divers textes et tombe sur ceux qui traitent des mots en question. Je saisis l’occasion pour en faire un article.

Je regrette infiniment le relâchement de ce qu’on appelle l’orthographe. Tout le monde sait de quoi je parle ; la langue a beau être compliquée, nous sommes des êtres créateurs, pensants et à ce titre on devrait pouvoir éviter des fautes primaires qu’on voit et entend dans les médias, chez le politiciens, les professeurs, sans parler de la population en général. J’ai aussi parlé d’orthographe jusqu’à ce que mon expert, Chambaron, bien connu sur Twitter, me dise que ce mot est mal utilisé. On devrait plus exactement parler de graphie.

Voici quelques images :

L’orthodontiste, l’orthopède. On retrouve la même racine ortho. Dans le cas présent, il s’agit de médecins qui redressent, posent correctement une partie du corps. L’un s’occupe des dents et l’autre des pieds. Mais, n’oublions pas que le corps est un tout et que les dents, par exemple, sont liées au crâne. Voici un article sur le sujet.

Stylographe : on retrouve le suffixe graphe. Les deux mots viennent du grec et veulent dire « écrire avec un poinçon ».

À vous de trouver d’autres mots qui finissent par graphie.

Bonne ou mauvaise graphie. C’est l’expression correcte pour la représentation écrite de mots ou de sons ; on pourrait aussi penser à « écrire bien ou mal un mot », mais cela pourrait induire en erreur parce qu’on pourrait confondre un mot écrit avec une écriture déformée, donc illisible, par exemple, et un mot écrit avec des fautes orthographiques. Mais, vous l’avez compris, on ne peut certainement pas avoir ni une bonne ni une mauvaise orthographe !

De plus, il existe bien le verbe :

La logique : on sait que l’on parle de géographie, par exemple, pour l’étude de la terre et de géographe pour celui qui étudie la terre ; en conséquence, on devrait avoir orthographie pour l’étude des signes correctement écrits et avoir une bonne ou mauvaise graphie. D’ailleurs le verbe est bien « orthographier ». Alors, que s’est-il passé dans l’Histoire ? Les architectes avaient pris les devants ! En effet, le mot « orthographie » désignait la représentation sans perspective de la façade d’un bâtiment. Au moment de l’édition du dictionnaire, l’Académie n’a pas voulu avoir maille à partir avec les architectes. Voici une belle explication du Littré. Depuis le xvie siècle, la chose est restée en l’état. Comme je parle plusieurs langues, la curiosité m’a poussée à faire des comparaisons. C’est ainsi qu’en italien, en portugais, en espagnol, en roumain et même en russe, il est question de… Oui, vous avez raison : ortografia !

Et voilà, le conte est fini. Mais, ne perdons pas espoir. Chambaron fait des siennes sur Twitter et je vois de plus en plus de monde, et même des dictionnaires, parler de… graphie !

Lorsque j’étais en train d’écrire cet article, j’ai reçu les mots suivants de la part de Pierre, mon cornac. Ils sont un beau résumé de ce qu’on vient de voir : « L’orthographie c’est la discipline, comme la typographie, la cartographie, etc. C’est la manière d’écrire de manière raisonnée, ordonnée et normée : l‘orthographie du français est complexeFaire des erreurs d’orthographie (orthographiques).Pour tout le reste, il s’agit de « graphie », de manière spécifique d’écrire un mot : la graphie phonétique d’un motles graphies médiévales désordonnéesla bonne graphie de mon nom est…,  Buffière de L’air est une mauvaise graphie. »

Lien pour le spectacle que je prépare : Spectacle lecture-théâtre.

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Soliloque d’une élève de danse de 14 ans.

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Le chlorure de magnésium

J’ai hérité de deux textes sur ce composé chimique qui rend bien des services. Je les ai reçus de la part de monsieur Frédéric Marti, praticien de méthodes de santé à Neuchâtel pendant 45 ans et grand connaisseur dans des domaines ésotériques très pointus.

Je me permets de rappeler que je ne joue pas au docteur, je ne fais que transmettre l’expérience de gens versés dans la matière. J’ai recours à la potion lorsque j’ai des symptômes de rhume-refroidissement. J’ai toujours eu de très bons résultats. Certains praticiens évitent de la recommander parce qu’elle peut provoquer une diarrhée. Dans le second texte que je possède – l’attends l’accord du site d’où il a été prélevé pour le publier ici – il est dit que c’est le signe que le traitement a fait son effet. De toutes façons, le traitement ne dure que quelques jours.

Voici l’allure, sachet de 20 g, qu’il peut avoir dans le commerce.

Un peu d’histoire

Deux préoccupations fondamentales ont sous-tendu toute l’évolution  depuis l’apparition de la vie sur Terre :

Deux types de prédateurs menacent la survie :

La Vie s’est donc attachée à développer, pour tous les organismes, une auto-immunité.

Au xixe siècle, le raisonnement et la découverte scientifique se lancent à la poursuite de l’explication logique de la vie. L’humanité souffrait encore des conséquences des grandes épidémies : la peste, la tuberculose et les maladies vénériennes. La science déclare la guerre aux microbes et aux bacilles en utilisant l’asepsie et l’antisepsie ; la démarche est couronnée de succès au milieu du xxe siècle avec la découverte des antibiotiques !

Mais, déjà en 1889, le docteur Pierre Delbet (1861 – 1957) se demande si le lavage des plaies avec des solutions antiseptiques n’a pas plus d’inconvénients que d’avantages. Cette idée, audacieuse pour l’époque, reposait sur la réflexion suivante : notre organisme est conçu pour se défendre contre les agents microscopiques grâce à ses cellules qui se sont adaptées héréditairement à la lutte. Mais il s’empresse d’ajouter, en se référant à Leibniz, qu’en biologie, une possibilité logique n’est pas une possibilité réelle. Seule l’expérimentation lui permet de conforter sa thèse. En 1891, il écrivit : « L’antisepsie vise les microbes et tue les cellules (phagocytes)… je rêvais d’augmenter la résistance des cellules pour qu’elles puissent triompher des microbes ». De longues recherches et des expérimentations suivront.

Pratique du docteur Delbet : Il obtient une série de succès face aux maladies les plus diverses. En septembre 1915, il rend compte de ses travaux dans deux communications, l’une à l’académie des Sciences et l’autre à l’académie de Médecine. Il n’y eut aucune réaction.

Jusque-là, le docteur Delbet injectait la solution par voie intraveineuse. Le hasard montra qu’on pouvait la prendre par voie orale.

Une maladie virale guérie en 1956. Un émule du professeur Delbet, le docteur Neveu, guérit une poliomyélite avec du chlorure de magnésium. C’est important, car il s’agit d’une maladie virale.

Où en sommes-nous en ce xxie siècle ? Le chlorure de magnésium s’est avéré un puissant remède contre les infections microbiennes, bacillaires et virales. Malgré cela, il reste dans un anonymat quasi total ; même la nécrologie officielle du professeur Delbet ne fait mention aucune de cette découverte.

Les pharmacies vendent des sachets de 20 g.

Quand prendre du MgCl2 : à peu près pour tout. J’ai une liste qui provient d’un article mis en ligne (c’est l’autre texte mentionné en début d’article). J’attends l’approbation pour l’inclure ici. En attendant, voici le fois où la solution m’a rendu service : en cas de rhume, refroidissement, grippe sous toutes ses formes ; en cas de blessure – j’ai eu une belle blessure à la main faite avec mon couteau de cuisine… J’ai versé un peu de la solution sur la blessure et ensuite mis un sparadrap en tissu. Cela s’est fermé en peu de temps (je n’ai pas pensé à noter, flûte !) et je n’ai pas de cicatrice.

Monsieur Marti précise – il avait une plateforme et avait publié son article en 2006 – date indiquée dans le document que je possède : le chlorure de magnésium est aussi efficace pour les grippes aviaires, le chicounmacougna et le SIDA:

Posologie pour l’adulte : diluer un sachet (20 g) de chlorure de magnésium dans 0.865 litre d’eau et boire 2 dl par petites gorgées le matin ou 3 dl au long de la journée. Conserver la dilution au frigo ; elle se conserve en tout cas une année ! J’ai regardé plusieurs sites et les posologies diffèrent. Les gens sont prudents…

Information : Frédéric Marti indique comme source Tous les moyens de vous guérir interdits aux médecins, t.2, Jean Palaiseul, Laffont, Paris, 1958.

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Dans l’autre texte il y a la liste des affections à traiter. On verra quand je recevrai la permission de le publier.

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Tournée en Roumanie.2

Je prépare un nouveau genre de spectacle, une lecture-théâtre, et j’en fais une avant-première (en évolution) chez mon amie Liliana Iacob qui est devenue ma mécène.

L’amitié, la chaleur humaine, la compréhension et le mécénat de mon amie ne font qu’un. Quand j’arrive chez elle, je suis chez moi. Bon, pas vraiment, elle vérifie si j’ai mis un manteau chaud avant de partir si on est en hiver, par exemple, ou si j’ai les bonnes chaussures, etc. Avant de prendre le vol, elle m’a bien dit que je ne pouvais arriver avec mes pantalons en voile ! Chacun aimerait être indépendant, mais la rigueur de mon amie me fait du bien.

La Țuica (tsouica). C’est la boisson forte nationale. J’aime bien boire un verre ou deux quand je suis sur place ; pas à Neuchâtel et pas à Bucarest si je ne suis pas entre Roumains. Je ne sais dans quelle dimension je me trouve mais c’est ainsi que cela marche et Liliana le sait !

La jolie table colorée pour mon arrivée et en plus la bouteille de tsouica !

L’accueil roumain. Ainsi que je l’ai dit plus haut, l’accueil de Liliana est parfait. Elle n’a pas eu le temps de mettre tous les plats qu’elle avait préparés avant que je prenne la photo, mais cela me suffit. Elle est une hôtesse parfaite, elle sait ce qui plaît à chacun, de quoi il nourrit ses rêves et ce qui lui fait plaisir. C’est un don et elle est très douée. On n’a pas besoin de faire des efforts chez elle, tout marche comme sur des roulettes.

Deuxième jour. Le hasard est un compagnon de ma vie. Mon voyage a coïncidé avec le 70e anniversaire de l’Orchestre des médecins à la salle de l’Athénée. J’ai une autre amie, Valentina Coțofană, violoniste, qui joue dans l’orchestre. Elle m’a invitée à la dernière répétition et au concert. Valentina représente une prolongation de la période intense vécue à Bucarest puisqu’elle est la petite-fille de la secrétaire de l’Opéra, Elena Oprescu, lorsque j’étais à Bucarest et qui pendant mes études de danse à l’école de Chorégraphie et à l’Opéra m’a beaucoup aidée. L’invitation de Valentina m’a transportée à l’époque quand je sortais des cours pour aller aux répétitions et aux spectacles. Je me rappelle encore que la première fois que j’ai reçu de l’argent pour une prestation sur scène, je n’ai pu me résoudre à le dépenser pour autre chose que pour des livres qui allaient durer toute ma vie… Lors de cette répétition, j’y ai aussi rencontré une autre amie, Eugenia Agarici, médecin indépendant et violoniste membre de l’orchestre.

Programme du concert : sous la conduite de Iosef Ion Prunner on a entendu du Wagner, le prélude du 3e acte de Lohengrin, La Danse macabre de LIszt avec le pianiste soliste Cristian Budu, le fameux Concert pour deux violons de Bach avec le virtuose Geza Hosszu Logocky et le jeune Antonio Piculeață. Un vrai régal, l’introduction et le Rondo Capricioso de Saint-Saëns aussi avec Antnonio P. ainsi que La Symphonie no 3 de Saint-Saëns avec orgue. Ce jour-là il y avait enregistrement officiel du concert et un photographe prenait des photos. Je lui ai demandé s’il pouvait m’en prendre une du jeune violoniste. C’est l’intuition qui m’a guidée parce que j’avais mon appareil photo et mon téléphone portable, mais les photos se sont révélées inutilisables ! L’intuition est un autre ingrédient vital pour moi.

Le photographe Adrian Stoicoviciu. Il ne me connaissait pas, mais il m’a fait confiance et voici les magnifiques photos que j’ai reçues.

Il n’y a pas besoin de commentaire ; le regard et les attitudes corporelles parlent toutes seules !

Encore trois images :

Ici aussi ont voit les mots entrer dans les esprits des musiciens pour devenir sons.

Une photo dit bien des choses et sur celle-ci on voit que l’esprit du violoniste est dans le monde de la musique ; peronne ne sera surpris de savoir qu’il est un être très ouvert et chaleureux. Il se trouvait sur scène et voyant que je faisais des photos m’a fait signe avec la main et a souri.

Les jours passés à Bucarest m’ont donné l’impression de revivre la période de mon adolescence. Ce n’est pas facile à expliquer mais : les répétitions, le concert, les mots échangés avec les musiciens à la fin du concert, la rencontre d’un peintre et d’un amateur de guitare dans un bar fréquenté par des artistes, la nuit passée dans un hôtel parce qu’il n’y avait plus de bus pour aller chez mon amie (à l’époque, j’ai dormi dans une cinquantaine d’endroits parce qu’alors aussi le temps passait tellement vite que je ne pouvais rentrer chez moi), une bière non filtrée dans un bistrot du vieux Bucarest, les promenades en ville, les mots chaleureux échangés avec des inconnus sur le trottoir… Tout a été comme un rêve, le rêve que j’ai vécu alors.

Lecture-théâtre chez Liliana. J’ai fini mon rêve en présentant mon spectacle à Liliana. Je révise des textes et suis tombée sur un écrivain, Jean-Loup Chiflet, qui écrit sur le français, sa beauté et ses difficultés. C’est un régal de lire ses livres. Deux d’entre eux m’ont inspirée J’ai un mot à vous dire și J’ai encore un mot à vous dire. Je vous renvoie à un autre article où je raconte l’histoire de ce spectacle.

Impressions de Liliana : « Jean-Loup est un grand amoureux du mot, il sent sa pulsation, sa sensibilité, son intention, son but dans la vie. C’est pour cela qu’il traite les mots tel un papa ses enfants chéris et cherche, avec l’intuition du pédagogue ainsi que d’une manière amusante, à nous les faire aimer et à prendre soin d’eux.

« De son côté, Zully accorde, à la suite d’une belle évolution dans le domaine littéraire, un soin très particulier au mot écrit à l’égal de amour de Jean-Loup pour l’expression correcte, élégante et expressive. De plus, son talent artistique parle de lui-même de la manière la plus heureuse lorsqu’elle donne vie à un texte littéraire. Zully n’est pas seulement une danseuse, elle est une artiste complète et en plus capable de donner de l’éclat à tout acte artistique dans lequel elle s’engage avec foi, avec passion. Elle est faite pour la scène. La scène, sous toutes ses formes, est sa maison !

« Même mon salon est devenu pendant une heure la scène sur laquelle Zully a démontré, comme s’il le fallait encore, son talent d’actrice ! (ma maison a déjà fait l’objet d’autres de ses spectacles) Cette fois-ci, confortablement installée dans un fauteuil ancien, devant un tapis persan tout aussi ancien et la cheminée du salon, Zully habillée d’un costume de scène de sa propre création (d’une beauté noble et élégante : un voile noir parsemé d’étoiles dorées) a présenté des extraits du savoureux texte de Jean-Loup, adapté et agrémenté de commentaires de Pierre Buffiere de Lair et d’elle-même, au seul spectateur devant elle, moi, son amie et admiratrice de toujours.

« Sa présentation a été accompagnée d’une telle conviction et d’une telle compréhension profonde des subtilités raffinées et souvent amusantes de son texte que je n’ai pu détacher ni les yeux ni les oreilles, ne serait-ce qu’un instant, de sa lecture-théâtre captivante. Cet acte artistique est digne d’être présenté dans un cadre plus large, devant des élèves, dans des écoles, car ce serait, pour les jeunes d’aujourd’hui, une manière plus attirante pour les inciter à aimer et à respecter davantage leur belle langue, leur patrimoine. »

Mon Dieu ! Je n’ai pas pensé que Liliana allait écrire de telles choses. Je me dis que je peux quitter ce monde en paix… Lorsque je lui ai envoyé le début du texte pour qu’elle me donne ses impressions, elle a écrit : Ma chère, je te remercie du fond du coeur de tes pensées et belles impressions en relation avec ton bref séjour chez moi, notre chez-nous, où tu seras toujours reçue avec amitié et sentiments sincères (même si parfois il peut y avoir des petites réflexions !)

Le salon de Liliana : on ne voit qu’une partie, celle qui m’a servie à lui présenter mon spectacle. Ce salon a reçu des peintres, des musiciens, des écrivains, des acteurs., des danseurs, des metteurs en scène, des comédiens de premier plan. Liliana aime les arts, les belles choses, les relations riches et harmonieuses. Sur le mur du fond, on voit deux tableaux du peintre Viorel Mărgineari, décédé en 2022, qui a été le président de l’Union des artistes plasticiens. Sur la cheminée, il y a les photos de son fils, Ion Bogdan Ștefănescu, devenu le meilleur flûtiste de Roumanie. Il est le soliste de la Salle de l’Athénée et vient de recevoir un prix pour son talent !

Un mot sur l’intérieur de se maison. Liliana l’a fait construire selon les plans des premiers bâtiments modernes du XXe siècle par le grand architecte Marcel Iancu.

Un prix. Vous ne serez pas étonné de savoir que Liliana traduit admirablement en roumain des livres écrits en espagnol. Elle a été une élève brillante au lycée, surtout en mathématique. Puis elle a étudié le latin à l’université et s’est spécialisée dans l’espagnol. C’est tout un personnage. Elle a reçu un prix l’année passée pour la traduction de Cette brume insensée de l’écrivain espagnol Enrique Vila-Matas. Le voici :

Vous comprenez mon émotion en lisant les compliments de Liliana à mon égard…

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Turneul în România.2

Pregătesc un gen nou de spectacol, lecture-théâtre (lectură-teatru) și prezint un fel de avant-première la prietena mea Liliana Iacob care mi a devenit mescena. Este o călătorie scurtă de patru zile.

Prietenie, căldură, înțelegere și mescenat fac doar unu la prietena mea. Când sunt la ea acasă, sunt la mine ; bine nu chiar la mine pentru că ea verifică dacă am pus un paltou cald când merg în oraș, și este iarnă, sau dacă pantofii se potrivesc și așa mai departe. Înanite să iau zborul mi a spus la telefon să nu cumva să merg în țară cu pantalonii mei de voal ! Fiecare ar vrea să fie independent, dar rigoarea preitenei mele, exact ca ceea unei alte prietene, Ileana Iliescu, fostă prima balerină, îmi face foarte bine.

Țuică. Tare îmi plăce să băau un pahăr sau doi când sunt « acasă » la București ; nu când sunt la mine la Neuchâtel și nici dacă sunt la București cu străini. Nu am o explicație, este o dimensiune specială. Liliana înțelege.

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O masă frumoasă m-aștepta când am ajuns, bine înțeles cu o sticlă de țuică și un pahăr doar pentru mine.

Primirea românească. Așa cum am spus, primirea Lilianei este perfectă. N-a avut timp să pună toate farfuriile pregătite pe masă înaintea să fac poză, dar mie mi este de ajuns. Liliana este o gazdă perfecta : știe ce i plăce fiecărui invitat, ce hrânește visele celorlalți și ce le plăce. Este un dar și ea este foarte talentată. La ea nu este nevoie să faci un efort, totul merge de la sine.

A două zi. Întămplarea este o prietenă în viață mea. Călătoria de acum a coincis cu celebrarea în sala Ateneului Român a celei de a 70-a aniversări de la înființariea orhestrei medicilor. Am o altè pritenă, Valentina, violonistă, care cântă în orhestră. M-a invitat la repetiție și la spectacol. Valentina înseamnă prelungirea perioadei mele de legătură strânsă cu Bucureștiul fiind nepoata doamnei Elena Oprescu, secretara Operei Române care, în anii mei de studii ca tânără aspirantă la statutul de balerină, m-a ajutat foarte mult. Invitația Valentinei m-a făcut să-mă simt ca pe vremuri după studii mergeam la repetiții și la spectacol. Nu uit că din primii bani cu care am fost remunerată pentru o participare la un spectacol al Operei n-am putut să cumpăr altceva decât cărți pentru că ele durează o viață întreagă. La repetiția orchestrei medicilor, am mai întâlnit o altă prietenă, tot violonistă, Eugenia Agarici, medic independent și membru al formației.

Programul concertului : sub conducerea lui Iosef Ion Prunner am auzit preludiul no 3 din Lohengrin, Wagner, Dansul macabru, Liszt cu pianistul Cristian Budu, faimosul Concert pentru doiuă viori – interpretat de Geza Hosszu Logocky, un violonist virtuos, și Antonio Piculeță, elevul lui foarte talentat – un adevăra! răsfăf ! introducere și Rondo Capricioso, Saint-Saens , tot cu Antonio Piculeață, și Symfonia no 3 cu orgă de Saint-Saëns. În ziua respectivă a fost înregistrarea și un fotograf lua instantanee. Deși aveam aparatul meu de fotografiat și mobilul meu, Intuiția mi a ghidat să i cer o poză cu Anton P. Bine am făcut pentru că pozele mele n-au fost reușite. Intuiția este un alt ingredient vital în viața mea.

Fotograful Adrian Stoicoviciu. Nu mă știa dar a avut încredere și din pozele trimite am păstrat câteva :

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Dirijorul Iosif Ion Pruner și violonistul Antonio Piculeață. Nu este nevoie de comentarii ; privirea și atitudinele corporale vorbesc de la sine.

Încă trei imagini :

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Deși nu se aude nici un cuvânt, pozele vorbesc.
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O poză spune multe și aici se vede că spiritul violonistului este în lumea muzicii și nimeni n-ar fi surprins să afle ca este o persoană foarte deschisă și caldă. El era pe scena la repetiție și obervând că fac poze și mi a făcut semn cu mână și a zimbit.

Zilele petrecute la București mia au dat impresia, de data asta, ca pentru scurt timp trăiam viața mea de atunci în prezent. Nu este ușor de explicat dar : repetitții, concert, câteva vorbe schimbate cu muziciani la sfârșit, bar după concertul, întâlnirea cu un pictor și un iubitor de chitară, dormit la un hotel, plimbarea prin București, o halbă de bere nefiltrată într-un bistrou, schimb de vorbe plăcute cu necunoscuți pe trotoar. Totul a fos ca un vis. Așa a fost viață mea atunci.

Lectură-teatrul la Liliana. Am închis visul cu prezentarea spectacolului meu lui Liliana. Fac revizuire de texte în franceză și am dat de un scriitor, Jean-Loup Chiflet, care scrie despre limbă franceză, despre frumusețea și greutățile ei. Este un răsfăț să citiți cărțile lui. Cărțile care m-au inspirat sunt J‘ai un mot à vous dire și J’ai encore un mot à vous dire. Idea de a scrie aceste cărți i-a venit lui Jean-Loup când a citit o frază a lui Victor Hugo in Contemplații :

Car le mot, qu’on le sache, est un être vivant

Povestea : Jean-Loup își spune că este adevărat și imediat pune un anunț într-un ziar : « Caut un cuvânt care ar avea două cuvinte să-mi spună. Luați legatură prin ziar. Discreția asigurată. » Trei zile mai târziu ntâlnește un cuvănt care i povestește cum s-a născut, cum a fost la școală, unde mergea în vacanțe, ce prieteni avea, ce studii a făcut, traiectoria profesională câtorva cuvinte, ce meserie și a ales și ce multăumire are.

Părerea prietenei mele Liliana : Jean-Loup este, într-adevăr, un mare iubitor al cuvântului, căruia îi simte pulsul, sensibilitatea, intențiile, menirea în viață. De aceea se poartă cu cuvintele precum un părinte cu odraslele sale dragi și de aceea încearcă, cu perfectă intuiție de pedagog și într-o manieră extrem de amuzantă, să ne facă și pe noi să le iubim și să avem grijă de ele.  

Iar Zully dovedește, prin tot ceea ce întreprinde în ultimul timp în domeniul literar, o grijă impresionantă pentru cuvântul scris, izvorâtă din aceeași iubire pentru o exprimare corectă, elegantă și expresivă, ca și Jean-Loup. În plus, talentul ei artistic își spune cuvântul la modul cel mai fericit atunci când dă viață unui text literar. Fiindcă Zully este nu doar balerină, ci o artistă completă, și încă una capabilă să dea strălucire oricărui act artistic în care se angajează cu credință, cu pasiune. Căci e făcută pentru scenă! Scena, sub orice formă, e casa ei !  Până și salonul meu a devenit, pentru o oră, scena pe care Zully și-a demonstrat talentul actoricesc de data asta, dacă mai era nevoie ! (l-a mai folosit și cu alte ocazii, și în alte scenarii). De data asta, așezată comod într-un jilț vechi, în fața unui covor persan la fel de vechi și a șemineului din salon, Zully, purtând un costum de scenă creație proprie (de o frumusețe nobilă și elegantă : voal negru presărat cu steluțe aurii) a citit unicei spectatoare din fața ei, eu, prietena și admiratoarea ei dintotdeauna, fragmente din savurosul text al lui Jean Loup adaptat și îmbogățit cu comentariile lui Pierre Buffiere de Lair și ale ei. A făcut-o cu o implicare și înțelegere profundă a subtilităților rafinate și de cele mai multe ori amuzante ale acestui text, încât nu mi-am putut abate ochii și urechile nici măcar un moment de la captivanta sa lectură-teatru, act artistic exemplar și demn a fi prezentat într-un cadru mai larg, în fața elevilor din școli, de exemplu, căci ar putea constitui o modalitate mult mai atractivă de a-i face pe tinerii de azi să își iubească și să-și respecte mai mult frumoasa limbă care le este zestre.

Nu pot să nu transcriu cuvintele Lilianei când i am transmis articulul să mi adăauge părere ei. Sunt protretul ei ! Draga mea, îți mulțumesc din suflet pentru gândurile și impresiile tale bune în legătură cu scurtul sejur petrecut în casa mea, casa noastră, unde vei fi mereu primită cu prietenie si sentimente sincere (chiar dacă uneori însoțite de cicăleală!)

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Spectacle lecture-théâtre autour du… mot !

Les choses viennent toutes seules dans ma vie, mais quand elles sont là, je m’aperçois qu’il y avait un moment qu’elles prenaient forme.

Ce nouveau genre s’inspire passablement du livre J’ai un mot à vous dire et en partie de J’ai encore un mot à vous dire. Ce spectacle est une suite ou un parallèle de mes spectacles de danse intimistes puisque dans ces derniers, j’entre en relation avec le public. Cette fois-ci, je raconte une histoire et parle aussi avec le public. C’est une danse différente.

Jean-Loup Chiflet. Je fais de la révision de textes et suis tombée sur l’écrivain français, Jean-Loup Chiflet, qui a écrit une soixantaine de livres sur le français d’une façon qui lui a valu le titre de grammairien buissonnier par Alain Rey. Il est l’auteur des deux livres qui nourrissent mon spectacle. À la différence des autres livres que l’auteur a écrits, il y a une trame tout au long de l’histoire.

Pierre Buffiere de Lair, Chambaron de son nom de plume. Chacun de nous a son genre de vie, de pensée et d’écriture et quand on vit dans son monde, on oublie parfois ceux des autres. La révision de textes me permet de m’enrichir, de voir des mots traités différemment, des tournures que je n’aurais jamais employées ou de constater que certains écrivains se laissent emporter par leur élan… Pierre est le complice de mes révisions, soit l’expert que je consulte lorsque je ne sais pas quelque chose en français ou que j’ai un doute. Je ne sais pas tout mais j’ai un très bon instinct et Pierre m’éclaire dans tous les domaines que je traite et il y en a beaucoup. J’ai écrit un article sur lui, tellement il est hors norme.

Fil conducteur du spectacle : un jour Jean-Loup lit dans Les Contemplations de Victor Hugo : Car le mot, qu’on le sache, est un être vivant. Ni une ni deux, Jean-Loup fait passer un avis dans un journal du soir à grand tirage et demande à rencontrer un mot. La rencontre se fait, le mot lui raconte comment il est venu au monde, son entrée à l’école, ses vacances, ses copains, sa formation, la carrière professionnelle de certains de ses amis, le choix de sa profession et ce qu’elle lui rapporte. Au fond, c’est comme la vie d’un être tel que vous et moi, même la retraite est traitée !

Mon spectacle dure 45 minutes et ensuite on se réunit autour d’un verre pour discuter. Lors de la conversation, je profite d’une remarque ou d’une autre pour rajouter quelque chose que Jean-Loup a dite ou que Pierre a remarquée dans le texte ou pour faire un parallèle entre ce que j’entends et ce que je sais.

Jean-Loup m’a donné l’accord pour l’utilisation de ses textes. Je lui suis reconnaissante.

Signes du destin ou appréciations très particulières : comme souvent, les choses se lient les unes aux autres. D’abord, j’ai présenté des extraits à Thomas Facchinetti, l’ancien conseiller communal de la culture à Neuchâtel ainsi qu’à sa collaboratrice Gaëlle Métrailler. Ils ont aimé et dit que je me dirigeais vers un chemin littéraire. Ensuite, je suis allée à Bucarest faire une avant-première chez Liliana Iacob, amie de toujours, excellente traductrice (elle a reçu un prix en 2024), une autre présentation à Pierre Dubois, l’ancien conseiller d’Etat et homme de culture ; Il a trouvé passionnant et m’a félicitée. J’ai une amie, Béatrice Bois, qui a fait de la politique et qui est en fin de vie. Ne désirant plus voir personne, je lui ai fait une présentation par téléphone. Tu n’a pas eu besoin de te déplacer pour assister au spectacle ! lui ai-je dit à la fin. Elle a répondu qu’on pouvait dire la chose comme cela et elle a rigolé. Elle a aussi aimé, ajouté que comme toujours j’avais plein d’idées et déclaré que je devenais conteuse. Elle a encore dit que cela ne l’étonnait pas que je révise des textes parce qu’elle avait relu il n’y avait pas longtemps des lettres que je lui avais envoyées des années auparavant : « Tu écris fichtrement bien ! » a été son commentaire. Ce spectacle a été son dernier spectacle parce que mon amie a quitté ce monde le samedi suivant.

Encore une appréciation – Pierre Buffiere de Lair. Je le rencontre lors du concours d’orthographe du Salon du Livre à Genève. Il n’a pu arriver à temps à cause d’une panne de voiture et c’est vraiment dommage pour lui. Il aurait figuré parmi les premiers. Mais, il a une telle joie de vivre qu’il a quand même décidé qu’on pouvait se rencontrer à la gare de l’aéroport. J’ai pu lui présenter une partie de mon spectacle et voici son verdict : J’ai beaucoup apprécié (ad-precium) votre jeu de scène. Sincèrement, c’est sans commune mesure avec les échanges écrits. Il faut des mimiques, des intonations, des suspensions… Comme l’a fait notre ami belge Arnaud Hoedt, on arrive à vraiment faire passer les idées par cette théâtralisation.

De façon générale, les amis qui ont vu ma présentation pensent qu’elle s’adresse à un public qui aime la langue et qui pourrait intéresser des élèves parce que le côté théâtral fait passer bien mieux un tas de règles et peut même les motiver à approfondir le sujet.

Deux autres signes: j’ai hérité d’un petit tapis couleur lie de vin de la part de Béatrice. Il ira très bien avec le fauteuil que je viens d’hériter de la Bibliothèque de Neuchâtel. Ces deux objets font partie du décor du spectacle. Je n’avais jamais pensé présenter ce genre de spectacle, mais, les choses se lient les unes aux autres dans ma vie et je ne peux que suivre. Alors, le fauteuil, s’il arrive à point nommé pour le spectacle, il me rappelle que lorsque feu mon ami, André Oppel, avait présenté son dernier spectacle Alphonse Allais, une amie nous avait prêté un fauteuil semblable à celui qui vient se joindre à mon aventure. C’est une sorte de résonance.

Arbre généalogique du fauteuil : avant d’arriver chez moi, il était dans le bureau de Thierry Chatelain, directeur de la Bibliothèque de Neuchâtel, avant encore, il avait appartenu à Monika Roulet, décoratrice et ancienne connaissance – on s’est retrouvées grâce au fauteuil – et avant encore il avait appartenu à sa belle-mère qui est certainement la personne qui lui a fait son canevas. Cette belle-mère était la mère du professeur Eric Roulet qui m’a engagée pour donner des cours facultatifs à l’école secondaire ! Je saisis l’occasion pour le remercier de son geste. J’ai l’impression que ce fauteuil me parle et je vais finir par en faire l’objet d’un conte.

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Jean-Loup Chiflet-Clément Drouin-Pierre Buffiere de Lair-Zully ou un pas de quatre. Rencontre particulière 21.

Je ne sais quel est le premier protagoniste de ce pas de quatre, tout est relatif, mais ces hasards de la vie qui n’en sont pas m’ont fait acheter une fois un livre du magnifique écrivain qu’est Jean-Loup. Puis les choses se sont enchaînées sur une très belle musique au rythme de la vie.

Pas de quatre. Un pas de quatre est bien sûr dansé et celui-ci l’est mais il est aussi littéraire et aussi un croisement de personnes remarquables. Cependant je crois avoir une préférence pour le pas de quatre dansé parce qu’on danse avec la vie. Sur une scène, les personnages apparaissent, s’en vont, reviennent, tout comme dans cette histoire.

J’aime la langue française. J’aime les gens qui s’efforcent de lui faire garder sa place, de lui redonner de la force. Souvent, on me dit que la langue évolue. Cela a été vrai jusqu’à ce qu’on établisse des règles. Les règles ? Bien des gens les rejettent, mais n’oublions pas qu’elles existent dans le règne minéral, végétal, animal ; alors, il en faut aussi dans le langage afin que chacun possède les mêmes clefs de communication. Cela n’empêche pas la création de mots, mais rien ne justifie leur destruction.

Paris. Paris est une ville qui me ravit, je m’y sens vivante, c’est une histoire d’amour et l’amour n’a pas besoin d’explications. J’y vais surtout pour suivre des cours et pour profiter de bien des choses. Je ne manque jamais, par exemple, de faire une visite à la maison qu’Abraham-Louis Breguet a habitée. De même, à chaque fois que le destin le veut, je rencontre Jean-Loup. En fait l’histoire d’amour est née avec Le Figaro où Jean-Loup a été chroniqueur et c’est là que j’ai rencontré pour la première fois le nom de l’auteur.

Le hasard et début du pas de quatre. Comme je le disais, le hasard, ce grand ami, m’a fait acheter plusieurs livres de Jean-Loup Chiflet, dont J’ai un mot à vous dire et le désir de faire la connaissance de l’auteur est né. Le temps m’a joué des tours, mais finalement, j’ai vu de la publicité pour son livre Attention à la marcheJ’ai 80 ans et alors ? livre publié chez Bouquins en novembre 2022. J’ai téléphoné à l’édition qui m’a conseillé d’envoyer un courrier. C’est tellement plus personnel ! À quelques jours de là, Jean-Loup m’a envoyé un message électronique. Je dois des remerciements profonds à l’édition d’avoir fait suivre mon courrier. C’est ainsi que le pas de quatre a commencé à prendre forme.

Résultat de la deuxième rencontre : l’accord de Jean-Loup Chiflet pour l’utilisation de cette belle photo, la citation d’extraits de ses ouvrages et pour l’article qui suit. « Ce n’est pas rien », comme dirait un Anglais.

Pourquoi parler d’un Anglais ? Tout simplement parce que Jean-Loup est bilingue, qu’il a écrit une trentaine de livres sur l’humour anglais et américain et qu’il s’intéresse à la traduction. Il déconseille de traduire mot à mot parce que Ciel mon mari ! donnerait Sky my husband ! (tItre de l’un de ses ouvrages) ; vous voyez bien que si la traduction littérale est correcte, le sens n’y est pas du tout. Une Anglaise dirait : My God, my husband ! ou alors My God !My husband ! Cela dépend du temps qu’elle a… Lorsque je cherchais à entrer en contact avec l’écrivain, l’une des personnes qui l’avaient côtoyé m’avait dit qu’il avait eu un bateau sur la Seine qui s’appelait… devinez ? Sky my husband ! C’est tout le portrait de Jean-Loup : il est raffiné et il a le sens de l’humour.

Le genre littéraire de Jean-Loup. Il écrit beaucoup sur le français, sur ses difficultés, parfois pénibles, mais aussi sur son charme. Il a publié une septantaine de livres, dont la majorité sur le sujet (j’en ai 42 !) ; le reste traite de sujets dont je vous ai parlé plus haut : l’humour anglais ainsi que des adaptations et traductions de l’intégrale des dessins du célèbre New Yorker américain (j’en ai 12 en commençant par Sky my husband ! Ciel mon mari !). Le tout saupoudré d’humour, c’est sa touche personnelle et bien souvent j’ai l’impression de prendre des desserts en le lisant.

Voici quelques extraits de livres sur le français qui m’ont ravie : En fichier séparé (à venir).

Le temps passe et une idée atterrit dans mon cerveau : faire un spectacle « lecture-théâtre » à partir de certains de ses textes. Il y a deux livres qui ont retenu mon attention et dont vous avez une photo ci-dessous. Bien qu’ils traitent du même sujet, à la différence des autres livres, il n’y a qu’une trame ; Ils traitent de la naissance du mot, de sa formation, de sa vie sociale et mondaine ainsi que des problèmes qui peuvent surgir lorsqu’il est malmené par le destin. C’est un vrai délice. Je me suis dit qu’on pourrait en faire une lecture sur scène. Puisque ces textes sont humoristiques, je me suis demandé si l’une de mes connaissances, qui fait des spectacles d’humour, ne serait pas intéressée par eux. Je lui en parle et elle se dit intéressée. Mais, comme souvent, il se trouve que je me parlais à moi-même parce que l’idée a grandi en moi et que je vais introduire à côté de mes spectacles intimistes de danse un genre « lecture-théâtre ». En fait, j’ai déjà commencé à lire des extraits ici ou là et les gens ont aimé. Voici les deux livres qui m’inspirent :

Ces deux livres ont été publiés respectivement par les éditions Mots et Cie et Chiflet et Cie. Eh oui, Jean-Loup a eu ses propres éditions !

Une fois que je cherchais des informations sur l’auteur, je suis tombée sur un texte que Le Figaro avait commandé à Jean-Loup après le décès de Claude Duneton en mars 2012, un autre écrivain et personnalité remarquable qui a aussi collaboré avec Le Figaro. La copie que j’avais n’était pas très lisible et afin de la compléter, j’avais lu le texte par téléphone à Jean-Loup. J’entends encore la voix de ce dernier me dire, avec un certain étonnement, que je lisais très bien. Je n’avais pourtant rien fait d’autre que de me mettre dans la peau des personnages. Je suppose que c’est le secret de toute bonne lecture.

J’ai cru arriver à la fin de mon article, mais ce fameux hasard a plus d’un tour dans son sac ! Un jour, Jean-Loup m’a dit que le même éditeur qui lui avait transmis mes coordonnées (Bouquins) lui avait proposé de publier une dizaine de ses ouvrages en un seul volume, un seul… bouquin ! L’un des premiers livres que j’avais révisés de l’écrivain avait été J’ai un mot à vous dire. C’est un automatisme chez moi de me poser des questions quand je vois un mot écrit d’une drôle de façon, une ponctuation étrange, une expression faisant du tourisme au mauvais endroit. Aussi, lorsque j’ai su que le livre ferait partie du lot, je l’ai envoyé à Jean-Loup qui l’a remis à Clément Drouin, directeur littéraire de l’édition, lequel a trouvé mes remarques pertinentes. Cela a été une occasion inespérée de pouvoir rendre service à Jean-Loup. De plus, il se trouve que j’avais lu la plupart des livres qui figuraient dans ce choix – à croire que l’éditeur et moi avons des goûts semblables ! Je suis allée rencontrer Clément à Paris et le courant a passé. Je lui suis reconnaissante de m’avoir fait confiance. Je considère cela comme un privilège. Je me suis sentie dans une sorte de paradis. Maintenant on est trois dans ce pas de quatre.

Pas de quatre au complet. Avec Jean-Loup, j’ai appris bien des choses. Le goût du bien parler me vient de la maison, de professeurs passionnés par l’enseignement et de feu mon ami André Oppel qui était féru de cette langue ; je le dois encore aux frères Hostachy qui ont construit le logiciel du Projet Voltaire ainsi que Question-orthographe.fr et à Pierre Buffiere de Lair qui y figure comme expert et qui publie sous le nom de Chambaron. Il est devenu mon cornac ; je le consulte à chaque fois que je ne sais pas quelque chose ou que je m’interroge. Il est fort ! Je suis attirée par toute sorte de domaines : la mathématique – les romans historiques – la Grèce ancienne – la science-fiction – les ouvrages sur le français – la vulgarisation scientifique – le bien-être… À chaque fois, Pierre me sort d’embarras. Il en est allé de même avec les questions que j’avais en révisant les livres de Jean-Loup et c’est ainsi qu’on a maintenant un pas de quatre au complet.

Pierre, en personne (!). Il est comme sur la photo, toujours de bonne humeur !

Ce qui unit les quatre protagonistes de ce pas de quatre est l’amour du français !

Récompense : Clément et Jean-Loup se sont dit qu’ils allaient me remercier publiquement dans le livre publié ! Je suis aux anges. Cela justifie ma vie en grande partie. On ne sait pas toujours pourquoi on vit, mais là, il y a une bonne raison. Mon nom, ainsi que celui de Pierre, figurent dans le dernier paragraphe.

Encore le hasard. Il est intéressant de mentionner que ce livre aurait dû paraître début 2023. Comme je n’avais pas lu tous les livres du recueil, le destin ou le hasard ou les deux se sont dit qu’il fallait m’accorder du temps. Dans leur monde tout est possible et j’ai pu faire d’autres propositions jusqu’en août 2024. C’est une victoire pour mon intuition.

Les amitiés de Clément sont « chocolatées » parce que lorsqu’on se voit on partage un bout de chocolat noir. Clément est un poète !

Les embranchements de la révision de texte. Dans mon monde, les branches de mon arbre de vie se croisent et fleurissent de façon inattendue. Cette fois-ci la révision de textes est le tronc et les branches qui poussent ou s’y rattachent sont assez curieuses. Je ne me demande pas tout le temps « qu’est-ce que ceci ou cela représente dans ma vie ? », mais c’est une fois que les choses sont là que je vois la branche.

Voici quelques-unes de ces branches :

  • réorganisation de mes bibliothèques . Les livres de Jean-Loup formaient diverses piles avec encore d’autres livres tant dans ma chambre que dans mon bureau. Lorsque mon ami est parti au ciel, je me suis dit que j’allais arranger ma bibliothèque d’une façon définitive et je l’avais fait en prenant soin de laisser des espaces soit entre des catégories de livres soit dans la quantité d’un même sujet pour donner une jolie impression et pour y joindre, si le cas se présentait un livre ou deux. Je ne voyais pas ce qui pourrait encore me forcer à revoir la chose. Mais, les soixante et quelques livres de Jean-Loup, plus ceux de Jacques Collin, plus ceux sur les nombres, plus ceux sur Ramsès II., plus ceux sur l’horlogerie, plus encore d’autres… m’ont dit que ma vie prenait un autre tournant et j’ai commencé à réorganiser mes bibliothèques. Le fait d’avoir révisé les livres de près d’une vie de Jean-Loup, m’a poussée à revoir mes bibliothèques et des pans de ma vie ;
  • nouveau genre de spectacles que je vais présenter « lecture-théâtre ». J’ai non seulement les textes de Jean-Loup, mais, j’ai aussi de très belles explications sur les mots fournies par Pierre Buffiere de Lair qui est un fin connaisseur de la langue française. Non seulement il connaît, mais il raisonne et fait résonner les mots de façon inattendue ;
  • Pierre se remet à écrire. Il a été frappé par la covid, non pas par la maladie, mais par l’absence soudaine et massive de livres à réviser. Les éditeurs ont semblé subitement paralysés. Lorsque j’en suis venue à lui dire que finalement les livres de Jean-Loup allaient être republiés, j’ai eu de la peine à le réveiller pour me donner ses conseils avisés, mais là aussi il m’a surprise puisqu’il s’est remis à écrire. Il a commencé à rédiger Musardises – Flâneries linguistiques dans les champs lexicaux, recueil de travaux de recherches sur des mots à l’étymologie obscure ou méconnue ;
  • nouvelle vie. J’ai souvent l’impression que ma vie ne commence que maintenant. Mais, en revisitant ma bibliothèque, j’ai revécu différentes périodes de mon existence. Parfois on est adepte d’un genre littéraire, on a travaillé dans tel domaine, ou autre chose encore. J’ai de la peine à me séparer de certains de ces ouvrages parce que même si je ne les consulte plus, ils font partie de moi. Bref, je me suis dit que si j’avais lu tant de livres de Jean-Loup et que Clément avait jugé bon d’en publier dix dans un seul volume, il devait y avoir quelque chose en commun avec mon histoire. Je ne sais pas encore comment elle est ou sera, mais la sensation est forte.

Voilà le résultat, en tout cas à ce jour.

Autres hasards liés d’une façon ou une autre à Jean-Loup. ils n’ont de signification que pour moi encore que je ne les comprenne pas toujours. Le premier : il a eu lieu lors de notre première rencontre. Il avait la main gauche bandée parce qu’il avait eu un accident sur sa mobylette et moi, la veille j’avais fait une planée dans le parc des Champs-Élysées, j’avais la main gauche abîmée et un doigt, le majeur, blessé. C’était une drôle de chose ; le second : un jour à Paris, je dis à Jean-Loup que je venais de revoir une dame qui comme moi corrigeait ce qu’elle lisait et que le hasard avait fait qu’elle avait corrigé un livre de Jacques Collin, le conférencier et écrivain, que j’allais revoir. C’est alors que Jean-Loup m’a dit qu’il était grand ami de l’une des sœurs de Jacques ! Le troisième : j’ai rencontré une jeune femme qui lisait dans le métro parisien ; des ados parlaient trop fort et l’empêchaient de se concentrer. Je suis intervenue ; les ados ont compris et la jeune femme et moi avons entamé une amitié. Elle travaille dans une édition et on a convenu qu’une fois j’irais y faire un tour. Une année après, j’apprends que la fille de Jean-Loup est son chef ! Le quatrième : lorsque je cherchais des informations au sujet de la prononciation de la lettre X dans différentes langues, notamment dans le langage mathématique, un professeur de l’institut de Mathématiques de Neuchâtel, voyant mon intérêt pour les chiffres, m’a conseillée de lire L’Histoire universelle des chiffres, publié chez… vous avez déjà deviné et ne devrais pas l’écrire… quand même je le fais, publié chez Bouquins ! Clément a eu l’élégance de me l’offrir. C’est quand même extraordinaire !

Une coïncidence avec Pierre. Je dis à Pierre que je vais aussi écrire un article sur lui et il m’envoie ceci : Grand merci ! Pour la terminologie, j’utilise « révision » comme variante enrichie de relecture-correction qui est le terme habituel voire consacré en France mais que je trouve réducteur. Ce sont les Québécois qui en ont fait un métier plus valorisant (avec diplôme) que le correcteur d’imprimerie ou même le secrétaire de rédaction (S.R) à la française. Ici aussi le hasard s’en mêle puisque sans savoir cela, je propose aux auteurs que je croise de réviser leur texte. Je trouve le mot plus beau et mes révisions prennent souvent l’allure d’un dialogue avec l’écrivain concerné.

Maintenant qu’on arrive à la fin, Jean-Loup Chiflet vous tend sa carte de visite, un autre délice du point de vue des mots auquel s’ajoute le plaisir du toucher puisque la carte est imprimée en relief.

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Maquillages au Bureau international du Travail (BIT), Genève, 2024

Retrouver le monde de Noël du BIT c’est comme retourner à la maison. Voici l’image de la carte de voeux que j’ai reçue :

Ici, vous avez le hall d’entrée du BIT:

Le traité de Versailles de 1919 a posé les principes de l’Organisation internationale du Travail. Sur fond de toile, il y avait la conviction qu’une paix universelle ne pouvait se bâtir que sur la base d’une justice sociale.

Le BIT est le siège de l’organisation. J’y ai travaillé pendant des années dans divers départements, allant de Emploi à Égalité de traitement en passant par Maritime, le Syndicat, la Bibliothèque et les conférences annuelles, entre autres. Ce couloir, à mon époque sans tapis, est plein de pas de personnalités qui ont oeuvré pour le bien commun. Dire aussi que ce bâtiment commencé en 1969 et fini en 1974 a été le plus gros chantier suisse est quelque chose de symbolique ! On ne peut aussi que remercier Albert Thomas, le premier directeur du BIT, d’avoir choisi et imposé Genève comme siège de l’organisation ! Dans la photo, vous voyez l’enfilade des colonnes cruciformes – à l’envers des colonnes habituelles ; ce passage vous met dans un état d’esprit très spécial. C’est au-delà de ce qu’on voit que se passe la fête de Noël.

C’est ma place. On ne m’y voit pas parce que je fais la photo…
Cela fait des années que je maquille ces adolescentes, autrefois des enfants. Maintenant, elles s’occupent des « petits ». L’une d’elles m’a dit que chaque année, elle se fait faire une photo avec le maquillage et qu’elle en a une collection ! C’est un cadeau de participer de l’histoire de générations qui nous suivent. C’est aussi une marque de confiance et cela est précieux.

Le four et le moulin ? Eh bien ! On ne peut être à deux places en même temps. Je n’ai pas eu le temps de prendre plus de photos parce qu’il y avait la queue…

Conversations. Plus je pratique ce métier, et plus je me dis qu’il se compose d’un ensemble de choses : j’ai bien mon style, mais je ne sais jamais ce que je vais faire avant d’avoir la personne assise devant moi, le dos bien droit. Sinon, il ne se passe rien. Alors, quand des enfants me demandent ce que je vais leur faire… Je les tranquillise en leur disant que si le maquillage ne leur plaît pas, comme il est à l’eau, on pourra vite l’enlever. Quand ils se regardent dans le miroir… C’est l’étonnement et les yeux qui pétillent. L’une des enfants est venue vers moi, s’est assise et m’a dit : « Je t’ai reconnue ». Elle ne doit pas avoir six ans. C’est si touchant ! Une autre était inquiète parce que le maquillage n’allait pas sortir bien. Je l’ai rassurée et demandé ce qu’elle aimait à l’école. Elle aime je ne sais plus quoi et les maths. Là, le maquillage a pris un sens : tout était clair, en ordre et il m’a semblé que le front de la fillette rayonnait. Une autre avait l’air un peu, disons, lointain. Je lui ai demandé si les gens disaient d’elle qu’elle était timide. – Non. – Mmmm… Est-ce que tu dis tout ce que tu penses ou tu gardes bien des choses en toi ? – Oui ! – Eh, bien, tous ces trésors, tu les vois là, dans ton maquillage. La fillette a eu un sourire de soulagement en se regardant dans le miroir et une lueur est passée dans ses yeux. Ensuite, j’ai conversé avec le photographe, mais il faudra que je demande son nom. Son père, Etttore Brero, avait travaillé au Syndicat ; je l’ai connu bien que je n’ai pas travaillé avec lui, mais on avait bien des connaissances en commun et cela a resserré les liens.

Remerciements. Faute d’autres photos, je finis avec les remerciements qui me touchent profondément. Je remercie à mon tour l’équipe des lutins qui pense à moi à cette période et inclus Caroline et Jane absentes cette année.

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