Les histoires de Roger Peeters.1

Ces histoires, Roger me les raconte quand on est dans mon studio de danse la Cave perdue. Ce studio a déjà une histoire et continue à s’enrichir d’histoires. Parfois, quand je regarde ma Cave perdue, j’ai l’impression qu’elle vit.

Roger a tout le temps quelque chose à raconter. Cette fois-ci on parle d’argent, de valeurs humaines, d’or, de diamants, de rubis et d’aluminium.

Je dis à Roger que notre civilisation n’a peut-être pas pris la bonne direction :

– Tout est ramené à une valeur marchande, à l’argent. Or l’espèce sonnante et trébuchante a été inventée par l’être humain. Elle n’est pas disponible dans la nature. La terre produit des fruits, des légumes, pas de monnaie.

– Tout est une question de rareté et d’utilité. L’un des métaux les plus chers est l’or.

– C’est ce que j’ai entendu en économie politique. Mais, l’exemple de l’or est intéressant. Je me dis que sa brillance doit rappeler celle du soleil et là le symbolisme astral joue un rôle déterminant…

– S’il y avait de l’or partout, il n’aurait plus la même valeur.

– Si, par exemple, il y avait eu très peu de charbon, il aurait pu prendre la première place.

–: Oui. Est-ce que je vous ai raconté l’histoire du diamant ?

– Non…

– Le diamant a été considéré comme une pierre rare malgré les grandes réserves minées et mises en stock par l’entreprise monopolistique de Beers d’Afrique du Sud. Puis, on est arrivé à faire le diamant synthétique et là…

– Pas de différence entre le diamant naturel et le fabriqué ?

– Un diamant pur valait très cher, mais souvent il a quelques imperfections, alors que le diamant synthétique n’en a jamais, il est toujours pur. Cela a fait que le prix du diamant a commencé à descendre.

– Mon Dieu ! Alors, ceux qui avaient investi dans les diamants…

– Oui, et les réserves de l’entreprise sont énormes. Leur politique de gestion, rareté artificielle, maintenait les prix hauts. Mais, voilà, tout est relatif. Il s’est passé la même chose avec le rubis.

– Oui, je sais, on utilise le rubis synthétique dans l’horlogerie. Vous m’aviez raconté. Le premier à avoir pensé au rubis a été un astronome bâlois, Nicolas Fatio de Duillier, qui de Paris s’était réfugié en Angleterre. La vertu du rubis a été de prolonger la durée de vie et d’améliorer la précision de la montre. Il a fait breveter son invention de perçage du rubis à Londres en 1704. Tout de même, le prix était élevé et c’est le chimiste français Auguste Verneuil qui en 1902 dévoile comment produire du rubis par fusion. Je crois bien que sa méthode est toujours d’actualité.

– Vous connaissez l’obélisque de Washington ?

– Non…

– C’est un monument en l’honneur de George Washington, le premier président des États-Unis. À l’époque, l’aluminium était un matériau très rare et très cher, plus cher que l’or, et donc le pyramidion a été fait en aluminium pour donner encore une valeur symbolique à l’obélisque. Or, aujourd’hui, l’aluminium est très bon marché…

Et on retrouve le début de notre conversation, à savoir la valeur qu’on prête aux choses… Je me demande ce qu’en pense George W.

Sur fond de champagne et de caviar. La rencontre d’aujourd’hui a été improvisée. C’est Roger qui a régalé et on s’est dit sans se le dire que l’on buvait à un futur prospère. D’une certaine façon, on a lancé une bouteille à la mer du destin.

J’ai envoyé l’article à Chambaron, mon expert en français. Il répond à toutes mes questions, vraiment à toutes. Il a l’avantage aussi d’avoir un esprit très riche et a qualifié le dialogue écrit de socratique. Oui, il y a quelque chose de cela, on a mis en évidence des contradictions sociales et mis à nu la réalité. Il me dit aussi que lorsque l’homme Sapiens s’est sédentarisé grâce à la stabilité climatique, il a commencé à faire des échanges avec ses voisins et des prévisions dépassant l’année ; ensuite ce sont les métaux que l’on a utilisé pour faire les échanges, puis est venu le papier monnaie afin de faciliter les opérations. Mais déjà à l’époque romaine, on avait créé de la monnaie fiat ou fiduciaire, c’est-à-dire, une monnaie dont la valeur était dictée par le gouvernement et à laquelle le peuple accordait la confiance ce qui impliquait qu’il croyait qu’elle représentait une valeur. Cela a duré des millénaires, jusqu’à l’invention du crédit s’appuyant sur une autre croyance, celle dans le progrès et l’augmentation de richesses qu’on anticipe. Tout cela est l’invention de l’homme. C’est quand même curieux que l’on oublie les croyances spirituelles et qu’on accorde sa croyance à des papiers, des écritures… Tout ce que je sais, c’est que si tout le monde voulait retirer son argent de la banque, il n’y aurait pas assez de monnaie ni de biens de garantie.

Autre chose dans ce dialogue : les remerciements à ceux qui ont introduit quelque chose d’intéressant pour le bien de tous dans ce monde. C’est un exercice que je pratique souvent. Nous utilisons tant de choses sans remercier ceux qui ont été à leur début. C’est ainsi que j’ai raconté à Roger que dans un cours que je donne, j’ai parlé du début des chaussettes ; les premières chaussettes tricotées on les a trouvées en Égypte, du temps des pharaons, en 1400 av. J.-C. et la première machine à tricoter des chaussettes est due à un révérend écossais, William Lee, puis du kaléidoscope, trouvé par le physicien écossais David Brewster en 1816 qui, grâce à W. Lee et aux Français, portait des chaussettes ! (Je raconte cela ici).

Encore autre chose dans type d’article ; il a aussi la vertu de ramener à la surface de ma conscience un tas de sujets, de personnages, de lectures, de commentaires et c’est comme si je les avais à fleur dans mon esprit. Je trouve jolie l’image d’avoir des fleurs partout.

Les fleurs de l’esprit de Zully. J’ai montré l’article à Roger avant la publication et là… c’est reparti pour un tour de nouvelles choses. C’est ainsi que j’ai pu compléter l’historique de la valeur monétaire et Roger a trouvé moyen d’insérer l’influence du travail à la chaîne qui n’aurait jamais pu prendre place sans la fabrication en ligne d’abord, puis sans le recours aux pièces interchangeables. Il a évoqué les implications des premiers métiers à tisser, l’extraordinaire abondance énergétique due au charbon au xviiie siècle, les industrialisations qui s’ensuivirent et a mentionné la production de chronomètres et montres en masse par l’entreprise Waltham aux États-Unis avec ses effets sur l’industrie horlogère suisse. Comme on le voit, tous ces éléments sont liés et forment un tissu vivant au travers de l’homme ; une fois de plus, on en arrive au début de notre conversation : la valeur qu’on attribue aux choses.

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@Articulations – jouons avec elles.7

Une participante au cours me dit qu’elle a appris en dix leçons plus sur son corps que pendant toutes les années où elle a fait de la danse !

Le but du cours est de jouer avec ses articulations. S’il est intéressant de savoir que nous sommes composés de 300 à 400 articulations, cela dépend de la façon de les compter (le sacrum, par exemple, est composé de 5 vertèbres soudées), le plus important est de les faire bouger dans tous les sens. On le sait, une chambre de la maison qui n’est pas habitée se remplit de poussière, au moins. Il en va de même avec le corps. Or le corps est le reflet de nous-mêmes, de notre façon d’agir et de réagir, de la façon dont nous vivons. C’est simple et complexe à la fois, mais tout est lié, pas de doute.

Voici quelques données chiffrées au sujet de notre corps :

Non seulement il y a différentes façons de compter les os, par exemple, mais, selon les sources consultées, les quantités de muscles, ligaments varient aussi. Mais, l’ordre de grandeur est quand même semblable.

Données chiffrées : tous ces muscles, articulations, cellules ont leur vie presque autonome. Presque autonome parce qu’il faut bien se dire que si une personne a une certaine forme dans sa jambe c’est parce qu’une certaine vie l’habite. Il en va de même pour le visage, pour les mains, pour tout. Il est complexe de définir ce qu’est la vie, mais tant que nous sommes vivants, nous avons une façon d’agir et de réagir, ainsi que déjà dit, dans la vie. C’est cela qui est important. Nous pouvons pratiquer toutes les techniques de relaxation du monde, si on ne sait pas vivre les événements de la vie de façon harmonieuse, nous aurons des tensions. Je vous laisse réfléchir.

Façon de tenir le crayon. Ce qui est fascinant dans mon cours, ce n’est pas tant le contenu que ce que les participants apportent chacun avec son corps. C’est ainsi qu’à un certain moment, j’ai demandé à faire un dessin d’un mouvement afin de mieux le concevoir. Voilà qu’une participante se met à table, pour ainsi dire, prend son crayon et commence à dessiner. J’observe et demande si elle écrit toujours de cette façon parce qu’elle utilise nombre de muscles qui ne sont pas directement concernés par l’opération. « Ah, oui ! c’est vrai. Souvent, à la fin de la journée de travail, je suis fatiguée. »

Une illustration :

Si on n’est pas attentif, on ne remarque pas le problème vu de profil.

Une participante a les pieds plats. On ne le lui a pas dit dans les différents cours de danse ou de gymnastique orientale fréquentés. Cela me donne l’occasion de lui en parler et de voir ce qu’il est possible de faire. J’ai de la chance parce que cette personne est très sensible et sent tout de suite la différence. On regarde du côté des chaînes articulaires et musculaires et on s’approprie quelques étirements. C’est un travail à long terme. On a discuté de l’affaire depuis le début et après trois mois, elle me dit qu’il lui arrive très souvent de penser à ses pieds lorsqu’elle marche et à corriger automatiquement les points d’appui sur le pied. Pour moi c’est une victoire. Il n’y a rien de plus satisfaisant que de savoir que je peux apporter un mieux-être à quelqu’un. Je me dis que cela justifie mon existence !

Les articulations dans le corps et dans la vie. Si nous avons dans les 300 – 400 articulations articulaires et musculaires, nous avons quantité d’éléments de la vie avec lesquels nous sommes en relation ou qui entrent en relation avec nous. J’en ai mis quelques-uns, quelques-uns dont on a parlé pendant le cours dans l’image ci-dessous.

Essence est le squelette qui m’accompagne dans tous mes cours.

Comme vous le voyez, on a quasiment refait le monde ! Non, on ne peut pas avoir un monde conforme à nos désirs parce que nous sommes tous différents et que nous ignorons tant de choses, mais nous pouvons avoir un oeil conscient, soit une articulation vivante. Une articulation physique ne peut pas faire des mouvements dans tous les sens et c’est pourquoi on a des os agencés d’une façon ou d’une autre. Il en va de même dans notre vie.

Des jeunes gens du canton de Schwytz et les articulations de la vie. Je montais par la rue du Château à mon studio et entends parler du suisse-allemand. Je dis : « Quand on est à Neuchâtel, on parle en français ! » , regarde les jeunes gens et leur souris. L’un d’eux me dit : « Vous pourriez répondre à des questions ? Ce sera dix minutes ». Je lui dis que oui et que si lui et ses copains viennent avec moi, ils verront une belle salle où j’enseigne et présente des spectacles. Comme je vais donner un cours, il y aura bien quelqu’un d’autre qui pourra répondre aussi aux questions. Ils ne s’attendaient pas à trouver une salle si intéressante, ils ont regardé les tableaux, les costumes suspendus et on a répondu au questionnaire.

L’une des questions a été : – Combien de langues parlez-vous ? – … Sept -– Sept ? Lesquelles ? – Le français, le roumain, l’espagnol, l’anglais, l’italien, le russe, l’allemand. – Le russe ? Je suis né à Saint-Pétersbourg ! dit le jeune homme. Alors, on a parlé un peu en russe, mais, dit-il, je suis arrivé à l’âge de cinq ans ici et je parle le suisse-allemand. Je lui ai montré des photos et costumes de danseurs russes et le tableau avec le nom de tous les danseurs et professeurs du théâtre Mariinsky ramené de la fois où j’ai passé un mois à Saint-Pétersbourg. Cela a quand même créé un lien, renforcé une articulation, l’articulation que j’ai avec le russe, Quand j’entends cette langue, c’est comme si c’était la langue de l’amour. Pourquoi aime-t-on une chose, quelqu’un ? Je n’ai pas de réponse, c’est un fait. Alors, voilà comment est née l’articulation d’élèves qui améliorent leur français avec des participants à un cours à Neuchâtel. Moralité : les articulations sont partout !

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Histoire de dents

Tout ce que je rapporte, je l’ai appris de la part d’une ostéopathe. Je la remercie parce que j’ai pu aider plusieurs personnes.

Nous vivons dans une société qui attache beaucoup d’importance à l’extérieur et les dentistes ont pensé à mettre des bagues et autres appareils pour aligner les dents. Ce travail se fait, en général, pendant la croissance.

C’est ainsi que le dentiste scolaire a dit à l’une de mes élèves de douze ans de porter un appareil afin d’aligner les dents et de donner de la place à celles qui n’arrivaient pas à pousser. Elle m’a raconté l’affaire et dit qu’elle n’en avait pas envie, qu’il faisait mal. Elle avait raison, un appareil force les dents, les dents sont collées au crâne, le crâne abrite le cerveau et tant les oreilles que les yeux, le nez, la parole, la personnalité de la personne sont affectés. D’ailleurs, le document que les parents signent mentionne que ledit appareil peut affecter la vue, l’odorat, l’ouïe, le parler, le goût. Mais, on ne fait pas attention à cela, le papier étant officiel, les parents signent sans tout lire.

En principe, le traitement dure quelques années et lorsque la personne atteint l’âge adulte, 18 ans, en général, on lui enlève les bagues. Afin de s’assurer que les dents ne reprendront plus leur place initiale, le dentiste met des cercles métalliques derrière les dents pour le restant de la vie du patient afin de les fixer. En effet, les dentistes avaient remarqué, quelques années après la mise en route de la pratique, que chez la plupart des adolescents auxquels on enlevait bagues et gouttières, les dents reprenaient leur place. Pas chez tous les patients et c’est cela qui est intéressant. Cela a à voir avec la façon dont la personne vit sa vie. Nous avons tous une façon ou une autre de réagir aux événements et même de les créer. Cela va de pair avec le corps.

J’ai expliqué à mon élève que le corps fait un tout et que toutes les parties sont donc liées. Les dents poussent en dernier dans le corps et ce en fonction de la disposition des tissus et des os. Tant que le reste du corps n’a pas suivi… les dents reprennent leur place.  

L’ostéopathe que j’avais consultée a travaillé une séance avec mon élève et nous a montré le genre d’exercices à faire quotidiennement.

Mon élève avait douze ans à l’époque et si elle n’avait pas envie de porter un appareil, l’assiduité des exercices journaliers ne lui était pas… familière. Aussi, au bout d’un moment, tous les soirs, pendant près d’une année, j’ai téléphoné pour rappeler la chose et mon élève, tout comme ses parents, a été d’accord. Ce point est extrêmement important.

De plus, elle venait au cours de danse et nous faisions d’autres exercices qui aidaient le corps.

Un peu plus d’une année après. Pour la grande joie de mon élève, le dentiste a noté des changements dans la bouche, dit que ses dents s’étaient bien alignées en haut et qu’un appareil n’était plus nécessaire. Il restait encore un travail à faire pour les dents d’en bas, mais le plus gros était passé. Le dentiste ne s’est pas posé de questions et n’a pas posé de questions à mon élève non plus. Nous n’avons pas insisté. Les parents ont économisé plus de 10’000.- francs. Mais, le plus important est que le crâne n’a pas été forcé et qu’aucun des effets mentionnés plus haut n’a eu lieu. C’est précieux !

Voici quelques photos :

Le travail s’est fait à long terme. Si pendant près d’une année, le travail a été quotidien, ensuite, cela s’est fait à raison d’environ quatre fois par semaine.

L’ostéopathe consultée et les ostéopathes actuels. Mon ostéopathe considérait le corps comme un tout, une unité et c’est pour cela qu’elle a obtenu le résultat que vous voyez. Mon ostéopathe a quitté le pays et j’ai discuté avec des dentistes. Certains travaillent avec des ostéopathes qui sont formés pour accompagner le travail des dentistes ; leur rôle est de faire diminuer les douleurs sur le crâne. C’est bien différent du travail de l’ostéopathe que je connaissais. Mais, comme tout évolue très vite, je vais vérifier auprès d’une institution qui forme des ostéopathes.

Photos d’un crâne :

Le crâne transformé. On ne peut être catégorique parce que parfois les « accidents de la vie » nous amènent de belles choses. Mais, dans le cas présent, le crâne transformé ne permet plus à l’idée jaune qui est en l’air d’entrer dans le cerveau, elle est trop longue. De même avec la verte. Quant à la violette, elle ne sait que faire parque aucune autre ne lui ressemble. Peut-être aussi qu’elles sont en train de s’en aller… La vie n’est pas une expérience où l’on peut la reprendre au point zéro et on doit se garder d’être catégorique, mais le fait de savoir que le corps est une unité et que les éléments d’ici sont en liaison avec ceux de là-bas… laisse à réfléchir.

Les dents et le français. Je saisis toute occasion pour parler de l’une de mes passions et activités : la langue française et voilà que cet article m’offre une occasion de le faire. Il s’agit des mots denture et dentition ; la plupart des gens parlent du second mot et ignorent le premier. La dentition est la parution, la poussée des dents que ce soit celles de lait ou les définitives. Lorsqu’on parle de l’ensemble des dents d’une personne ou d’un animal, on devrait parler de denture. Une personne a donc une belle denture et pas une belle dentition. Je suis tombée l’autre jour sur la plateforme de Sophie Viguier, correctrice, qui a rédigé un joli billet sur le sujet ; c’est tellement bien rédigé, que je lui ai demandé si je pouvais le citer. Elle vient de me donner son accord.

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Dialogue avec une élève de danse de 17 ans.2

Que dire quand vous entendez une élève vous dire :

Ensuite, elle a fait le geste avec la main comme si elle contournait des obstacles.

Elle a ajouté qu’elle avait appris de moi à ne pas avoir de préjugés, à ne pas imaginer que l’autre pensait ceci ou cela et qu’il faut toujours s’assurer que ce qu’on sent, perçoit, pense correspond à l’intention de l’autre. L’autre agit parfois sans se rendre compte, ou n’a pas imaginé la portée de ses mots, de ses actes.

Le système scolaire : « Je suis minimaliste – ce que le prof veut ne correspond pas toujours à ce que je vois – je suis impulsive – j’aime trouver mon propre chemin et cela ne fait rien si je n’ai pas de bonnes notes, alors que je sais tout « . C’est sorti d’un trait et je ne peux rien ajouter. Mon élève est une fille intelligente, bien des fois je lui ai dit que je discutais avec elle de sujets dont je ne discutais pas avec des adultes. Pourquoi ? demandait-elle. Ma réponse était alors la même : « Question d’ouverture d’esprit, tu as une grande maturité. »

Elle aime enseigner… Je dis que lorsque j’enseigne, j’ai souvent l’impression que c’est moi qui m’enrichis, qu’enfin j’ai réellement compris.

Ce n’est pas seulement cela, dis-je. Bien sûr qu’il faut bien connaître son sujet, mais quand j’explique, je me mets dans la tête de l’autre pour trouver la porte qui peut s’ouvrir ou qui est déjà ouverte et qui me laisse passer ; une fois le seuil passé, les explications viennent avec les mots de l’autre et c’est cela qui m’enrichit ; j’ai une autre façon de comprendre la chose. Cela me donne l’impression que c’est nouveau et me procure en plus une grande joie. Lorsque les gens me remercient pour mes explications, je réponds que je n’ai fait que mettre en lumière ce qui était chez eux. On le sait, il ne sert à rien d’expliquer quelque chose à quelqu’un qui ne le veut pas.

Au sujet des spectacles. Lors de l’un de nos derniers spectacles, elle a dit que puisque c’était des danses qu’on avait tellement exécutées, qu’on les savait par coeur et qu’une seule répétition, juste avant le spectacle, allait suffire. Je n’ai rien dit, mais j’ai travaillé de mon côté. Le jour de la répétition, elle dit :

Le professeur doit savoir se taire par moments : j’ai laissé mon élève faire son expérience et elle a compris mieux que si je lui avais dit quoi et comment faire !

Mon élève a pris son envol une année après. C’est un moment difficile, je pense parfois aux parents qui voient leur enfant partir de la maison, mais je suis rassurée parce qu’elle a appris a danser aussi avec la vie.

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Enseignement

Transmettre, comprendre l’autre et l’enrichir, lui ouvrir des portes, le renforcer est une passion chez moi.

Tous les cours ont un contenu personnalisé et qui peut être utilisé tout de suite.

Cours donnés dans le cadre du Service des sports de la Ville, Midi Tonus

Ateliers et formations pour renforcer l’esprit d’équipe dans des entreprises ou clubs

Pour les soirées d’entreprise ou événements tels que les anniversaires, mariages, fêtes

Pour les cours ou activités extra-scolaires (Passeport vacances), se rapporter ici.

Les animaux pensent-ils ?

Je rencontre un ami qui me raconte l’histoire d’un grèbe et je lui raconte certaines de celles de ms oiseaux.

Disons d’emblée que les animaux communiquent entre eux. Ils avertissent leurs congénères lorsqu’il y a danger, lorsqu’ils trouvent à manger et encore un tas de choses que j’ignore. Tout dernièrement, j’ai hérité de deux canaris qui avaient habité dans un garage. Les miens habitent dans une volière avec une sortie permanente sur le balcon. Quand les deux canaris sont arrivés et ont commencé à chanter, j’ai entendu des sons que mes canaris n’émettaient pas. Peu de temps après, ils les ont aussi chantés. Quelle était l’information ? Je n’en sais rien, mais les « nouveaux » canaris ont rapidement fait partie de la grande famille et je n’ai jamais vu de querelle.

Je reprends l’histoire du grèbe qu’un ami m’a racontée. Voici ce qu’il m’avait dit : il se trouvait sur son canoë lorsqu’il a vu un grèbe qui régulièrement plongeait et émergeait sans rien dans le bec et qui ensuite le regardait. À un moment donné, l’ami, compatissant, hausse les épaules et soupire. Vous avez deviné la suite : le grèbe a aussi haussé les épaules et soupiré !

Scooby, le chien de mes voisins. Les voisins de mon studio de danse ont hérité d’un chien qui a une histoire particulière et qui émet un son spécifiquement pour moi. Quand il sent que je suis dans les parages, sans me voir puisqu’il est à l’intérieur de la maison, il l’émet. Les propriétaires m’ont dit que ce n’est que pour moi et pour personne d’autre. Ce n’est pas un aboiement, c’est un son de gorge. Je suis flatée. Il a un autre son, une sorte de « bof  » qu’il utilise lorsque je frappe à la porte pour que mes voisins l’ouvrent et je puisse le caresser mais que lesdits voisins sont absents. Il me signifie : « Ce n’est pas la peine ! » et il se tait. C’est magnifique !

Un papillon. Je me trouve dans mon lac et perçois dans l’eau un papillon qui se débat avec les pattes dans l’eau. Je regarde autour de moi, vois une branche, la mets sous les pattes du papillon et il s’y agrippe. Instinct de conservation diront certains. Oui, mais à un moment donné il doit s’être dit : « Ah, une branche pour me sauver ! ». Le lendemain, je retourne à la même place, je m’assieds pour ne garder que ma tenue de bain et voilà un papillon, de la même couleur, qui vient se poser sur ma chaussure. Vous direz ce que vous voudrez, pour moi, il me faisait signe ! Cela ne m’était jamais arrivé.

Une abeille. Là aussi, je la vois en train de se préparer pour rejoindre l’autre monde parce qu’elle repose sur l’eau du lac, sur le dos, les pattes en l’air. Je fais de même et elle s’agrippe. Je la pose sur une pierre ; elle met un temps assez long à s’en remettre et tout à coup prend son envol.

Une algue et une sorte de cafard. Je me trouve une autre fois dans l’eau et vois des algues qui me font signe. Ne me demandez pas comment je le sais, je le vois et le sens. Je les prends dans la main, me demande ce que je peux en faire… rien… mes canaris ne vont pas manger cette sorte et les remets dans l’eau. Tout de suite après, je vois une sorte de cafard qui s’agite dans l’eau. J’hésite parce que ces bestioles ne sont pas recommandables, puis, je me dis que la nature ne fait rien gratuitement et qu’elle doit servir à des choses que j’ignore. Je regarde pour voir s’il n’y a pas une branche… rien… mais les algues sont toujours là. Je les prends et la petite bête s’y agrippe. Je la dépose sur une pierre et elle s’en sort aussi. Je me sens soulagée et ne peux que remercier les algues.

Quant à mes canaris, les histoires sont nombreuses. Ces derniers jours, ils m’ont fait comprendre qu’il ne fallait pas trop remplir les piscines dans lesquelles ils se baignent. Normalement, je m’y prends à deux fois pour les remplir. J’avais fini le premier tour, si je puis dire, et voilà que des oiseaux viennent et montrent signe de vouloir se baigner ; ils trouvent qu’il y a assez d’eau et qu’il ne faut pas remplir à ras bord. C’est bien la première fois. Tout arrive ! Parfois, lorsque j’arrive dans la volière pour apporter quelque chose, j’en vois qui sont en train de boire ou de manger quelque chose, ils me regardent comme s’ils me disaient : « Est-ce que j’ai le temps de boire, de prendre une graine, de prencre une morce (bouchée) ? » Je leur dis, en général, qu’il sont le temps.

Autre exemple avec mes canaris. Lorsque je mets une salade qui a des grains de maïs, ils se précipitent sur ces derniers et j’ai l’impression qu’ils disent : « Ah, ça c’est bon ! ». Un animal ou une personne qui a très faim se précipite sur ce qu’on lui donne, mais ici le cas est différent ; les oiseaux lâchent ce qu’ils ont dans le bec pour aller prendre du maïs. Il arrive la même chose lorsque je mets des fleurs, des graminées ou certaines plantes. Le fait de lâcher une chose pour une autre implique un instant de réflexion même si elle n’a pas de mots. C’est comme l’intuition chez nous.

Encore un exemple , la confection des nids. Je propose la base, un panier vide et ils le remplissent à leur guise. Ils font montre de personnalité, parfaitement. Il y en a qui décorent, d’autres qui font juste le nécessaire, d’autres qui font tout du début à la fin et où ils veulent.

Les nids. Celui à gauche, tout en haut est fait par une oiselle spartiate ; elle a mis juste ce qui est nécessaire ; l’oiselle de droite aime le style baroque, fleuri, abondant, harmonieux, agréable ; le nid d’en bas a été construit sur les hauteurs et l’oiselle a mis du temps jusqu’é ce qu’il soit solide. Il est aussi joli et avec une décoration.

Alors, les animaux pensent-ils ? Les gens confondent souvent le fait de parler avec la pensée. Ce n’est pas parce que les animaux ne parlent pas avec nos vocables qu’ils ne pensent pas. Dans Sciences humaines, je trouve : « La pensée animale est proche de la pensée humaine pour certaines capacités liées à la représentation, à l’abstraction et même au raisonnement. Il n’en est pas de même pour des processus cognitifs plus élaborés comme le langage ». D’autre part, on le voit, au cours de notre histoire, des peuples ont eu des civilisations différentes, des langages différents, des moyens de communication différents. Les expériences avec mes oiseaux et ce que racontent les personnes qui vivent avec des animaux vous diront que les animaux pensent. Nous mêmes, nous sommes incapables de dire comment une pensée nous vient. Je le dis souvent, ce n’est pas parce que nous avons mangé quelque chose de sucré que notre pensée est sucrée… Une chose est certaine, lorsqu’une pensée nous visite, notre cerveau s’agite. Une fois la vie partie… il n’y a plus de pensée, tout comme chez nos amis les animaux.

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Les pieds en promenade

C’est la session d’automne du cours que je donne au sein de Midi Tonus. Il y est question des pieds et voilà ce que cela donne cette fois-ci !

Les pieds. Une fois qu’on les a massés, fouillés, triturés, tournés dans tous les sens, ils peuvent aller en promenade !

Par échelle (ici une double), on peut comprendre l’échelle sociale, l’échelle de la vie, l’échelle de la paix… Il y en a tout plein !
C’est comme le jeu des différences : quelles sont celles avec la photo au-dessus ?

Le jeu des différences, résultat :

Les chaussettes : je suis toujours admirative des personnes qui ont créé, inventé des choses qui nous rendent service. Il en va ainsi des chaussettes. Elles nous permettent tant de choses. Dans le cas présent, elles tiennent au chaud, entre autres, les méridiens qu’on a visités, six pour être précise. Six, donc, avec un point dit point de source parce que l’on peut stimuler lesdits méridiens à cet endroit, soit parce que c’est le début du trajet soit parce que c’est sa fin. Je trouve aussi cela intéressant, stimuler quelque chose au départ ou à l’arrivée ce qui symboliquement peut vouloir dire quand il commence ou quand il finit son parcours. On peut stimuler son départ et on peut soulager son arrivée. Il devrait en aller ainsi dans la vie.

Première machine industrielle. J’ai une participante qui me demande de temps à autre quelle est la relation entre ce que je dis et le cours sur les pieds… C’est que je trouve tout intéressant et que nos pieds, dans le cas présent, portent des chaussettes grâce à celui qui en a eu l’idée, à celui qui l’a reprise, l’a améliorée, à celui qui transporte les chaussettes, à celui qui les vend, etc. C’est finalement un arbre ! Je viens d’apprendre que les premières chaussettes trouvées l’ont été au Danemark (sorte de chaussettes, car plutôt des protections des pieds), alors que les premières vraies chaussettes tricotées , on les a trouvées dans un sarcophage du temps des pharaons en 1400 avant J.-C. Mais on doit sauter jusqu’en 1589 quand le révérend William Lee, désirant aider sa femme à passer moins de temps à tricoter des chaussettes conçoit une machine, qu’il n’a pu avoir son brevet en Angleterre et que c’est le Français Jean Hindret qui lui redonne vie, vers les années 1660, via la première manufacture de bas de soie qu’il crée au monde ! Tout comme pour les chaussures, au début il n’y eut pas de différence entre la chaussette masculine et la féminine. J’en reviens au révérend anglais et fais le lien avec l’échelle de nos photos précédentes. Il a gravi les… vous devinez… ? les échelons ! Soit les traverses qui relient les barreaux ou montants. Et voilà l’origine de l’expression : Gravir les échelons. N’est-ce pas magnifique ?

Bien des informations proviennent du site Chaussettes.ch. J’ai parlé avec monsieur Bilat qui m’a dit que c’est lui qui a fait la recherche. Je l’ai félicité.

Complément d’information : le révérend a fait une paire de chaussettes pour la reine Elisabeth I et lui a fait part de sa machine et de l’avantage qu’elle présentait. On le sait, Elisabeth I a été une femme remarquable et si elle a remercié le révérend-entrepreneur, elle n’a pas donné l’autorisation de reproduire la machine parce qu’elle aurait supprimé bien des emplois ! C’est une attitude tellement surprenante à cette époque… et dont on devrait s’inspirer… qu’elle me coupe le souffle. C’est donc en France que la machine a vu le jour avec l’effet de la suppression de revenus pour bien des personnes. La vie est compliquée et on ne sait ce qu’on aurait pris comme décision si on avait vécu à l’époque. Le principal dans mon cours est de se dire que quelqu’un a pensé à protéger les pieds et qu’on leur doit une partie de notre bien-être.

Je retombe sur mes pieds ! Je veux dire par là qu’il y a un lien avec le sens du cours. Le langage est le moyen qui nous permet de communiquer en nous servant d’un code commun. Lors de la session précédente, nous avions gardé les expressions liées aux pieds qui pouvaient nous aider à avancer dans la vie et avons évité celles liées à des problèmes. Voici donc que l’origine des chaussettes nous permet de nous enrichir :

Gravir les échelons. c’est parcourir progressivement les différentes étapes qui nous permettent d’avancer. Il y a bien des façons de le faire, on le voit sur la photo !

Le kaléidoscope de la vie

La roue de la vie. En faisant le montage, je me rends compte qu’il ressemble à la roue de la vie : la vie tourne, la vie change et c’est l’égal d’un kaléidoscope dans lequel nous nous devons de rester nous-mêmes, quelle que soit la situation.

Wikipédia. Après avoir joué avec les images, composé la photo et laissé naître le mot kaléidoscope dans mon esprit, je me tourne vers Wikipédia qui rappelle que ce mot vient de trois mots grecs :  » kalos, « beau », eidos « image », et skopein « regarder ». On l’a vu avec les chaussettes, ici aussi, je me demande qui je dois remercier pour avoir iventé cet instrument et c’est l’Écossais Sir David Brewster, un physicien, qui en 1816 (il portait déjà des chaussettes !) l’a inventé. En fait, il faisait des études sur la polarisation de la lumière par réflexion et le kaléidoscope lui est « tombé sous les yeux » pour ainsi dire. Voici une phrase qui dit autrement (c’est un vrai jeu de kaléidoscope) ce que je dis dans le paragraphe au-dessus .  » Il (le kaléidoscope) donne ainsi une figure réconciliant les termes apparemment opposés de la permanence et du changement, de l’identité et de la différence. » Le kaléidoscope fascine parce s’il y a un nombre fini d’éléments dans un espace donné, les combinaisons sont incalculables. C’est aussi un symbole que l’on peut appliquer dans notre vie : reprendre nos affaires, au propre comme au figuré, leur donner d’autres places, les mettre en avant ou en retrait, les agencer différemment, c’est tout un monde ! Merci, David Brewster.

En l’occurrence, les pieds des participantes au cours sont toujours les leurs, mais ils sont plus mobiles, ont plus de liberté, ont gagné en présence. Je retombe une nouvelle fois sur mes pieds !

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M. Charles Frésard est allé rejoindre sa Gretel au ciel !

Même si je suis contente pour lui, j’ai un vide.

Vendredi 27 octobre, je vais chez monsieur Frésard lui apporter l’herbe pour son chat Max. Je la mets à la bonne place et m’assieds pour discuter un moment avec lui. Il me demande ce que je raconte de beau. Il aime que je lui raconte des choses qui vont bien et me dit souvent qu’il bien aime me voir. Cette dernière remarque ne vaut que parce que monsieur Frésard est un homme de goût et que comme il ne sort plus, je dois lui apporter un peu de couleur. Je lui dis que je révise le texte d’un ami médecin-écrivain qui va publier un livre sur Jeanne d’Arc et que j’y apprends plein de choses ; par exemple, le mot aujourd’hui. Au Moyen Âge, on disait « ce jour d’hui ». L’expert que je consulte, Chambaron, me dit qu’à l’époque on distinguait la journée (en opposition à la nuit mais aussi à hier et à demain) du jour calendaire (24 heures). Ce qui fait que le mot aujourd’hui est déjà un pléonasme et que ceux qui disent « au jour d’aujourd’hui » font une triple répétition ! On rit un moment, puis il me dit :

– Je suis au bout du rouleau. Je vais aller rejoindre Gretel.

– C’est une déclaration d’amour pour votre femme ! me suis-je exclamée. Si vous partez, vous viendrez me le dire. Il a souri et ajouté :

– Merci beaucoup pour tout, pour tout, pour tout.

À ce moment-là, j’étais sur le pas de la porte de la cuisine. Maintenant que je revis le moment, je me rends compte que le temps s’était suspendu pendant qu’il me remerciait. Il ne l’avait jamais fait de cette façon. Depuis que Gretel, sa femme, est partie cu ciel en juin de cette année, monsieur Frésard est devenu plus affectueux, plus démonstratif. J’ai pensé que sa femme lui soufflait des mots depuis l’autre dimension. Pourquoi ? Monsieur Frésard était un homme très poli, droit, aimant les bonnes manières , les belles choses, mais il était chef dans l’âme. Je le lui ai dit une fois qu’il me disait qu’il allait prendre des dispositions pour aller finir sa vie dans un home. Pour moi, c’était impensable :

C’est la dernière photo que je lui ai prise (juin 2023).

– Mais non, monsieur Frésard, vous êtes un chef dans l’âme, (il l’a aussi été avec moi !) vous avez été le chef de tous les domaines de votre vie. Un home n’est pas un endroit pour vous, vous n’y avez aucune décision à prendre. Vous vous devez de finir chez vous. Il m’a écoutée avec attention et m’a dit : « Alors, je mourrai chez moi. »

Je reprends le moment où j’étais sur le pas de la porte. Je disais que le temps s’était suspendu. C’est effectivement ce qui s’est passé. Pendant ce moment-là, il était en train de me dire : « Je vous dis adieu. Je m’en vais ». Je ne l’ai compris qu’au moment où j’ai appris son départ. Ce genre d’expérience, je l’ai vécu de différentes façons, mais ce n’est toujours qu’après « le départ de la personne » que je peux le déchiffrer. Cela m’apaise et met les choses en place même si je ressens un vide. Quand même, ne plus revoir quelqu’un…

Le départ des êtres chers. Il arrive un moment dans la vie où l’on n’a plus envie de continuer et monsieur Frésard était dans ce cas. Je lui avais proposé deux ou trois choses pour qu’il retrouve un peu de forces, mais, j’avais compris qu’il partait.

Madame Brodard. Ce même jour, je lui ai dit que madame Brodard s’était rendue au ciel. Il m’a dit : « La dame du marché, la femme de l’ancien postier ? J’ai eu quelques-uns de ses enfants à la bande des Armourins.  » Monsieur Frésard a toujours gardé sa tête en parfait état. Je viens de faire part à Marc, fils de madame Brodard, du départ de monsieur Frésard et il m’informe que la bande comptait 40 à 50 musiciens. Alors, que monsieur Frésard se rappelle, des années et des années après, du nom d’enfants qui sont passés dans ses listes, c’est à relever. Il faisait sa comptabilité comme un expert. On faisait mentalement le calcul des courses que je lui apportais. C’était remarquable. On avait du plaisir à le faire.

Arrivée de monsieur Frésard au ciel. Je dis « au ciel », mais ce doit être un changement de dimension. Ceux qui en parlent disent qu’il y a une lumière dorée, plein d’amour et que les êtres chers sont là pour vous accueillir. Alors, j’imagine l’arrivée de monsieur Frésard, tout comme si une ouverture temporelle me permettait de suivre la scène :

J’ai mis un fond rose parce qu’en fait M. Frésard était un romantique. Tous les samedis, il achetait des fleurs.

La Danse chinoise. Depuis que les amis Frésard sont venus voir le spectacle, à chaque fois que j’exécute cette danse, j’entends, à un certain moment de la musique, sa voix dire : « C’est beau ! ». Monsieur Frésard est un homme qui a beaucoup voyagé et beaucoup vu. Le fait de l’avoir touché est un privilège.

Monsieur Frésard et mes cours. Je donne un cours sur des percussions osseuses au sein du programme Midi Tonus du Service des sports de la Ville et monsieur Frésard m’avait fourni un témoignage absolument différent de tous ceux avec lesquels j’avais pratiqué la technique : il avait pu faire le vide en lui ! Vous trouverez un lien pour l’article à la fin de cette page.

Dans un jardin-souvenir. Lors de l’une de nos dernières conversations. monsieur Frésard m’avait dit qu’il venait d’aller déposer les cendres de feu sa femme dans le jardin-souvenir d’un ami. Il avait y avait aussi prévu sa place et dans la photo qu’il m’a montrée de l’endroit , on y voit un cerf. Cela a beaucoup touché monsieur Frésard. Il m’a dit : « Gretel est à l’air, loin de tout et le cerf lui rend visite » puis, il a souri. C’était un de ces moments où toute la tendresse de monsieur Frésard affleurait. J’ai un peu arrangé la photo, mais l’endroit où le couple se trouve est sous les pierres.

Merci monsieur Frésard ! Si je lui ai rendu des services, il m’en a aussi rendu parce que j’ai dû apprendre à couper les cheveux d’une dame (sa femme), d’un homme, (lui, et ce n’est pas la même chose), à réparer une télévision dont je ne comprenais pas le système, idem avec le téléphone, le câble électrique des lumières que je lui avais offertes une fois à Noël, etc. ; en bref, une série de choses que je n’avais jamais apprises mais du fait que monsieur Frésard se disait que je pouvais l’aider, je ne pouvais le décevoir et le ciel m’a apporté son aide. Ses amis, venus l’accueillir, le lui diront !

Le vide. Je reprends la coupe de cheveux. Je la faisais avec des ciseaux d’André, de gros ciseaux qui plaisaient aussi à monsieur Frésard. Il disait : « La semaine prochaine, vous venez avec vos ciseaux ! ». Cela voulait dire « Pourriez-vous me couper les cheveux la semaine prochaine avec les ciseaux d’André ? ». Je vous l’ai dit, monsieur Frésard était un chef et les autres des apprentis ! Cela tombait bien, j’ai toujours aimé être apprentie. Il était l’un des derniers liens avec la vie d’André. Mon monde se désagrège.

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Madame Brodard s’en est allée au marché du ciel !

Mme Brodard était un personnage du marché de Neuchâtel.

Samedi passé, de retour de mon bain au lac, je rencontre au marché monsieur Jean-Daniel Pellet, père de Michaël, autres figures emblématiques de cet endroit que je qualifie comme racine de Neuchâtel (je reviendrai sur le sujet). On discute de la température de l’eau, de la déclaration d’impôts (je suis en train de remplir la mienne), d’administration et tout à coup, il me dit : « Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de ma mère, elle aura 91 ans ! ». Madame Pellet, Hélène Pellet, ce que j’aime aussi cette dame ! Elle connaissait le nom de tous ses clients ainsi que celui de leurs conjoints et enfants. J’ai regretté qu’à cause de la pandémie elle ait dû s’éloigner. Elle n’est plus revenue, mais je me dis souvent que je vais aller lui rendre visite. Cette fois c’est décidé, au mois de novembre je me pointe chez elle ! Monsieur Pellet me dit qu’il pourrait venir me chercher. Je vais quand même lui éviter ce trajet. Rentrée à la maison, j’envoie encore un message par WhatsApp à Michaël pour souhaiter un bel anniversaire à la grand-mère. Michaël me répond et m’envoie l’annonce de décès de madame Brodard, survenu le jeudi 12 octobre de cette année 2023.

Lorsque les choses se lient les unes aux autres, comme dans le cas présent, c’est pour moi un signe indiscutable du fait que je suis au bon endroit et au bon moment. C’est comme si les dieux avaient envoyé plusieurs messagers pour me faire comprendre que le ciel avait ouvert ses portes à madame Brodard… mes canaris et moi lui devons tellement…

Pendant des années, Mme Brodard m’a apporté des graminées et toute sorte de fleurs pour mes canaris en volière. Parfois, elle me surprenait et me disait : « Essayez celles-ci, ils doivent aimer. » ou alors, en fin de journée, elle me disait : « Prenez encore ceci, je ne vais pas tout ramener à la maison. » Il m’est arrivé une fois de lui dire que les canaris n’avaient pas mangé les baies rouges qu’elle m’avait proposées à Noël (pas du houx, une autre sorte que les moineaux mangent volontiers, du cotoneaster) et elle a répondu : « Pourtant , ils aimaient avant !  » – »Oui, mais la génération actuelle… » – « Ah, les coquins ! » et elle a bougé la tête à sa façon tout en souriant. Quand elle a éprouvé des difficultés pour se déplacer, je suis devenue « livreuse de fleurs » pour une maraîchaire qui lui achetait des fleurs pour la maison ; j’ai aussi été « rameneuse de la tasse de café » qu’elle prenait au Charlot. J’aimais bien lui rendre un service ou un autre.

Les décisions politiques. Elles ont une incidence sur la vie du marché. On le sait, rien n’est éternel en ce bas monde. Tout de même, le marché est une racine de Neuchâtel qu’il ne faudrait pas déplacer : une fois à la place du Port, une fois devant la Poste, une fois à la rue du Seyon et à la place du Marché… les gens ne s’en sortent plus. La place du Marché, bien que rebaptisée place des Halles, porte bien son nom, elle est la place où le marché a lieu. Mais, les terrasses des cafés, restaurants et autres établissements publics ont eu le dessus : lorsque les propriétaires des terrasses ont demandé plus de place et que les maraîchers ont voulu faire valoir leur histoire, ils se sont entendu dire : « Vous n’êtes que locataires !  » À la Fête des vendanges on avait le marché ; depuis qu’il y a une nouvelle tente qui n’a pas prévu je ne sais quoi, le marché ne peut plus avoir lieu. C’est ainsi que madame Brodard s’est vue placée en haut de la rue du Seyon. C’est comme une plante que l’on déplace ; elle est perdue sans son terrain. Elle n’est pas la seule à m’avoir fait savoir que le chiffre d’affaires avait baissé et que le rapport avec les autres collègues et vendeurs lui manquait. Cela a été un sacré coup pour madame Brodard. C’est tout un monde qui a été disloqué. Je connais deux autres maraîchers qui ont arrêté de venir parce qu’ils n’arrivaient plus à s’en sortir. En principe, il ne devait plus y avoir de nouvelles terrasses, mais une autre a encore été ouverte. Aujourd’hui, j’ai demandé à un groupe de maraîchers si tout allait bien et on m’a répondu que par rapport à l’année précédente, ce n’était pas le cas. Certains me rétorquent que la ville est très animée les samedis, oui, mais les passants sont-il aussi des clients du marché ? Les constats à « courte vue » m’agacent !

J’ai encore cru que madame Brodard allait revenir. Je ne sais pas comment je vois les gens, mais je n’ai pas compris qu’elle n’allait pas revenir, de même que je me dis que je vais revoir madame Pellet. La dernière fois que nous avons parlé au téléphone, madame Brodard m’a dit : « La tête va, c’est le travail qui ne va plus ». La fois d’après, son mari, un homme toujours souriant et plein de bonnes histoires, m’a dit que sa femme se reposait. Voilà, elle a quitté ce monde pour voir le marché du ciel (au propre et au figuré !), je me dis.

Madame Brodard dans son dernier lit. Je vais lui rendre visite à Beauregard. Je vais à pied en pensant à elle. Tout à coup, mon regard est attiré par des plantes que mes oiseaux aiment. J’ai l’impression que madame Brodard me dit : « Voilà pour les oiseaux ! » Je la remercie parce que cette année a été plutôt sèche et que je trouve peu de plantes sauvages pour mes canaris. C’est une jolie surprise et je me dis que je les prendrai à mon retour. Finalement j’arrive chez elle et on passe un moment ensemble. Je lui ai dit au revoir de la part de maraîchers qui n’avaient pu se déplacer. Elle a l’air paisible ; lorsque je lui parle, j’ai l’impression d’entendre sa voix. Je suis émerveillée, une fois de plus de la Création : il y a des millions d’individus, tous avec deux yeux, un nez, une bouche et deux oreilles et pourtant nous sommes tous différents et avec une voix particulière. J’aime la voix de madame Brodard. Au retour, je dis aux canaris que les plantes sont un cadeau de sa part et ils chantent !

Le service funéraire. Il y a plein de monde à l’église Saint-Norbert de La Coudre. Je ne l’avais jamais vue et la trouve jolie, accueillante. Parmi les personnes présentes, j’en reconnais certaines qui vont au marché. Je trouve touchant que des clients soient fidèles jusqu’au bout. En effet, ce n’est pas parce que la vie professionnelle s’est arrêtée que la vie, tout court, s’arrête aussi. Les enfants et petits-enfants de madame Brodard parlent de l’affection qu’ils avaient pour elle et racontent des anecdotes. L’une d’elles m’a frappée parce que j’en connaissais un bout : il y a deux ans, monsieur Brodard, remplaçant au marché Mme Brodard, me dit qu’il se réjouissait du repas de Noël parce que sa femme faisait une sauce aux morilles absolument délicieuse ; voilà que l’une de ses petites-filles raconte que dans la famille « on » avait voulu faire du nouveau à Noël et donc la sauce aux morilles avait disparu. Elle a rapporté que les petits-enfants avaient mis les pieds au mur et réclamé la sauce. La chose avait été rétablie ! L’assistance a eu le sourire aux lèvres

Le texte qui suit. Il a été lu par Alexandre, le sixième fils et c’est Marc, le cinquième, qui me l’a fait parvenir, je n’ai fait que la mise en pages (l’expression s’utilise au pluriel !) :

Note : Ce texte est touchant et je relève la transmission de valeurs. Notre siècle devrait être une évolution, mais justement, bien des valeurs se perdent… C’est beau de les transmettre.

Après la cérémonie, nous sommes allés au restaurant-auberge de la Tène, à Marin. Je me suis trouvée à table avec cinq convives. Comme il se doit, lorsqu’on est à une table avec plusieurs personnes, il se forme des groupes. C’est ainsi que j’ai pu parler longuement avec deux d’entre eux : David Maurer, un jeune entrepreneur. Son entreprise s’appelle Colorix SA. J’ai eu une conversation absolument passionnante. J’aime ceux qui aiment leur métier, qui cherchent et trouvent de nouvelles façons de faire, qui apportent quelque chose aux autres. Au fur et à mesure que je l’entendais, je me disais que j’allais écrire un article sur lui sur ma plateforme. Je pense qu’il faut mettre en exergue des gens comme lui. On va fixer une date ; l’autre personne est un journaliste, Gabriel de Weck. Mon Dieu ! un de Weck ! J’ai eu l’impression d’avoir toute la dynastie devant moi. Lui aussi est passionné par son métier et la courtoisie fait un avec lui ; cela me fait du bien de savoir cela. J’ai eu l’impression d’être au paradis avec des gens aimant la vie. Il travaille à la RTS et l’on doit se revoir parce que sa mère parle le russe et que le russe est la langue qui me fait fondre. Pour le retour, il m’a conseillé, puisque j’avais du temps, d’aller un bout le long du lac. Cela faisait un bail que je n’avais fait ce trajet. J’ai bien fait de suivre ce conseil avisé parce que j’ai trouvé sur le chemin de belles et longues branches pour la volière de mes canaris. Une fois de plus, je me suis dit que madame Brodard me (nous) faisait un cadeau !

Marc Brodard. Il est venu à notre table un moment et nous a raconté qu’à Noël, ses frères, ses soeurs et lui recevaient un pijama, des chaussettes et des mandarines ! C’est tellement joli. Il a aussi dit que pour la Saint-Nicolas, ses enfants recevaient également un pijama ! À la prochaine Saint-Nicolas, je vais penser à ces pijamas. Marc, je le connais depuis qu’il était étudiant et on avait discuté une fois ou l’autre des branches qu’il aimait le plus et de celles qu’il aimait le moins. J’ai été contente quand j’ai su qu’il était entré aux CFF. J’ai un attachement particulier pour ceux qui y travaillent et ai écrit un article sur ma plateforme lorsque l‘agence de voyages CFF de Neuchâtel a fermé. Je lui ai demandé le texte lu à l’église et me l’a fait parvenir en ajoutant : « J’ai parcouru votre site et ai eu le plaisir de voir vos oiseaux pour la première fois après les avoir imaginés pendant près de 20 ans ! »

Les remerciements. Je pense que remercier est un acte extrêmement important. C’est la reconnaissance pour un service rendu, même pour un service qu’on a payé ; même pour l’argent reçu en échange d’un service offert. J’ai eu la chance de remercier madame Brodard sur ma plateforme à deux reprises : l’une concerne la description de « Des oiseaux à la maison « , activité que j’exerce avec les enfants du Passeport vacances et l’autre dans l’article consacré au marché. Mais, comme on ne remercie jamais assez, je la remercie une nouvelle fois. Ce d’autant qu’elle continuera à me procurer des plantes pour mes canaris. Comment ? C’est un miracle « naturel ». Le miracle est par essence surnaturel, mais dans le cas présent c’est différent : les solidago que madame Brodard m’a vendues-données (pour un très bas prix) se sont plu chez moi et ont décidé de se planter dans les pots de mon balcon. Aussi, à chaque fois que je ramasse une branche, je pense à elle. Si feu mon ami , André Oppel, était encore de ce monde, il la remercierait pour ses confitures aux oranges amères. Il les aimait tant !

Les voies du destin. C’est quand même curieux ! Je révise le texte d’un médecin-écrivain français qui me fait l’amitié de m’envoyer un livre qu’il va republier sous le titre « La Malédiction des Orléans » où il revisite l’histoire de Jeanne d’Arc et voilà que cherchant les liens des articles liés à mes canaris sur ma plateforeme, je retrouve celui d’un poème écrit par Joseph Delteil. Je me dis que c’est le moment de mettre un mot sur cet écrivain et je vois qu’il a publié un livre sur… Jeanne d’Arc !

L’instinct est quelque chose que l’on partage avec les animaux. Je suis toujours surprise, lorsque j’apporte une plante encore inconnue au bataillon, de voir les oiseaux aller juste au bon endroit pour trouver la graine, le nectar, etc. Le cas de la photo « Avant » et « Après » est le dernier exemple.

Un festival de plantes et de branches. Ces derniers jours ont été pleins de fleurs et de choses pour mes oiseaux. Je me dis que madame Brodard me fait signe, car comment expliquer que des jardiniers les aient coupées et laissées quelques jours sur place ?

La notion du temps : hors de notre dimension, le passé, le présent et le futur ne font qu’un ; raison our laquelle la diapositive faite il y a quelques années garde sa validité en cette année 2023.

Tous ces gens qui partent au ciel ! En un mois, j’en ai eu trois. C’est énorme. Je dois me dépêcher avec ma déclaration d’impôts et l’ordre dans différents domaines. Pourtant, j’ai souvent l’impression que la vie ne fait que commencer et me dis que je pourrais faire encore ceci ou cela…

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Spectacle pour Roger Peeters et son ami d’études Marcel

Marcel est venu en Suisse il y a quelques années et il voulait avoir de la peinture sur le corps. Il est le premier sur lequel j’ai fait du body painting. Un garçonnet de cinq ans qui passait par là, l’a appelé l' »Homme bleu ».

Chronos… le temps… Il passe si vite. Cela remonte à plus de trois ans… Je me réjouis de revoir Marcel qui vient rendre visite à Roger et invite les deux amis pour un spectacle. J’admire les personnes qui maintiennent vivants les liens pendant des années.

Public. J’ai un public de choix : Roger est ingénieur en mécanique, créateur de la montre « Hooke and Huygens« , un homme d’une grande culture et Marcel est un développeur de programmes avec un bon bagage culturel aussi.

Roger. Je suis fière de l’avoir rencontré et de participer, dans un toute petite mesure, à son aventure horlogère. Quand même, il a produit, pour la première fois dans l’histoire de l’horlogerie une montre en forme annulaire ! Inutile de préciser que son centre est vide et que le mouvement fait le cercle. Alors, si Roger a pensé que je pouvais lui tenir compagnie au stand de Genève quand il a montré publiquement sa montre… Ce n’est pas rien !

Spectacle. Il se passe très bien ; le public participe activement. J’ai des numéros interactifs et les échanges avec eux sont très intéressants et révélateurs ; je les garde pour moi. À la fin du spectacle, Marcel dit que cela a été magique. Il a beaucoup aimé la danse avec les voiles et Les Roses de Picardie. Quant à moi, le fait de danser pour un public, initié ou pas, me met dans un état de fébrilité et cette fois, j’ai senti tellement fort l’attention du public entrer dans les gestes que je faisais que je n’ai plus su où j’étais et pendant un moment, j’ai dû improviser. À la fin de la danse j’ai rappelé que mes spectacles sont intimistes et que dans l’intimité d’un cercle restreint comme celui d’une famille ou d’amis, il se passait des choses qui restaient entre nous. Cela m’a permis de dire que je m’étais perdue… « On n’a rien vu ! », ont-ils dit. – « Non, mais moi, je sais ». Alors, j’ai refait la danse. Dans les grands spectacles, il arrive toujours une chose ou une autre et la chose passe. Dans mon cas, je peux remettre la montre à l’heure (!), pour rester dans le langage horloger. Décidément, je suis bien neuchâteloise !

Après le spectacle. Nous avons bu du Mauler rosé avec un en-cas que j’avais préparé. Lorsque j’ai soulevé la nappe qui le recouvrait, Roger et Marcel ont été agréablement surpris.

J’aime le français et si certains écrivent « salle de bains », je suis le raisonnement de ceux qui pensent que si on écrit « salle d’eau », on doit écrire « salle de bain ».

La surprise ! Quand j’invite un public, je ne m’attends pas à recevoir de cadeau ; surtout pas de plante ! Je suis dans une période où je me demande où est mon rôle… Le fait de recevoir une plante est comme un signe du destin qui me dit que je suis responsable d’elle et que l’aventure continue.

Curieux. J’ai aussi reçu une plante, de la même couleur, rose, lors de mon dernier spectacle présenté aux membres du comité du Passeport vacances de Neuchâtel. Je dis curieux parce que ces temps-ci, chose nouvelle, je m’habille passablement en rose. Alors, peut-être que je vois la vie en rose et que la vie me voit aussi en rose !

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