Le magasin Marti Sports – commerce au centre-ville.13

Le paysage commercial de Neuchâtel ne cesse de changer. Je vais finir par me sentir étrangère dans ma propre ville ! Christian Marti prend sa retraite et Katia, sa femme, le suit. Mais, il y aura un repreneur que Christian connaît bien, il était représentant et lui vendait des chaussures de sport. Alors, c’est une chance pour la ville et Christian se dit aussi que ses clients seront entre de bonnes mains. Voilà un bon commerçant !

Le parcours de Christian.Il a fait son apprentissage de vendeur d’affaires de sport, travaillé chez Muller Sport et finalement s’est dit qu’il allait devenir son propre patron.

Début de son magasin en 1986. Christian Marti a repris le magasin de M. Bertschy, qui prenait sa retraite. À peine était-il installé qu’un monsieur qui désirait ouvrir un magasin de sports en ville lui a fait la proposition d’en devenir le gérant parce que, selon lui, dans un tel endroit il n’y avait pas de passage et qu’il fermerait boutique dans les deux ans !

Qui aura eu raison ? Il y a façon et façon de tenir son commerce : il y a celui qui fait tout le temps des calculs et il y a celui qui aime ses clients, qui prend son temps et pour lequel la satisfaction d’avoir fait la bonne chose compte plus. Christian fait partie de ces derniers et quand on va dans son magasin, il a toujours un mot pour vous, sait qui vous êtes, sur quelle planète vous vivez. De plus, il a un langage où la plaisanterie n’est jamais loin. On passe toujours un bon moment avec lui.

Ah, oui, qui aura eu raison ? L’aventure accompagne Christian jusqu’en 2024 ! Christian était d’accord avec le monsieur qui lui avait proposé la gérance de son commerce : divers autres magasins de sport vendaient des produits similaires et son endroit était ex-centré… mais, quand on a une passion, bien souvent l’intuition est là pour guider ; cela fait qu’il s’est dit qu’il allait se démarquer et, déjà à l’époque, il s’était spécialisé dans le conseil et les produits adaptés à ses clients. Cela a fait sa renommée et la clientèle est venue d’autres villes du canton, d’autres cantons et même depuis la France. Il n’y a rien à ajouter !

Effets de la politique de la Ville ? lui demandé-je. Je pose la question parce que je vois des effets et que plusieurs propriétaires ou gérants de magasin de Neuchâtel m’ont fait des réflexions ; voir notamment l’avis du propriétaire de l’ex Au pêcheur (paragraphe no 4 Les raisons ? ) qui avait été le magasin de pêche le plus ancien de toute la Suisse ! Il a dû fermer faute de clients qui autrefois venaient en voiture.

Screenshot

Les commandes en ligne : Les Marti ont raison. Cela m’échappe que la génération nouvelle, celle de l’écologie, commande des articles dans des tailles différentes pour n’en garder qu’une et renvoie le reste qui souvent n’est ni revendu ni recyclé. C’est tout un sujet à débattre car il implique : emplois – secteur commercial dans son entier (salaires, loyers des locaux, charges) – revenus d’une ville – service à la population locale – vie sociale tout court.

Les évaluations sur la Toile ? La notoriété sur les réseaux sociaux ? Il évite ce genre de choses parce que la clientèle attirée par ce type de publicité n’est pas celle qui correspond à ses critères. Il m’a donné l’exemple d’un restaurateur proche qui a gagné une étoile. Elle a généré une clientèle qui ne venait que pour évaluer le service, la façon de poser une chose ou une autre. Il n’avait plus sa clientèle qui venait goûter ses plats et son atmosphère.

Je remercie Christian qui m’a rendu service. J’accorde beaucoup d’intérêt aux pieds du fait que je donne des cours de danse classique et aussi sur le corps dans le cadre de Midi Tonus. Pour illustrer un cours uniquement destiné aux pieds, il m’a prêté les moules que voici :

Un pied plat, un normal et un troisième cambré. Ils me rendent bien service dans mes cours, car décrire une chose n’est pas la même chose que de la voir.

La fille de Christian et Katia a été mon élève. Je ne sais plus comment on s’est rencontrés, mais leur fille est venue à mes cours de danse et cela a créée un autre lien.

Je cours dans de bonnes chaussures. C’est aussi Christian et sa femme qui me procurent des chaussures pour que je sois à l’aise et ne me fasse pas mal aux articulations lorsque je cours le long du lac. Je les remercie de m’avoir écoutée et de m’avoir vendu les chaussures qu’il me fallait. J’ai eu de la chance d’en avoir trouvé encore une paire avant leur départ. Lors de mon achat on a discuté chaussures et j’ai dit que j’étais allée à Paris dans un magasin de chaussures pour m’acheter une belle paire mais que la gérante m’avait dit qu’elle avait restreint de beaucoup l’assortiment au profit de « tennis » parce que c’était ce que les gens portaient actuellement… C’est ce que je constate quand je regarde les gens dans la rue, dans le métro, dans les bureaux… Je trouve cela tellement dommage. Les gens peuvent avoir une certaine élégance dans leur coiffure, habit, ongles mais quand on arrive aux chaussures, c’est le désaccord total. Quand je vois un homme avec de belles chaussures en ville, je le lui dis. Christian ajoute que « maintenant, on vend des chaussures qu’il n’y a plus besoin de lacer ». C’est vrai, j’ai vu des réclames. Je ne sais comment ils font pour marcher, car si je n’ai pas mes chaussures lacées, mon pied n’est pas bien. Je le disais au début de cet article, mon paysage change !

Illustration du personnage : je suis passée dire à Christian que je serais présente à l’apéritif et que s’il a vait besoin d’un coup de main, je serais partante. Il a répondu que ce que je pouvais faire c’était : « Santé ! » et il la levé le bras comme s’il avait un verre. J’ai répondu que j’étais d’accord. Quand je suis arrivée, il expliquait à une cliente qu’il pouvait faire un moule du pied, adapter la chaussure et que même s’il y avait une incommodité quelconque par la suite, on pouvait toujours y remédier. Mon explication est courte, mais celui qui s’y connaît sait de quoi je parle. Et aujourd’hui, je sui passée devant son magasin pour lui dire qu’avec les chaussures dernièrement achetées, je courais comme dans un rêve et il a répondu : Vous avez couru 30 km en dix minutes ? – Comment le savez-vous ? ai-je dit après deux secondes – J’avais deviné ! Alors, à ce soir.

Katia Marti. Un remerciement particulier pour la femme de Christian qui a porté sur ses épaules toute l’administration. Son caractère est toujours resté le même, affable et chaleureux. Chapeau !

Apéritif d’au revoir et apéritif de bonjour : désirant avoir l’aval de Christian et de Katia pour la publication de cet article, je me vois invitée à l’apéritif qu’ils organisent :

On ne pouvait trouver meilleure façon de dire au revoir à une vie, à des clients et en même temps dire bonjour à une nouvelle vie et au nouveau gérant avec sa clientèle. Cela finit comme dans un conte de fées même si mon paysage change.

Liens vers des articles sur le commerce au centre-ville ou des personnalités de la ville :

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Jacques Collin a rejoint son étoile

J’ai eu la chance de le revoir une dernière fois en septembre. C’est Yann, son fils, qui m’a tenue au courant des déplacements de son père.

Les départs au ciel. Chacun a sa façon de vivre les événements. Dans le cas présent, je suis face à bien des incompréhensions, mais ce qui prime surtout c’est l’affection que j’avais pour Jacques. Ici, je ne sais plus comment écrire, il faudrait un temps verbal qui tienne compte du passé et du présent parce que j’éprouve toujours de l’affection mais d’une façon différente, plus apaisée mais aussi empreinte de tristesse parce qu’on ne va plus se revoir.

Dernière rencontre. Je lui avais rendu visite à Cluny l’année passée et en préparais une autre lorsque Yann m’a dit qu’il était parti à Versailles. J’ai dû attendre que les jeux olympiques soient passés. En préparant le voyage, je sentais que ce serait la dernière fois. J’ai été très contente de le revoir et lui de me voir. C’est une chance que d’être accepté dans le monde de l’autre. J’ai été très touchée par des mots qu’il m’a dits et surtout par sa préoccupation permanente : « il faudrait que tout le monde fasse du bien ». C’est quand même remarquable qu’au moment du départ, on pense aux autres. Nous nous sommes quittés les yeux dans les yeux.

Son dernier voyage. Jacques a quitté ce monde une dizaine de jours après. Je me suis dit que je voulais l’accompagner et ai pris le train. C’était sans compter avec une tempête qui avait déraciné des arbres et les avait semés sur la voie. Résultat, je suis arrivée à Paris à 14 h 15 au lieu de 10 h 06 et n’ai plus eu la possibilité de me déplacer à Versailles ; j’avais un billet aller-retour parce que j’avais un week-end chargé et que je ne pouvais déplacer mes activités. Mais, il y a eu une jolie surprise.

Mâcon-Loché. Le train avait du retard et au lieu de faire Frasne-Dijon-Paris a fait Frasne-Mâcon Loché-Paris. Alors pourquoi descendre au lieu de monter ou d’attendre ? Eh bien, c’est tout simplement parce que c’est là que Jacques est venu me chercher en voiture lorsque je lui ai rendu visite pour la première fois il y a quelques années. Cela a été sa façon de me faire un clin d’oeil. Lorsque j’ai expliqué le pourquoi de ce détour aux voyageurs de mon wagon, ils ont souri avec chaleur et pas un n’a trouvé mon explication hors de propos, même pas le contrôleur des billets !

On voit à gauche les escaliers que nous avons empruntés lors de mon retour chez moi. Jacques avait pris mon sac et avait dit : « Mon père m’a bien élevé ! »
La rose dans un vase chez moi

Avant mon départ, j’achète une rose. Le temps que j’achète mon billet de train, que je fasse un tas de choses et voilà qu’il était 18 h 30 mais par chance l’un des deux derniers magasins qui vendent des fleurs à Neuchâtel était encore ouvert. J’ai pris une rose blanche. Je l’ai mise dans un vase sur ma table (tout devant) qui a plein de choses, mais toutes indispensables au décor !

La rose a donc fait tout le voyage avec moi. Arrivée à Paris et ne pouvant plus aller à Versailles, j’ai cherché le contrôleur des billets qui m’avait dit regretter de ne pouvoir rien faire pour que j’arrive à bonne destination à temps. Comme il avait dû supporter pas mal de questions et de remarques de la part d’autres voyageurs, je me suis dit que la rose serait pour lui. J’ai mis un peu de temps à le trouver et la lui ai remise. Cela lui a fait plaisir et la rose s’est trouvé un nouveau destin.

Deux départs au ciel le même jour. Ce même lundi 16 septembre un autre ami, Ionel, a quitté Bucarest pour aller au ciel. Mais, tous les chemins menant à Rome, ils se sont rencontrés. Ils avaient peut-être ma carte de visite en commun. Ionel a vécu une vie simple, très simple et depuis des années ne portait que des habits de seconde main. Par chance, j’ai pu lui acheter, il y a quelques années, des choses neuves lorsque le magasin Garcin a liquidé sa marchandise avant de fermer. À son décès, la petite nièce de Ionel, Valentina a décidé de l’habiller des pieds à la tête avec des affaires neuves de toute beauté. Je raconte l’affaire ici. Alors, lorsqu’ils se sont rencontrés, Jacques a dit à Ionel qu’il avait un fort beau costume. Ce dernier lui a fait savoir que s’il voulait le même, il n’y avait pas de problème parce que là où ils se trouvaient il y en avait tant qu’on en voulait !

Spectacle. Le jeudi suivant, j’ai présenté l’un de mes spectacles intimistes de danse-théâtre à un groupe d’amis ; Jacques et Ionel sont venus dans leur belle tenue. Ils ont été aux premières loges entourés de lumière. C’était absolument magnifique.

Je me demande. Maintenant que j’écris l’article, je me rends compte que Jacques m’avait dit, lors de l’une des dernières fois que nous avions parlé au téléphone : « Si tu passes dans le coin, viens me voir ! » Mon autre ami Ionel m’avait aussi fait la même invitation. Aucun des deux ne me l’avait dit auparavant. Je me demande s’ils ne savaient pas qu’ils allaient partir…

Précision : je parle du ciel, en fait, pour moi, c’est un changement de dimension.

Un autre signe : cela fait deux mois et demi que Jaques est parti rejoindre son étoile et je me rends à Paris pour suivre un cours et prends un jour de plus pour aller lui rendre visite à sa dernière demeure. Les distances à Paris sont… longues et malgré mes efforts arrive vers 16 h 30 à Versailles. Mais, j’ai de la chance, je tombe sur des personnes qui me guident et même m’accompagnent sur la tombe parce que même si je sais théoriquement où elle est., pour s’y repérer c’est une autre affaire. J’ai eu le sentiment d’être guidée. J’ai quand même le temps de discuter un moment avec Jaques et de sortir parce que le cimetière ferme à 17 h et que la gardienne est l’horaire en personne. Sans l’aide des personnes mentionnées, je n’aurais pas pu arriver.

Encore un autre signe : je reprends le train de retour et qui me reçoit sur la plateforme du TGV ? Le contrôleur du train de la dernière fois ! Les probabilités pour que je le revoie sont… à vous de calculer ! Il m’a dit qu’il se rappelait tout à fait de moi et que la rose était toujours à la maison !

Liens vers d’autres histoires de départ au ciel :

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Garde-robe de Ionel, un ami qui part au ciel

Cette histoire évoque une certaine résonance.

Mardi, j’ai reçu un appel téléphonique de Valentina, la petite-fille d’une dame qui m’a beaucoup aidée dans la vie alors que je vivais à Bucarest. La grand-maman est partie au ciel depuis un moment. Valentina a son caractère bien à elle et ne le comprenant pas toujours, j’ai laissé la relation de côté. Elle ne m’a jamais appelée et lorsque je me rends à Bucarest, je ne la vois pas. La surprise est de taille de l’avoir de l’autre côté du fil pour me dire que son grand-oncle est parti au ciel, mais dans l’ordre des choses. Pourquoi ? De temps à autre, j’appelais Ionel, mais ces derniers temps les conditions ayant un peu changé, j’ai téléphoné moins. Tout à coup, un besoin me fait l’appeler, mais pas de réponse. Une fois, deux fois, trois fois… je me dis que quelque chose est arrivé. Voilà la raison de ma surprise non-surprise. Elle m’annonce le départ de son grand-oncle.

Histoire de mon ami. Il a vécu une vie simple et a accepté tout ce qui lui est arrivé. C’est admirable et je n’ai pas vraiment eu l’occasion de le lui dire parce qu’on parlait plutôt des chats qu’il accueillait dans son jardin, voire chez lui et des oiseaux qu’il nourrissait sur le toit du garage en face de chez lui. J’ai des canaris, j’ai un lac près de chez moi et cela remplissait nos conversations. Ce que j’aimais c’est qu’il me disait, en fin de conversation numai bine. C’est une expression typiquement roumaine qui est tellement belle : ne souhaiter à l’autre que du bien. Non pas souhaiter ce que je pense qui est bien pour l’autre, non pas dire au revoir simplement, mais souhaiter du bien à l’autre, pour son bien à lui, est le plus beau des cadeaux que l’on puisse faire. Même quand il n’a plus pu bien marcher, il m’a toujours souhaité ce numai bine. J’étais toujours touchée que même dans cette situation, il pense à me souhaiter du bien.

Viens me rendre visite. Un jour que nous parlions au téléphone, il m’a dit : « Si tu viens au pays, viens me rendre visite ». Jamais, il ne m’avait parlé de la sorte et j’ai eu l’impression que ce serait la dernière fois qu’on allait se voir. C’est en décembre 2023 qu’on s’est revus. Quelle chance !

Son départ au ciel. Peu avant, il avait été interné dans un établissement médicalisé parce qu’il n’y avait plus moyen de le garder à la maison. Bien des familles ont affaire à cette situation si difficile, et ce, partout dans le monde. Nous ne vivons plus à plusieurs générations ensemble, chacun a ses occupations et l’entourage s’épuise jusqu’à la maladie. Prévoyant le pire, la petite-nièce a pris les choses en main et a trouvé le meilleur endroit pour son grand-oncle. C’est bien un trait de son caractère : si elle fait quelque chose, c’est fait jusqu’au bout et bien. Puis, lundi passé, il a décidé de s’en aller au ciel.

Intervention de la petite-nièce. Cette dernière, déjà une adulte avec droit de vote (!), donc citoyenne à part entière, discute avec Iulia son amie d’enfance que je connais aussi et lui dit : « Mon grand-oncle n’a eu, toutes ces dernières années, que des habits de seconde main, il lui faut quelque chose de neuf pour son dernier voyage ! » Ni une ni deux, elles vont dans un magnifique magasin italien, choisissent un superbe costume bleu nuit, une splendide chemise, une très belle cravate, des chaussettes ainsi que des chaussures en cuir assorties au costume. Un vrai tableau !

Qui ne serait pas tenté de partir avec une tenue pareille ?

Mon évaluation de la petite-nièce de mon ami. Vous le savez, il y a toute sorte d’évaluations : les journaux demandent aux lecteurs de leur dire si les articles leur conviennent, les magasins demandent aux clients s’ils sont contents avec leurs articles et s’il y a quelque chose à améliorer… À croire que les études ne forment pas correctement. Toujours est-il qu’après avoir entendu la magnifique réaction de la petite-nièce de mon ami, je lui dis que sa note chez moi avait été plutôt au ras-du-sol mais que maintenant elle était au-dessus de 10 ! (10 étant la note maximale en Roumanie) Pour moi, le fait que la relation ait été inexistante ne veut pas dire qu’elle le restera toujours, l’action de cette fille, aidée par son amie, est remarquable et elle me nourrit. Lorsque je l’ai racontée à diverses personnes, elle leur a fait du bien.

Valentina et le soudoku. Quand le soudoku est entré dans nos moeurs, c’est Valentina qui m’a appris les règles. Elle a non seulement un caractère, elle est aussi une tête ! Je suis reconnaissante à Valentina parce que ce jeu est intéressant à plus d’un titre, au point que j’en ai fait une métaphore avec la vie.

Mon enseignement et Valentina. J’aime enseigner. Une fois, j’étais en vacances dans la famille et Valentina devait préparer un travail d’histoire qui lui posait des problèmes. Je lui ai alors suggéré d’imaginer les divers personnages, d’en faire une scène vivante. Je crois bien que c’est là que j’ai pris conscience que l’apprentissage des leçons pouvait être autre chose que l’apprise par coeur. Cela se fait automatiquement dans la danse, la transposition dans la vie n’est plus qu’une « application » , pour utiliser le langage actuel mais qu’est-ce que cela rend service !

Une certaine résonance. C’est ici qu’intervient le sous-titre de cette histoire si touchante. Lorsque la grand-maman était venue me rendre visite une fois, sa fille allait avoir un bébé, une fillette, soit Valentina, la petite-nièce de mon ami. Elle avait acheté des habits de seconde main et mes amies lui en avaient aussi donné. Je m’étais dit qu’un bébé tout neuf avec des habits d’autres… il fallait qu’il sache qu’il pouvait aussi porter des habits tout neufs et je les lui avais achetés. L’héroïne de cette histoire ignorait ce fait, mais elle est d’accord pour dire que rien n’est dû au hasard. Pour moi, c’est comme un cercle qui s’est fermé ou une résonance qui a eu lieu et je trouve que c’est comme dans un conte !

Mais, la vie continue… bon... il faut comprendre le mot « vie » d’une façon spéciale. J’ai un autre ami, Jacques, qui est parti au ciel dans la nuit de lundi à mardi. Lorsqu’ils viennent me rendre visite pour voir comment c’est chez moi, Jacques remarque le costume de mon autre ami. Celui-ci lui dit : « Tu veux le même ? Pas de problème, ici il y en a tant que tu en veux ! » C’est ainsi que jeudi, lorsque j’ai présenté mon spectacle de danse-théâtre à un groupe d’amis, ils étaient aux premières loges avec leur bel habit entourés d’une belle lumière ! Je vous dis, c’est un conte.

Dans tous les contes il y a une morale. Ionel a participé au fait que lorsque j’allais passer des périodes à Bucarest, à la maison, j’étais chez moi. Valentina ignore que ses explications sur le soudoku m’ont induite à écrire un article qui est une philosophie de la vie qui aide des personnes à comprendre une façon de vivre. Nous avons tous une influence les uns sur les autres et il vaut mieux que ce soit pour le numai bine de Ionel.

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Fête d’automne d’Hauterive – 2024

Cette fête est un réseau social, un vrai !

Qu’est-ce qu’un réseau ? et un réseau social ? Un réseau est un rets, un filet, un tissu de mailles. On l’aura compris, ce sont des fils qui se croisent et qui composent un tout. On peut utiliser le mot tant au propre qu’au figuré et donc on peut avoir un réseau ferroviaire et un réseau social. Prendre le train est utiliser un réseau social ! Notre fête d’Hauterive est un réseau social parce que ce sont les gens du village et les invités qui se croisent, se parlent, font des échanges de toute sorte. Cette fête est représentative d’un vrai réseau social. Je ne dis rien sur les autres réseaux prétendument sociaux parce que c’est inutile.

L’organisation de cette manifestation (réseau social) est le fruit de l’Union des Sociétés locales d’Hauterive (USLH). J’aime ce nom bien français, sans anglicisme. C’est, une nouvelle fois, Sylvain Villars, membre du comité, qui a repris le contact et qui a apporté sa table, son chevalet et ses chaises pour que je puisse travailler.

J’ai eu deux emplacements, le premier à gauche et le second à droite, devant la Galerie 2016, lieu d’il y a deux ans, lors de la fête précédente. Je me suis retrouvée « à ma place ».

Deux emplacements, deux vies ! À ma grande surprise, certaines personnes m’ont dit que la fois précédente j’avais été devant la galerie. Je n’ai pas imaginé qu’ils puissent se rappeler, et pourtant…

Deux fêtes mais pas pareilles. Une fête comme celle-ci dépend de la météo, de ce qu’il y a eu avant, du sommeil de chacun, de tellement d’événements… Toujours est-il que la fois précédente, j’avais eu du monde sans arrêt depuis mon arrivée vers 10 h et que j’étais partie avant le cortège, soit vers 15 h. Cette fois, j’ai eu l’impression que les enfants étaient partis. J’en ai profité pour héler une dame qui passait devant moi avec de magnifiques bras hâlés et un très beau sourire. Comme elle devait aller travailler, on n’a pas fait très long, mais voici le résultat à droite. La dame a bien aimé le maquillage et, après son travail m’a apporté des mirabelles cueillies le matin dans son jardin ! (voir photo tout en bas de l’article) Cela a été une belle surprise ; surprise d’autant plus grande que lorsque j’en ai offert à mes canaris en volière, ils les ont mangées. C’est une autre surprise de taille parce que cela fait des années que j’ai des canaris mais que les générations actuelles (… j’ai 19 oiseaux dans ma volière) ne mangent pratiquement pas de fruits. C’est curieux ; mais, les mirabelles de la dame ont été un régal pour eux. Est-ce que c’est parce que ce sont les fruits de la dame ou parce qu’ils sont altaripiens ? ou la combinaison des deux ?

Expériences avec les enfants. Je suis toujours émerveillée par le vocabulaire des enfants, par leurs appréciations, leurs commentaires et surtout par les yeux brillants lorsqu’ils regardent dans le miroir leur maquillage. Ce sont des personnalités bien faites. Parfois, les mamans ou papas disent : « Que tu as un beau maquillage !  » Je m’empresse de préciser que c’est un tout, le maquillage est beau parce que l’enfant est beau, le maquillage n’est qu’un miroir de la personne maquillée. Souvent, après l’explication, l’enfant me regarde et me dit par les yeux que j’ai tout compris. Ce sont de très beaux moments.

Galerie 2016. Je me déplace et m’installe, grâce à l’aide de Sylvain Villars et de Philippe Du Pasquier, le galeriste, devant la galerie. Je me retrouve presque en famille. De plus, j’ai un moment avant la fin du cortège et je peux jeter un coup d’oeil aux tableaux exposés. Ils sont l’oeuvre de peintres du village. En effet, la galerie a souhaité fêter ses 50 ans en exposant des artistes locaux. C’est une belle idée. Je parlais de réseau social, la galerie est un réseau social à l’intérieur du réseau villageois. C’est la théorie des ensembles et des réseaux ! Si on ajoute que le réseau de la galerie s’étend hors du canton… la tête tourne !

Un tableau de Katarina Uebelhart m’a fascinée, c’est le monde réel et celui de l’imagination ou le croisement de deux mondes. L’artiste utilise la toile et le papier mâché. C’est une réussite.

Maquillage et peinture. Deux fillettes me demandent comment je fais mes maquillages. Je dis que je ne sais pas vraiment. J’ai bien un genre à moi mais, je ne sais pas ce que je vais faire à quelqu’un qui se tient debout devant moi, cependant dès qu’il est assis et que j’ai le pinceau en main, quelque chose se passe et le motif part. Elles regardent les photos de maquillages que j’expose et je leur demande si elles ont déjà vu l’exposition de la galerie. Ce n’est pas le cas. Elles hésitent à entrer. Je vais avec elles et à un moment donné l’une d’elles tend le bras pour montrer un tableau et je leur dis que l’on peut regarder avec les yeux et imaginer qu’on entre dans le tableau sans le toucher. Philippe s’approche et dit la même chose que moi. Les fillettes comprennent et ont la chance d’avoir Rosmarie Gaschen, secrétaire et trésorière de l’association de la galerie comme guide. Quelle chance pour leur première visite dans un tel lieu ! À leur sortie, elles ont dit qu’elles avaient beaucoup aimé Le Cheval, aussi une oeuvre du même peintre que j’ai admiré. Vous voyez, il n’y a pas d’âge pour être du même monde.

Philippe et André Gerber, père du vigneron-encaveur, Alain Gerber, à Hauterive. La photo n’est pas très nette, je suis navrée, mais je ne résiste pas à la mettre parce que la tenue de Philippe est un régal pour les yeux.

Nouveau métier. J’aime avoir de nouveaux métiers. Il se trouve que Philippe a dû s’absenter de la galerie un moment et qu’il m’a priée de renseigner les visiteurs qui se présenteraient en son absence. Je suis donc devenue préposée aux portes. C’est une autre marque de confiance qui me ravit.

Une admiratrice ! La fillette qui figure en bas de la photocomposition ci-dessus est revenue et m’a dit qu’elle aimait telle et telle photo de mes maquillages exposés et qu’elle aimait les rubans de ma tresse et « tout ce que vous faisez ! » C’est le plus beau compliment que j’ai reçu. J’ai fondu !

Des délices. Il y avait des glaces… absolument délicieuses. Voici une photo.

Elles s’appellent « Les Délices de Marguerite ». Une fois qu’on les a goûtées, on rêve de Marguerite !

Les tournesols. Les stands avaient été décorés avec des tournesols. J’ai demandé ce qu’ils allaient devenir… Sylvain me les a gardés et ils ont fait les délices de mes oiseaux. Moi, j’ai eu des glaces ainsi que des mirabelles et eux des tournesols et quelques mirabelles…

Tournesols et mirabelles altaripiens !

Remerciements. Cela a été un plaisir de participer à cette fête où tout le monde est de bonne humeur, où les gens ses connaissent. Je me suis sentie chez moi. Sylvain et Philippe m’ont accueillie comme si le temps ne s’était pas écoulé. J’ai pu nettoyer mon pot d’eau et mes pinceaux dans la galerie. C’est une marque de confiance que j’apprécie ! Le président de l’USLH, monsieur Alain Perrenoud, est venu me saluer et j’ai été très touchée par son geste.

Je reprends la notion de réseau parce que j’avais remarqué, la première fois que j’ai rencontré Sylvain, son langage soigné ; il m’avait dit qu’il travaillait à l’imprimerie Courvoisier-Gassman que je suis allée voir. Grâce à lui, je suis entrée dans l’histoire suisse de l’imprimerie. J’aime l’histoire et j’aime les entreprises qui s’intègrent dans le tissu social. C’est le cas de l’imprimerie. En ce qui concerne la Galerie 2016, j’ai connu son fondateur, Alain Petitpierre, qui a été mon professeur de français à l’école secondaire et qui m’avait fait une remarque sur un poète qui était le sujet d’un travail que j’avais présenté. À l’époque, je n’avais pas compris. Comme Philippe m’a dit que monsieur Petitpierre était toujours de ce monde, je suis allée lui rendre visite. Nous nous sommes reconnus tout de suite et on s’est parlé comme si on avait été en classe. Il m’a éclairée en deux minutes. Il était parfaitement présent et cela a été un cadeau. De plus, feu mon ami, André Oppel, a vécu à Hauterive. Ce sont des liens qui me font me sentir du coin.

Ah, je n’ai pas encore dit que je figurais sur l’affiche de la fête ! Cela a été une belle surprise pour moi et m’a fait le plus grand bien. Je remercie les organisateurs d’y avoir pensé ainsi que ceux qui l’ont composée.

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Fête des vendanges 2024 – maquillages

Il y a des moments de la vie où l’on ne sait que dire ou faire… Mais, comme disait William S., l’un de nos copains d’école, Tout est bien qui finit bien !

Normalement, un article sur les maquillages est passablement court, mais ici c’est tout un pan de ma vie qui a failli passer à la trappe et donc c’est long… même si je n’ai pas pu faire beaucoup de maquillages.

En résumé : c’est bien la première fois qu’au moment où j’ai porté mes affaires à pied pour m’installer (planche, chevalets, chaises, cadres, matériel de maquillage), j’ai reçu de l’aide de la part de passants. Cela ne m’était pas encore arrivé ; j’ai été très touchée. Vendredi soir, j’ai eu quelques clients qui se sont annoncés pour samedi. Malheureusement, mon stand a été fermé par un membre du comité ce samedi après-midi, presque manu militari. Je me suis sentie dévastée. Cela a été tellement inattendu et ferme, que j’ai eu l’impression qu’on m’enlevait une racine de ma vie, une partie de moi. J’ai demandé à l’une de mes bonnes connaissances, l’une de celles du Neuchâtel d’autrefois, à qui je pouvais adresser une lettre expliquant ma situation. En effet, cela fait X années que je travaille à la fête des Vendanges, que je suis invitée ou accueillie par des stands, que mes clients sont clients du stand ou inversement et je me suis retrouvée brutalement hors combat. La personne en question s’est renseignée et mon destin a retrouvé un chemin plus serein : le président administratif du comité m’a téléphoné dimanche matin pour me présenter des excuses et dire que je pouvais passer à l’hôtel de Ville pour m’annoncer afin de me mettre en règle avec le règlement et qu’un collaborateur allait me conduire à ma place. Résultat des courses : dorénavant, je figurerai sur le plan de la fête des Vendanges et cela me donne l’impression d’entrer dans l’histoire de la fête. Je me demande si une nouvelle racine n’est pas en train de pousser parce que j’ai acquis, pour ainsi dire, un droit de cité. Je peux remercier le monsieur à l’origine de la mésaventure qui a tourné en ma faveur.

Mes maquillages sont des prétextes à des rencontres :

  • lors de mon premier voyage, un jeune homme, étudiant en droit de la santé, m’a offert spontanément de l’aide. Il n’avait pas l’intention d’aller jusqu’au stand de Xamax, où je suis installée, mais la conversation s’est engagée et finalement il est arrivé jusqu’au bout. Je lui ai dit que s’il rédigeait un travail de diplôme, je lui donnerais volontiers un coup de main dans la rédaction, ainsi il apprendrait à bien rédiger et moi, j’apprendrais un tas de choses de son domaine. Le droit de la santé est bien compliqué du fait qu’il y a plusieurs interlocuteurs avec des intérêts divers. Chose intéressante, l’une des jeunes femmes qui est venue se faire maquiller travaille dans le domaine et elle a dit qu’elle allait m’envoyer un mel pour que je donne ses coordonnées au jeune homme dont le prénom est Kofi, soit l’enfant du samedi (comme c’est joli ; ainsi Kofi Anan, l’ancien secrétaire des Nations Unies était aussi un enfant du samedi. Je l’ai admiré, maintenant, j’éprouve une certaine affection pour lui) ;
  • Lors de mon installation. Un monsieur s’est approché et m’a dit qu’il faisait la promotion d’artistes neuchâtelois et voudrait faire la mienne. Je lui ai dit qu’il n’avait pas encore vu mon travail. Il m’a dit qu’il sentait les choses et que cela lui suffisait. Il a une plateforme où un certain nombre d’artistes y figurent. Cela, m’a-t-il dit, lui avait pris quelques années, mais cela avait été un très grand désir et finalement il avait réussi. J’ai trouvé l’histoire formidable et lui ai dit que j’avais une plateforme où je ne racontais que des belles histoires. La sienne m’intéresse. Quand je lui ai donné ma carte il a vu que je travaillais dans divers domaines. On verra comment faire après la fête. Je lui ai dit que ces temps-ci je m’étais sentie sur le chemin du paradis et que là, pas de doute, je m ‘en approchais !
  • une jeune dame est venue avec sa fille et m’a dit : « Vous m’avez maquillée lorsque j’étais enfant »… Ciel ! Ce qu’elle est devenue entre temps ? Elle a étudié la biologie et travaille pour la protection des animaux. Je lui ai demandé si elle engageait des personnes qui aimaient les animaux mais n’avaient pas une formation adéquate. Elle a répondu que oui. Cela tombe bien. Je donne des cours dans le cadre de Midi Tonus et l’une des participantes change de cap et voudrait travailler avec des animaux mais n’a pas la formation qu’il faudrait. La dame va me donner des nouvelles ;
  • ensuite, c’est un groupe de jeunes adultes qui vient. Je ne sais jamais pourquoi je pose une question ou une autre ni pourquoi je fais un maquillage plutôt qu’un autre. L’un d’eux travaille dans la finance et se pose des questions existentielles, il sent l’influence des planètes… chose curieuse, mon maquillage était composé de planètes. L’autre travaille dans le même domaine, je lui parle d’un ami qui cherche un investisseur et on se verra aussi après la fête ;
  • Un groupe de trois jeunes femmes vient. L’une d’elles me demande de faire un motif bien précis à toutes les trois. J’explique que je me laisse inspirer par la personne ; que même si je fais dix fois le même motif, il est toujours en relation avec elle. Finalement, je peux faire les maquillages à ma façon. La jeune femme à la forte personnalité m’a dit que je l’avais bien cernée et a déclaré que j’étais voyante !

Un journaliste d’ArcInfo. Lorsque je n’ai pas de monde, je fais ma comptabilité ou lis. À ce moment-là, je lisais l’Autoportrait d’Einstein. Le journaliste, que je connais, m’a dit qu’il m’avait observée lire alors que la musique était tellement forte. Je lui ai dit que je pouvais en faire abstraction lors de la fête, mais que lorsque j’étais chez moi, je ne supportais pas le bruit de voisins inattentifs. Il m’a demandé si le livre était intéressant. J’ai mis un moment à répondre parce que ce n’est pas si simple. Einstein parle de notions scientifiques mais surtout de la façon dont il s’est détaché de certaines d’entre elles pour suivre son intuition. Ce n’est pas parce que tout le monde accepte une théorie, un axiome que c’est vrai. Einstein cherchait une explication universelle aux phénomènes physiques et cela est passionnant. Comme j’étais en plein développement de l’exposé d’Albert, j’ai dû réfléchir pour finalement dire « oui ! ». Il m’a demandé s’il pouvait me prendre en photo, j’ai donné mon accord. À propos du livre d’Einstein, je peux ajouter qu’il est intéressant de suivre ses explications sur la matière, le vide et la façon dont la pensée nous arrive ainsi que sur la façon dont nous nous forgeons des représentations du monde.

Le bruit et la douleur. Oui, je peux m’isoler dans une ambiance bruyante selon les circonstances. Il en va de même avec la douleur physique, je peux aller « ailleurs » dans mon corps lorsqu’une grande douleur l’envahit et je ne la sens pas. Je n’ai pas de recette à transmettre, cela se fait tout seul. Il est clair que je ne pourrais le faire en permanence.

Une fillette. Elle vient avec sa maman qui lui demande ce qu’elle veut. Je dis que je m’inspire de la personne… La fillette s’assied et me demande ce que je vais lui faire. Je lui dis que je ne sais pas, que je ne le saurai que lorsque j’aurai pris mon pinceau. Je lui dis que je ne le sais jamais et lui demande comment elle fait lorsqu’elle fait un dessin. Elle réfléchit et me dit qu’elle ne sait pas non plus. Voilà, nous nous sommes retrouvées dans un même monde ; mon maquillage est parti tout seul et lorsqu’elle s’est regardée dans le miroir, elle a trouvé que c’était très beau. Je lui ai aussi expliqué que le maquillage ne peut jamais être beau chez quelqu’un qui ne va pas bien, profondément bien. Une autre maman qui m’a aussi dit s’être fait maquiller par moi m’a amenée sa fillette. Cette dernière a huit ans et aime les mathématiques. Je lui dis qu’elle a de la chance parce que les mathématiques se retrouvent partout ; même pour créer les couleurs de mes maquillages il faut compter, mesurer. Comme elle sait déjà compter, je lui raconte que le chiffre zéro n’avait pas toujours existé, qu’on savait compter à partir de 1 mais que quand il n’y avait rien… et que ce sont les Indiens qui ont inventé le chiffre 0. J’ai senti la pensée de la fillette entrer dans le monde des mathématiques. J’ai eu l’impression que le temps s’était arrêté.

Au stand de Xamax. Je n’avais pas assez de rallonges pour avoir de l’électricité et vendredi c’est le stand des Scouts qui m’a prêté une rallonge. À ma surprise, en arrivant samedi matin, Christian Sydler, le responsable du stand de Xamax, m’a tendu une très longue rallonge. Cela m’a fait du bien. Lorsque le représentant du comité a coupé court à ma prestation, Christian m’a dit d’aller à un grand stand pour voir s’ils pouvaient me prendre dans leur périmètre. Malheureusement pour moi, il y avait déjà des personnes qui faisaient des choses semblables.

Photos. Je n’ai pas eu le temps d’en faire beaucoup… En voici quelques uns.

Avec les lumières du stand, il est difficile de faire des photos plus nettes la nuit. Il faudra que je trouve une solution

Mes affaires parlent. Après avoir été obligée de fermer mon stand, en rentrant à la maison, je me suis dit que j’allais ranger ma table et les chaises directement à la cave parce que je ne les avais pas beaucoup utilisées. C’est là qu’une voix intérieure s’est faite leur porte-parole : « Tu ne peux pas nous ranger comme cela, on a été dehors, on a passé une nuit presque à l’intempérie (en effet, je n’ai plus d’endroit pour ranger mon matériel les vendredi et samedi soir) et on t’a rendu service. Toutes les années, tu nous laves et répares s’il le faut » Je ne peux que leur donner raison et monte le tout dans mon appartement.

Mon destin retrouve son chemin normal. Ainsi que je l’ai mentionné plus haut, dimanche matin, j’ai appris que je pouvais reprendre mon activité. C’est là que j’ai remercié mon matériel de m’avoir fait savoir que je me devais de les traiter comme les autres fois.

Pas beaucoup de maquillages, en fin de compte. J’ai des clients qui viennent samedi et dimanche, d’autres que le samedi ou le dimanche. Afin de les renseigner, samedi, j’avais mis une pancarte. Dimanche a été une journée presque vide. Mais, j’ai quand même eu de belles rencontres.

La jeune femme ci-dessous travaille chez Decathlon. Elle est déjà venue l’année passée et m’avait appris que le magasin a un atelier de réparation. Je vais aller voir parce que je trouve la chose intéressante.

Le monde des enfants est bien différent de celui des adultes. Je suis charmée chaque fois que je les entends faire un commentaire, s’exprimer. Dans le cas présent, j’ai fait un cheval au garçon et quand il a vu le maquillage dans le miroir, il s’est exclamé : « C’est une licorne ! » Je n’ai pas hésité, je lui ai dit de bien regarder le maquillage, que j’allais changer quelque chose et qu’il devrait voir la différence après dans le miroir. J’ai donc ajouté la corne. Ensuite, il s’est regardé dans le miroir et m’a lancé, en souriant des yeux, un regard qui me disait qu’il savait bien que c’était une licorne. Je lui ai alors expliqué que du temps des empereurs chinois, la licorne était le symbole de la sagesse. Il a eu à nouveau le même regard. Ce sont des choses que je ne peux oublier.

Les ados. Je les remercie de me faire confiance. Ici, nous avons un jeune homme et une admiratrice de Xamax.

Parmi les choses qui arrivent à la fête des Vendanges, il y a eu ceci encore :

  • de l’aide. Dimanche, un collaborateur du comité m’a aidée à transporter mes affaires. Christian m’a donné de l’eau pour mes maquillages. Je me suis sentie traitée comme une reine !
  • les remerciements. Je sollicite l’aide d’un bénévole au stand de Xamax pour m’installer dimanche matin et quand je le remercie, il répond : « Avec joie ! ». C’est tellement joli. Je lui dis que grâce à lui, Julien, je vais pouvoir élargir les propositions que je fais aux personnes qui répondent souvent, après les remerciements, « de rien ». Je lui explique que le cerveau de la personne qui répond ainsi enregistre qu’il n’a rien fait et il ne se passe rien. Le personnel de vente, par exemple, qui dit régulièrement « de rien », se sent bien souvent vide à la fin de la journée. En effet, il a enregistré qu’il n’a rien fait alors qu’il y a eu un service rendu. La personne veut dire que ce qu’elle a dit ou fait de lui a pas coûté grand-chose, mais le fait de dire rien fait que le cerveau enregistre ce « rien » et ne fait rien non plus. Alors que dire « Je vous en prie », « Avec plaisir », fait que le cerveau émette des hormones de plaisir, de dopamine, de santé. Maintenant, grâce à Julien, je vais pouvoir ajouter « Avec joie » et c’est tellement joli parce qu’il fait en plus entrer le coeur !
  • le stand de cocktails. Lorsque j’ai rangé mes affaires dimanche soir, je suis passée vers le bar Moka et trois stands avaient une musique assourdissante. J’ai vu un monsieur qui rangeait aussi ses affaires à son stand de cocktails. Je me suis approchée de lui et lui ai demandé pourquoi il n’a pas de musique. Il devait être fatigué parce qu’il a répondu qu’il avait celle des voisins… Nous avons discuté un moment et avant de partir m’a fait cadeau de deux bouteilles où l’on peut mettre une boisson lorsqu’on part en randonnée. Je continue à me sentir comme une reine ;
  • Du pinot blanc et le cyrillique. Lorsque j’étais en train d’effectuer mon dernier trajet avec mes affaires vers la maison, j’ai vu en haut de la rue des Terreaux deux gaillards qui buvaient un verre à côté de deux caisses de vin. Ils attendent le propriétaire des bouteilles. Je ne sais quelle remarque j’ai faite, mais ils m’ont invitée à partager la bouteille avec eux. Je me suis dit que le destin continuait de me faire signe, qu’il fallait célébrer mon droit de cité et j’ai bu du pinot blanc que je n’avais jamais goûté auparavant. Je l’ai trouve bon. L’un des gaillards est bulgare. Je lui ai dit que je connaissais Sofia et Varna et lui ai demandé comment on dit au revoir en bulgare : « довиждане » (dovijdane), répond-t-il. Comme les Bulgarres utilisent le cyrillique, il me demande si je sais qui a l’a inventé. Je dis que c’est un moine, le moine Cyrille. Il ajoute qu’en fait ce sont deux moines, Cyrille et Méthode, son frère, tous deux bulgares. Ah, voilà une belle façon de finir la fête des Vendanges !

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Rendez-vous pour les cours – explications

EXPLICATIONS DU POURQUOI JE DONNE RENDEZ-VOUS DEVANT LA MAISON NO 21 DE LA RUE DU CHÂTEAU :

Le studio « Cave perdue » est mon local de travail et de création. Je suis heureuse de l’occuper et de m’en occuper. Étant donné que pour y accéder il faut  passer par une cour privée dont la porte d’ouverture fait beaucoup de bruit, je me charge de l’ouvrir. Cela évite des désagréments aux voisins. Je suppose que tout le monde comprend cela. La consigne vaut pour toutes les fois. Mais voici un plan :

  1. Photo 1 : mon studio se trouve à Neuchâtel, dans la partie arrière des maisons situées aux nos 21 et 23 de la rue du Château, photo 1 ;
  2. Photo 2 : à côté du 21, il y a une petite cour pavée. On peut facilement se rencontrer à cet endroit. Une fois qu’on se rencontre, on se dirige vers le studio à quelques pas de là ;
  3. Photo 3 : au fond de ladite cour il y a, à droite, quatre marches ;
  • Photo 4 : après avoir descendu les quatre marches, on voit la grande porte grise qui conduit à mon studio :
  • Photo 5 : si on monte les escaliers de la rue du Pommier, on arrive au même endroit.

Précision : il n’y a pas d’écriteau parce que la maison qui permet le passage est un monument historique et qu’une enseigne n’est pas encore envisageable.

J’espère que vous avez compris le soin que je prends des voisins et me réjouis de vous accueillir. Vous avez une visite guidée de l’intérieur ici.

Festival des sports – Neuchâtel – 2024

Le Service des sports propose, une nouvelle fois, le festival aux Jeunes-Rives, les samedi et dimanche 24 et 25 août 2024.

Je suis ravie de participer à nouveau et vous annonce que le programme se compose de 40 sports, c’est énorme ! Parmi ceux-là, j’en propose deux :

  • À vos pieds !
  • @3m.ossature

Heure des cours. Les deux jours, ils ont lieu à 9 h et à 10 h. C’est tôt, mais vous serez en forme pour le reste de la journée !

Ceux qui ont déjà suivi le cours auront la possibilité de revoir les notions acquises ou de les parfaire, poser des questions, revoir des choses qui tout à coup surgissent avec la pratique.

Ceux qui n’ont pas encore suivi le cours apprendront bien des choses et m’apporteront aussi de quoi enrichir mon cours.

Je me réjouis de vous revoir et espère que tout va bien dans votre vie !

Voici le programme officiel pour samedi et dimanche !

Conversations en patchwork.9

Ce sont des scènes qu’on pourrait trouver dans un film

No 1. Sur le trottoir. À propos de trottoir, j’ai appris que le premier trottoir qui a existé à Paris se trouve sur le pont Neuf, celui qui mène à la maison d’Abraham-Louis Breguet. Cela a dû être quelque chose ! Cette fois-ci, je me trouve à Neuchâtel et je traverse au feu vert, près de mon appartement. Un couple, dans la quarantaine, marche sur le trottoir devant moi. Le monsieur avance d’un pas décidé et regarde sa compagne sans rien dire, mais son allure dit qu’il ne va ni l’attendre, ni retourner la chercher. Elle suit, s’arrête… Je continue et la dépasse. Le monsieur continue d’avancer tout en la regardant de temps à autre. Il fait juste un geste de la tête en signalant qu’il va traverser la rue (quand ? je ne sais pas). À un certain moment, la dame me dépasse. Je lui dis : « Il a gagné ! »

J’ai eu l’impression de parler avec un autre moi mais me demande si une telle relation peut durer longtemps…

No2. Scène de cinéma. Je me trouve dans un supermarché ; je fais la queue pour passer à la caisse. Le monsieur devant moi met la séparation, la barre qui sépare ses produits des miens. J’ai envie de le féliciter parce que c’est plutôt rare. Je n’ai pas le temps de le faire parce que sa séparation tombe ou plutôt se couche. Certains magasins n’ont pas assez d’argent pour investir dans du bon matériel… La main du monsieur s’allonge pour la remettre debout. J’admire. Je demande au monsieur dans quel métier il travaille. Il dit qu’il travaille dans le marketing et me demande pourquoi je pose la question. « C’est que vous êtes une personne soigneuse ». Je vois que cela travaille un peu dans sa tête. Pendant ce temps, la caissière, Nathalie, a eu affaire à une cliente un peu inattentive, disons la chose comme cela. Il y a eu un problème avec un produit, mais la caissière a trouvé une solution. La dame paie avec de la petite monnaie. La caissière passe du temps à faire le compte ; il lui manque encore des sous. La dame les lui tend et la caissière commence à ranger chaque pièce à la bonne place dans la caisse. Elle lève la tête et dit en même temps : « Merci beaucoup, bon week-end ! » Quand elle finit de lever la tête, elle voit que la dame était partie et les clients qui étaient avec moi avons tous ri. Elle rit avec nous. Je lui dis que cela a été comme une scène de cinéma.

Je dis à Nathalie que je ne pourrais pas travailler dans ces conditions. Elle répond qu’elle a travaillé dans une cantine avec des adolescents et qu’elle est vaccinée et rit. Elle a un rire sonore et chaud. Elle me fait du bien. Mon tour arrive et je lui donne un bout d’étiquette qui était collé au tapis. Elle le prend, le lit et dit : « Ah, c’est ce qui manquait à la cliente ! » Je félicite la caissière au si joli prénom parce que malgré que la cliente ne s’est pas bien comportée, elle est toute à son affaire. C’est non seulement une scène de cinéma, mais une scène de vie pleine d’enseignements.

À propos du prénom Nathalie, je viens de voir qu’il vient du latin natalis dies, jour de la naissance, sous-entendu de Jésus. En tous les cas, il est bien porté par le personnage de cet épisode.

Nathalie a beaucoup d’humour. Je vais deux fois de suite au magasin et elle me dit : « Ah, vous ne pouvez plus vous passer de moi ! Je vais vous faire une place ici ! » et on éclate de rire.

No 3. Laboratoire de chimie 1950 et 2024. à l’école de Commerce de Neuchâtel. Je suis allée à la bibliothèque de la Ville et, en passant devant une salle au rez-de-chaussée, j’ai aperçu par une porte ouverte ce qui avait l’air d’être un de laboratoire de chimie. J’ai demandé au monsieur que j’y ai vu avec une blouse blanche si je pouvais entrer : – Oui, bien sûr. – De mon temps, la salle de chimie se trouvait là où il y a actuellement l’atelier de reliure. – Cela m’intéresse. J’aime l’histoire. Je suis préparateur et pas professeur. Je travaille ici et à ce qui s’appelait l’école de Commerce. – Ah ? Il y avait des cours de chimie ? – Oui. Le cours consistait en l’analyse des marchandises. – Je n’en reviens pas, je n’ai jamais imaginé une telle chose. Lorsque j’étais à la faculté de commerce extérieur en Roumanie, on avait bien une histoire des marchandises, mais on ne les a jamais analysées. Cela change ma façon de penser aux étudiants neuchâtelois. Il me semble qu’à l’époque, le directeur était M. Richard Meuli. J’ai fréquenté l’école pour suivre des cours de sténo-dactylo. – Cela vous intéresserait de revoir les locaux ? On est en train de faire des travaux et tout va changer. J’ai des photos datant de 1950. Elles vous intéresseraient ? – Ah, oui !

Je suis ravie. Je n’avais jamais vu ce monsieur et tout à coup le courant passe. Je me rends un matin à l’École de comm, qui va changer de nom. J’ai un peu la nostalgie et même si je n’ai pas réellement fréquenté l’école, elle fait partie de mon paysage, ce paysage change, mais il me fait signe ! Voici les photos que monsieur Mathez, c’est le nom de ce personnage qui aime l’histoire, m’a aimablement transmises :

On est donc en 1950. Les étudiants ont l’air sérieux, ils sont très bien habillés (aujourd’hui, ils seraient en… disons simplement qu’ils auraient une allure différente). Je me demande si j’en ai croisé en ville. Je voudrais les rencontrer, leur parler…
Je ne me rappelle plus à quoi elles correspondent. Il faut que je demande des explications (à suivre)

No 4. Je me trouve une nouvelle fois dans un supermarché. Je fais la queue et devant moi il y a une dame d’un âge respectable et devant elle, un monsieur basané. Il abandonne le grand chariot qu’il a utilisé à côté de lui et continue de faire la queue. Le chemin est étroit et ce n’est pas une bonne idée de le laisser ainsi. Je lui fais signe qu’il pourrait le ranger plus loin. Il ne fait rien. La dame, toujours celle d’un âge respectable, dit que cela ne sert à rien de s’énerver. Je lui dis que le monsieur ne parle peut-être pas le français mais qu’il ne fait pas grand-chose pour comprendre non plus. Il doit nous entendre, mais ne bouge toujours pas. La dame prend le chariot, le soulève et se dirige au bon endroit. Je touche le bras du monsieur et lui dis que la dame, plus âgée que lui, va le mettre à la bonne place. Il ne bouge toujours pas. La dame revient et dit que c’est comme cela et que ce n’est pas important. Je ne suis pas de son avis et lui raconte que lorsque les personnes posent les produits dont ils ne veulent plus n’importe où dans les magasins, je le leur signale. Elle trouve que je suis « sévère ». Ah, mon Dieu ! Il s’agit tout simplement de respecter les choses. Chacun s’attend à ce que sa vie soit simple. Alors, il faudrait aussi penser à simplifier celle des autres. « Vous avez empêché ce monsieur de faire quelque chose, il n’a rien appris » lui dis-je. D’ailleurs, vous voyez, il part et ne remercie même pas la caissière. – « Bon, la prochaine fois que cela se produira, je dirai quelque chose… », me répond la dame et on se quitte avec le sourire.

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Spectacle de danse pour les 50 ans de « La Pesolière »

Je suis fière d’avoir pu apporter quelque chose aux résidents de « La Pesolière ». Mais, je suis aussi sortie gagnante de cette aventure. On verra comment.

Bruna Raccio. Je l’ai rencontrée à l’occasion de la fête des Vendanges il y a quelques années ; elle est venue voir l’un de mes spectacles et s’est dit que je pourrais apporter quelque chose aux résidents de la fondation qui aller fêter ses 50 ans le 15 juin de cette année. En apprenant qu’un Subiérien (cela a été l’occasion de me rappeler que les habitants de Peseux s’appelaient ainsi ! ), monsieur Willy Sieber, avait fait construire les premiers appartements protégés du canton de Neuchâtel, mon thermomètre de l’admiration est sorti de son tiroir pour montrer qu’il était à son maximum. En effet, je suis toujours fascinée par les gens qui pensent aux autres, qui pensent à améliorer la vie des autres et surtout des aînés. Je reviendrai sur le sujet.

La conception de mon spectacle. Il a lieu dans mon studio La Cave perdue qui a est un cadre particulier et où je peux faire la lumière que je veux et jouer avec elle. J’utilise beaucoup celle qu’on dénomme la lumière noire qui permet de faire des effets. Par mesure de précaution, je suis allée voir la salle qui venait d’être rénovée. Elle est très belle mais les murs sont blancs… Les autres membres du comité, Mme Nicole Muhlethaler (je n’en reviens pas, on se connaissait de vue avant de nous rencontrer, elle avec son mari et moi avec feu mon compagnon André Oppel, lors d’un voyage en… Chine !) et madame Marie-Claire Zimmerli (son visage m’était connu, le mien pour elle aussi mais on n’a pas réussi à trouver le départ), les autres membres du comité donc se disent, sans l’ombre d’un doute, qu’on doit trouver une solution. Immédiatement, je pense aux tissus qui recouvrent le plafond de mon studio et à des lattes en bois qui pourraient faire l’affaire. Je trouve fascinant comment les idées germent dans des cerveaux pour trouver une solution. Dans le cas présent trois personnes se disent qu’on doit trouver une solution et le fruit arrive dans mon cerveau. Elles savaient que j’allais trouver la façon de faire, mais sans leur question je n’aurais pas trouvé.

Solution pour l’arrière-fond pendant le spectacle :

Dans la photo 2 on voit le premier tissu décroché du plafond ; il a fallu en prendre deux. Dans la photo 4, les deux tissus sont enroulés.

Transport du matériel pour le spectacle. Il y avait les costumes, les accessoires des danses, la barre avec ses supports, les lumières et les rideaux. Il a fallu deux trajets, l’un avec Bruna et l’autre avec monsieur Zimmerli, le mari de la présidente, qui avait une voiture plus grande pour transporter les lattes. On arrive dans la salle, je commence à redresser les lattes et oh surprise, elles sont plus hautes que le plafond ! C’est là que je découvre les talents de menuisier de monsieur Zimmerli car il dit : « On va chercher une scie et on coupe ! ». Mme Zimmerli trouve cela naturel et on va sur place où je suis émerveillée par toutes les machines de son atelier. « Pas de miracle, me dit-il, mon père était menuisier et à l’âge de 9 ans, j’ai fait mon premier camion en bois ! » Je demande si je peux assister une fois à son travail parce que j’aime bricoler et que j’ai des choses aussi à faire… C’est entendu. On verra le moment venu. En attendant on est retournés à la salle de La Pesolière, M. Zimmerli a mesuré la hauteur du mur, la latte et a décrété qu’on pouvait enlever 11 cm. Sitôt dit, sitôt fait.

Comment faire tenir l’arrière-fond de scène. J’avais pensé demander à deux bénévoles de se tenir chacune à un côté. C’est alors qu’est intervenu le graffeur, Kesh, engagé pour faire une fresque murale. Il m’a demandé comment j’allais faire tenir les tissus de la photo no 1 d’en bas. Je lui ai répondu que j’avais pensé à la force humaine. Il m’a dit qu’il utilisait des étais de soutien (voilà que j’ai appris qu’il existait de telles choses portant ce nom) pour faire tenir le plastique qui l’entoure pendant qu’il travaille. Il me les a proposés pour le lendemain. Il en avait trois, juste ce qu’il fallait pour mes lourds tissus. Voici le résultat :

Photos de Roger Muhlethaler, mari de la vice-présidente

Jour du spectacle. Bruna et madame Zimmerli sont venues me dire que j’allais devoir passer avant le moment prévu parce qu’une autre artiste était malade. J’ai répondu que c’était dans la norme parce que les deux dernières fois que j’ai participé à la fête de la Danse il s’était produit la même chose. Quand une chose arrive une fois, cela n’a pas grande incidence, mais deux et trois… c’est un signe. Je me dis que je dois me dépêcher de ranger un tas d’affaires parce que… ce signe doit avoir un sens. Finalement, je présente la première partie de mon spectacle à la lumière du jour et on voit sur la photo no 1 le fond de scène tout à droite.

Spectacle. J’ai dit un texte où je remerciais les membres du comité pour la confiance déposée en moi et pour l’occasion qui m’était donnée de faire quelque chose pour les aînés. C’était un vœu émis en 2019 (j’ai tendance à écrire 1019…) et voilà que le destin me permettait de le réaliser grâce à elles. Je l’avais émis à ce moment-là parce que la vie venait de me permettre d’être la seule locataire de mon studio de danse. Les aînés ont construit le monde et le Neuchâtel dont j’ai hérité et ma façon de les remercier, m’étais-je dit, serait de leur proposer des spectacles et des ateliers de bien-être afin de leur rendre la vie plus facile et avec un peu de poésie. Il y a tellement de façons de faire les choses…

Le public. J’ai annoncé que mon studio était particulier et que si monsieur Sieber avait fait construire une belle salle pour que 50 ans plus tard je puisse y danser, j’allais leur demander leur concours pour ne voir, lors de certaines danses, que le décor. Ils ont rigolé et ont été d’accord. Au fil des danses je leur ai posé à nouveau la question et la réponse a toujours été la même. Si je leur ai apporté quelque chose de différent dans leur vie, ils m’ont rassurée. Je leur suis profondément reconnaissante.

Surprises. L’une des dames m’a dit qu’elle me connaissait. Elle avait fait partie d’un groupe de théâtre à Peseux, il y avait des années (j’ai dit : « Hier  » et elle a ajouté : « Avant-hier », c’est si joli) et que c’était Philippe Badan qui m’avait présentée. J’avais oublié… Mais, oui, tout à coup le souvenir est venu. Une autre dame parlait et je lui ai demandé quelle était sa langue maternelle : « Le polonais ». –  » По польски ! (Po polski ! ) – « Po polsku » rectifia la dame – « (Ah, oui, en polonais c’est « polsku). Mon maître de ballet, Anton Romanovski, était polonais ». Cela nous a rapprochées. À un moment donné l’une des lumières noires n’a pas voulu s’allumer et j’ai demandé s’il y avait un électricien dans la salle. L’une des dames a répondu : « Ils sont tous partis en vacances ! ». J’ai apprécié sa répartie et l’ai remerciée. Une autre dame, lorsque j’ai fait un geste précis de la main, a fait le même avec moi. Je me suis trouvée une partenaire ! Un monsieur m’a raconté, pendant la pause, qu’il avait émigré au Canada à l’âge de 27 ans et que bien des ses façons d’être étaient marquées par son expérience dans ce pays ; il m’a demandé comment j’allais entrer dans le rideau noir pour ne pas être visible… Je lui ai dit que c’était mon secret !

Encore d’autres surprises : j’ai rencontré pour la première fois la femme de Patrice Neuenschwander, l’ancien chef de la culture de la Ville. Elle donnait un coup de main. J’avais prévu de dire lors de la seconde partie du spectacle combien je devais à Patrice, mais la musique est partie avant que j’ouvre la bouche. Je le fais donc ici. S’il ne m’avait par reçue dans son bureau lorsque je suis passée par une situation difficile, je ne pourrais rendre les services que je propose aujourd’hui ;  une dame a eu un problème d’équilibre et m’a raconté qu’elle avait perdu son mari peu de temps avant ; je lui ai montré un point dans la main pour lui éviter de tels ennuis. La dame qui s’occupait de la tombola a travaillé dans l’horlogerie et comme je fais des recherches sur les horlogers des années 1960-1980 à Neuchâtel, elle va me donner des informations qui vont enrichir le tableau que je fais ! Roger Muhlethaler, le mari de la vice-président, a fait plein de photos et grâce à lui je peux en publier ici certaines.

On a toujours besoin de plus petit que soi. Au moment où j’ai eu le problème avec la lumière noire, un enfant auquel j’avais adressé deux mots durant la pose est venu spontanément avec sa lampe de poche et m’a aidée à voir plus clair et j’ai fini par trouver la solution. Il n’a pas dit un mot, il s’est accroupi sur le sol et a montré sa lampe. Je n’ai eu qu’à lui montrer l’endroit exact. C’était comme dans un film. Je le remercie.

L’aide avec sa mini-lampe en photo !

Le buffet. J’ai présenté le spectacle en deux parties et entre deux, il y a eu un magnifique buffet.

Le support sur lequel sont posés les amuse-bouches est un miroir ! La présentation autant que la qualité ont été remarquables. J’ai rarement vu une aussi jolie composition. Félicitations au restaurateur de Couvet.

Florilège de photos du spectacle faites par Roger Muhlethaler et dont j’ai fait le montage.

Photos de Roger Muhlethaler et montage de Zully

À la fin du spectacle, plusieurs personnes m’ont remerciée. Il y en avait eu une qui était venue pour la musicienne absente et avait voulu repartir. Je lui avais dit que j’allais danser ; elle avait décidé de rester et ne l’a pas regretté. Une autre m’a dit que son coeur avait battu avec Les roses de Picardie et que les larmes lui étaient venues aux yeux. Un monsieur m’a dit que New York New York était sa préférée. Une autre dame m’a dit qu’elle avait aimé mon sourire et qu’elle allait s’en inspirer. Je n’en reviens pas.

Fin. Il a fallu se rendre à l’évidence, la danse était finie mais il fallait ranger mes affaires, démonter les prises, ranger les lumières, rendre les étais et enrouler les tissus. J’ai profité pour les démonter afin de les laver la semaine prochaine. Les membres du comité, les maris et moi avons rangé une chose ou une autre afin de rendre son apparence normale à la salle et on s’est assis pour boire un verre.

Je sors gagnante : j’ai rencontré en les membre du comité et leurs conjoints des personnes pleines de cœur, c’est devenu si rare dans la société actuelle. Madame Zimmerli a dit dans son discours qu’avec les pensionnaires ils formaient une grande famille. C’est ce que j’ai ressenti ; je suis déjà allée en tournée avec mon matériel, mais cette fois j’ai une solution pour des fonds de scène ; j’ai été traitée comme une reine puisque j’ai bénéficié de plusieurs trajets en voiture (celle de monsieur Zimmerli est une hybride et il conduit avec un tel plaisir que les passagers le sentent !) ; je pourrai aller voir un menuisier qui aime faire des travaux, c’est le même monsieur Zimmerli ; je pourrai avoir des informations d’une personne qui a travaillé dans l’horlogerie pour enrichir mes recherches ; j’ai pu remercier des aînés, ceux qui ont construit le Neuchâtel dont j’ai hérité et tout cela parce que j’ai invité à un spectacle Bruna Grazio qui en plus de tout ce qu’elle avait à faire a fait office d’ingénieur du son pendant que je dansais. Je la remercie et remercie toute l’équipe. Au moment du montage, j’ai découvert de nouvelles façons de traiter les images. Il y a encore cette notion d’être prête pour ce qui vient plus vite que prévu que je dois mettre en pratique. Rien ne vient par hasard.

La Pesolière. J’ai appris que le nom est le résultat d’un concours à l’école et qu’il est la contraction de Peseux et écolier = Pesolière. Voilà, vous savez tout… ou presque. L’action de M. Sieber a servi de modèle pour d’autres appartements protégés et les rénovations actuelles lui permettront d’avoir un statut supérieur. Des représentants cantonaux et communaux sont venus et c’est magnifique. M. Sieber doit trinquer là où il se trouve !

Un regret. Les médias, comme on appelle la presse écrite et visuelle, étaient absentes. Pas besoin de commentaire.

Le plus important c’est que monsieur Sieber (vous ai-je déjà parlé de lui ?) a eu une idée, l’a rendue concrète afin d’aider les autres et a pensé que je pourrais apporter, à ces derniers, quelque chose 50 ans plus tard.

Conclusion. Nous avons tous besoin les uns des autres : l’aventure de mon spectacle est un exemple ; tout ce que nous faisons participe d’un tout.

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@articulations-jouons avec elles ! 2024.1

Les cours se suivent et ne se ressemblent pas ! Une fois de plus, ce sont les participants qui enrichissent mon enseignement.

Une fois n’est pas coutume, je vais commencer par des photos :

Ces deux photos sont le résumé du cours.

Pourquoi ces deux images sont le résumé du cours : parce que si chacun vient avec son corps, avec ses articulations au propre, 360 (je sais, certains parlent de 300, de plus de 300, j’aime bien le 360 car c’est comme le nombre de jours de l’année ; mais, ce qui importe c’est qu’elles se portent toutes bien !), comme au figuré (ce sont les articulations de la vie professionnelle, personnelle, sociale, culturelle, etc.). Chacun arrive donc avec son bagage et au fil des cours s’approprie des mouvements pour mieux fonctionner. On le voit dans les photos :

  • photo 1 : dans cette interprétation symbolique on devine dans les taches blanches les personnes qui créent le mouvement, elles sont présentes, elles sont avec leur cors et leur monde ;
  • photo 2 : les mêmes personnes sont devenues presque invisibles et les « yeux » plus présents. Cela veut dire que les mouvements articulaires sont les leurs, ils sont entrés dans les personnes.

Pourquoi je dis que les mouvements sont entrés chez les participants : parce qu’une personne a dit qu’elle avait pris conscience de ses articulations, une autre a dit qu’elle avait assimilé que dans différentes positions ou mouvements qu’elle fait, elle pouvait les faire autrement ou y ajouter des mouvements, une autre encore qu’elle avait compris que le corps est un tout et qu’il faut le travailler en entier. Quant aux sensations éprouvées dans le corps, si chez certaines personnes cela se passe lors de la 2e ou 3e séance, d’autres prennent plus de temps, mais quand elles me disent qu’elles les ressentent, je suis la plus heureuse des personnes. Pour moi, il est clair que chaque mouvement, chaque articulation qui bouge a un effet sur la personne, mais lorsque les participants me disent qu’ils ressentent les effets de tel ou tel mouvement, me fait me sentir aux anges. Je profite pour remercier ceux qui m’ont transmis leur savoir car sans eux, les personnes qui viennent chez moi ne pourraient pas s’enrichir.

Une fois que la chose est acquise, on peut faire mille et une choses !

Yeux par paires.

Ou encore :

Ici aussi tout est dit avec cette forme parfaite qui fait le lien entre le dehors et le dedans.

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