Le commerce au centre-ville.4. Une vendeuse remarquable

La notoriété. Notre société met en avant les gens qui battent des records, ceux qui gagnent le plus, mais il y a d’autres faits qui méritente la première place.

Une relation de longue date. Je connais une personne qui travaille dans le domaine de la vente. L’évolution ou plutôt, les changements du commerce au centre-ville ont fait qu’elle est passée par plusieurs domaines d’activité. Ce n’est pas la première fois que je le dis, le commerce familial, le commerce indépendant disparaît à vue d’oeil. Cette personne reste pour moi une figure familière dans ce monde de changement.

Ces dernières années, elle a dû faire face à des problèmes de santé et là aussi, elle s’est battue pour pouvoir garder le cap. Peu avant cela, elle s’était occupée de sa mère, toujours avec courage, lucidité et affection. Pendant toutes ces épreuves, je l’ai vue sereine, pas avec une acceptation de défaitisme, mais avec une attitude qui dit « je dois trouver une solution ».

La politique en matière de gérance. Il se trouve que dans son lieu de travail, les gérants se suivent et qu’ils ne sont pas toujours bien choisis. J’en ai connu un qui aimait son métier, qui aimait sa ville, qui s’était investi pour faire que le commerce et la population s’y retrouvent. La direction n’a rien trouvé de mieux que de le changer de ville. J’avais appris qu’à l’époque, les gérants des filaiales avaient pratiquement tous été mutés d’une ville à l’autre, comme dans un jeu de quilles où les boules giclent à droite et à gauche. Finalement, ce monsieur est revenu, mais il avait perdu une partie de sa santé. Tout dernièrement, le dernier en place avait créé une situation, disons, compliquée.

C’est ici que nous entrons dans le vif du sujet. Le nouveau gérant est une personne qui a fait son apprentissage sur place. C’est déjà un bon point. En effet, je pense que l’on se doit de connaître l’endroit où l’on travaille, les données de l’ordinateur ne suffisent pas. Ce dernier gérant semble aller dans le bon sens. Les détails du comment appartiennent à l’histoire.

Attitude remarquable de la personne dont je vous parle dans cet article : elle a non seulement exposé sa situation, mais aussi toutes les incohérences et difficultés de tous les autres départements. Elle risquait de ne pas se faire « bien voir », mais elle a trouvé que c’était ce qu’il fallait dire. C’est ce que je trouve remarquable, cette personne n’a pas fini de résoudre ses problèmes de santé, mais elle trouve la force de dire tout ce qui ne va pas dans son secteur et dans les autres. Elle a notamment regreté le départ d’anciens collègues mis à tort à la porte. Je lui tire mon chapeau !

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René Froidevaux : l’homme, patron de la Fabrique d’Horlogerie Froidevaux S.A. Neuchâtel – Suisse

C’est la montre de M. René Froidevaux, marque Cadola, la marque vendue en Suisse et dont le graphisme a été fait par André Oppel dans les années 1950.

La montre. On sait qu’un objet n’est qu’un objet, toutefois, quand je me dis que cette montre était au poignet de M. Froidevaux et l’a accompagné au moment où il prenait des décisions, où il vivait l’histoire de son entreprise et celle du Jura, cet objet prend une valeur. C’est comme si elle portait une mémoire que je peux toucher ou à tout le moins lire.

Date : 18 décembre 1900. C’est la date de naissance de M. René Froidevaux, de celui qui va marquer l’histoire horlogère de Neuchâtel et participer à la naissance du canton du Jura.

M. Froidevaux est né au Noirmont ; cela explique son attachement pour la région du Jura et son activisme pour que le Jura devienne le 23e canton suisse. Il ne suffit pas d’être né sur une terre pour devenir son porte-drapeau, il faut avoir du caractère, avoir le sens de l’organisation, du devoir, être un visionnaire. Ces qualités, on les a déjà remarquées dans l’article que je consacre à son entreprise horlogère. Lorsque j’ai découvert qu’il avait été l’un des moteurs de la naissance du canton du Jura, je n’ai été étonnée qu’à moitié. L’autre moitié, si je puis dire, s’est étonnée de savoir qu’un homme très occupé par son entreprise, un vrai Suisse – c’est-à-dire un Suisse comme on les imagine : calme, neutre, ne désirant rien devoir à personne, respectueux des règlements – se dise qu’il faut se battre pour le droit de naissance du canton du Jura. Je dis une fois de plus « chapeau » !

M. Froidevaux a été un activiste passionné, passionné au point d’amener sa famille tous les dimanches pique-niquer dans le Jura. On ne sait pas si les enfants étaient d’accord, mais c’était sa façon très entière d’être. Son enthousiasme l’a poussé à se dire qu’il fallait un journal pour la question jurassienne, qu’il a combattu pour cela et qu’il fallait forcément des fonds. Le banquier qu’il avait été avait son rôle à jouer et il gardait une comptabilité à cet égard. Les gens qui traitaient avec lui le savaient et y participaient.

Le journal en question est « Le Franc-Montagnard », toujours en activité.

Ce qui m’interpelle aussi dans cette histoire, c’est le recoupement, une fois de plus de tant de pans de mon histoire. Ma formation en danse classique et une partie de mes études d’économie, je les ai faites en Roumanie, à Bucarest, et voilà que Jacques, l’un des fils de M. Froidevaux, vient de m’apprendre que son père avait été envoyé par la succursale biennoise de la banque où il travaillait, la Banque cantonale bernoise, à Bucarest dans les années 1925 -1930 pour des questions d’organisation dans le secteur du pétrole. Cela me fait un drôle d’effet, c’est comme si le temps n’existait pas et simultanément, je me sens envahie par une certaine joie.

M. Froidevaux à Neuchâtel. Il déménage de Bienne à Neuchâtel en 1942, puis il fait construire sa maison à la ruelle Vaucher en 1946, et achète le domaine adjacent qui va jusqu’à la gare et y emménage sa fabrique d’horlogerie dans ce qui avait été jusque-là un pensionnat pour jeunes-filles.

Bâtiment qui abrita la « Fabrique d’Horlogerie Froideaux S.A.
Vue du balcon de l’ancien comptable, M. Frésard.
Le même bâtiment vu depuis le bas, où il y avait l’atelier de la chaîne de montage.

Chaîne de montage horloger. À propos de l’esprit entrepreneurial de M. Froidevaux, avant que d’autres entreprises de Neuchâtel ne commandent ensemble la chaîne de montage Rexa, M. Froidevaux avait fait construire une chaîne mécanique par les ateliers Rochser S.A. de la Chaux-de-Fonds. Le constructeur avait été Jean von Allmen, patron de l’entreprise et de surplus autre activiste jurassien ainsi que père de Zouc, Zouc que j’ai vue au Théâtre de Neuchâtel ! Je ne peux m’empêcher de trouver curieux comme ces pièces du puzzle se rassemblent pour donner des racines à mon paysage neuchâtelois.

Jean von Allmen, un ami indéfectible de M. Froidevaux. Lorsque la situation est devenue difficile pour l’entreprise, lorsqu’il y a eu sa liquidation, après celle-ci et après le départ au ciel de M. Froidevaux, Jean von Allmen a été aux côtés de la famille. Jusqu’à ce que lui-même parte au ciel, il a invité Mme Froidevaux et son fils Jacques au buffet de la gare toutes les semaines !

M. Froidevaux et l’AVS. Je ne sais plus comment j’en suis venue à m’intéresser à l’histoire de l’AVS. Mais, j’ai appris que c’est Otto von Bismarck qui instaura les assurances sociales (maladie, accidents, vieillesse et invalidité) en Allemagne entre 1883 et 1889. Cela relève du miracle pour moi. En Suisse, elle est entrée en vigueur le 1er janvier 1948. Cette année-là, M. Froidevaux a dit à d’autres patrons qui râlaient devant la charge financière qui leur était imposée qu’il était favorable à son application même si vraisemblablement il n’aurait pas à en bénéficier. C’est le portrait même de M. Froidevaux. Je ne connais pas les chiffres de l’époque, mais il est sûr que M. Froidevaux s’est rendu compte que cela n’allait pas suffire pour une retraite aisée de ses collaborateurs et c’est pour cela qu’il a créé son propre fonds de pension dont je parle dans l’autre article.

Dans les années 1950, s’installe au dernier étage de la fabrique l’avocat Jules Biétry avec sa famille. Jules Biétry, c’est à peine croyable, Lorsque j’étais enfant, il était le président de la caisse-maladie « Chrétienne sociale » et les bureaux étaient au Faubourg de l’Hôpital ; dans l’immeuble que j’habitais ! Je le revois, avec son chapeau noir et toujours plutôt distant… Le fait de savoir qu’il a aussi participé au mouvement jurassien me le rend sympathique, chose que je n’aurais jamais crue.

En 1964, M. Froidevaux fait des travaux dans son entreprise et transforme les deux derniers étages en logements.

Voilà la piscine construite sur le domaine de M. Froidevaux et mise à disposition de ses employés.

La piscine. En regardant cette piscine, j’imagine la joie des travailleurs et de leurs familles. C’est magnifique d’apporter quelque chose aux autres, de rendre leur vie plus agréable. Je crois que c’est l’une des choses les plus importantes dans ce monde.

Les années 1970. Comme je le dis dans l’autre article, c’est la période de la crise et bien des entreprises horlogères ferment leurs portes. Dans le cas de M. Froidevaux, des proches ont participé à la débâcle. Lorsqu’un notaire neuchâtelois a regardé les documents que ces personnes avaient fait signer à M. Froidevaux sous prétexte de l’aider à redresser la situation, il a dit à Jacques que c’était fini.

En 1974, le chef comptable de l’entreprise, M. Charles Frésard, trouve du travail ailleurs. M. Froidevaux lui fait un certificat en or et il signe. Voici sa signature.

C’est la signature de quelqu’un qui sait ce qu’il veut. La tonalité du caractère est donnée !

Ce qui est aussi remarquable de la part de M. Froidevaux c’est qu’il laisse partir le comptable qui a fait partie de son entreprise pendant près de 20 ans, qu’il comprenne qu’il aille travailler ailleurs et qu’il lui permette de garder le logement qu’il habite dans l’immeuble qu’il a fait construire. M. Frésard dit que lui et sa femme ont été les premiers locataires de cet immeuble si élégant et commode, dont les dessins ont été faits par son fils aîné, Philippe.

Quand je rends visite à quelqu’un, je ne regarde pas si le logement est comme ceci ou comme cela, ce qui m’intéresse ce sont les personnes qui l’habitent, mais chez M. et Mme Frésard, chaque fois que je suis sur leur balcon, je dis : ah, quelle vue ! on se dirait à Monte Carlo. Il faut dire que M. Frésard nous offre un verre d’Armagnac dont la bouteille ne ferait pas rougir un lord, fume son cigare et met ses lunettes de soleil. Une vraie scène de cinéma. J’ai une pensée pour M. Froidevaux.

À propos d’Armagnac. À Noël, M. Froidevaux offrait aux hommes, à choix, une bouteille d’Armagnac ou de la Prunelle de Bourgogne et aux femmes, si elles ne voulaient pas d’alcool, une boîte de chocolats. Je me dis que c’était le bon temps. Cela me rappelle que mon bailleur, Pierre Meyer, offrait à ses locataires une belle boîte de chocolats à Noël aussi. Là, également, les choses ont changé !

Les sorties annuelles de l’entreprise. En plus de la visite à la foire de Bâle des cadres, M. Froidevaux organisait une sortie annuelle pour tous les employés et les frais étaient à sa charge. C’est ainsi qu’ils sont allés dans le Valais et au Lac de Constance, par exemple.

Probité de la fabrique d’horlogerie Froidevaux. Lorsque la situation horlogère suisse a commencé à devenir difficile, il a fallu se résoudre à des réductions de personnel et cela dans les règles de l’art. Toutefois, l’un d’eux s’est fait avoir par un vilain conseiller (il a été perfidement incité à attaquer l’entreprise, car, on le sait, tous les patrons profitent des employés… me dit la personne qui me donne le renseignement) et s’est porté partie plaignante pour une somme d’environ Fr. 2 600. –

L’affaire a été réglée au tribunal. Le chef comptable et son apprenti ont, de leur côté, montré leur décompte qui se montait à environ 2 900.-, somme, qui, comme on le voit, est supérieure à celle revendiquée. La juge a demandé au plaignant ce qu’il faisait là ! Le « conseiller » n’a su que dire et l’employé, tout déconfit, a dit qu’il ne savait pas ce qu’il faisait là et qu’il avait toujours eu confiance en l’entreprise Froidevaux.

Je crois qu’il n’y a rien d’autre à ajouter.

La montre Cadola de Mme Froidevaux.

La montre du fils Denis, une Froidevaux qui avait un numéro de série derrière.

En montrant cette photo à Jaques, il me dit qu’il avait lui-même fait les plans et le dessin de la montre et qu’il était parti en voyage en Amérique latine avant sa mise en fabrication. Sa surprise a été de taille lorsque, se promenant dans une ville du Nord de l’Argentine, il l’a vue, à 10 heures du soir, dans une vitrine mal éclairée. C’était en juin 1972 ! Denis m’explique ensuite qu’il avait fait faire « sa » montre par les ateliers Descombes à la ruelle Vaucher, sans marque, une fantaisie qui lui était passée par l’esprit, et avec des aiguilles spéciales avec du radium – ce qui a été interdit par la suite – mais cela lui permettait de voir l’heure aussi la nuit puisque les heures ont aussi un petit trait au radium.

J’allais m’arrêter là, mais j’ai rencontré la sœur d’André Oppel, Marie-Claire, qui m’a raconté que leur mère était amie de la femme de M. Froidevaux. Voilà encore une autre pièce dans mon tableau.

J’ai désiré faire aussi la photo du dos de la montre de M. Froidevaux :

On y voit le numéro de série 85273 No 1ce qui indique que la montre a un calendrier
18 K, 0,750, 180
J’ai tout à coup eu l’idée de refaire une photo de la montre de M. Froidevaux sur le couvercle de mon Mac. Je mets trois des photos. Si l’heure reste inchangée, ce sont les reflets sur le bas du cadran qui attestent que du temps est passé. On comprendra le pourquoi dans la suite de l’article.

Une idée a traversé mon esprit et je l’ai rendue réelle dans notre monde. Parfois, on ne sait pas pourquoi on fait telle ou telle chose :

La montre de M. Froidevaux sur mon poignet.

J’ai mis la montre de M. Froidevaux sur mon poignet. Cela m’a fait une émotion et j’ai pris une sorte de selfie, chose à laquelle je suis plutôt réfractaire. Puis, nous avons continué la conversation, M. Frésard, Mme Frésard et moi. De temps en temps, je regardais la montre, me sentais émue de la porter et trouvais qu’elle allait bien sur mon poignet… Au moment de prendre congé, je remarque que le garde-temps marque 9 h 39. Je m’étonne qu’elle fonctionne. M. Frésard me dit qu’elle doit être automatique. Je fais le lien avec les modifications que l’autre horloger de mon monde, Abraham-Louis Breguet, a apportées aux montres. Cela signifie aussi que j’ai porté la montre une bonne demi-heure. Cela me procure une autre sensation, comme si trois temps s’étaient réunis !

Un autre lien s’invite. Le physicien Jean-Pierre Garnier Malet parle des trois temps : le passé, le présent et le futur qui en certaines circonstances n’en font qu’un. Je ne sais quelle sensation on peut éprouver dans une telle situation, mais j’en éprouve une profonde au moment où je me sens unie, dans mon temps à moi, à Abraham-Louis Breguet et à M. Froidevaux et tout cela étant parti de documents qu’André Oppel avait faits, alors qu’il travaillait pour M. Froidevaux, que j’avais gardés et que le Musée d’Horlogerie Château des Monts du Locle a été heureux de recevoir.

Le téléphone no 6. Si vous aviez vécu dans les années 1930 et que vous aviez voulu téléphoner au grand-père de l’ancien comptable de l’entreprise Froidevaux, M. Charles Frésard, vous auriez dû composer le no 6. C’était le 6e téléphone de la région ! Je suis émue, une fois de plus. Voici une réclame qui trône chez M. Froisard petit-fils à la retraite.

Le numéro de téléphone figure en haut à gauche : Téléphone no 6.

Liens :

  1. Fabrique d’Horlogerie Froidevaux, Neuchâtel ;
  2. Documents horlogers, André Oppel et le Musée d’horlogerie du Locle ;
  3. Une montre parmi les affaires d’André ;
  4. Abraham-Louis Breguet.

Rôle du commerce au centre-ville.2

Je pourrais aussi intituler cet article « disparition du commerce indépendant » ou « les racines d’une ville qui s’en vont ».

L’autre jour, en discutant du sujet avec une très bonne journaliste, je parlais de ce qui me rattachait à Neuchâtel, de mes racines. L’une d’elles est composée par les commerces du centre-ville. Habitant au coeur de Neuchâtel, ces magasins ont constitué mon environnement local, mes repères spatiaux, pendant très longtemps.

C’est dans les années 1990 que des magasins faisant partie du paysage neuchâtelois ont commencé à disaparaître. J’en parle dans « Rôle du commerce au centre-ville ».

Le phénomène de la disparition des commerces indépendants continue à Neuchâtel. Le magasin « Bouton d’Or », qui avait été fondé en 1930 et tenu par Madame Christen,  repris par son employée, Madame Lunke, et finalement  il y a une dizaine d’années par Ingrid Gueniat, va aussi disparaître. Ce sera fait fin mai 2019. C’est le sens même du mot « commerce indépendant » qui perd sons sens. Quel gâchis ! Nous voyons de plus en plus apparaître des chaînes de magasins à la place des petits magasins et leurs gérants ne font pas partie de la vie locale.

Madame Gueniat est une commerçante avisée, elle voit bien que les consommateurs vont dans des endroits où l’on paie moins cher, notamment sur Internet. Elle me dit que les merceries ferment les unes après les autres ; elle-même a dû faire face à la faillite de quatre fournisseurs ces dernières années et c’est un vrai casse-tête que d’en trouver des nouveaux.

Le bail de dix ans pour le local arrive à son terme et forte des constations qu’elle fait, mais aimant toujours son commerce, Madame Gueniat demande à sa gérance si étant donné qu’elle a toujours payé son loyer sans retard, qu’elle a embelli le local, que son commerce marche quand même assez bien, si le nouveau bail ne pourrait être signé pour une année avec un pré-avis de six mois. Cela lui aurait permis de voir comment la situation évolue et aurait garanti un loyer pendant une année et demie à ladite gérance. Cette dernière n’a pas voulu entrer en matière, car ce n’est pas dans son règlement.

Je me demande si les gérances ne devraient pas revoir leur position. On demande à tout le monde de se montrer souple, de s’adapter… D’autant plus, renseignements pris, que pas toutes les gérances pratiquent des baux de dix ans pour les commerces. Ce n’est pas une règle immuable. Dommage et regrettable !

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Je me rappelle de l’état dans lequel était l’enseigne au moment où Madame Gueniat a repris le magasin. Elle avait attendu pour avoir les fonds nécessaires afin de respecter le style. C’est réussi !

Quelle sera la suite d’Ingrid Gueniat ? Elle est une femme pleine de ressources et elle va continuer son activité chez elle, en privé. On la félicite pour sa résilience !

Il est clair qu’on ne peut pas tout dire dans un article comme celui-ci, mais, j’ai toujours admiré les vitrines arrangées par Ingrid. Elles avaient un air particulier, soigné, inventif. J’ai aussi aimé son écriture. Je n’ai jamais pensé qu’il faudrait que je prenne des photos pour le cas où… et je le regrette. Aujourd’hui, j’en ai pris une à travers la vitre. Ce qui est curieux c’est qu’elle est représentative de la suite de son aventure sur cette Terre.

Écriture

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Conditions de travail des employés qui ont affaire au public

Je remercie ce personnel.

Ce ne sont pas seulement les employés du service public ; il y a d’autres secteurs où les employés ont affaire au public : les vendeurs, les chauffeurs des transports en commun, les caissiers.

De façon générale, on leur demande de faire plus et plus vite.

Prenons les employés de la poste. Les facteurs : ils sont minutés ; ils n’ont plus le temps de dire bonjour, de faire connaissance avec les gens auxquels ils apportent leur courrier. D’après ce que m’a confié l’un d’eux, les machines qui les minutent ont été achetées à un pays voisin qui les avait essayées mais ne les avait pas trouvées adéquates !

Quand j’allais relever le courrier à la case postale, je pouvais échanger un mot ou deux avec l’un ou l’autre des employés, qui étaient des employés de qualité. Puis, leurs heures de présence ont été réduites une première fois, une seconde fois. Maintenant, ils ne sont plus là qu’une partie du matin ; les petits colis sont encore déposés à la case postale, mais les moyens et les autres plus du tout.

Quant aux employés qui se trouvent au guichet où on effectue des paiements ou envoie le courrier au sens général, ils vendent maintenant des bijoux, des assurances, des sacs poubelle, des livres… D’après ce qu’on m’a dit il n’a a plus d’apprentissage exclusif d’employé des postes, mais un cursus général. Je dois encore vérifier.

Le personnel soignant qui se déplace à domicile. Tout comme les facteurs, ils ont tant de minutes pour laver les dents à quelqu’un ou lui faire sa douche ou l’habiller, etc., etc., etc. Or, les personnes âgées qui sont encore à leur domicile, qui ont été indépendantes et qui peut à peu n’arrivent plus à se débrouiller seules ; alors comment calcule-t-on le temps nécessaire ? Faire un soin ce n’est pas seulement laver les dents, c’est aussi attendre que la personne dont on va s’occuper aie le temps d’entrer en communication avec vous, qu’elle accepte d’être aidée, qu’elle soit prête pour qu’on puisse lui laver les dents, les gencives ne sont pas toujours en bon état ; elle a des habitudes ou attend des égards, elle doit avoir le temps de remercier ou de dire qu’elle a telle chose qui ne va pas ou que justement telle chose va mieux. Ce n’est pas non plus facile d’accepter que l’on ne peut plus faire telle ou telle chose et de confier son corps à un étranger ! Avec le système actuel, on ne devrait plus parler de soins, mais d’actes, car un soin c’est pour prolonger le bien-être d’une personne. De la façon dont ces personnes sont généralement traitées, il y a de fortes chances pour qu’elles se sentent en trop et aient envie de partir au ciel plus vite !

Une de mes amies qui travaillait dans ce secteur a fini par donner sa démission en sachant que sa retraite serait moindre et une autre en a fait une dépression. Ce sont des cas isolés mais révélateurs.

Les chauffeurs de bus ? Il y avait une jolie ambiance de réelle convivialité autrefois et j’avais du plaisir à dire bonjour au chauffeur. Maintenant ils sont minutés, tout comme les postiers, les aides à domicile et tant d’autres. À croire que peu importe le secteur, il n’y a que la rentabilité qui vaille ! Dans les transports en commun, les chauffeurs ont à faire à des passagers qui saluent de moins en moins ou qui les agressent quand quelque chose leur déplaît. L’autre jour, j’ai demandé à des jeunes élèves (12 ans ?) de parler moins fort parce qu’à la fin de la journée la tête du chauffeur… J’ai eu de la chance, ils ont parlé plus bas. Le chauffeur m’a dit qu’il n’avait jamais eu une passagère comme moi et que c’était un jour à marquer d’une pierre blanche. Moi, je trouve normal de penser aux autres.

Mais, je remarque aussi que les chauffeurs ne vous saluent plus toujours non plus, certains ne vous regardent même pas. Et si vous dites quand même bonjour, bien d’entre eux ont maintenant des trucs dans les oreilles pour écouter de la musique ou ont leur regard et attention plongés dans leur téléphone portable, vous n’obtenez pas de réponse. Il y en a quand même de la vielle garde, ceux-là, il faut les soigner et je le leur fais savoir !

Je suppose que les chauffeurs se sont adaptés à la réalité qu’ils vivent ; ce ne sont pas seulement les passagers qui leur manquent le respect, ce sont aussi les automobilistes qui sont pressés, qui leur passent devant. Ils ne comptent plus le nombre d’infractions qu’ils constatent par jour, c’est dire…

Les vendeurs dans les magasins. Il y a plusieurs phénomènes qui entrent en jeu. Tout d’abord, l’extension d’ouverture des horaires n’a pas créé de nouveaux emplois. Je me rappelle la campagne politique qui prônait l’extension des horaires afin de faciliter la vie de ceux qui travaillent en semaine et qui allait créer des emplois… Je me disais que les politiciens n’y étaient pas. Cela s’est révélé vrai ! Par ailleurs, le commerce dit en ligne joue aussi un rôle. Les exploitants de ce type de commerce ont moins de frais de personnel et leurs produits coûtent par conséquent moins cher.  Cela fait monter la pression chez les vendeurs dans les les magasins : ils sont de plus en plus stressés, travaillent à une vitesse supérieure, sont de moins en moins nombreux pour le même travail, les cas d’absence pour raison de maladie accentuée sont plus nombreux. Je vois des vendeurs en mauvais état qui essaient de résister. Car, s’ils disent quelque chose, le chef leur dit qu’ils ne sont pas obligés de travailler et qu’ils peuvent partir. Dans un grand magasin, après la rénovation de ce dernier, on a vu moins de personnel, plus de rayons, donc de marchandise et, par conséquent, plus de travail. Sans parler du fait que la chaîne du froid a été augmentée et que les vendeurs qui y passent la journée ont froid !

Dans ce cas, tant les employeurs que les consommateurs sont responsables. C’est un cas de conscience.

Les caissiers. C’est une catégorie du personnel à part. Une rubrique spéciale se trouve ici.

Un autre problème, l’éducation des gens. Si on pourrait écrire un chapitre pour détailler le nombre invraisemblable de situations auxquelles ce personnel est exposé, on peut aussi le dire en peu de mots :  l’éducation des gens, toute catégorie et âges confondus, laisse à désirer.

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Mon style de danse

La base chez moi est la danse classique, école Vaganova, soit l’école russe où l’élégance, la rigueur et la technique sont réunies. J’ai eu de la chance que les professeurs qui m’ont formée en Roumaine aient, pour la grande majorité, étudié à Leningrad, redevenue aujourd’hui St-Pétersbourg.

Je ne pourrai pas les citer tous, mais là où ils sont, ils savent que bien souvent je pense à eux et que si je sais ce que je sais, c’est parce que je leur dois une fière chandelle. Devoir une fière chandelle à quelqu’un, c’est joli et profond comme expression. C’est vrai, je leur dois une partie de ma construction. Il y a des moments où je m’arrête dans ma vie et remercie tous ceux que j’ai rencontrés, ceux que je rencontre et ceux que je vais rencontrer. Cela me fait penser à une leçon de vie donnée par Maître Oprea Petrescu lorsqu’il m’enseignait la danse à Bucarest : « Tu peux apprendre de tout le monde,  même du pire tu apprendras au moins à ne pas faire comme lui ! »

Il me disait aussi que lorsqu’on est enfant et qu’on regarde les danseurs étoile, on les imite et que par la suite on trouve son propre style. Il en va de même, je m’en aperçois aujourd’hui, dans l’enseignement. Ma personnalité a toujours pris le dessus sur bien des choses, donc ma tendance à vouloir aider les élèves, à voir que leur vie en dehors des cours est tout aussi sinon plus importante que le moment passé à faire des pas de danse. Je le dis dans la rubrique « Danse classique personnalisée » et dans d’autres, mes activités sont « personnalisées ». J’essaie donc de comprendre comment le corps et l’esprit de mes élèves fonctionnent.

L’élève avec laquelle je présente actuellement mes spectacles travaille avez moi depuis sept ans. Travailler avec des enfants, avec des adolescents vous maintient éveillé. J’ai essayé de comprendre mon élève et de créer des exercices et des danses où elle pouvait se reconnaître. Il se trouve que je m’y reconnais aussi. C’est assez fabuleux de faire quelque chose pour quelqu’un d’autre et de voir que cela s’applique à soi. J’ai peu à peu trouvé un genre de danse qui est le sien et le mien ou le mien et le sien  ou alors, j’ai lu chez elle ce qu’elle pouvait faire ou elle m’a aidée à sortir ce qui était en moi. De plus, je peux mettre ce style au service d’autres personnes. Cela me fait plaisir de voir tout ce cheminement qui s’est fait tout seul, sans rien forcer.

C’est ainsi que je viens d’avoir, pour la première fois, un cours de danse classique pour adultes. On a toutes, ce sont des dames, beaucoup de plaisir. J’y mêle des exercices de danse classique, des notions d’énergétique chinoise, des notions philosophiques, des réflexions anatomiques, psychologiques… les éléments de la vie. C’est un vrai plaisir ! Les mouvements sont simples, mais riches de signification et la simplicité n’exclue ni la beauté ni la technique. Mon enseignement s’adapte à toute personne.

Mon expérience m’a aussi menée dans divers concours et festivals. Ce qu’il y a d’intéressant c’est qu’on rencontre des élèves, des participants qu’on n’aurait pas vus autrement. C’est très enrichissant pour moi. Me voici lors d’une participation à la « Fête de la danse » à Neuchâtel.

Photo Yoan Jeudy. On le remercie pour cet instantané !

Voici un compagnon dans plusieurs de mes activités, Essence :

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La danse et le monde de Zully, ou la danse mène à tout.

Ces derniers temps, pour des raisons particulières, je présente des spectacles très souvent et invite des amis, des connaissances, des gens que je trouve intéressants.

Le thème principal est celui de la difficulté. Lorsqu’on se trouve devant l’une d’elles, il y a bien des façons de se comporter, je pense qu’il faut faire face. Ce n’est pas toujours facile, mais il faut quand même se dire qu’on n’est pas né pour être malheureux, qu’il y a toujours une solution. Si je regarde ma vie, je m’en suis toujours sortie et très très souvent à mon avantage bien que parfois j’aie eu l’impression d’avoir laissé des plumes…

Cette semaine, nous avons eu Roger. Un gaillard rencontré au self-service de la Migros, l’un de nos supermarchés. Je l’ai entendu parler avec un ami et j’ai remarqué qu’il parlait très bien. Je suis sensible aux gens qui parlent bien, d’autant plus quand ils sont étrangers, ce qui était son cas. Je le félicite donc et on entre en conversation, on a échangé quelques courriels, puis silence.

Organisant donc mes spectacles, je tombe sur son adresse électronique, reprends contact avec lui et lui demande de venir, avec des amis, si cela lui dit. Il répond qu’il vient seul.

J’ai invité d’autres personnes, neuf, mais… vendredi passé, Roger s’est retrouvé seul dans notre petite salle ; cela ne l’a pas démonté. J’ai expliqué que pour des raisons qui nous échappent, la vie nous réserve des surprises et tant sa présence que l’absence des autres en faisait partie.

Bien nous en a pris, car il a amené une façon de voir la vie très intéressante et l’une d’elles concerne les tables de multiplication. L’élève, quinze ans, avec laquelle je présente ces spectacles a maille à partir avec lesdites tables. Mon élève était déjà partie lorsque nous en avons parlé. Il a fait un schéma sur une petite feuille et je me suis dit que j’allais le refaire. C’est fabuleux. Je l’ai fait deux fois et la deuxième fois, j’y ai découvert d’autres choses, j’ai aussi compris une phrase que Roger avait dite lorsqu’il construisait son schéma et que j’ai comprise sur le moment, comme on comprend une phrase qui est logique, mais ce n’est que maintenant que je la vis. Voici le second schéma que j’ai fait et déjà transmis à mon élève. La phrase est en lien avec la confiance. J’en parlerai une autre fois.

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Quand Roger a fait le schéma, il est parti de l’axe des coordonnées pour montrer  la progression logarithmique. Je me suis dit que j’allais faire le prolongement des lignes à gauche parce qu’elles devaient se croiser et que les lignes allaient s’inverser.  C’est magnifique à voir !
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Et voilà ! Ce graphe me donne une immense joie !
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Le premier graphe

Je viens de refaire le premier graphe, sans la prolongation à gauche, et donc sans le point de rencontre. Je ne peux que dire que sa construction me procure une immense joie, comme si je découvrais quelque chose, puis lorsque je regarde l’image et la laisse entrer en moi c’est comme si je rencontrais l’infini.

Lors de la construction, la première fois, j’ai compté les carreaux. En effet, sur l’abcisse, on reporte les tables, celle du deux est la première. Cela veut dire que sur la l’ordonnée on va retrouver les produits : 2, 4, 6, 8, 10 etc. Ensuite, on a la table du 3, puis celle du 4. En dessinant celle du trois, j’ai compté trois carreaux, six carreaux. On s’aperçoit alors, qu’il n’y a pas besoin de les compter, car le premier nombre de chaque table est décalé d’un nombre par rapport au précédent. C’est logique, 2, 3, 4… 9, 10, etc. Puis, lorsqu’on passe au second terme, soit 6 pour le 3, 8 pour le 4, 10 pour le 5, on s’aperçoit qu’il y a décalage de deux carraux entre deux colonnes, que pour le troisième terme il y a trois carreaux et ainsi on trouve une progression logarithmique. C’est moins compliqué à construire qu’on ne le croit.

Ensuite, en regardant le graphe fini, j’ai eu l’impression de contempler la beauté. Je me suis sentie dans la peau d’un Grec qui travaille avec la perspective. C’est une émotion très profonde, une sorte de vertige. Il doit y avoir autre chose à « voir » dans ce graphe, la construction de quelque chose de grand. Tout cela, parce que j’essaie de trouver la porte qui ouvrira l’appétit de mon élève pour les mathématiques !

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Le personnel à la caisse des grands magasins

C’est un personnel qui est encastré, pour ainsi dire, dans un tout petit espace et qui fait passer des quantités de produits entre ses mains. A la fin d’une journée, la personne a déplacé des kilos et des kilos ; elle a utilisé tout le temps les mêmes muscles qui, à la longue, s’épuisent.

Le personnel à la caisse finit par avoir des problèmes d’épaules et de poignets. La plupart finit par être opéré et ses activités en sont affectées. Cela s’appelle des troubles musculo-squelettiques (TMS) et donc maladie du travail. J’ai connu le cas de personnes qui ont dû changer d’emploi ou diminuer leur temps de travail parce que l’assurance invalidité ne voulait pas les prendre en charge.

De plus, ce personnel est à l’entrée des magasins et mal protégé contre le froid. Tout dernièrement, un magasin d’une de ces chaînes a procédé à des travaux dans ses locaux afin de les « moderniser ». Résultat : la chaîne du froid a été augmentée et le personnel à la caisse a encore plus froid. Les responsables de la chaîne, qui n’y travaillent pas, leur ont distribué des gilets… Un autre magasin n’a pas d’aération et en été ils ont trop chaud. Dans un autre magasin encore, l’aération a provoqué une maladie chez un employé. Cela coûte plus d’argent au magasin de remplacer le système que de mettre l’employé en congé maladie. Que dire ?

Préoccupée par le cas du personnel aux caisses, j’ai envoyé une lettre à l’une des directions de ces magasins en disant qu’il y avait des exercices tout à fait simples qui ne nécessitaient pas de faire une pause spéciale et que je pourrais montrer au personnel afin de lui éviter les problèmes musculaires et articulaires mentionnés. Réponse : Nous vous remercions pour votre information et la transmettons au service concerné. Depuis… Rien !

Commentant l’affaire avec un gérant, il m’a répondu : ce personnel va disparaître ! Les caisses automatiques vont les remplacer.

Ce serait pourtant si simple de pratiquer certains exercices…

Lien vers :

Les agences de voyage CFF

Les agences de voyage CFF (Chemins de fer fédéraux) ont fermé en Suisse. Je me suis battue pour  les maintenir ouvertes. Il y a eu deux étapes à Neuchâtel, Suisse :

1. D’abord, il y a eu la fermeture de l’agence qui se trouvait au centre-ville. Elle rendait bien des services aux gens qui venaient en ville faire leurs achats et qui passaient à l’agence pour prendre leurs billets ; parmi ces clients, il y en avait qui venaient en tram depuis les villages environnants.

Il y a eu une pétition lancée par le syndicat des moyens de transport. J’ai pris contact avec les différents médias neuchâtelois pour qu’ils en fassent un sujet. Certains d’entre eux n’ont pas pu le faire parce que le sujet était « sensible ».

Pendant ce temps, un groupe de citoyens, dont moi, a été entendu par les responsables des CFF. Je me suis même déplacée aux quartiers généraux des CFF, à Berne. Peine perdue, les CFF ont déclaré qu’ils avaient un local à la gare. Or, celle-ci est située tout en haut de la ville et donc incommode tant pour ceux qui font leurs courses en ville que pour ceux qui viennent en tram.

2. Même pas une année après le déménagement à la gare, toutes les agences de voyage CFF ont été fermées en Suisse. Je me suis renseignée, c’est en Suisse allemande que certaines agences ne fonctionnaient pas bien. Celles de Neuchâtel, Yverdon, Lausanne et Genève étaient en chiffres noirs ! Là aussi, j’ai pris contact avec différents médias, mais le ton était donné et au lieu d’envoyer un journaliste chevronné au front, le journal de la ville a envoyé une stagiaire qui ne connaissait pas bien le sujet.

En plus, les employés des CFF ont reçu l’annonce de la fermeture de leur agence par courriel ! C’est un manque total d’égards.

Voici un extrait de mon intervention devant les responsables des CFF qui ont accueilli le groupe qui s’est occupé de la pétition à Neuchâtel en juillet 2012.

J’ai parlé des moyens de faire des économies, thème tellement à la mode : « Et maintenant, vous vous trouvez devant le dilemme d’augmenter la rentabilité ou…. Mais, non, vous n’êtes pas dans un dilemme, vous avez pris le train, pour utiliser une image de votre monde, le train de la rentabilité ; c’est un TGV qui va à toute vitesse et qui, pour des raisons d’économie, tout comme vous le faites, n’a pas de fenêtres. Car à quoi bon une fenêtre, on pourrait voir des choses, une vue globale et ce serait une perte de temps ! »

Il est vrai que personne n’a été licencié. Mais, de voir ce personnel avec des connaissances qui dépassent le cadre de la vente de billets de train locaux au guichet ou même les voir accueillir les personnes qui vont acheter un billet pour les guider vers les automates… Me met très mal à l’aise et me fâche.

Je viens d’apprendre que la personne qui a précédé à la fermeture des agences avait été engagée juste pour cela, elle n’est plus dans les parages !

Lien vers : Questions sociales