Le classeur de mes élèves en danse classique

Au cours, nous avons fait des exercices, parlé de divers sujets et de danseurs qui ont été importants soit dans l’histoire de la danse soit dans ma vie. Nous avions un classeur divisé en sujets. Voici quelques danseurs.

Les danseurs du classeur de mes élèves. L’idée m’en est venue un jour et j’ai commencé par les deux premières danseuses que j’ai vues sur scène. Il est clair que la vie de chaque danseur mérite un livre. Dans le classeur il y a la photo et un texte racontant des faits de la vie de l’artiste. Ici, je vais rapporter des anecdotes. Pour Danilova et Toumanova, j’ai encore en mémoire leur personnage sur scène en tête. Les autres personnages du monde de la danse, importants pour moi, figurent dans d’autres articles.

Chez elles. Je suis allée , en compagnie de feu mon ami, André Oppel, leur rendre visite alors qu’elles étaient près de quitter ce monde. Cela a été une rencontre très forte. Je leur ai fait revivre une partie de leur vie d’artiste. Pour Danilova, nous sommes allés deux fois chez elle à New York. Nous nous sommes liés d’amitié. Je l’avais cherchée pendant des années et je croyais que je n’allais jamais la revoir jusqu’à ce que je voie une de ses photographies à l’école de Chorégraphie de Saint-Petersbourg avec un autographe récent ! Quand elle ma vue, elle m’a dit que j’étais le portrait de la femme de Fokine ! J’ai eu l’impression de faire partie de la famille ; et lorsqu’elle a raconté les ballets dans lesquels elle avait dansé et dont les décors avaient été conçus par Picasso, André avait dit qu’il avait eu l’impression que Picasso était derrière la porte ! Elle avait aimé les boucles d’oreilles que je portais et dès mon retour à la maison, je me suis procuré une deuxième paire et la lui ai envoyée. Lorsque je lui ai dit que je préparais la variation de la Fée de la grâce avec une élève, elle m’a montré comment surmonter une difficulté technique. Elle se trouvait dans le couloir, a laissé son bâton de côté et s’est mise en 4e position ! Quant à Tamara, le voyage à Hollywood a été aussi inoubliable. Elle nous a remerciés de la visite, a sorti des photos et a raconté que la période était compliquée pour elle parce qu’il y avait eu un tremblement de terre et que ses archives s’étaient éparpillées. J’aurais bien voulu l’aider…

Deux autres danseuses. Marie Taglioni est l’une des premières danseuses à avoir eu une renommée internationale. C’est parce qu’elle avait des bras très longs que son père, Philippe Taglioni, chorégraphe, lui a réglé La Sylphide avec les bras dans la position que l’on connaît. Elle est même devenue la règle, même pour les danseuses qui sont petites. Elle incarne la danseuse romantique. Moira Shaerer a dansé dans le film Les Chaussons rouges. Je ne pourrai l’oublier.

Moscou. Galina Oulanova, bien que formée à Saint-Pétersbourg, a fait carrière à Moscou et a incarné la première génération de danseuses étoiles du temps du communisme. Maximova est la génération qui lui suit.

Anna Pavlova. Celui qui s’y connaît un peu en danse connaît son nom. Elle est la première danseuse à avoir fait le tour du monde pour faire connaître le ballet classique. Elle est la danseuse classique par excellence. Michel Fokine, le chorégraphe russe, a créé pour elle La Mort du cygne. On ne peut rien ajouter d’autre !

Alla et Irina. J’ai eu la chance d’aller rendre visite à Alla Chelest chez elle à Saint-Pétersbourg. Elle figure ici dans le portrait que lui a fait Viktor M. Oriechnikov. Là non plus, il n’y a rien d’autre à ajouter. Irina, je l’ai rencontrée à Vienne lorsque j’ai rendu visite à l’un de mes anciens maîtres de ballet, Oprea Petrescu qui enseignait à ce moment-là à l’Opéra de Vienne et qui logeait chez Irina et son mari Karl Musil. Irina, on le voit ici était très belle et son âme l’était aussi. Je l’ai revue lorsque je suis retournée à Vienne avec André qui était un peu fatigué d’avoir marché. Elle lui a alors offert de s’allonger sur le lit sur lequel Roudolf Nureiev avait dormi ! André a été aux anges !

Kreutzberg. Il a été le danseur expressionniste par excellence et a donné naissance au style de Martha Graham. J’ai eu la chance d’avoir un cours avec lui et me rappellerai toujours que dans une diagonale, il fallait interpréter un certain personnage, chose que je n’avais jamais faite. Sa photo est tellement belle qu’elle mérite une place à part.

Deux danseurs. Je vais à Berne avec André et entre dans une librairie de livres anciens. Je demande s’il y a quelque chose sur la danse et le vendeur parle de danse avec moi. Il me dit qu’il a dansé au théâtre de Berne et me dédicace sa photo. Pietro Antonio y est magnifique ! Karl Musil était donc le mari d’Irina et danseur étoile à Vienne. Il était venu une fois à Interlaken avec la troupe, je lui avais rendu visite et il m’a offert la chambre de l’un des musiciens de l’orchestre pour la nuit !

Alexandra. Je l’ai connue lorsque je faisais un stage de pédagogie à l’école Vaganova. J’avais eu la permission de faire mes maquillages fantaisie à des élèves de l’école et Alexandra était venue. Je lui avais parlé de sa tenue si belle lorsqu’elle avait le dos droit. Elle m’avait répondu qu’elle était trop grande pour entrer au Mariinsky. Je lui avais dit qu’on ne pouvait jamais savoir. J’ai eu raison, elle a été engagée, est même venue danser avec la troupe à Neuchâtel au théâtre du Passage et fait une magnifique carrière de soliste. Elle est l’une des rares danseuses des années 1990 à encore y danser. Félicitations !

Quand on veut, on peut ! Ces deux danseurs ont rencontré des difficultés au départ de leur carrière, mais chacun est devenu une étoile et c’est ce qu’il faut retenir. Les difficultés sont souvent un moyen pour s’enrichir.

Cette photo exerce une facination sur moi. On n’a pas toujours besoin de faire de la danse classique pour avoir de l’esthétique.

Les années 1990. J’étais retournée à Bucarest à cette période et Magdalena était en pleine ascension. Elle a été une danseuse soliste arrivée à maturité grâce à un grand travail. Quant à Natalia, je l’ai rencontrée un peu plus tard, lors d’un second séjour à Saint-Pétersbourg, en regardant les cours de danse des danseurs du Mariinksy. Elle est aussi venue danser avec Alexandra à Neuchâtel. Elle continue sa carrière à Dresde.

Danseuse étoile. Je ne peux pas ne pas finir avec Ileana Iliescu, la danseuse de l’époque où j’étais à Bucarest, la danseuse dont l’attitude dans la vie et sur scène est visible sur cette photo.

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Mon ordi et un caissier de chez Aldi – commerce au centre-ville.12

Le caissier s’appelle Tiago et son rôle dans ma vie n’a pas de prix !

Un samedi, je vais en ville faire des courses. J’avais mon ordi à la main et arrivée à la caisse, afin de me décharger, je pose mon ordi près de la sortie du magasin. Lorsqu’on fait la queue dans les magasins, il se passe toute sorte de choses qui attirent mon attention : des gens mettent leur panier n’importe où, ne mettent pas la barre de séparation après leurs achats, ou alors ils la mettent et je dis avec un faux désespoir qu’ils ne vont pas payer pour moi et profite pour les remercier d’avoir pensé au caissier qui ne peut deviner quoi est à qui. Bref, ce jour-là, j’ai été distraite, en plus j’avais acheté un bon croissant et je devais avoir les mains occupées. Je paie, salue le caissier et m’en vais tranquillement.

Je vais à mon studio de danse. Je passe par une période où je fais des rangements d’une autre façon et passe passablement de temps à cela. À un certain moment, je me dis que je vais m’entraîner et cherche mon ordi sans le trouver. J’éprouve un vide parce que cet appareil a… preque toute ma vie… Je ne sais pas comment j’ai pu fonctionner pendant des années sans ordi. Dans cet étui il y a : tous mes contacts pour le courriel, ma comptabilité, des références, mes souvenirs, des explications, des remarques, toutes mes activités : danse, révision de textes, maquillage fantaisie, cours et ateliers que je donne (@3m. ossature – @articulations-jouons avec elles – à vos pieds – danse classique et imagination – la valse comme chemin de vie – atelier de mouvement pour le corps et l’esprit – réflexologie pour les sportifs et travailleurs manuels ansi que des activités pour des enfants) sans parler de ma plateforme, celle qui me permet de dire tant de choses. Bref, quasiment toute ma vie. Au moment où je m’en rends compte, je revis dans ma tête mon parcours et me dis que c’est chez Aldi que j’ai laissé mon ordi. il est 19 h et le magasin a fermé depuis une heure. Je me dépêche quand même et arrive à 19 h 30… personne, même pas du personnel de nettoyage.

Que faire ? Dans les situations difficiles, il y a peu de choix, soit on s’angoisse, ce qui ne résout rien et détraque le corps, soit on fait confiance. Je me suis dit qu’il y avait quand même des chances pour que quelqu’un l’ait remarqué et remis à la caisse. Mon ordi est un Mac ancien et ne devait pas soulever tant de convoitises que cela, de plus les Mac ont un numéro de série. Des amis m’ont dit « Bonne chance ! » en pensant que je n’en aurais pas beaucoup et d’autres m’ont dit : « On est en Suisse, tu vas le retrouver » ou encore « L’esprit des clepsydres est avec vous ! ». Je me suis occupée autrement et de temps à autre ai eu une pensée pour mon ordi. L’idée d’avoir à racheter un ordi m’a dérangée et l’ai remise dans son tiroir.

Le lundi suivant. Je vais à la caisse d’Aldi Neuchâtel et demande à la caissière s’ils n’ont pas retrouvé un ordi. Non, répondit-elle – Un sac noir ? – Ah, oui ! Il est dans la vitrine. Mon Dieu ! Mon sang a circulé à nouveau. J’ai demandé qui l’avait trouvé. « C’est Tiago ! » Je vois qui c’est, c’est un jeune homme avec des cheveux courts noir et blond. Je demande quand il travaille et on me dit qu’il sera à la caisse en fin d’après-midi.

Chercher un objet. C’est curieux comment l’esprit fonctionne dans de pareils moments. J’avais regardé à travers le vitrine l’endroit où j’avais laissé mon ordi, mais il n’y avait rien. Je n’ai pas pensé à regarder dans la vitrine.

Lundi en fin d’après-midi. Je retourne et vois le jeune homme. Il y avait du monde à la caisse et je dis à tout le monde que ce jeune homme a retrouvé mon ordi ! Un groupe d’ados était là et a applaudi ! C’était un moment fort. Je remercie donc Tiago qui m’a dit (je n’ai plus ses mots en tête) qu’il n’avait rien fait de spécial. Quand même, mon ordi… c’est un autre moi. Je lui suis infiniment reconnaissante et c’est pourquoi j’écris cet article. On dépend tous les uns des autres, mon aventure en est un exemple. De plus, j’avais mis dans mon sac les bagues que je porte et que j’enlève lorsque je donne mes cours.

Invitation. Je dis à Tiago que je présente des spectacles de danse-théâtre qui durent 45 minutes et qu’ensuite, on se réunit autour d’un verre. Je propose d’inviter le personnel d’Aldi. J’en touche un mot à la gérante et ne dois plus qu’adresser mon invitation.

Inutile de dire que l’ordi est à l’intérieur du sac !

Le rôle de Tiago n’a pas de prix dans ma vie. J’ai une affection particulière pour le personnel qui travaille pour le public car il est passablement sollicité et les clients ne sont pas toujours aimables. L’autre jour, l’un d’eux a dit « Au revoir, monsieur ». Le monsieur en question n’a peut-être pas entendu mais il est parti sans dire merci non plus. C’est moi qui ai dit au caissier « Je vous dis ‘au revoir’ à sa place ! ». Alors, lorsqu’un caissier comme Tiago, en fin de journée, remarque un objet comme le mien et pense encore à me rendre service… C’est tout simplement magnifique !

Liens vers des articles sur le commerce au cente-ville ou des personnalités de la ville :

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Fête des vendanges 2023

Mes maquillages et le miracle d’une montre !

Normalement, je ne publie pas avant d’avoir fini un article, mais le vendeur de la montre va quitter la Suisse et je voudrais lui faire voir que j’apprécie son attitude.

Installation. Je n’occupe généralement pas beaucoup de place, même pas 2m2, mais cette fois-ci je me trouve un peu à l’étroit dans le stand de Xamax et, en apparence, sans rien pour pouvoir suspendre les tableaux avec les photos de mes maquillage. Mais, j’aperçois de drôles de fentes dans les parois vitrées du magasin qui fait mon fond et me dis que des trombones pourraient faire l’affaire puisque mes tableaux sont très légers. Je ne peux que remercier Roger l’horloger (celui qui vient de créer pour la première fois dans l’histoire de l’horlogerie une montre avec un centre vide (sa plateforme) ; en effet, c’est l’utilisation qu’il a fait d’épingles de nourrice (article) qui m’a inspirée. Ce qui a été fascinant a été de voir les personnes auxquelles j’ai demandé de l’aide pour suspendre les cadres. La fente laissait présager une pose directe, mais cela n’a pas été le cas et les personnes choisies ont, chacune, cherché la position sûre pour que le cadre ne tombe pas. Aucune n’a dit un mot, leur main a cherché et trouvé le bon endroit. Cela a été un régal pour moi.

Au-dessous du tableau suspendu, on voit une bouteille contenant de l’eau et un verre à côté. C’est le verre de Pascal Hofer, laissé en souvenir à la fête.
On voit mieux la fente.

Ma place se trouve à côté d’une peinture qui me fait toujours penser à un personnage soviétique et qui m’avait inspirée il y a quelques années. Il est en compagnie du photographe Knut Vibe. La voici :

Parlons de « ma » montre ! L’année passée, j’avais acheté une montre à un stand tenu par un Africain. J’avais rangé mon matériel pour les maquillages dimanche soir et étais allée faire un tour en ville pour voir l’ambiance. Audit stand, j’avais vu une montre… elle m’avait fait signe mais je m’è’étais dit que j’avais une dizaine de montres chez moi. Je suis repassée devant et la montre m’a à nouveau fait signe. J’ai demandé le prix qui était un peu élevé pour moi et suis repartie. Sur le chemin, la montre m’a envoyé un message et j’ai fait marche arrière. J’ai dit au vendeur que je donnais tant s’il me la vendait. Il a été d’accord et je suis partie avec la montre qui était toute contente. J’ai aimé ma montre, elle a bien fonctionné et au mois d’août, alors que je courais au bord du lac pour aller me baigner, remarque que j’ai ma montre au poignet. Mince ! mais décide de ne pas perdre de temps pour retourner à la maison et me dis que je vais la mettre dans un sac en plastique que j’ai avec moi et comme cela, elle sera en sécurité. Arrivée à l’endroit prévu pour la baignade… plus de montre. J’ai fait marche arrière sans succès. J’ai eu un vide, une douleur inexplicable ou explicable parce que j’ai réellement aimé ma montre.

J’ai espéré que celui qui l’a trouvée l’apporterait au Service des objets trouvés. Rien. J’ai cherché sur Internet et ai trouvé le modèle ! Quelle chance ! me suis-je dit. Au moment de l’ouverture du paquet arrivé… ce n’est pas vraiment le modèle demandé. Le vendeur a dit qu’il allait me rembourser ; affaire à suivre. Puis, arrive le mois de septembre avec sa Fête des vendanges et ses stands. Je me précipite à l’endroit où j’avais acheté la montre, mais le vendeur n’est pas venu. Je vois un autre stand qui est en train de fermer et lui demande s’il a des montres. Oui !

Cheikhouna Sylla, c’est le nom du vendeur. Il me montre sa marchandise et je vois une montre… mon modèle ! Je lui raconte que j’ai donné telle somme l’année précédente et il m’explique que son stand lui avait coûté Fr. 500.- en 2022 mais que cette année c’était Fr. 800.- et ne pouvait me faire ce prix. Finalement, on tombe d’accord sur un autre prix et je pars avec Ma montre. Arrivée à la maison, je compare la montre avec une photo de celle que j’avais eue et remarque une différence. Je retourne le lendemain et un peu gênée dis à Cheikhouna que ce n’est pas tout à fait le modèle que je recherchais. Il n’avait pas vu non plus. Heureusement qu’une autre montre était celle qui était la sœur jumelle de celle qui avait fait battre mon cœur et je pars avec Elle ! Cette fois, les aiguilles de mon temps tournent dans le bon sens.  Je suis très reconnaissante à Cheikhouna pour son attitude, son amabilité, son beau sourire franc. Il fera partie de ma vie d’une belle façon. Je souhaite qu’il fasse de belles affaires ! Le vendeur de la vente par Internet a tenu parole, il m’a remboursé aujourd’hui. Je lui suis profondément reconnaissante.

Voici mes montres (Il faudra que je refasse la photo pour que les deux montres aient la même lumière et la même taille. Je vais mettre ma nouvelle montre aussi à l’heure de l’autre !).

Celle perdue La nouvelle

Pascal Hofer, journaliste d’Arcinfo, est passé me poser deux ou trois questions et m’a laissé son verre en souvenir. Cela m’a fait du bien de parler avec lui. J’ai eu l’impression de me retrouver avec le Neuchâtel d’autrefois. Le monde change et Neuchâtel aussi, ou l’inverse, mais le fait est là. Il a eu l’amabilité de m’inclure dans le journal qu’il a tenu de la fête. Je figure à 20 h 58, une heure qui me convient bien !

Les années et moi, cela fait deux. Je n’ai jamais accordé grande importance aux années et depuis qu’un physicien m’a dit que le passé, le présent et le futur existent en même temps mais dans des dimensions différentes… je me dis que 1969 ou 1989… Mais, la question de Pascal m’a rendue curieuse et j’ai dû aller consulter mon CV pour savoir dans quel temps j’avais vécu mes premiers maquillages. Je remercie Pascal pour l’article et pour la question.

Photos. Cette année, je ne sais pour quelle raison bien des photos sont mal sorties : la lumière n’était pas bonne et ni mon appareil photo ni mon portable n’arrivaient à prendre les couleurs des maquillages ; en voici tout de même un florilège.

Le maquillage et les clients. Les nouveaux clients cherchent les modèles que je fais. J’explique que je me laisse inspirer par la personne. Cela marche la plupart du temps. Il y en a cependant qui ont voulu un petit cœur… J’ai expliqué que je ne sais pas faire de telles choses et que celui qui est à l’intérieur de nous est bien plus riche. Aucune de ces personnes n’est restée et cela ne me gêne pas. Nous sommes simplement dans des mondes différents. Le jeune homme sur la dernière photo m’a fait une demande très spéciale, la négociation a pris du temps, mais finalement, il m’a fait confiance. Certaines fois l’effet est meilleur sur la personne que sur la photo, c’est ce qui s’est passé avec lui, mais je garde la photo parce qu’après avoir vu le maquillage au miroir, il m’a fait un baisemain ! C’est bien la première fois que cela m’arrive. Avant de partir, il m’a demandé de mettre ma signature sur son front. Là aussi, on a négocié et je l’ai posée sur son épaule. À nouveau, il m’a fait un baisemain. Cela a été un moment hors du temps.

Et voici une partie de l’équipe de Xamax avec laquelle je me suis très bien entendue. Une autre personne, Anissa, absente sur cette photo, se trouve en 6e position, juste au-dessus de la photo de la chatte.

On y voit Christian Sydler, celui qui organise tout et qui a la tête à tous les endroits du stand. On y voit aussi Jean-Luc Boss. Il joué en 2e équipe de Xamax et lorsque je lui ai demandé s’il avait connu Bonni (ses filles avaient été mes élèves de danse), il m’a dit qu’après avoir arrêté sa carrière professionnelle il était allé jouer avec eux : « Il a toujours marqué un but. Mais dès qu’il l’avait marqué, il partait. Il avait fait ce pourquoi il était venu ! » J’ai trouvé cette anecdote très jolie. Les deux autres dames, je les connais aussi mais pas leur nom. Il faudra que je les demande : à droite, la dame a tenu le kiosque de la rue du Seyon et à gauche, la dame travaille dans l’horlogerie et m’a raconté des histoires horlogères qui verront le jour dans un autre article. L’histoire de l’horlogerie est une passion chez moi.

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Ouverture de la saison des spectacles – Invités : les membres du comité du Passeport-Vacances pour les Jeunes de Neuchâtel

Je le dis souvent, la fin d’un cycle annonce le début d’un autre. Cela me fait bizarre quand je le vis. Je viens de finir les nettoyages annuels des rideaux, tapis, chaises et choses de fond de mon studio de danse et voilà que cela coïncide avec le spectacle proposé au comité du « Passeport-Vacances ». J’aime aussi quand les choses s’enchaînent les unes aux autres.

Le Passeport-Vacances pour les Jeunes de Neuchâtel (PVJ). Cela fait des années que je collabore avec lui. Combien ? Je n’en sais rien, mais beaucoup. J’ai proposé diverses activités et actuellement, j’en ai deux : Réflexologie ou découvrir les lignes de téléphone qui parcourent ton corps et Des oiseaux à la maison.

Pourquoi je participe au PVJ. Le rapport avec les enfants est différent ; ils ne sont pas obligés de venir au cours ; ils choisissent leurs activités en fonction de leurs goûts. Il arrive, bien sûr, que ce soit les parents qui choisissent. La dernière fois, par exemple, l’une des fillettes a dit qu’elle n’avait pas choisi de venir au cours de réflexologie, ses joues se sont faites toutes rondes et sa bouche n’était plus qu’un point lorsqu’elle a fini sa phrase. C’était rigolo. Je lui ai dit que sa maman avait fait ce choix plein d’amour pour sa fille, pour qu’elle apprenne des choses qu’elle pourra pratiquer, qui lui rendront service et qui seront utiles. Au cours de l’après-midi, son attitude a changé, elle a apporté des réponses inattendues et s’est préoccupée d’un garçon, bien plus âgé qu’elle, et qui avait l’air seul. C’était très joli. J’en reviens à ma participation : j’aime apporter quelque chose aux autres et chez les enfants cela va tout seul. Je n’ai jamais eu un enfant qui ait dit qu’il n’a rien appris ou qu’il n’a pas aimé. Je pense que c’est une chance d’apporter quelque chose à quelqu’un. Si je sais des choses, c’est parce que d’autres me les ont enseignées ; à moi de les transmettre plus loin.

Pourquoi j’invite le comité du « Passeport-Vacances« . Cette année, le PVJ a fêté ses 45 ans au restaurant et les personnes qui proposaient des activités ont été conviées. Quelle chance, me suis-je dit ! C’était au printemps et le printemps rime quelques fois avec rhume des foins. Ces dernières années, je ne l’ai pratiquement pas eu, mais cette année… j’ai été mise hors circuit et j’ai laissé passer l’invitation. Flûte et reflûte ! J’avais quand même envie de rencontrer les membres du comité avec lequel j’échange des courriels et me suis dit que j’allais les inviter à l’un de mes spectacles. Huit sur les onze ont pu venir le 24 août à 18 h.

C’est toujours une émotion ! Avoir du public, des gens que l’on connaît ou que l’on ne connaît pas crée un état un peu spécial chez moi. Mes spectacles sont dits intimistes parce que la chose se passe entre nous, que le public est peu nombreux et qu’il est près de la scène. Tout spectacle demande une préparation, mais je venais de rentrer d’une tournée à Cluny et il a fallu me réadapter, en peu de temps, à mon lieu et faire l’électricienne, le technicien de scène, le costumier, le répétiteur, le préparateur du verre après le spectacle, le porteur de vaisselle, le décorateur, le placeur du public, sans oublier l’interprète des morceaux !

Le spectacle se passe bien. Les applaudissements sont nourris et l’une des spectatrices dit : « C’était magique, on se serait dit dans un ailleurs !  » En récompense, je reçois une magnifique plante, un hibiscus. C’est curieux. Je dirai plus bas pourquoi.

On s’installe pour prendre le verre. On discute de choses et d’autres et l’une des dames me demande si j’ai été danseuse étoile et je lui dis que ce n’était pas le cas mais que je cherchais encore le métier que je ferai quand je serai grande. Tout le monde a rigolé. Mais, ce n’est pas vraiment une boutade. J’ai exercé plein de métiers dans ma vie et je continue à en découvrir. Une autre dame a dit qu’en effet, j’étais à part parce que j’avais proposé, tout au long de ma participation au « Passeport-Vacances » diverses activités et que je ne manquais pas d’imagination pour en trouver.

Parmi les divers métiers que j’exerce lorsque je présente mes spectacles, il y a aussi normalement celui de photographe. Cette fois-ci, j’ai oublié de photographier la table prête pour les invitées. Je le regrette parce qu’une autre dame a dit que j’avais bien fait de rater l’invitation au repas du comité parce qu’elles auraient raté le spectacle, l’accueil si chaleureux et le verre ( en plus du Mauler rosé, j’avais aussi préparé du kéfir de fruits) avec une table si appétissante !

Je disais que ce spectacle marquait l’ouverture de la saison de mes représentations. En effet, je venais de finir les grands nettoyages annuels et de trouver enfin une façon de présenter mes activités actuelles sous la forme du tableau qui suit. On a bien rigolé quand elles m’ont demandé comment je faisais pour enlever les tissus du plafond et les rideaux, puis pour les porter… « Ce n’est pas trop lourd ? » J’ai expliqué que je m’étais déjà plainte auprès du destin qui ne m’a pas envoyé des employés pour les charrier jusque chez moi, mais, heureusement, un copain de classe, Albert Einstein, mais aussi de leur propre classe (!), a expliqué que l’espace-temps se courbe en présence d’un corps et alors, je suis un corps dans l’espace-temps qui se courbe quand je me déplace et donc ne sens plus le poids ! Tout le monde a rigolé.

Du renouveau et du kai zen. Le renouveau, on sait ce que c’est ; le kai zen est une notion japonaise qui veut dire amélioration constante. Cette saison est un mélange des deux et ce sont les membres du comité qui sont les premiers à entrer dans mon nouveau cycle. D’abord, en répétant mes danses, j’ai trouvé de nouveaux mouvements. Notamment dans la danse Piano fantasque. Je la présentais d’habitude en me servant d’une barre avec un rideau par-dessus. Un jour, je suis allée en tournée chez un ami et j’ai modifié la danse parce que je ne me voyais pas porter la barre. Ce qui m’a paru, au départ, un ennui, s’est révélé porteur de liberté. Je veux dire que je me suis sentie libre d’occuper l’espace différemment. Cela a été une sensation très forte. Et, lors de la préparation de ce spectacle, la chose est allée encore plus loin. C’est là que la notion de kai zen est entrée en jeu et c’est ici qu’intervient la plante. J’avais décidé de simplifier ma vie et d’avoir moins de plantes dans le passage que mes voisins mettent à disposition pour traverser leur cour privée et accéder à mon studio. Je n’avais gardé que le rosier devant l’entrée et un petit pot de persil pour en mettre dans de l’eau que je bois. Puis, une plante sauvage s’est invitée, elle ne m’a pas donné son nom, mais elle s’est joliment enroulée et pris de la place. Signe du destin, me suis-je dit et je lui ai mis des fils pour qu’elle puisse bien s’étendre. Arrive Mlle Hibiscus. Bon, c’est un autre signe du destin et en plus, ces temps-ci, je porte pas mal d’habits roses et la fleur rose cadre en tous points dans le décor. La fleur vient du magasin « Comme une fleur « et moi qui aime les mots, je me dis qu’elle arrive comme une fleur, que la fleur est un aboutissement, qu’elle embellit la vie, qu’elle est le reflet de ce que nous vivons. Cela cadre tout à fait dans ma vie. Merci pour ce magnifique cadeau !

La nature est vraiment inimitable !

Encore au sujet du renouveau. Je prépare un nouveau genre de spectacle ou une suite logique de ceux que je présente, je ne sais pas encore, mais il s’agit d’une lecture et de réflexions sur les mots, le langage écrit et parlé basé sur un ou des livres de l’écrivain français Jean-Loup Chiflet et des commentaires de Pierre Buffiere de Lair, l’expert que je consulte quand j’ai des doutes ou ne connais pas quelque chose. J’avais prévu de faire un peu de lecture le soir du spectacle, mais le temps est passé très vite et lorsque je m’en suis rendu compte, il n’y avait plus qu’un membre, Anne. Comme je me suis bien entendue avec elle, elle a été mon premier public pour ce genre de spectacle. Elle a aimé. Quelle chance ! C’est vraiment le début d’un cycle nouveau !

Un mot sur le Passeport-Vacances. L’origine de cette association se trouve en Allemagne, à Hambourg en 1969 (j’aimerais bien savoir comment l’idée a surgi) ; puis Bâle et Zurich ont suivi. En Suisse romande, le premier « Passeport-Vacances » a lieu à Fribourg en 1978 et Neuchâtel s’y lance la même année, à la suite de l’initiative de Pro Juventute qui s’est appuyée sur la Jeune Chambre Économique de Neuchâtel (JCÉ). Les pourparlers avaient été entamés 1977, année internationale de la jeunesse. Il s’adresse à des enfants, de 8 à 15 ans, en vacances en période d’été et qui restent à la maison. Le but est de leur proposer, pour un prix très modique, des activités éducatives tout en s’amusant. Le comité oeuvre bénévolement depuis 45 ans. Je leur tire mon chapeau. Comme je le dis plus haut, c’est mangifique d’apporter quelque chose aux autres. Je crois savoir que le comité accueille volontiers de nouveaux membres, alors, si ceux qui lisent ce texte ont du temps, ce serait une excellente façon de l’utiliser !

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Pieds enrubannés

Les pieds sont le socle de notre corps. Il est regrettable que lors de notre éducation, formation dans la vie, l’on ne nous apprenne pas à vivre avec lui. On le considère comme une chose qui est toujours là et qui ne peut défaillir. Pourtant, pourtant… il nous est d’une grande aide à bien des égards, car lorsqu’il va bien c’est parce que nous allons bien.

Cet article est la suite du précédent À vos pieds, cours créé pour le Service des sports de la Ville, section Midi Tonus, sous l’impulsion d’une amie qui avait pris part à l’un de mes autres cours.

Au départ, je voulais simplement faire une photo des pieds de chaque participante avec un quelque chose qui sorte du commun. Finalement, l’inspiration m’a visitée et il en est sorti ce que vous trouverez plus bas.

Préparation. Même si on est aguerri dans certains domaines, il vaut mieux faire des préparatifs. Je fais appel à deux Britanniques qui assistent au cours pour faire les premiers essais. Elles avaient le temps de venir parmi les autres participantes ; elles auraient pu dire non, mais, elles ont l’esprit britannique et sont prêtes à explorer la chose ! Je pense que c’est comme cela que l’inspiration est venue. On a aussi bien rigolé parce que l’air de rien, certaines fois il fallait bien garder l’équilibre et il faillait faire preuve de… courage ou d’inventivité pour garder la pose.

Le jour dit, je fais mes photos et voilà qu’ensuite l’une des participantes sort du Mauler rosé, mon champagne national préféré ! Je n’ai pas résisté au plaisir de faire un montage.

Contenu de la photo : deux bouteilles et le pied enrubanné (je fais appel à votre imagination pour voir le noeud fait avec le ruban) de la participante. C’est en cliquant à droite et à gauche pour mieux faire ressortir le noeud qu’un « effet miroir » en est ressorti, je ne sais à quel moment.

J’ai fait une présentation PowerPoint mais n’arrive pas à la mettre ici. Il faudra que je demande de l’aide. Voici, en attendant un PDF, mais il joue le même rôle et peut-être que cela suffilt.

L’intention… J’avais l’intention de faire un choix de photos pour ceux qui n’auraient pas la patience d’attendre le téléchargement des photos et voilà qu’en préparant la sélection, une autre version s’invite et je ne peux que lui laisser le chemin libre !

C’est la multiplication des pieds !
Pieds en route !
À vous de trouver le titre…
Vous connaissiez la roue de la fortune ? Vous avez ici la roue des pieds, à double !
Il est normal que des pieds jouent avec le nombre trois qui a toute sorte de significations. Rappelons que le chiffre est le symbole qui aide à écrire le nombre, ainsi 3 est chiffre et nombre. Vous avez compris, les pieds, ils mènent à tout !
Toute fin est le début d’un autre cycle.

Liens vers :

Fête de la danse – Neuchâtel.2023

Samedi : jour de cours, dimanche : spectacle.

La vie sociale semble reprendre son cours après la période de la pandémie. Cette fois-ci, je donne deux cours.

Quelle chance ! ils ont lieu, une fois de plus, au théâtre du Passage qui se prête toujours à l’exercice. En cliquant sur le cours vous avez le descriptif :

Mes cours. Je suis toujours fascinée par ce que les participants apportent. Dans mes cours, comme dans toute chose, il y a une recette, des règles, un apprentissage et après, c’est cet « après » qui est intéressant, c’est ce que les gens en font. Cela n’a pas manqué lors de cette série et tour à tour les participants disent lors du cours sur la valse :

  1. J’aime guider, contrôler, je ne peux pas me laisser aller ;
  2. Même chose pour moi ;
  3. Je n’ai jamais pu danser la valse, cela me donne le tournis, même voir les danseurs tourner me donne le tournis.
    • Et les trajets en train dans le sens contraire de la marche ?
  4. Pas possible.
    • Vous avez un point que vous pourriez masser dans votre main et cela devrait mieux aller. Le jour où ce point ne fait plus mal, le sympôme n’est plus là. Tant que cela fait mal, il faut continuer. Je lui montre et les autres participants approchent leur main pour que je le leur indique. C’est le signe qu’on forme vraiment un groupe. Je suis touchée.
      • Et on commence.

J’explique les principes que l’on va appliquer, on s’exerce en musique et deux personnes qui dansent ensemble bougent les jambes de la même façon. Je leur demande s’ils sont ensemble seulement pour le cours ou si c’est plus. « C’est plus ! » disent-ils. Je leur dis qu’ils sont bien assortis parce qu’ils font le premier pas d’une certaine façon ! Tout le monde rigole. Je leur explique qu’à ce moment-là, il faudrait déposer le poids du corps avec le genou plié.

Pour l’un des partenaires c’est allé tout seul et pour l’autre, cela a pris un peu de temps. J’explique que nous sommes tous différents (je sais, on est tous égaux, mais en traitement) et donc avons nos propres ressources, plus ou moins prononcées et que selon les besoins on les développe. Nous avons tous un parcours différent.

Le principe masculin et le principe féminin. Il n’est pas figé, une fois nous sommes le principe masculin qui guide et une fois le principe fémini qui se laisse guider, c’est à tour de rôle. Une fois l’explication donnée et des exemples fournis, j’entends au propre et au figuré un « ouf ! » de soulagement, de plaisir d’exister. Là, je me dis que j’ai donné mon cours.

Exemples de partenaires de valse, de couples. Je donne une feuille à chaque participant et lui demande d’écrire des exemples de couples. L’un des participants dit : « Je suis venu danser, je ne m’étais pas préparé à écrire. » Je lui dis que c’est justement la valse de la vie, il faut faire avec. Voici quelques-uns de ces couples :

La taille du « Moi » est relative, il ne faut pas tirer des conclusions hâtives.

Autre version :

La présentation est bien différente.

La valse est présente dans les deux cas ! Pour en savoir plus, il faudait assister à un atelier. Ce cours, je le destine à des entreprises, associations, groupes, voire à des fêtes de famille.

Le cours a lieu plus tard, c’est une évidence, mais c’est un samedi, en plus, c’est le week-end de la fête des mères, et les gens prennent leur temps pour ce qu’ils ont à faire. J’ai plus de participants et cette fois-ci, il n’y a pas d’homme.

Chose curieuse : aucune des participantes ne se connaît et pourtant il y en a trois liées à l’ethnologie. Ici aussi, j’explique la recette et on danse sur des poèmes inspirés des haïkus.

Le mouvement et la personne. Chaque mouvement est révélateur de la personne. Personne ne doit se sentir mal à l’aise en bougeant en musique. Je suis là pour aider les gens à vivre leur corps en entier. J’ai peu de temps, 45 minutes, c’est un peu court pour entrer dans le monde des autres. Néanmoins, je réussis à faire prendre conscience que les mouvements ne vont pas jusqu’au bout des doigs, que le tronc ne bouge pas, que les pieds sont inactifs, etc. À la fin du cours, j’ai demandé aux participantes si chacune partait avec quelque chose. La réponse a été oui. Quelle chance pour moi ! On n’arrive pas toujors a entrer en communication avec les autres.

Images, mouvements : à un moment donné, dans l’un des haïkus présentés, un nuage apparaît. Certaines participantes l’ont vu, suivi du regard et vu disparaître, une’autre était ce nuage un peu enveloppant, une autre encore s’est mise dans un coin et attendu qu’il passe et une autre l’a vu gris, comme une barre, elle l’a pris et s’en est occupée.

Commentaire. Je ne cesse de le répéter : en danse classique, il n’y a qu’une seule façon de faire un pas, les autres sont fausses ; dans d’autres disciplines il y a autant de personnes que de façons de vivre les choses. On le voit très bien dans le paragraphe précédent. Le plus important est de le savoir et de savoir où l’on en est. C’est ainsi que l’on a fait un exercice, le même pour toutes les participantes et que leurs ressentis ont bien différé. Ils étaient tous « justes », pas un n’était faux. C’est perturbant mais c’est ainsi. C’est un peu comme la mesure du temps, à Neuchâtel il est 15 h 27, à Irkoutsk il est 9 h 27, à Chicago 22 h 27 et à Hoululu c’est déjà le lendemain, 3 h 27 !

On a fini par :

Images :

  • Les fleurs en folie était pour toutes les participantes, sans exception, le printemps ;
  • Le désordre a été pour certaines la façon dont ce printemps pousse et pour deux le désordre à la maison ;
  • La fête a été en général la joie.

On n’a pas eu le temps d’entrer en profondeur dans les sujets et images, mais le principal : « vivre avec le corps, soit avec les mains, les bras, le tronc, la tête, les jambes et les pieds » a été compris. Là aussi, j’ai donné mon cours.

On est dimanche

Dix minutes. C’est le temps qui m’est imparti. J’ai choisi de présenter trois solos. Un solo dansé ne peut être trop long et comme j’en avais deux qui se suivaient, il fallait penser à un costume qui pouvait aller pour les deux danses. J’ai trouvé une solution. Pour la troisième, les organisateurs me permettent de passer en deux fois, soit après une ou deux autres écoles, c’est en fonction du style. C’est parfait.

Je me suis préparée en conséquence. Surprise toutefois, parce que le premier groupe est absent et je passe en premier. Heureusement que j’étais prête. C’est la vie et je joue le jeu. Tout se passe bien, je preésente deux danses qui sont de la danse-théâtre. Cela fait un moment que je fais une conversion de mes spectacles. Quant à la dernière danse, l’Adagio d’Albinoni, j’ai regardé dans ma collection de costumes et ressorti un costume de l’Opéra de Bucarest. Là, j’ai eu besoin de l’aide du ciel, comme on dit.

Ces temps-ci ont été passablement « pas en folie » et « pas en désordre » pour reprendre le poème du haut, mais inattendus. J’ai aidé un ami qui a créé sa propre montre à l’exposer à la foire de Genève. J’ai donc appris comment fonctionne une montre et préparé des textes dans les sept langues que je parle. Puis, j’ai appris la fermeture du magasin de pêche le plus ancien de toute la Suisse, Au Pêcheur, et deux connaissances ont décidé d’aller dans un jardin plus lumineux que celui de notre monde. Ce sont quand même trois départs que je dois vivre. Le magasin de pêche appartenait à Denis Demange, un homme que je trouve remarquable et qui vit la chose de façon hors du commun. Il est dans le thème tant de la valse que dans celui de l’atelier. Je lui donne un coup de main et me dis que l’inspiration pour la danse viendra au bon moment. Puis, c’est Christine Martin, horticultrice à Saint-Aubin, celle par laquelle j’en suis venue à mieux connaître les planges qui habitent mon balcon. Je ne pouvais faire autrement que d’aller lui dire un dernier aurevoir terrestre et assister à la cérémonie. Je me suis dit que l’inspiration allait venir. Et le miracle a eu lieu ! J’étais au temple de Saint-Aubin et tout à coup c’est « mon » morceau, l’adagio, qui est joué et, tenez-vous bien, dans la version raccourcie que je me suis arrangée ! Christine s’est dit « Je suis sûre que Zully va venir à l’église et je vais lui donner un coup de main ! ». Dans mon monde, c’est ce que je me dis.

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Au Pêcheur – fin d’un commerce

Ce n’est pas seulement un commerce, un simple commerce qui ferme, c’est le plus ancien magasin de pêche de Suisse qui s’en va. Il met un terme à ses activités tout comme une série d‘autres établissements commerciaux qui viennent de fermer leurs portes à Neuchâtel, C’est triste. Ma ville se désagrège, se dissout…

Dès que j’ai su la mauvaise nouvelle, je suis allée voir le patron, Denis Demange, pour lui dire que je désirais être à ses côtés et lui donner un coup de main ; je lui ai dit que je voulais représenter le Neuchâtel de jadis, celui où les valeurs d’autrefois prévalaient, qu’il fallait toujours garder la tête haute quoi qu’il arrive dans la vie et que nous allions fêter la chose avec une bouteille de Mauler rosé. Une fois ma tirade finie, je me suis dit qu’il avait le droit de penser différemment, mais, j’ai eu de la chance, il m’a dit que c’est bien ainsi qu‘il agissait et que ce serait avec plaisir avec, cependant, une condition : il fallait se tutoyer. Comme c’est joli !

La fin mais aussi le début. On le sait, chaque chose a une naissance, un développement, une fin et la fin engendre un nouveau cycle. C’est le cycle d’engendrement dont parlent les Chinois. Le fait de savoir que le cycle existe apporte-t-il une consolation, une certitude que les choses vont s’arranger ? En tous les cas, Denis me dit qu’il y a eu quelques étapes un peu compliquées mais qui ont trouvé des solutions et il a fêté chaque solution. On est du même monde et c’est magnifique. On voit sur la photo que la bouteille de Mauler repose sur une nappe à l’image de Paris. Je lui dis que pour moi Paris n’est jamais loin lorsque je fête quelque chose et il me dit qu’il aime aussi cette ville.

Mars 2021, c’est à ce moment-là que j’ai écrit mon premier article sur lui. Je n’ai pas pensé que j’allais vivre la fin du magasin.

Les raisons ? Il y a tout une chaîne de causes : la covid, une crue du lac qui l’a rendu impossible à la navigation, puis pas assez d’eau, encore une bactérie et une politique qui supprime les places de parc en ville. Cela fait des années que la tendance a commencé et que des amis me disent qu’ils ne viennent plus à Neuchâtel parce qu’il est très difficile de se parquer. Maintenant, on vient de supprimer les places de parc près de la gare ; à croire que seuls les jeunes en short et sac à dos voyagent. J’exagère… Cet article, ni aucun des miens d’ailleurs, n’est pas le lieu d’une polémique, je ne fais que dire ce que tant de personnes constatent : ma ville se désagrège, se dissout, le paysage commercial disparaît. À cela s’ajoute le fait que les grands centres commerciaux et Internet vendent des articles à bas prix et que souvent le personnel a une connaissance très limitée des articles qu’il vend. Au début des années 2000, l’opticien Luther me disait : « Les gens viennent se renseigner chez moi, se faire faire des examens et ensuite vont acheter dans la filiale de la chaîne X (pas besoin de leur faire de la réclame ici !). Ils ne viennent acheter que dans des cas difficiles. » Denis me dit que tout dernièrement deux clients, et ce ne sont pas les seuls, sont allés chez lui avec deux cannes à pêche achetées dans un de ces centres et lui ont demandé de la leur monter. Ils lui ont aussi expliqué que puisque c’était leur premier achat, ils ne voulaient pas trop dépenser. Denis leur a demandé leur profession. : « Ingénieurs chez Y » fut la réponse. Il n’y a rien à ajouter mais la tristesse m’envahit en l’entendant m’égrener les raisons de la fermeture de son magasin. Je lui ai demandé si son service de monteur de cannes à pêche avait été payé : « Non, je suis un passionné ! » Là non plus il n’y a rien à ajouter.

À propos de la filiale de la chaîne X, Denis me dit qu’en Suisse allemande la chaîne ne marche pas parce que les gens tiennent à leurs magasins locaux. J’admire !

Denis me raconte : « Dans mon magasin il y avait des personnes seules qui venaient non seulement pour acheter, mais aussi pour se confier. Je me demande ce qu’elles vont devenir ». Je dois dire que c’est une sorte de révélation pour moi. Je n’ai pas pensé qu’un commerce comme le sien s’y prêtait. J’en prends pour mon grade. J’ai eu ce genre de relation avec les commerçants d’il y a quelques années. Aujourd’hui, je les compte sur les doigts d’une main. Une relation entre le commerçant et le client est aussi empreinte d’amitié, de compréhension, on se rend aussi des services non monétaires . Les commerçants locaux sont remplacés par des filiales de gros commerces. C’est une partie de l’âme de la ville qui s’en va.

Pour le moment me voilà apprentie en inventaire d’articles de pêche, de nettoyage et de démontage de meubles ! J’aime l’apprentissage de toute sorte de métiers et, surtout, j’aime rendre service. Cette fois, je suis bien tombée, Denis est un patron en or : il a quelque chose en commun avec feus messieurs Schneitter, le droguiste, et Vautravers, commerçant en articles ménagers : un certain sens de l’humour mais aussi le respect des articles mis en vente. J’avais déjà remarqué un sens très prononcé de l’ordre, du classement chez Denis. Cela se vérifie en cette fin de vie commerciale. Le plaisir que j’ai de l’accompagner en cette période est en plus enrichi à bien des égards : voir une personne mettre fin, par obligation, à une activité qui date de 1882, de façon élégante est une belle leçon. Denis a le sens du devoir, il aime et respecte ce qu’il fait, il est même méticuleux. Il me rend meilleure et c’est un délice. Je parle d’apprentissage non seulement parce que c’est mon sentiment, mais aussi parce qu’à un moment donné, je devais aller dans mon studio de danse chercher les flûtes à champagne et juste avant de fermer la porte, il me dit : « Tu as les clefs ? ». C’est bien le patron qui parle à l’apprentie !

Apprentissage chez Denis. On a commencé par prendre les différents articles, les cataloguer et les photographier. Puis, on a simplifié et on a fait des cartons spécifiques. Je peux dire que j’ai vu l’ordre régner à toutes les étapes. Fascinant !

Son père. J’aime ma ville et ceux qui l’ont construite. Le père de Denis, Christian Demange, en fait partie ; cela fait que j’ai une affection particulière pour lui. Je le dis souvent, nous ne sommes rien sans les autres, et surtout sans les précédents. Alors, la fin de l’enseigne doit marquer Denis. Il me dit que c’est le cas et qu’à un moment donné, il est allé parler à son père sur sa tombe. La semaine qui a suivi lui a apporté les solutions pour son magasin. Je trouve cela magnifique et suis traversée par une onde vibratoire au moment où il me le dit. On trinque à la santé de son père ! Lorsque Denis prend un objet qu’il ne va plus vendre pour le mettre dans la caisse qui sera débarrassée, il m’arrive bien souvent de reprendre l’objet et de dire « Mmmm ! cela peut servir ». et Denis de commenter : « J’ai l’impression d’entendre mon père ! »

« Cela peut servir » était donc l’une des phrases de monsieur Christian Demange. C’est aussi la mienne. Elle est plus fréquente chez ceux qui ont vécu la guerre ou qui ont vécu dans des pays où il n’y a pas tout. C’est ainsi que je récupère un certain nombre de choses chez Denis. « Tu vas faire quoi avec ? » me demande-t-il. Je n’ai pas toujours une réponse claire, parfois je trouve l’objet beau, parfois c’est pour compléter ce que j’ai, parfois j’ai l’impression que l’objet me dit de le prendre ; alors, je prends. Denis me dit : « Tu vas avoir tout mon magasin chez toi ! » Il exagère, bien sûr.

Attitude remarquable. Il a trouvé un repreneur qui lui dit qu’il peut vider le magasin de la marchandise et de ne pas s’occuper du reste ; puis, il se ravise et lui dit que ce serait bien d’enlever encore ceci et encore plus tard qu’il vaudrait mieux ne rien laisser. Denis avait déjà fait son plan de travail. Mais, il est un gentleman. Il aurait pu dire que l’accord avait été conclu d’une certaine façon. Il n’a rien dit, il s’est exécuté et j’ai trouvé cette attitude remarquable. Chapeau !

Dernier jour ouvrable de la semaine. Les circonstances de la vie on fait que je n’ai pu « aller au travail » que de 15 h à 16 h. Denis avait un rendez-vous après. Il avait préparé mes tâches. C’était du nettoyage. Il avait tout calculé et j’arrive à faire ce qu’il fallait dans le temps imparti. Au moment de partir, le ciel envoie une belle averse. « 

  • Tu sais pourquoi il pleut ? demandé-je à Denis. C’est que le ciel a vu que je n’ai pas eu le temps d’arroser les plantes de mon balcon et s’est dit qu’il allait me donner un coup de main.
  • Tu as un parapluie ?
  • Non, j’ai toujours des paquets à porter et ne saurais où le mettre.
  • Tu ne vas pas partir ainsi. Tiens ! il reste une veste de pêcheur. C’est juste ta taille.
    • Je ne l’avais pas vue et même jamais pensé en porter une fois. Je lui dis qu’il pourrait la vendre. Il m’écoute, regarde par la vitrine et me tend la veste.

Découverte dans le démontage. Je trouve des traces de l’écriture de son père et peut-être des anciens propriétaires sur des étiquettes et les meubles. Je suis touchée. Je trouve même une annonce « Maidenform » collée à un arrière panneau. C’est la marque des soutien-gorge que ma mère a portés bien des années plus tard. Mon Dieu, que cela fait remonter des souvenirs ! Je dis à Denis qu’elle doit dater des années 1930, au moment où la boutique vendait des habits aussi (cf. l’autre article sur le magasin). Je me dis qu’il y a une porte temporelle que je pourrais ouvrir pour revivre ce temps qui me semble tout proche.

Le dernier ticket de caisse : c’est le mien ! Un ou deux jours avant que Denis ne ferme son magasin, je lui ai dit que je désirais acheter un couteau (inutile de lui dire « un bon couteau » parce qu’il ne vend que de la bonne marchandise) et que je lui demandais que ce soit sa dernière vente. Il s’est exécuté. Voici les deux objets.

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C’est donc le dernier ticket de la lignée qui a commencé en 1882. Je me sens liée à l’histoire. Il a été imprimé le 29.04.2023 à 16 h 15, le prix est en francs suisses et en euros. Le verso du ticket indique combien Denis est soucieux de son environnement.

Dernier article vendu. J’ai donc demandé à Denis de me choisir un couteau. Il me choisit un Opinel. J’ai de la chance, Opinel est une excellente marque française. L’entreprise fait ses premiers pas en 1800, Joseph Opinel invente son premier couteau en 1927 et la firme a une reconnaissance mondiale. Je suis, je l’ai déjà dit, dans l’histoire. De plus, je suis très sensible au français et viens d’apprendre que Larousse a inclus dans son dictionnaire opinel, en même temps que bic, frigidaire et solex. Larousse va parfois trop vite dans certaines acceptions, mais là, il s’agit d’une reconnaissance historique.

Inventaire et démontage en images :

En réalité… j’ai reçu trois fois cette quantité. J’ai aussi reçu des sortes de perles que je vais partager avec les filles de mes amies. Inutile de dire que je suis de toutes les générations !

Denis me dit que c’est la date de naissance de son père.

Ordre et élégance chez Denis. Denis a enlevé les tiroirs des meubles, les a rangés dans sa vitrine afin de faciliter le travail de la personne qui les avait achetés. Plusieurs choses dans cette photo : de l’ordre, du respect pour les meubles, et de l’élégance parce qu’il se met à la place des personnes qui vont charger les meubles et leur allège la charge. C’est le portrait de Denis. Je répète : toutes les étapes ont été sous le règne de l’ordre et de la propreté. Cela a été comme une danse.

Chaque tiroir numéroté. Tout est parfait, mais au moment du déménagement des meubles, on n’a pas le temps de chercher lequel va où et Denis dit que tous les tiroirs vont partout. C’est réellement le cas. Je me dis qu’avec les meubles actuels… Vous avez raison, dit l’acheteur, on ne peut même pas le bouger de la place où on les a montés. Une nouvelle fois je suis émerveillée par le travail fait. Ces meubles ont servi des années et des années et sont toujours en bon état.

« Bonne nouvelle vie ! » a été la phrase de Denis aux meubles en les touchant au moment où la remorque s’en allait avec eux. C’est tout simplement beau.

Ce que l’aventure m’a apporté. Je me dis que je ne m’étais pas trompée en écrivant le premier article sur le personnage et le fait de le connaître mieux me fait l’admirer pour son attitude si élégante face à des inconvénients. J’aime aussi l’ordre, les choses mises en évidence, les beaux rangements, mais de voir travailler Denis me fait aller plus loin. Je ne saurais l’expliciter, je le vis. Je lui suis reconnaissante de m’avoir permis de vivre cette fin de vie commerciale et historique. C’est un fait pour moi. On a aussi bien rigolé parce que, comme déjà aussi dit, il a un certain sens de l’humour. J’ai appris à mieux manier certains outils, j’ai pu apporter une fois ou l’autre mon concours et une fois ou l’autre ses observations m’ont bien nourrie. Cela fait maintenant partie de moi. J’ai grandi et me sens meilleure. À un moment donné, il m’a confié une tâche en me disant qu’il avait bien pensé que j’allais aimer la faire. C’est vrai, j’aime le travail manuel. C’était à la fin du sixième jour de travail :

  • Demain, il ne restera que quelques affaires à liquider et à trouver quelle clef va dans quelle porte.
  • Magnifique, ce sera la danse des clefs !
  • Toi, tu aimes tout faire !
  • Oui, pour entrer en communication avec quelqu’un, il faut avoir la bonne clef, c’est comme une porte. Tout n’est que symbole dans cette vie…
    • Et on a ri avec l’âme parce que la vie peut être tellement simple !

Célébrations variées. Comme je le dis au début de cet article, il faut toujours garder la tête haute et fêter les choses. Alors, le premier jour de travail commun, nous l’avons fêté avec du Mauler rosé, le deuxième avec un autre genre de rosé, du jus de d’oranges rosées, le troisième avec des gâteaux d’une amie qui partait au ciel, le quatrième avec l’amitié tout court parce que c’est mon jour de jeûne, le cinquième avec du silence afin de ne pas déranger les voisins avec le chargement de la remorque qui emportait les meubles, le sixième avec un sentiment d’exaltation parce que l’on avait accompli un très grand travail, chose qui à un certain moment était apparue impossible et septième et dernier jour avec le sentiment du devoir accompli (ne pas oublier que Denis a fait plus qu’il n’avait été convenu, mais lui se dit qu’il a ainsi le sentiment d’avoir achevé son travail) et, bien sûr, du Mauler rosé. On le voit le cycle se termine comme il avait commencé et c’est signe du départ d’un nouveau cycle.

Voilà la table improvisée sur la vitrine où le Mauler rosé règne sur un fond parisien.

Ouverture du Mauler. Normalement, j’ouvre les bouteilles. Le premier jour, je n’ai pas réussi. C’est bien la première fois et j’ai dû céder la chose à Denis. Cette fois-ci, je me dis que je dois réussir. Cela prend du temps et il dit :

  • Faut pas avoir soif !
    • Dieu sait la tête que je fais, et il ajoute :
  • Faut pas être dans le désert !
    • Je n’en ai cure, réussis à ouvrir la bouteille et là on éclate de rire. C’est cela passer du temps avec lui.

Le fait de participer à toute cette aventure me fait me sentir partie prenante de l’histoire et sens une nouvelle racine pousser pour aller rejoindre l’année où le magasin a été créé. Je la laisse aller plus loin, volontairement, parce que ceux qui étaient vivants en 1882 avaient leurs propres racines et qu’elles se lient aux miennes.

Solutions, c’est le mot de la fin. On rejoint le premier paragraphe, celui où Denis dit qu’il a fêté chaque solution qui lui est apparue. C’est magnifique. On ne peut que lui souhaiter bon vent !

Le plaisir. Bon, cette fois c’est le dernier mot et il se nomme « plaisir ». Le plaisir est un sentiment qui devrait nous accompagner tout le temps. Je le répète à tous mes élèves. À Denis, il n’y a pas besoin de le dire parce qu’il le dit lui-même : quand on a du plaisir, tout va tout seul. Comme il a souvent du plaisir, je l’imagine s’en aller dans la vie dans le bateau du plaisir.

Question d’écriture. Certains pourraient avoir été étonnés d’avoir lu « monsieur » et non pas « Monsieur ». Alors, doit-on écrire : j’ai parlé avec M. Levoisin ou j’ai parlé avec monsieur Levoisin ? Mon expert, Chambaron, m’explique que « monsieur » n’est pas un titre. On n’a pas l’idée d’écrire « Chère Voisine », alors, on n’écrit pas non plus « Cher Monsieur », mais « Cher monsieur », car il fait partie du corps du texte. Par voie de conséquence, on écrira « j’ai vu monsieur Duvoisin marcher dans la rue ».

Lien vers le site temporaire de Denis où vous pourrez acheter des articles pour la pêche : aupecheur.ch.

Liens vers des articles sur le commerce au centre-ville ou des personnalités de la ville :

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Spectacle.

@Articulations – jouons avec elles ! et participantes.6

Le corps humain possède dans les 360 articulations, presque autant que l’année a de jours, cela dépend de la façon de les compter. S’il est intéressant de travailler les articulations articulaires et musculaires de notre corps, il en va de même avec les articulations de la vie.

Articulation, définition. Si on lit la définition de l’Académie française, on voit qu’il y a plusieurs domaines qui ont des articulations : l’anatomie, bien sûr ; le droit (la façon dont les articles ou éléments juridiques se lient) ; la grammaire (le lien qui unit un membre de phrase à un autre) ; la musique (façon dont les sons sont liés ou séparés) ; la phonétique.1 – point du canal bucal qui permet l’émission des sons ; phonétique.2, par extension, la qualité de la prononciation (claire, aigüe, etc.). Nous ajoutons, dans ce cours : l’articulation aux éléments de notre vie. On peut les réduire au domaine professionnel et personnel. On peut encore aller plus loin et se demander comment on articule ce que l’on vit à l’extérieur et à l’intérieur de nous-mêmes.

J’aime les images. Dans le cas présent, l’arrosoir me rend bien service. Celui qui est sur la tête d’Essence, notre compagnon au cours, déverse son contenu en nous et peut contenir toute notre vie. Il s’agit de savoir à quel niveau on se situe.

Quelques arrosoirs :

L’arrosoir se décline à l’infini… et la façon de vivre son contenu aussi.

Comment vivons-nous, articulons-nous ce que l’arrosoir nous présente ? C’est un sujet passionnant dans ce cours.

Voici encore des exemples d’arrosoirs :

Liens vers :

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Danse classique et imagination.3

Je ne cesse de le répéter, ce sont les participants aux cours qui l’enrichissent. C’est une nouvelle fois le cas.

On continue à faire le cours et à sentir l’eau, ce qu’elle fait en nous ou autour de nous.

L’eau. Notre corps est composé à 70 % d’eau, mais les molécules d’eau du corps sont à hauteur de 99,6 % ! L’eau est un élément essentiel dans notre vie. Ma référence dans ce domaine est Jacques Collin, conférencier et auteur de trois livres sur le sujet. Il a rencontré tous ceux qui ont parlé des qualités particulières de l’eau. L’eau est l’élément qui permet que les aliments nourrissent le corps , alors, suivre l’eau dans le corps est fascinant. Je dois quand même dire que faire de la danse classique pour un adulte qui n’en a plus fait depuis des années ou jamais n’est pas si simple ; de sorte que se concentrer sur le corps prend parfois le dessus, mais on arrive quand même à inviter l’eau.

Réactions pendant le cours : « l’eau reste au niveau des pieds, arrive jusqu’au cou, est calme ; – l’eau n’oppose aucune résistance, les mouvements se font tranquillement ; – je me sens ailleurs ; – je suis dans l’eau, sous l’eau et pourtant je n’ai pas froid ; – je peux me mouvoir aisément. « 

Une autre fois, le tonnerre se fait entendre et une participante de dire :  » – je marche dans la campagne, la pluie tombe, me mouille. Malgré le tonnerre, je ne cours aucun danger, et je suis remplie d’une énergie bienfaisante… puis je me déplace dans un pré sous des arbres fruitiers. La pluie s’arrête. Devant moi un magnifique pommier en fleurs et je me délecte de sa beauté.  » 

Danser avec l’eau et danser avec la vie. La danse n’est pas seulement un ensemble de mouvements du corps. Dans ce cours, on parle aussi de la façon dont on danse avec ce que la vie nous propose.

On pratique des exercices sous une autre lumière. Tout comme dans la vie, selon les angles de vue, selon la lumière qu’on met à la chose, elle apparaît comme ceci ou comme cela.

Montage de Zully

Liens vers :

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À vos pieds ! et participantes

Pour faire bref, dans ce cours, on fait connaissance avec les informations que les pieds détiennent et avec lesquelles on peut interagir. Pour faire encore plus court, dans le pied il y a le corps. Pour donner une image, les pieds nous guident ; à nous de savoir où et comment on les pose.

En plus du travail physique avec les pieds, on a pris le temps de discuter de certaines expressions et par là même de voir dans quelles circonstances on pouvait faire appel à elles.

Pourquoi ces expressions seraient importantes ? Parce que ce sont des mots et que les mots ont une signification et qu’ils ont une vie en nous, ils nous marquent. On en arrive au rôle de la pensée, sujet si bien traité par Jean-Pierre Garnier Malet.

Pieds ailés et bijoutés !

Le pied et les expressions. Autrefois, il y a bien longtemps, comme dans les contes, au xviie siècle, on utilisait une unité de mesure qui s’appelait « le pied ». Les Anglais continuent à parler de « feet » dans ce sens-là. L’expression « sur un pied d’égalité » veut dire que deux ou plusieurs personnes sont dans un rapport égalitaire. Ainsi, l’une des participantes a manqué le premier cours pour des raisons indépendantes de sa volonté et je le lui ai donné séparément. La fois suivante, tout le monde était sur un pied d’égalité (on sait qu’on ne dit pas « sur un même pied d’égalité », il y aurait redondance). C’est la première expression qui a fait son entrée au cours !

D’autres expressions avec le mot pied, pieds. Les pieds racontent bien des choses et les mots permettent aux pieds de dire des choses. Nous avons décidé de ne retenir que des expressions qui nous font du bien, qui nous renforcent, qui nous enrichissent. Elles font partie de la vie de tous les jours, et en fonction de la situation vécue, on fera appel à l’une ou l’autre d’entre elles.

  • Sur un pied d’égalité (être, vivre, mettre) ;
  • Avoir bon pied, bon œil ;
  • Avoir les pieds sur terre ;
  • De pied ferme ;
  • Être sur un bon pied ;
  • Lever le pied ;
  • Mettre un pied devant l’autre ;
  • Prendre pied.

Que signifie « lever le pied »? ai-je demandé. Ralentir ! a été la réponse. Oui c’est cela, mais à l’origine, j’ai perdu la source, on le disait des personnes qui étaient en visite et qui en levant le pied signifiaient qu’elles s’en allaient.

Expressions adaptées. On le sait, la vie n’est pas figée et nous avons transposé l’expression « Mettre les pieds dans la vigne du seigneur » qui veut dire s’enivrer. Elle donne :

  • Mettre les pieds dans la vigne de… (prénom de la participante au cours) :
    • Cela veut dire que n’entre pas qui veut dans son monde. Ainsi, au cours, nous sommes dans une même vigne !

Expressions inventées. Nous avons senti le besoin d’enrichir notre vocabulaire afin que les pieds fassent encore plus partie de notre vie.

  • Pieds ailés et bijoutés (image d’en haut) :
    • c’est ce que l’on peut dire lorsqu’on a fini une séance avec les pieds, lorsqu’on a réussi quelque chose.

Forme des pieds. On a aussi comparé la forme de nos pieds au descriptif fait par des professionnels et on a bien ri !

Les flèches indiquent la forme. Explication dans le paragraphe qui suit.

Les flèches. Afin de ne pas me servir d’images qui pourraient avoir des droits d’auteur, j’ai fait les miennes. Ce n’est pas la peine de dire que cela n’a pas été simple. Ce qui est intéressant de retenir c’est qu’au moment où je n’arrivais pas à m’en sortir, l’expression « perdre pied » a atterri dans mon cerveau. Comme elle ne figure pas dans la liste ci-dessus (rappel : la liste proposée n’est pas « positive », elle est « constructive »), que les réserves de ma patience étaient au plus bas et qu’il ne faut jamais épuiser ses réserves, je me suis dit que j’allais faire appel à votre imaginaire afin de mettre une ligne parallèle à un certain endroit. Pourquoi pas ? Les parallèles de la Terre sont bien imaginaires et je ne vois pas pourquoi le domaine lui serait réservé. Mais, ce matin, mes batteries étaient rechargées, on le sait, la nuit porte conseil, et j’avais « le pied des solutions ! » J’ai donc repris mon métier, ai réussi et en plus me suis enrichie dans le maniement des lignes et des flèches. Quelle chance !

Revenons à nos pieds (pas à nos moutons, à nos pieds !) : dans le descriptif, le propriétaire de telle ou telle forme a telle ou telle propriété en plus ou moins grande abondance. L’une des participantes a dit que cela ressemblait à un horoscope et on a toutes ri parce que les prédictions… C’est vrai, on avait toutes un peu de tout ce qui était mentionné. Bien sûr, la morphologie d’une personne en dit long sur elle, mais une chose isolée… on le sait, ne fait pas le tout. Il y avait encore des pieds où le propriétaire ne peut bouger le petit doigt, où le troisième orteil grimpe sur le quatrième, etc. L’intuition nous dit que les noms des formes sont liés aux pieds des pharaons égyptiens, statues d’athlètes grecs, personnalités romaines, et le carré, je viens de voir que ce serait le pied germanique. On peut aussi se dire qu’il y a autant de formes de pieds que de personnes, d’ailleurs, nous n’avons même pas deux pieds égaux. La nature, on le sait, n’aime pas la répétition.

Rendre à César ce qui lui appartient ! C’est une autre participante qui m’a envoyé une photo du tableau de Frida Kahlo sur les pieds qui m’a donné l’idée d’aller voir ce que « les formes racontent ». Vous pouvez voir sur la Toile le tableau, je ne le mets pas ici parce que je ne sais pas si je peux le faire. Mais, merci à la participante et à Frida pour la forme de ses pieds.

Des pieds ailés, bijoutés et étoilés. Les étoiles sont des points-source le long de méridiens. Ils sont fort utiles et on peut les stimuler de bien des manières !

Un peu d’anatomie : nous avons environ 100.000 milliards de cellules dans le corps et si on divise le corps de profil en deux, puis une moitié en deux et ainsi de suite jusqu’aux pieds, on peut de dire qu’on en a … (calculez) cellules aux pieds (à quelques milliers près puisque le tronc est plus épais que les jambes, mais l’approximation y est). On sait que chaque cellule enregistre toutes les informations que nous recevons. C’est fabuleux. On va entrer dans ces mémoires…

Robert Hooke. C’est le moment de rendre hommage a ce grand scientifique anglais qui a apporté tant de choses en astronomie, horlogerie, physique, optique, mécanique, etc. et, et, c’est lui qui a étudié la première cellule et qui l’a baptisée cellule ! Pourquoi ce nom ? parce qu’il a pensé aux petites chambres des moines dans les monastères, les cellules. En latin, cellule se dit cellula, diminutif de cella. Cela s’est passé en 1665 ! Voilà. Vous venez de lire cette information, et elle est maintenant dans vos cellules ! Si vous regardez bien vos cellules, vous l’y trouverez !

Voyage d’une cellule. Voici un autre sujet traité pendant le cours.

Ceci reste personnel, mais le schéma est valable pour tout le monde.

Texte avec :

  • Définition du pied. Il n’y a pas que l’anatomie…
  • Expressions en français avec le (les) pied (pieds).

Comme dans les réclames d’antan : « Avant et après ».

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Après traitement ZS : pieds enrubannés !

Une chose en amène une autre. C’est ainsi, les choses se lient sans qu’on y pense. Je ne voulais prendre qu’une photo par participante et finalement… j’ai matière pour faire un PowerPoint dans un article séparé, Pieds enrubannés.

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