André Crelier – Vins Crelier – et commerce au centre-ville.11

Je connais André depuis des lustres, du temps où il avait son magasin à la rue du Seyon. Aujourd’hui, fin 2022, je le vois monter la rue du Château.

André monte la rue du Château. Il pousse son chariot. Je suis derrière lui et lui dis :

  • Sais-tu que tu pousses un chariot vide ?
  • Oui, je vais le remplir.
  • Tu as l’air vraiment en forme !
  • Oui, je fais des kilomètres et porte des tonnes de cartons.
  • Les gens ignorent que dans leur vie courante, ils peuvent trouver plein d’exercices qui leur permettraient de garder la forme.
  • Absolument. J’ai eu une hernie discale et je n’ai eu recours à aucun médicament !

Mon intérêt est tout éveillé. André me raconte que bien des gens, lorsqu’ils ont un petit pépin de santé prennent tout de suite des médicaments, se font opérer, alors que l’on peut faire tellement de choses soi-même !

Je suis ébahie. Je n’aurais jamais pensé qu’André pouvait avoir une telle attitude. Je lui raconte qu’un monsieur, passablement âgé, est tombé chez lui, mais sans rien se casser. Que disent le corps médical et les proches ? Qu’il faudrait vraiment faire attention parce qu’on a vite fait de se casser le col du fémur à son âge. Résultat, le monsieur a peur de marcher sans aide. Je lui dis alors que la peur est l’une des pires maladies, ensemble avec celle du doute, pour nous. Je lui dis alors qu’il peut faire des exercices simples pour redynamiser son corps et regagner confiance. Je les lui montre. J’ai de la chance de suivre des formations chez un médecin qui prône ce genre d’exercices et que je transmets lors de mes cours.

Que dire sur l’attitude du corps médical, de façon générale, et de celle des proches ? Je me dis qu’ils sont pleins de bonnes intentions mais qu’ils pourraient aussi voir les choses autrement. J’ai rencontré des personnes âgées qui avaient des articulations en meilleur état que les miennes, d’autres qui étaient en parfaite santé, et des jeunes qui ne vont pas bien. Bien sûr, il y a les statistiques. Mais, si on s’intéressait non pas aux effets, mais aux causes ? On serait surpris.

Alors, la hernie, c’était où ? Entre la 4e et 5e lombaire, répond André. Il raconte qu’il ne pouvait plus marcher et que les douleurs étaient presque intenables. Il va chez le médecin qui lui donne une boîte de cortisone, André ne la prend pas. Il se dit qu’il doit y avoir un autre moyen. La douleur, il la résiste. On lui parle de physiothérapie.

La douleur. Elle est un signe du corps, je ne comprends pas toujours pourquoi on doit la masquer. Je raconte à André que j’ai dû aller aux urgences pour une main brûlée et que le médecin m’a dit de prendre je ne sais plus quoi contre la douleur. Je lui ai dit que cela ne me rendrait pas service et que je voulais savoir jusqu’où cela allait. André me dit qu’il est très résistant à la douleur. Je suis admirative. Je rencontre peu de gens comme lui.

Un jeune physiothérapeute. André tombe sur un tout jeune physio, 27 ans, mais qui se met à la place des patients et les écoute. C’est formidable. André raconte que lorsque le physio lui faisait des manipulations, il lui disait ce qu’il ressentait dans son corps et le physio adaptait les mouvements.

Le test. Les escaliers qui mènent de la rue du Pommier à celle du Château. André pouvait à peine monter les deux premières marches. Il s’est dit qu’i devrait pouvoir les regrimpet et un jour il l’a fait, même en courant !

  • Combien de temps pour ce faire ?
  • Trois mois.

Remerciements. Après cela, un matin André ne cesse de porter des cartons pleins de bouteilles de vin. Peu avant midi, il appelle le physiothérapeute :

  • Je vous appelle pour vous remercier. Je viens de porter des tonnes de cartons et tout va bien !

Eh bien ! C’est le genre d’histoires que j’aime à raconter sur ma plateforme, celui des gens dont l’exemple nourrit les autres. Je suis absolument ravie.

Je souligne les remerciements d’André envers son physio. La plupart des gens, dès qu’ils ont un problème résolu… oublient de remercier celui par qui la solution est arrivée. Chapeau ! Mais, je peux aussi lever mon verre et entrer dans le domaine de notre ami Crelier.

Liens vers des articles sur le commerce au cente-ville ou des personnalités de la ville :

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A Tale of Wishes in 2023

FRENCH VERSION

New Year is the occasion to make happy wishes.

Wishes and thought. Of course, wishes of New Year are nice ones. One should have only these kind of thoughts. But what interests me this time is the path taken by the wishes I received for this year 2023.

I sent my wishes that, this year, have a different form than the one of previous years.

I receive wishes labelled « Sweet and beautiful year ! » As on this very first day of the year I was running along the lake to take my traditional bath I tell myself that I am going to go with them into the water. At the moment the wishes came into my mind I saw them going into the water as colours. I have no precise words as they were not under a form of a shape, they were just colours. They spread off rather quickly. It was like a painting.

I was under the spell of the vision and it is the water of the lake that reminded or told me – for sure that is another dimension – that she was just frequencies, that the wishes too were frequencies and that they were meant to be together. That made me deeply happy. Even now, when I am writing the story, the sensation-vision remains the same.

Moreover. I also understood that those who will approach the water, as well as those who live under her, are going to benefit from these wishes.

The role of thought. I come back to the subject as everything we think of has consequences. What happened to me is like a fairy tale. So, each person who is going to read this story shall benefit from it and shall also receive my wishes !

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Une histoire de voeux en 2023

ENGLISH VERSION

Nouvel An est l’occasion pour se souhaiter de bons voeux.

Les voeux et la pensée. Cela va de soi que les voeux de Nouvel An sont de bons voeux. On ne devrait avoir que ce type-là de pensée. Mais, ce qui m’intéresse dans le cas présent, c’est le chemin qu’ont pris des voeux que j’ai reçus pour 2023.

J’envoie mes voeux qui, cette année, ont une forme différente de celle des précédentes.

J’en reçois habillés des mots « Douce et belle année ! » Comme en ce premier jour de l’année, j’étais en train de courir le long du lac pour faire mon bain traditionnel, je me suis dit que j’allais entrer avec eux, tout neufs qu’ils étaient. Au moment où je les ai évoqués dans l’eau, ils sont partis en couleurs. Je n’ai pas de mot précis, car ce n’était pas une forme, mais je sais qu’il y avait des couleurs. Ils se sont répandus à toute vitesse, c’était un vrai tableau.

J’ai été sous le charme et c’est l’eau du lac qui m’a rappelé ou dit, dans ces dimensions les choses sont différentes, qu’elle n’était que fréquences et que les mots étant eux-mêmes des fréquences, ils allaient bien ensemble. Cela m’a procuré une immense joie, aussi grande que le lac. Même au moment où j’écris cette histoire, la sensation-vision reste la même.

De plus. J’ai aussi compris que tant ceux qui vont approcher l’eau que ceux qui y résident, vont en bénéficier.

Le rôle de la pensée. J’y reviens, car tout ce que nous pensons a des suites. Ce qui m’est arrivé est comme dans un conte de fées. Et donc, celui qui lira cette histoire en sera aussi bénéficiaire. En plus, il recevra mes voeux également.

Liens vers contes et le rôle de la pensée :

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Pierre Dubois, homme politique et amoureux de la langue française ! Rencontre particulière 22.

Cela faisait des années que je désirais m’entretenir avec cet homme au ton toujours si courtois et posé. Puis, le sort me dit que c’est le moment et là, le plaisir est intense. Les années passées à le chercher ont disparu.

Je désirais le rencontrer parce qu’il avait côtoyé feu mon ami André Oppel et que je voulais lui dire qu’André m’avait raconté une anecdote à son sujet que j’avais trouvée drôle.

Voici la photo du lieu où l’anecdote a eu lieu.

Anecdote. Je laisse Pierre s’exprimer.

C’est magnifique ! Et la voix de Pierre, c’est tout son personnage.

Aujourd’hui que j’écris cet article, je me demande d’où vient le nom du tunnel et je trouve la réponse dans le livre de Gelmini sur le millénaire de Neuchâtel (1011 – 2011) : il est dû à un lieutenant Pré-Barod ou Pré-Barrou et éponyme du pacage qu’il possédait à cet endroit. Une fois la famille éteinte, le nom a subi des transformations.

Et maintenant, le début. J’ai cherché Pierre bien des fois au téléphone et je tombais toujours sur son message : « Bonjour, vous êtes bien chez moi, mais pas moi ! Laissez-moi un message que j’écouterai religieusement et je vous rappellerai. » Il n’y a que lui pour enregistrer un tel message !

Reprise de contact. Le sort décide donc de me faire plaisir et je rends des visites à Pierre pour évoquer le passé. Peu à peu j’apprends qu’il a été l’élève de mathématique de Freddy Landry, avant d’avoir été son collègue. C’est un autre point d’attache parce que Freddy a illuminé ma vie. Puis, un jour, on parle d’expressions françaises, un autre jour j’apporte un livre sur les expressions qu’il faudrait éviter. Je ne sais pas pourquoi je lui dis que le premier professeur à avoir eu confiance en moi et en mon expression a été Roger-Louis Junod. Surprise ! Pierre me dit qu’il l’a aussi eu comme professeur. Il m’apprend que monsieur Junod avant été d’abord professeur à l’École supérieure de commerce. Ils se sont mieux connus lorsqu’ils se sont rencontrés au sein de la « Nouvelle gauche ». C’est tout simplement magique !

Les anecdotes. Je reprends le fil des anecdotes. Pierre me raconte que des amis du parti socialiste ont réuni une série de ses anecdotes et en ont fait une brochure qui lui a été offerte le jour de ses 60 ans. Il y a 60 anecdotes, soit une par année vécue. Elles sont délicieuses. Il me donne l’autorisation de les transcrire ici. Je le remercie de cette preuve de confiance et d’amitié.

Le français. Je suis très sensible à la langue, à l’expression et Pierre est une personne qui me comble. L’autre jour, nous regardions, à la télévision, les commentaires écrits sur l’élection au Conseil fédéral d’Elisabeth Baume-Schneider et Pierre relève tout de suite le mauvais accord (« Elle s’est dite heureuse… « Dans ce cas se est un complément d’objet indirect et donc le participe passé d’un verbe pronominal ne s’accorde pas. Elle dit à qui ?). Ce discours, Pierre l’a dit d’une traite.

Pour rester dans le sujet, je prends l’anecdote Incorrection : « C’est bien connu, notre ami est un adepte et un défenseur zélé du bon français, et il n’hésite pas à intervenir lorsqu’on malmène la langue. Lors d’une séance de la conférence des chefs de départements cantonaux de l’économie publique, le PDC genevois Jean-Philippe M. s’exprime ; à un moment donné de son intervention, ce spécialiste ès belles et longues phrases déclare : « C’est une histoire irracontable… « . Pierre s’exclame alors, pas trop discrètement : « in… » Un peu surpris, le magistrat genevois (ayant entendu le son « hein ») lui demande : « Comment ? Hein ? Tu n’as pas compris quelque chose ? », et son interlocuteur de rétorquer : « Non, j’ai bien compris, sache cependant qu’on ne dit pas irracontable mais inracontable ! »

Cette anecdote me fait penser à mon attitude l’autre jour lors d’une séance sur la culture. L’un des exposants n’arrêtait pas de dire qu’il voulait vraiment apporter quelque chose, qu’il allait vraiment faire et toute sorte de « vraiments ». Alors, je ne sais comment je me suis entendue dire à haute voix « vraiment ? ». Une seule personne s’est tournée vers moi. Je ne comprends pas. Quand on n’est pas à l’aise en public, on prépare son discours ou on demande à quelqu’un de l’aide. Personne ne sait tout. J’ai compté treize fautes lors de la présentation. La séance en question était pourtant composée de personnes ayant un certain niveau.

Pierre et le foot. C’est vraiment (un vrai vraiment !) une passion. On avait rendez-vous un mardi et tout à coup il se rend compte qu’au moment de ma visite il y aura l’équipe suisse qui joue. Alors… On a renvoyé au lendemain . Quand on se revoit, il me dit qu’il a joué dans des petites ligues mais que finalement il a été meilleur dans l’administration ; par exemple, il a été secrétaire général de Xamax dans ses belles années. Auparavant il a aussi joué dans l’équipe Xamax de l’École supérieure de commerce. Ah ? Il y avait une équipe de Xamax à l’école de com ? Je découvre un tas de qualités à cette école.

Voici la première et quatrième de couverture de la brochure.

J’ai été très émue en lisant la dédicace de Pierre.

Ici je parle de l’anecdote Matchs et conclus avec une conversation téléphonique que Pierre a eu avec mon frère David, actuellement en Colombie : « Avant toute chose, précisons qu’aux yeux de Pierre, seul le football est vraiment digne d’intérêt ; dans un accès de mauvaise foi, il serait même prêt à n’admettre que le ballon rond au rang de sport. Cela étant, ils se fourvoient complètement, ceux qui imaginent que, dans ce domaine, notre ami n’est qu’un spectateur ou, au mieux, un gestionnaire. Les plus vieux de ses amis le savent bien, Pierre a une carrière de footballeur derrière lui. Après quelques tentatives infructueuses au sein des juniors de Xamax (il était incompris de ses entraîneurs), il a fait directement le grand saut dans la première équipe ; il a ainsi toujours préféré aller droit au but sans se perdre dans des dribbles tortueux ». C’est ici qu’intervient David :

  • « Tu as joué avec Xamax à Barcelone contre le FC Barcelone.
  • Oui. Je suis entré en début de match.
  • Tu as touché la balle ?
  • Non, mais je l’ai vue ! »

Celui qui connaît Pierre, entend sa voix, voit le pétillement de ses yeux et le mouvement de sa tête ; c’est absolument charmant ! Pierre me dit que l’entraîneur Christen, qui parlait parfaitement l’espagnol, voulant impressionner l’équipe adverse, avait annoncé que « El Siete » (sept, en espagnol) était un atout majeur dans l’équipe suisse ! Ce « El Siete » n’était autre que Pierre qui affichait ce numéro au dos de son maillot. Rappelons que l’équipe de Barcelone était entraînée par le Hollandais Johan Cruyff. Pierre dit qu’après dix minutes… il était rentré au vestiaire tellement cela jouait haut ! L’anecdote finit ainsi « Rentré au pays, Pierre rentra définitivement dans les vestiaires ».

Tous ceux qui rencontrent mon frère admirent sa mémoire, il se rappelle de choses que même les protagonistes ont oubliées. En entendant David et Pierre parler, ils étaient à égalité dans ce domaine, l’un prononçais le prénom du joueur X qui avait joué dans l’équipe Y en l’année Z et l’autre donnait son nom de famille. Un vrai match !

Cette anecdote me rappelle celle de feu son ancien prof et collègue de maths, Freddy Landry :

Freddy et le foot. Freddy Landry a fait du football et a joué dans l’équipe du FC Cantonal. Lors des championnats nationaux de 1950, il a joué, même s’il faisait partie de l’équipe de réserve. Il s’est trouvé en milieu de terrain, a senti un joueur de son équipe derrière lui, pour une raison qui lui échappe, il a craint d’être attaqué par le côté et a fait une passe arrière au joueur dont il est question, mais la balle a fait un tour d’arc et est arrivée derrière le dos du gardien… de sa propre équipe. Freddy a arrêté le foot !

Anecdote sur Pierre et La Poste. « Sous son air débonnaire, notre ami cache parfois un tempérament de feu. Un jour, il reçut un avis postal l’invitant à retirer un envoi au guichet de son quartier. Il s’y rendit à sa convenance et présenta le bordereau. Alors que Pierre Dubois habite le même immeuble depuis plusieurs dizaines d’années et qu’il est connu en ville comme le loup blanc, le fonctionnaire postal lui demande de justifier de son identité ! À lui, qui, à cette époque, était déjà conseiller d’État en charge ! Les mouches s’arrêtèrent de voler et les habitants du quartier durent fermer leurs fenêtres… Depuis lors, la poste de Vauseyon équipe chaque guichet d’un vitrage suffisamment épais pour atténuer le poids des (gros) mots. »

Je demande à Pierre si c’est ainsi que cela s’est passé. « Oh ! l’employé savait très bien qui j’étais. Il a simplement voulu jouer au petit chef. Mais, vois-tu, la poste de Vauseyon a dû fermer. Ils ont été punis ! » Et Pierre me regarde d’un œil malicieux.

Anecdote dont le titre est Retour : « Beaucoup des amis de Pierre se demandent comment il réagirait, si après son passage au Conseil d’État, il se replongeait dans les délices de l’enseignement (il a d’ailleurs déjà reçu des propositions dans ce sens !). Lui, si ponctuel, si attaché à un habillement classique et sobre, si soucieux des règles élémentaires de la politesse, si sensible à la beauté et à l’exactitude de la langue, l’imaginez-vous entrer dans une classe de cette fin de xxe siècle ? Il y verrait des élèves arriver en retard sans prendre la peine de s’excuser, boire du coca ou mastiquer du chewing-gum pendant que l’enseignant leur parle, porter des pantalons qui leur tombent sur les genoux, arborer des bagues qui leur ressortent des narines, des lèvres ou même du nombril et les entendrait s’exprimer dans un français de type monosyllabique… Pierre, nous tenons trop à toi pour accepter que tu puisses ainsi t’exposer à de prévisibles coups de sang ! Si tu veux à nouveau enseigner, choisis donc les cours du soir ou l’université du troisième âge ! »

Mon école de danse et les élèves. Je peux faire le même constat ! Je n’ai plus de jeunes élèves ni des ados. D’abord, c’est le destin, qui tout comme les amis de Pierre, a dû penser à ma place, et ensuite moi-même. Autrefois, lorsque je voyais des enfants en ville et que je trouvais que je pouvais leur apporter quelque chose, je demandais aux parents si mes cours les intéresseraient. Maintenant, je vois des enfants pas coiffés, les filles (les petites) avec les ongles à moitié peints et les grandes avec des pantalons troués. Quant aux manières… Je change de créneau. Je me demande où est passée l’éducation. L’éducation comprend non seulement la politesse, mais aussi les valeurs, le respect des choses, des autres et de soi-même. Mais, bon, changeons de sujet.

Le français. Je demande à Pierre, un vrai Neuchâtelois, d’où lui vient cet amour de la langue. Il me répond qu’il lui vient de sa mère, une Française. Je comprends mieux.

Pierre me fait craquer. Il me fait craquer quand il me dit « Salut Tsouli ! ». C’est du pur neuchâtelois. Cela fait long temps, très longtemps que l’on ne m’appelle plus ainsi et il est le seul maintenant à le faire. Je craque ! Je me rends compte, en l’écrivant, que cela fait chinois Tsou Li. Voilà une jolie façon de finir cet article avec cet homme si raffiné dans ses manières.

Le hasard. Cet ami, hasard, qui me suit comme un ami me fait écrire un article sur André Crelier. Une fois la chose faite, André va sur ma plateforme et voit cet article. Il me rencontre en ville et me dit : « Pierre a été mon professeur préféré et il a joué un rôle déterminant dans ma vie d’étudiant et forcément, ce que j’ai appris chez lui, je continue de l’appliquer ». Que dire sinon que je suis aux anges. Quand des éléments de ma vie se lient les uns aux autres, c’est fabuleux, c’est un tout ; ma vie est un tout ! Une fois de plus, je pense aux mots de la cheffe du Service de la culture, Gaëlle Métrailler : « Quand cela arrive, c’est que vous êtes sur le bon chemin ».

2023 – 2025. Je viens de publier sur cette plateforme un article avec mes selfies. Une nouvelle fois, ce fameux hasard qui me suit comme une ombre me fait acheter un livre publié par le Figaro littéraire et où l’on propose des équivalents français. Je téléphone à Pierre pour en discuter lui dit qu’il y est question du terme égoportrait à la place de selfie. Je propose autoportrait aussi et il me dit que c’est tout à fait acceptable. Le texte complet se trouve ici. 2025. Je prépare un spectacle d’un genre nouveau dans mon répertoire, une lecture-théâtre. J’ai présenté des extraits à Pierre qui m’a félicitée ; il a dit que c’était passionnant. Il l’a répété deux fois. J’en suis toute remuée.

Pierre vient de quitter ce monde (lundi 9 juin 2025). Samedi passé, soit le sept juin, je lui avais téléphoné pour lui demander s’il se rappelait quand la rue de l’Hôpital était devenue piétonne et il m’avait répondu qu’il était mal fichu, mais qu’il me téléphonerait pour qu’on puisse se voir, discuter et jouer à un jeu sur la langue française que j’ai et qui reprend plusieurs des choses que je traite dans mon spectacle. « Salut Tsouli, merci de ton appel. » ont été ses derniers mots. Il était le dernier des Neuchâtelois à m’appeler ainsi. Il part avec tout un pan de ma vie. Il devait continuer à me donner un coup de main pour un tableau que j’ai fait sur les horlogers neuchâtelois des années 1950 – 1980…

Dernier article. J’avais voulu mettre quelques mots au sujet de la cérémonie, mais finalement, j’ai écrit un article qui mentionne également le rôle qu’il a joué dans l’histoire de Neuchâtel et même de la Suisse (lien ci-après).

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Spectacle de Noël 2022

Depuis quelques années, à cette période, je présente une série de spectacles à des amis et connaissances. Cette année est un peu particulière et je me suis trouvée avec moins de spectacles. Les gens sont occupés jusqu’à fin janvier, début février. Cela me fait bizarre et ai l’impression d’être déjà proche du Noël de 2023 alors que celui de 2022 n’est pas encore là !

Le 24 décembre, je me dis que je vais quand même faire mon spectacle, pour ceux qui m’ont aidée dans la vie et qui ont changé de dimension. En y allant, je rencontre un petit garçon qui me parle. Je m’arrête et il me dit « bonjour ». Je lui répods de même et précise ensuite que c’est le soir, qu’on devrait se dire « bonsoir », mais qu’il a raison de dire « bonjour » car dans le coeur c’est toujours « bonjour » ! La maman intervient et j’apprends que c’est une famille polonaise qui habite à Neuchâtel depuis une année. Polonais ? L’un de mes principaux maîtres de ballet était polonais, maître Anton Romanovski, et son anniversaire venait juste de passer, le 21. Pour moi, il me fait signe !

  • Vous dansez ? me demande la maman.
  • Oui.
  • J’ai baucoup joué du piano. Je cherchais un spectacle de danse pour amener mes enfants, mais n’ai rien trouvé.
  • Ah ? Je vous invite demain à un spectacle. J’ai mon studio tout près. Vous voulez le voir ?

Mon studio. La maman, le papa, la fillette de sept ans et le garçon de quatre ans sont tombés sous le charme. Le papa m’a demandé si le local faisait partie d’un château. Il a dit cela à cause du mobilier, des décors et des murs (du rocher). Les enfants sont allés explorer à droite et à gauche. J’ai raconté l’histoire de mon studio et dit que je les attendais le lendemain à 17 h.

Répétition du spectacle. La chose se vérifie à chaque fois : quand je travaille pour moi, quand je fais mes répétition, tout se passe normalement, mais quand je sais qu’il va y avoir un spectacle… le trac… et forcément, j’oublie une partie de la danse, je ne sais plus où j’en suis et le temps file plus vite que je ne le voudrais ! Bref, 17 h sonnent au clocher et voilà mes ainvités qui arrivent. Je me demande si le petit garçon va pouvoir rester tranquille les 45 minutes du spectacle.

Spectacle. J’ai un avantage, c’est que je peux adapter mon discours ; oui, car pendant mes danses ou avant une danse ou aprés, je parle, je fais des commentaires, donne des pistes et je peux m’adapter à tout public. C’était la première fois, depuis que je présente à nouveau mes spectacles toute seule, que j’avais des enfants.

Danse avec un lotus. Ne sachant pas exactement si la fillette savait ce qu’est un lotus, je lui ai dit que j’allais danser avec une fleur et qu’elle pouvait la voir comme elle voulait et que je lui demanderais après comment elle l’avait vue. La danse finie, je lui demande comment elle était : « Une petite fleur rose ». Je lui dis que le rose est la couleur de l’amour et que je suis contente qu’on partage une telle chose. Maman, qui parle français, dit que sa fleur était violette et papa, qui parle anglais, dit qu’elle était « purple » (violette). Que c’est beau, ces deux personnes sont vraiment faites pour vivre ensemble !

Déroulement du spectacle. Mon spectacle est intimiste et donc le public assiste à la préparation des décors et changements de costume. À aucun moment, je n’ai entendu bouger le petit garçon, sinon papa lui expliquer en polonais ce que je disais tantôt en français, tantôt en anglais.

Ce public m’a ravie. En général, après le spectacle, j’offre un verre et l’on passe directement aux réjouissances terrestres… Je ne demande pas ce qu’il a aimé ou pas. Les gens parlent spontanément. Cette fois-ci, je me sens en pays conquis. Je veux dire que le public des pays dits de l’Est a une forme de culture qui est la mienne et on parle au même niveau.

Joli, magique ! Ce sont les mots du petit garçon à la fin de ma dernière danse. La fillette a aussi dit qu’elle avait aimé la magie – effets de lumière lors des danses. Tous les quatre ont aimé la danse avec les voiles qui les a fait penser à des méduses et celle du piano. Le père a dit que le moment culminant avait été celui des voiles qui pouvaient devenir comme des feux. Les deux enfants ont mis l’accent sur la dernière, celle où je danse avec des gants et où l’on dirait qu’ils dansent tout seuls.

Un verre, des salés et des bisquits. J’avais préparé une bouteille de Mauler rosé, tout le monde finira par savoir que j’ai un faible pour cette boisson… Je me demande si le jour de mon départ de ce monde, je ne vais pas demander de mettre une bouteille (pleine !) à ma droite. Avant de lever le verre, j’ai voulu savoir comment s’appelaient les uns et les autres : maman c’est Karolina, la fillette c’est Helena (prononcer le « H » comme en allemand), le garçonnet c’est « Félix » et papa a un nom qu’il faudrait que je redemande, car long et jamais entendu. À mon tour, j’ai donné le mien. C’était le bon moment pour les présentations ! C’est à l’inverse de l’étiquette, mais quand enfin on se dit les noms, on peut tout de suite leur donner un contenu. J’avais une réserve de salés et une belle boîte de biscuits que les enfants ont portée, ensemble, tellement elle était lourde pour eux.

La voici. Je la trouve très belle.
No 1 ce sont des salés et no 2 les biscuits.

Le petit garçon et la danse des biscuits. Une fois la boîte ouverte, elle s’est trouvée à côté des salés. Le garçonnet passe devant les salés, en prend un et le repose pour se diriger vers les biscuits. Je lui dis que s’il a pris quelque chose, il doit le prendre… et que c’est important de bien regarder d’abord pour choisir. Le petit garçon reprend alors le salé, papa se charge de le manger (magnifique papa) et le garçon regarde les biscuits avant d’en choisir un. Lorsqu’il l’a fini, il a compris comment cela fonctionnait chez moi, il a bien regardé et a fait des choix. À un moment donné, l’un des biscuits était collé à celui d’en dessous. Il le secoue pour le séparer et ne prendre que celui du haut ; mais celui resté dans la boîte n’était plus bien placé. Le garçon le prend alors et le remet en place. Maman me regarde prête à intervenir et je dis, oui, c’est vrai, il a touché le biscuit de la boîte, mais c’était parce qu’il n’était pas en ordre ; cela dénote un fonctionnement intéressant de votre fils, l’ordre pour lui est important. Je partage son point de vue et le félicite. Ce que je m’empresse de dire à ce dernier. C’est alors que papa me dit que le gaçon s’intéresse à la mécanique et qu’il joue avec des kits pour des enfants de 8 ans. Il a tout de suite fait fonctionner un ventilateur ! Je lui parle alors de Roger, l’ingénieur en mécanique qui fait actuellement sa propre marque de montre, à qui je dois de nombreuses solutions dans mon studio, et qu’il serait bien digne d’être son fils.

Le garçon n’a pas été perturbé par ces commentaires et est allé inspecter d’autres choses. Il a vu des coussinets sur les chaises héritées de Freddy Landry, en a pris un et est venu me le montrer, j’ai compris qu’il désirait savoir ce qu’il y avait dedans parce que mis sous son nez il n’y avait pas de parfum et je lui ai dit que c’était du riz pour absorber l’humidité. J’ai alors expliqué à Helena que nos sens nous trompaient. Je lui ai montré le mur, la roche, et lui ai dit que nous croyions qu’il était très dur et infranchissable, mais qu’en réalité il y avait plein de trous, plein, plein, tout comme dans notre peau, par exemple et que l’eau de la pluie s’infiltrait dans le studio pour donner de l’humidité. Les petits sacs de riz avaient pour fonction d’absorber cette humidité (en plus d’une bonne couche de fongicide sur le cuir des chaises une seule fois ). J’ai senti les sens de Helena absorber mes mots, tout comme les coussinets absorbent l’humidité.

Les enfants. Cela fait un long moment que je ne travaille plus avec des enfants. Les raisons sont diverses, mais cela s’est fait peu à peu, il ne me reste que les enfants du Passeport Vacances auxquels je donne des cours en été. Je me rends compte que j’aime toujours travailler avec eux et que leur soif de savoir me fascine encore et toujours.

Remerciements. Il est le moment de se séparer. La famille doit encore faire ses bagages pour partir en vacances le lendemain très tôt. Maman me dit que c’était le premier spectacle des enfants, qu’ils en sont heureux et surtout que c’était la première fois que Felix restait si tranquille pendant si longtemps. Je ne pouvais rêver de meilleur compliment !

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@articulations – jouons avec elles. Cours particulier.5

Je raconte une histoire que peut sembler ne rien avoir avec les articulations physiques mais notre corps est le reflet de notre intérieur et le discours articulé, les relations bien articulées participent de notre bien-être et de celui des autres.

Pendant le cours, nous parlons des articulations, des chaînes articulaires et musculaires, de la façon dont nous pouvons les utiliser et, selon les personnes, lorsqu’on fait tel ou tel mouvement, une remarque, une préoccupation, un souvenir surgit. C’est une clef dont il faut se servir. Cela alimente le mouvement, permet de mieux voir la situation et enrichit le cours.

Il arrive que je n’aie qu’une seule personne qui assiste aux cours que je donne. Je me dis que je ne peux pas annuler sous prétexte du peu de rentabilité ; je me dis que si j’avais été à la place de cette personne, je serais déçue. Il se trouve que dans ce genre de cas, le discours avec le participant est plus personnel, plus profond et qu’on a de jolies surprises. C’est ce qui m’est arrivé cette fois-ci. La surprise a été double parce que la participante au cours avait été étudiante lorsque j’avais été assistante à l’université de Neuchâtel. Il n’a pas fallu longtemps pour que nous nous apercevions que nous avions les mêmes valeurs – en partie dues aux professeurs qui nous ont formées, on les remercie – et qu’une de ses histoires m’inspire. Elle traite de l’envie de voir progresser les autres et de la manière dont on peut entrer en communication avec quelqu’un, ce qui en moi évoque des portes que l’on peut ouvrir ou pas.

Chacun a une porte. Oui, chacun d’entre nous a un mode de fonctionnement et c’est un plaisir que de trouver la porte de celui à qui nous avons affaire et qui ouvre à ce fonctionnement. Cela fait un moment que je désire faire un article sur le sujet et je sens que le moment s’approche. Voici le genre de portes que les gens peuvent nous offrir.

Les personnages de l’histoire qui m’inspire :

  • Un père désespéré ;
  • Un fils plutôt rebelle ;
  • Une proche aidante très à l’écoute.

L’histoire. Un père fait appel à cette personne. Il explique qu’il n’en peut plus avec son fils et se trouve dans une situation sans solution, l’enfant a des difficultés en orthographie et ne veut rien faire. Il rend les armes ! Il demande de l’aide. L’accompagnatrice se dit qu’elle en a vu d’autres et que la gentillesse et le désir de voir progresser l’autre vont agir. Peine perdue !

Trouver la porte du fils. Mon amie se dit qu’elle doit pouvoir faire quelque chose et demande à l’enfant ce qui l’intéresse. Réponse : le foot ! Ni une ni deux, comme le garçon dessine tout le temps des terrains de foot, mon amie se dit qu’elle a trouvé et demande à l’enfant d’en dessiner un. On peut imaginer la joie du garçon ainsi que son étonnement. Mais, le plaisir l’emporte et il fait ce qu’on lui demande. C’est ainsi que les dictées sont devenues des tableaux de foot : écris tel mot au but, écris tel mot à la place de l’attaquant de ton équipe et ainsi de suite à la place de tous les joeurs. Le résultat ne s’est pas fait attendre et le garçon a réussi son année. Le garçon a grandi, réussi son école… certificat… et quand le père rencontre mon amie, il lui dit combien il lui est reconnaissant. Je trouve qu’il n’y a rien de plus beau que de rendre service à quelqu’un.

À propos du service. J’avais une amie anglaise dont la fille avait des dons de voyance. On lui a demandé ce que le destin me réservait. « Service » fut le mot qu’elle prononça. Je dois dire que je m’attendais à « artiste », « grande je ne sais quoi » et maintenant, je la remercie parce qu’en fait toutes mes activités sont au service des autres. J’aime (adorer étant réservé au Créateur) rendre service, apporter quelque chose aux autres. C’est ce que mon amie fait aussi. C’est magnifique.

Pour en revenir aux portes de cette histoire. Le fils avait une porte invisible pour le père. Elle était bloquée par une balle de foot et mon amie s’en est servie comme serrure-foot pour l’ouvrir !

Dans le cas présent, la serrure-foot est l’articulation qui a permis d’ouvrir la porte du désir du jeune garçon pour mieux utilisr les outils de ce monde, outils qui a leur tour sont devenues les articulations pour ouvrir d’autres portes et ainsi mieux vivre.

Pour finir : cette serrure-foot est un symbole pour toutes les autres solutions dont mon amie s’est servie dans sa vie. Je lui dis que maintenant qu’elle est si à l’aise avec ses propres articulations, elle peut jouer avec elles !

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@3m.ossature. Encore d’autres participantes.

On le sait, mon cours concerne l’ossature. Et les 3 m ? Pas tout le monde lit jusqu’au bout l’énoncé. L’ossature est quelque chose que nous portons et qui parfois nous fait signe par des douleurs. On la remarque moins quand elle va bien. Alors, ces 3 m ? On peut commencer par le premier, le deuxième ou le troisième. Ils sont tous liés : mouvements, muscles, mots. Ils ont tous les trois un effet direct sur l’ossature. Mais, ce qui intéresse le plus les gens, c’est de ne plus avoir mal ici ou là.

Points communs entre les participants en général. Le fait s’assister à un même cours est en général le signe qu’au moins une chose les relie. Dans le ‘cas présent, les deux personnes inscrites ont plusieurs points communs. C’est pour moi un signe réjouissant indiquant qu’on pourra faire un travail en profondeur. Ces points sont :

  1. Du point de vue du sport, elles aiment le vélo. Pas juste du vélo en ville, du sport sérieux, à longue distance. J’ai eu du plaisir à les entendre parler de modèle et de je ne sais quoi encore lié au vélo. L’une d’elles me dit qu’en temps normal, elle a besoin d’air, qu’elle cherche des activités où elle a de l’air, mais que cette fois elle cherchait quelque chose qui soit à l’intérieur ; par « intérieur », on entend en espace fermé et dans l’intérieur de son être ;
  2. Elles sont intéressées par certains auteurs littéraires ;
  3. Toutes deux ont un caractère bien trempé. Ce n’est pas courant, d’autant plus que l’une est dans la vie active et l’autre a fini sa vie professionnelle pour entamer d’autres activités. En fait, elles sont toutes les deux actives ;
  4. Sous leur tempérament bien trempé, on trouve une belle sensibilité.

Le mouvement et les muscles. Les deux personnes étant des sportives, il n’y a pas besoin de mettre l’accent sur le mouvement ni sur les muscles. La seule chose à laquelle il faut être attentif c’est aux douleurs qui indiquent que quelque chose ne va pas. Les raisons sont multiples. Il faut s’observer et au moindre tiraillement trouver une solution car en général le corps accuse les choses et ne se manifeste que lorsqu’il a un ras-le-bol. Ce n’est pas ce qu’on a fait hier ni avant-hier ; la chose peut remonter à longtemps. Pourquoi chez les uns « la chose » se manifeste ici plutôt que là ? Les explications sont nombreuses et pas toujours faciles à comprendre.

Il est impératif de saisir que le mouvement a une incidence sur le muscle et ce dernier sur les os. Et ici, on entre dans le vif du sujet parce que les os, dans le système chinois, correspondent aux idées. Dans mon cours, je mentionne les mots, mais on sait bien qu’un mot avant de devenir mot est une pensée. C’est le point le plus important.

Les mots. On ne leur prête pas toujours attention, mais chacun a une définition et un rôle. Peu importe dans quel contexte on l’emploie. Nous avons appris les mots avec leur signification et elle est en nous. L’une des participantes raconte l’histoire d’un couple où la dame a eu un comportement et forcément des mots qui ont eu des effets tristes sur son compagnon. Cela pourrait faire le sujet d’un fait banal. Mais si on prend parti pour l’un ou pour l’autre, les effets dans notre corps sont immédiats. Cela ne résout pas l’affaire et on juge sans savoir ce qui était dans la tête de celui qui a agi ni dans celle de celui qui a subi ni dans celle de l’entourage qui aurait pu intervenir. Alors, selon ce que nous laissons entrer en nous, nous sommes marqués. Ne pas vouloir entrer dans un jeu ne veut pas dire que l’on manque d’empathie ni d’humanité. Si un tel cas se présente dans notre entourage, et si nous avons la possibilité, nous intervenons d’une façon ou d’une autre.

Notre pensée. Nous ne pouvons pas toujours la contrôler. Ce n’est pas parce que nous mangeons des fruits que notre pensée sera fruitée. Les idées arrivent pour ainsi dire toutes seules. Mais, au moment où nous en sommes conscients, on se doit d’être attentifs et de décider de les laisser sortir ou non. La preuve : lorsqu’on résout un problème en nous, lorsqu’on nous donne une bonne nouvelle, notre corps est heureux. C’est important d’y penser.

On rit passablement dans ce cours. Il y a des choses que l’on vit et qu’on peut difficilement transcrire. J’essaie quand même. La participante no 2 est un peu dyslexique. Je suis en face d’elle et il lui est plus facile de contrôler si, lors d’un exercice, elle utilise la bonne main auprès de sa collègue d’à côté. Je lui fais la remarque et elle dit : « Oui, je reconnais qu’il m’est plus facile de contrôler auprès de ma voisine, je le reconnais en toute modestie ». Elle met l’accent sur ce dernier mot. Je dis : « Alors, Modestie, avec M ! » On rit.

Une autre fois on est à la barre pour un exercice avec une balle. Cette même participante fait l’exercice ; elle doit se sentir à l’aise et dit « je suis la perfection, avec p minuscule ». Je lui fais remarquer qu’elle se trompe de pied, l’exercice est le bon, mais pas le pied. Elle rétorque « j’avais dit que j’étais la perfection avec un p minuscule ! » On ne peut que rire.

Une autre fois encore, je lui explique comment faire un certain mouvement et elle finit par comprendre. Je lui dis que je n’ai pas de plus grand plaisir que de transmettre quelque chose à une autre personne, l’aider à se comprendre. Elle dit « vous jubilez »! Je ne me serais pas exprimée ainsi, mais mon plaisir est vraiment grand. Il me fait sentir mon corps dilaté, c’est mon corps énergétique.

Au sujet de la façon dont on vit telle ou telle chose, la même participante, celle qui a un caractère plus trempé que l’autre m’a dit qu’elle se sentait à l’aise dans ce studio invraisemblable (Cave perdue) et qu’au cours elle ne s’ennuie jamais alors que d’habitude, elle s’ennuie rapidement. Ce sont de vrais compliments !

Un massage de la tête. J’ai introduit ce massage dans le cours. La même participante me dit qu’elle n’avait jamais soupçonné qu’elle pouvait avoir de telles sensations de bien-être dans cet endroit. Je lui ai dit qu’en fait, quand elle fait les tapotements dans son corps, il y a exactement le même effet. Elle ne le sent pas toujours. Mais une fois elle a dit qu’elle sentait son corps tournoyer et à son dernier cours, lors du tapotement du dos, elle a dit qu’elle sentait une vague de chaleur jusqu’aux pieds. C’est magnifique.

On parle de l’énergie que l’on ressent dans le corps. Les participants pensent parfois que je donne de l’énergie.J’explique que je ne peux, pas plus que quiconque, donner de l’énergie à qui que ce soit. Sans cela j’aurais réveillé d’entre les morts feu mon ami. Ce que je peux c’est réveiller ou mettre en surface ce qui est chez quelqu’un. Mais, mon cours est justement fait pour que chacun puisse le faire tout seul.

Ce que le cours leur a apporté : elles sont attentives aux mots qu’elles laissent sortir de leur bouche ; l’une surveille ce qui se passe dans ses épaules et se sent plus détendue. Le cours est arrivé à un moment de sa vie où elle avait besoin de se centrer, de faire quelque chose de régulier et qui participe à son changement de vie. Elle avait aussi besion de se sentir partie intégrante d’un tout. L’autre se déclare observtrice et peu incline à entrer chez les autres. Dans ce cours, elle a vu qu’elle pouvait être en accord à trois, qu’on pouvair rire à trois, même si on ne sait tout sur l’autre. Elle me dit que le cours lui a permi d’entrer en résonance avec les autres, et cela parce qu’elle se sentait en confiance. Vous voyez, on retrouve le mot « résonance » de mon cours. C’est un cadeau pour moi. De plus, elle adopté les clous de girofle.

Début et fin du cours : au départ il y avait l’une des participantes, la seconde s’est intégrée en cours de route parce qu’elle avait dû voyager et à lors de la dernière leçon elle sera à nouveau à l’étranger. Commentaire de l’autre participante : on a commencé à deux et on finit à deux. C’est tout à fait cela et ce qui est plus extraordinaire, c’est que dans ma vie d’artiste danseuse, j’ai commencé par des spectacles en solo et que je reprends actuellement ce même chemin. J’ai l’impression de finir un cercle. La coïncidence avec le début et la fin de ce cours m’interpelle. Il fait partie de mon tout.

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Danse classique et imagination – apport des participants.2

J’ai quatre participants, l’un désire perdre sa timidité et apprendre à danser, l’autre aime bien l’idée de danser avec l’imagination, une autre encore aimerait retrouver la danse qu’elle avait fait quant elle était enfant et la dernière se dit attirée par le titre du cours. Bon… il faudra trouver un moyen pour réunir ces désirs.

La diversité. C’est ce que je dis toujours, mes cours sont simples, ce qui les enrichit c’est l’apport des participants. Nous arrivons au terme de la sesion et on finit d’une façon que je n’aurais pas imaginée moi-même : on filme une danse !

Le titre est « Лимончики ». Ce sont des musiciens de rue, venus à Neuchâtel, qui m’ont vendu un CD. L’arrangement est fait par le studio Panoramix, Genève, et filmé par Roger Peeters, horloger avant tout mais cameraman chez Zully.

Le sujet de la danse. C’est une improvisation vers la fin du cours et comme cela l’indique, chacun y est allé de son imagination. Le cours traitant de l’eau, on peut y voir des gouttes d’eau qui se promènent dans le corps, s’unissent, se séparent mais dans la joie et la bonne humeur qui devrait toutjours en nous régner !

Le travail en cours de route : d’abord, celui des pieds. Les pieds nous portent et on ne pense pas toujours à eux. Ils sont pourtant une sorte de piste d’atterrissage et de décollage pour le système sanguin. On félicite ceux qui ont inventé la réflexologie car dans mon cours on l’utilise en plus d’autres exercices pour les pieds et ce, à tel point, qu’une participante m’a dit que je pourrais créer un cours rien que pour les pieds. Je réfléchis à la question.

Les notions : anatomie, vigilance (ce qui se passe en nous et autour de nous), posture, habitudes physisques, font partie de ce cours ainsi que des exercices de danse classique et l’imagination avec l’eau.

Difficulté ? : si on n’a jamais fait de danse, si on doit contrôler le corps (pieds, genoux, bassin, épaules, coudes, mains, tête, regard), comment penser à l’eau ? On trouve toujours moyen, mon rôle c’est de le trouver. On rit passablement à ce sujet.

La valse viennoise et classique. Après quelques éléments acquis en peu de leçons, nous sommes passés à la valse avec l’accord de tout le monde. Là aussi on a passablement ri ; mais, finalement on est arrivés à un joli résultat. Les valseurs, c’est le nom bien mérité des participants, valsent en ligne droite, en avant, en arrière et en rond, je veux dire autour d’un vortex et là aussi on a eu des situations bien drôles !

Signification de la valse : au fond c’est l’interaction entre nous et les autres, entre nous et tout ce qui nous entoure, tout, tout, tout, absolument tout. Nous avons notre propre musique, notre rythme, et les autres les leurs Si on est en résonance, la chose va de soi, sinon… c’est ce qu’on pourrait appeler les épreuves mais aussi les joies de la vie. Je vous donne un exemple.

Ce que les participants en ont tiré : je sais maintenant que j’ai deux jambes mais que je peux faire trois pas comme dans la valse. Tout au début, j’ai dit qu’il me manquait une jambe pour faire le troisième pas ! Je suis aussi touchée par l’attention que vous portez à chaque participant, c’est un travail individuel peut habituel. Moi, dit une autre participante, j’ai toujours senti l’eau et une certaine fluidité dans mes mouvements. Une autre dit que ses pieds se sont réveillés, surtout le gauche et que la musique l’a remplie. Les autres s’unissent à elle pour dire que c’est aussi leur cas. Je me dis que si la musique que je choisis pour mes cours est « normale » pour moi, je prends conscience que ce n’est pas le genre de musique que l’on entend dans les magasins et la plupart des médéias. L’autre enfin, dit qu’il a appris à bouger et à se sentir à l’aise. Il faut dire aussi que lors du dernier cours, j’ai introduit des portés, cela veut dire que le garçon porte la fille lors d’un saut. Cela a demandé cinq minutes de préparation avec lui tout seul et le reste a suivi comme un seul homme ! pour ainsi dire. Cétait fabuleux de voir l’adaptabilité de chacun en si peu de cours.

Mon conseil : nous valsons tout le temps ; que ce soit avec ce que nous désirons comme avec ce qui se présente tout seul, nous valsons tout le temps. Puisse la valse vous accompagner tout au long de votre vie.

On finit en feu d’artice – montage de Zully.

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Cinderella, sudoku and life : which common points ?

VERSION FRANÇAISE ICI

I am fascinated to see how many common points one finds in so different domains as such mentioned above !

Cinderella. Iteach a course called « Body and Mind Workshop ». It is about life and the way we look at it. But on the background there is the following leitmotiv : in order to be able to go the the prince ball, one needs an invitation ; in order to attend the invitation, one needs a proper dress ; in order to have the appropriate dress you need to have enough money to buy it or to to make it yourself. You also need the accessories that go with it ; before you wear it you must have taken a bath and so on. Once you have all that, you can attend the price ball.

Sudoku. Well, if we have a game grid, we cannot just say : « I want to till this line or that square fors ! » One has to find the logic that induces us to suddenly find the beginning of a line or square, then the same logic drives to to another part of the grid and only when things are ready you can finish the line or square we started with. A sudoku party is not like we want, but once we find the logic we can have a whole.

Life. It is the same with life. It is not what we want that necessarily comes, sometimes even, comes what we wouldn’t like ! It can be that what we want is not good for us or that it is too early for it. Sometimes we also change our minds and life presents us other opportunities, other paths more flowery and sunny than those we would have chosen. Sometimes it is life that drives us from here to there. In the end, life makes also a whole. A More over, if Cinderella is a story in a book, sudoku a game in a grid, all information we get in this life fills our body, our cells. We don’t always thik about this aspect. This whole fills us and we take it with us when we leave this world. Never mind is we don’t believe in a spiritual dimension, it is enough to think « matter », all matter has a memory, a frequency.

The common point between this three domain is that we have to go to the end in order to have a whole. They all present difficulties in order to achieve unity ; but the most difficult by far is life, as it takes a whole life in order to have a whole picture. One cannot say ; »I stop for a while », as our time dimension never stops in our world. Cinderella tale, we can read it for a while and put it aside ; a sudoku grid, we can just give up, but life is our challenge, our stake. The joy when Cinderella meets her prince, the pleasure we have once we have completed a grid, the peace and happiness one must have when we know we have let the life were supposed to…

I could finish the article here, but I think it is important to mention some keys we have at our disposal in order to overcome life difficulties, hindrances. If we read the life of some famous people, if we listen to people around us, and if we pay attention to our way of acting, there is often « intuition ». It is a guide. Very often doubt and fear impeach us to follow it. Further on, there is the role of thought and I had the chance to meet the physicist Jean-Pierre Garnier Malet (link at the bottom of the text) who treats the subjetc very well ; everything we do and think has repercussions, all what we to to others, all what we think of others, all what we do to ourselves, all what we think about ourselves has an effect, absolutely everything and as we constantly are having new cells that we fill in with our memories… I leave the the final word to you.

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Conversations de rue en patchwork.3

J’aime parler avec les gens. Les mots partent sans que j’y pense.

1. Des pianos à vendre à Fr 50.- par mois. C’est l’annonce que je viens de voir à la vitrine de Hug Musique Neuchâtel. Je me dis qu’elle doit intéresser bien des gens. Plus loin, je croise un monsieur de haute stature, cheveux blancs. On sait plus ou moins qui est l’autre. Je sais qu’il est lié à la maison Hug. Je lui dis :

  • Ainsi, vous vendez des pianos à Fr 50.- par mois ?
  • Comment ?
  • Les pianos…
  • J’ai joué du piano, mais maintenant mes mains… je jouais, mais mal.
    • J’esquisse un sourire.
  • Elle se moque de moi parce que je jouais mal !
    • Je rigole franchement.
  • Mais elle se moque de moi.
  • Pas du tout, c’est parce que vous êtes modeste.
  • Comment avez-vous deviné mon jeu ?
  • Je ne sais pas, il y a des choses que je sais sans pouvoir les expliquer.
  • Vous êtes observatrice. Je vous avais jaugée depuis longtemps. Au revoir.

Le verbe « jauger », c’est tellement joli. Je ne l’accolais qu’au monde de l’automobile. Ce monsieur, que j’ai croisé pendant des années sans rien lui dire sauf une fois ou l’autre « bonjour », vient d’entrer dans mon monde. Cela me remplit de bonheur (la prochaine fois, je lui demande son nom).

2. Conversation télépathique et gestuelle avec une enfant. Je suis dans le bus et une maman entre avec une poussette où il y a deux enfants, l’un presque sur l’autre. Elle prend l’enfant de dessus et l’assied sur un banc du bus puis remet mieux en place le plus petit. L’enfant sur le banc est une très jolie fillette qui une fois assise s’accroche à la barre qui empêche les passagers de tomber lors d’une secousse. Une fois qu’elle est bien installée, elle me fait signe qu’elle a tout ce qu’il lui faut. J’empoigne la barre qui est devant moi et on est à égalité. La fillette me sourit. Comme je suis assise près de la porte, j’ai plutôt une double barre horizontale et une verticale ; je peux donc me tenir de deux façons et je m’accroche alors à la verticale, puis, je joue et me tiens tantôt à l’une et tantôt à l’autre. La fillette sourit encore, regarde autour d’elle et voit que sur la paroi du bus, à sa droite, il y a une sorte de manette et s’y agrippe. Elle me regarde en souriant. On est à nouveau à égalité ! On pourrait même dire que dans ce monde, elle et moi vivons la même expérience sans tenir compte de nos différences. En réalité, nous sommes unies. La maman me regarde et par signes je lui dis que la tête de sa fille marche très bien. La maman sourit aussi. J’ajoute :

  • On n’a pas besoin de mots pour communiquer !
  • Elle a aussi appris le langage des signes avec les mains. Cela aide. Le langage est dans les mains.
  • Dans tout le corps, ajouté-je.
    • Il doit s’être passé quelque chose parce que la maman me dit :
  • Elle me dit de m’écarter parce qu’elle ne vous voit plus !
  • Quel âge a-t-elle ?
  • Deux ans et demi.
  • Magnifique.
    • J’arrive à destination et nous nous disons au revoir avec les mains et les yeux. J’ai une nouvelle amie dans mon monde.

3. Je cours à une vitesse de croisière. Je cours le long du lac pour aller me baigner « à ma place ». Je me fais dépasser par une trotinette à toute vitesse conduite par un jeune homme. J’arrive à un endroit où il y a une table entourée d’un banc. Je vois le jeune homme grimper sur le banc, s’asseoir sur la table, poser les pieds sur le banc et sortir une cigarette. La cigarette a l’air d’avoir été faite à la main, elle est d’une couleur verdrâtre, brunâtre.

  • Vous m’avez dépassée pour venir fumer une cigarette ?
  • Oui.
  • Et pourquoi est-ce que les jeunes s’asseyent en posant les pieds sur le banc ?
  • Vous avez raison (et il laisse les pieds pendre).
  • Et qu’est-ce qui fait que vous fumiez ?
    • Je sens que le jeune homme cherche des mots.
  • Vous savez ce que fait la fumée ?
  • Cela empêche de bien dormir, on mange ce qu’il ne faut pas, abaisse le niveau de concentration…
  • Et encore ?
  • Vous introduisez une augmntation de température dans la bouche et à la longue les dents se déchaussent et finissent par tomber ; votre volume respiratoire diminue.
    • Le jeune homme m’écoute et ajoute :
  • Je sais, j’essaie d’arrêter. Mais ce n’est pas facile.
  • Vous faites quoi dans la vie ?
  • Je fais le service dans un restaurant.
  • Trop de stress ?
  • Non.
  • Les collègues, un chef ?
  • Non. Tout se passe très bien dans mon travail que j’adore.
    • Au fond,je n’ai pas besoin de connaître la raison.
  • Vous êtes médecin, psychologue ? demande le jeune homme.
  • Non, je suis économiste, ai une école de danse et me suis tojours intéressée à la façon dont les élèves faisaient tel ou tel pas. Cela dit tellement de choses. Les aider à mieux se comprendre est un plaisir.
    • Le jeune homme m’écoute tout en fumant.
  • Je vais vous raconter une histoire, poursuivis-je.

Je rentrais avec mon ami d’un voyage en Chine et dans l’avion nous avons eu un Chinois à côté de nous. Il fumait. Je lui ai demandé le pourquoi. Il m’a expliqué qu’il avait fait partie d’une série d’étudiants envoyés en URSS lorsque la Chine et l’Union soviétique sont devenues amies. Il étudiait la physique. Chaque année, les étudiants avaient le droit de passer les vacances chez eux. L’Union soviétique offrait le voyage. Le Chinois s’est dit que l’URSS faisait tellement pour lui qu’il ne voulait pas abuser et n’est donc pas allé voir ses parents pendant ses études. Arrive la dernière année, celle où il devait décrocher son diplôme. Mais, voilà que l’amitié entre les deux pays s’est refroidie et que les étudiants ont été renoyés avant d’avoir leur diplôme. Rentré en Chine, il a été envoyé travailler dans les rizières. C’est là qu’il a commencé à fumer.

Je lui ai fait remarquer qu’il s’était puni lui-même. Son champ d’action s’était trouvé réduit à l’extérieur, il n’avait pas pu finir ses études et donc il avait aussi réduit son champ respiratoire. C’était clair.

  • Vous parlez avec beaucoup de sagesse.
  • J’espère que quelque chose aura pris.
  • Moi, c’est Thomas et vous ?
  • Zully.
  • Bonne fin de journée !
    • Je pars puis retourne sur mes pas.
  • J’ai une rubrique dans ma plateforme destinée à des conversations comme celle-ci. Je vais l’écrire…
    • Quelque chose se passe dans le jeune homme. Nous nous sourions et je pars.

4. Conversation dans une fromagerie de la ville :

  • Vous désirez ? me demande un grand et beau jeune homme.
  • Un demi munster (je me dis que la consonance étant allemande, je prononce « mounster »).
  • Un demi munster (et le jeune homme prononce « manster »).
  • Vous prononcerz comment ?
  • Manster, c’est un fromage alsacien.
  • Ah, j’ai appris quelque chose. Merci.
    • Je souris et le jeune homme sourit.
  • Je le dépose dans un cornet ?
  • Non, merci.
  • Alors, je viens vers vous vous rendre la monnaie, dit le vendeur avec un sourire encore plus ouvert.
    • Voyant son amabilité, je melance :
  • Vous savez, du temps de vos arrière-grands parents, quand ils allaient à l’épicerie, ils achetaient 10 centimes de riz ou de sucre et c’était enveloppé dans un cornet (je mime la forme du cornet). Il nous est resté le cornet de glace.
    • Les mots traversent l’esprit du jeune homme.
  • C’est du neuchâtelois.
  • Cela ne fait rien, vous êtes un beau jeune homme et vous méritez d’utiliser un beau langage !
  • Dans ce cas et après un tel compliment, dit le jeune vendeur avec un sourire lumineux, je vous ouvre la porte !

5. Une fois de plus, je cours le long du lac pour aller me baigner. Un cycliste vient en sens inverse. Il s’attend à ce que je me déplace. Il se trompe. À ma grande surprise, je le vois descendre de son vélo, le poser à terre et faire un grand geste avec ses bras et le corps. Je n’ai rien compris et ai continué à courir sur ma ligne droite. C’est après coup que j’ai compris qu’il m’a fait une révérence et cédé le passage. Je n’ai pu le remercier car il était parti.

6. Je me désabille pour aller me baigner et entends un couple discuter dans une langue étrangère que je connais. Ils sont loin mais parlent très fort, surtout lui. Je dois hurler en français à quatre treprises avant que la jeune femme me regarde ; ce n’est pas la peine de leur parler dans leur langue:

  • Combien de kilomètres vous séparent ? Vous parlez vraiment fort !
  • Cela vous dérange ?
  • Tout le monde vient chercher la tranquillité et vous parlez tellement fort…
  • Occupez -vous de votre baignade et (je n’ai pas entendu le reste parce qu’elle parlait en s’éloignant).
  • Vous maltraitez votre propre ouïe ! ai-je hurlé.

Cela m’énerve, ces gens qui vous envahissent dans des endroits aussi beaux et calmes. Tout à coup, le monsieur s’adresse à moi :

  • Excusez-moi, madame !

Je le remercie et mets ma main sur mon coeur pour lui faire comprendre que j’apprécie sont attitude. La jeune dame devrait aussi recevoir mes remerciements car elle a traduit mes mots mais elle ne me regarde pas.

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