Suite inattendue du cours danse classique et imagination : une tournée !

On le sait et on l’oublie, la vie est pleine de surprises. Le cours fini, Alexandre, l’un des participants qu’on peut très bien qualifier de grand tant il mesure de cm (196 !), invite le groupe chez lui : promenade à cheval et repas. au menu Je propose mon spectacle. Il vient voir au studio et se dit partie prenante !

Un cercle qui se ferme. Je disais dans un autre article que j’avais l’impression de fermer un cercle. En effet, au début de ma vie d’artiste, j’ai présenté mes spectacles toute seule, puis, longtemps, en compagnie de mes élèves et maintenant, je reprends le même chemin. Il y a du nouveau : les tournées. Bon, c’est la première, mais une autre va suivre à Bucarest.

Des étapes. Il y a bien des étapes à franchir avant d’arriver sur le lieu de la tournée. Je vais simplement mentionner que l’artiste, l’interprète des danses, doit aussi se mettre dans le peau du technicien de scène et penser à prendre les lumières qu’il faut et bien les emballer, du régisseur en préparant la bonne version des numéros sur l’ordinateur, de la couturière en vérifiant que les costumes sont en parfait état, de l’accessoiriste en vérifiant que les accessoires sont aussi en parfait état et que rien ne manque et forcément, recoudre, réparer ou changer ce qu’il faut.

Trajet. Il s’agit d’aller Aux Converts, à Renan, dans le canton de Berne. C’est tout une expédition parce que l’autre participante qui m’amène, Anne, connaît peu cet endroit qui pour elle est presque en Sibérie. Pour moi, en cette fin du mois de janvier, c’est l’occasion de voir de longues étendues de neige et je me dis qu’on est vraiment en hiver. Nous mettons plus de 40 minutes pour y arriver. Pour le retour ce sera 25 parce qu’Alexandre a indiqué à Anne par où il fallait sortir de l’autoroute. J’ai aussi eu l’occasion de rouler dans une voiture moderne, celle où j’avais l’habitude de circuler était celle d’André, feu mon compagnon, une Jaguar. La voiture d’Anne a des programmes et peut même chauffer votre siège et le volant. Je me suis dit que j’avais l’impression d’être au xxie siècle ! Le matériel et nous sommes arrivés en parfait état. On a eu juste le temps de saluer Alexandre, de poser nos affaires et on est allés voir les chevaux. Auparavant, on a fait connaissance avec Bingo, le chien de garde qui est plus que gentil, un amour qui ne demande qu’à être caressé.

Olympiade et Aldebaran. J’ai fait connaissance des deux chevaux. Je me suis dit qu’il fallait que je me présente et ai tendu le dos de la main à Olympiade. Elle m’a humée et a léché la main. J’ai eu l’occasion de voir combien un cheval est grand et quelles merveilles la nature, la création s’est donné la peine de faire. C’est un émerveillement partagé par Anne. J’avais aux poignets une sorte de manchons fabriqués maison. Ils sont amovibles et peuvent aussi bien servir de décoration que pour tenir chaud aux poignets ou aux doigts et qui m’évitent de porter des gants, lesquels peuvent parfois être incommodants lorsqu’on doit manipuler des choses. Tant Olympiade que son compagnon en ont aimé la texture. Aldebaran n’a pas léché la main mais l’a mordillée avec les lèvres, je ne peux écrire qu’il m’a pincée ni qu’il m’a mordue ; moi qui aime les mots, il faudra que je voie s’il y a un verbe pour cela, mais mordiller me va pour le moment. J’ai trouvé ce geste, de la part du cheval, attendrissant. Je me demande s’il me disait quelque chose. En tous les cas, j’ai été saluée de façon différente par les deux chevaux.

À cheval. C’est vite dit « à cheval », mais un cheval, comme déjà dit, est grand, très grand et pour le monter… Je suis grimpée sur les barrières de l’enclot et ensuite ai pu m’installer sur Olympiade qui avait une selle anglaise (sans pommeau) et Anne sur Aldebaran qui avait une selle western (avec pommeau). Heureusement qu’Alexandre tenait les chevaux par une bride parce que quand même… on n’a plus les pieds sur terre et on est sur quelqu’un dont ne on connaît pas la langue ! et il a guidé les chevaux. En cours de route, il nous dit que les chevaux aiment galoper dans la neige et j’ai le sentiment qu’il accélère le pas ou est-ce le cheval d’Anne qui a compris les mots d’Alexandre ? En tous les cas, les chevaux sont allés un peu plus vite, surtout Aldebaran, et j’ai vu Anne monter et descendre sur sa selle western. On a bien ri après, mais sur le moment on n’en menait pas large. J’ai demandé à Alexandre si on pouvait rentrer, mais à l’évidence ce n’était pas ce qu’il considérait une promenade et a dit qu’il fallait aller sur d’autres terres… On n’a pas eu le choix que de suivre et tout à coup, il a monté un talus et là, nous nous sommes dit que les chevaux allaient galoper pour de bon… Bref, une vraie aventure.

Descente du cheval. Pour entrer et sortir de l’enclot, il y a une barrière et quand on passe d’un endroit à l’autre, il faut baisser la tête. Anne est entrée avant moi et Alexandre a aidé Anne dont la selle commençait à glisser afin de lui éviter une chute (on disait Western ?) ; pendant ce temps, Olympiade est restée devant la barrière. Tout à coup elle a avancé et je n’ai eu le temps que de pencher le corps en arrière pour éviter un choc sur le front. Cela s’est fait tout seul. C’est ce qu’on appelle un mouvement instinctif : on ne réfléchit pas, on fait. Il n’y a pas eu de peur non plus, c’est un moment à part. En y réfléchissant, je me dis que ce mouvement cadre avec la danse que nous avons travaillée au cours : la valse. Il faut toujours un partenaire pour valser. En l’occurrence Olympiade. Il faut aussi un tempo, qui dans le cas que je décris est passé de pause musicale à presto ! Nous sommes restées unies dans les deux et donc nous avons valsé !

Ah, oui la descente. Une fois Anne sur terre, Alexandre vient vers moi et me dit de sortir les pieds de l’étrier. On a bien essayé de pousser Olympiade vers les barrières pour que je puisse descendre seule… mais là, elle n’a plus voulu valser. Bon, Alexandre me dit de m’appuyer sur lui et de me laisser glisser. Je m’exécute, mais il a rigolé en me voyant faire. Anne n’a pas raté l’occasion et a pris une photo. Je me demande si elle n’est pas journaliste dans l’âme !

Ah, les mots ! Je pense me laisser glisser, or pour Alexandre, il aurait fallu que je lève la jambe gauche, la passe au-dessus du cheval et descende avec les deux jambes parallèles au lieu de faire une sorte de grand écart. La seule chose que j’aie sentie, a été le doux frottement de mon pantalon à la selle.
Un escalier solide et plein d’histoire !

Visite de la propriété. On a fait connaissance avec tout un monde animalier : des chèvres, encore d’autres chèvres naines ainsi que du grenier où Alexandre dépose le foin, et pas qu’un peu ! Pour monter à cet endroit, il précise que les jolis escaliers que j’admire avaient fait partie de l’une des fabriques de chocolat Camille Bloch. Cela les rend chères à mon coeur. Tout a une histoire, la moindre particule que nous voyons a été déjà valsé lors de la création du monde, mais savoir que ces escaliers ont appartenu à Camille Bloch me fait presque me promener dans un autre temps. Je viens de voir que la fabrique a été créée en 1929 et qu’elle en est à sa troisième génération de représentants de la famille. C’est absolument fantastique. J’aime les histoires des entreprises familiales d’autant plus si elles sont suisses. C’est comme si je me découvrais une nouvelle racine.

Le spectacle. Nous nous y mettons les trois pour créer une scène de circonstance et je fais mon spectacle. Le hasard, ce hasard qui me suit comme une ombre, fait que la chambre du fils d’Alexandre communique directement avec la « scène » et je peux effectuer mes changements de costume et de mise en scène très simplement. Le spectacle s’est bien déroulé et pour moi l’expérience : danser dans un lieu que je n’ai jamais vu, sur un sol dont je n’ai pas l’habitude et devant un public que je n’ai pas choisi est une expérience qui me fait grandir. De plus, j’ai dû adapter l’une de mes danses parce que je ne peux pas prendre tout le matériel que j’utilise sur ma propre scène. Cette modification me simplifie la vie et me permet d’ajouter d’autres mouvements intéressants. Bref, les variations et changements dans la vie apportent souvent du bon !

Un spectateur inusité. Bingo, le chien a aussi voulu participer et l’a fait savoir. S’il a dormi un moment – quand même, pourquoi me plaindre ? La musique lui a fait du bien au point de pouvoir se laisser à dormir – il a regardé le reste sans bouger. C’est un vrai passeport pour moi !

Le repas. Il a été somptueux. On a eu des chips de choux kale ! Jamais vu auparavant et Anne non plus. L’autre plat est un curry de pois chiches et courge au lait de coco avec du gingembre et du cumin. Un autre délice. Le premier était croquant et le second fondait sous la langue…. Je vous mets les deux photos envoyées par Alexandre. Il y a eu en outre des betteraves rouges avec une crème de vinaigre balsamique, des raisins et je ne sais quoi encore. Anne a bien fait la différence des ingrédients… Je suis admirative.

Montage. J’ai voulu faire un montage et cela a donné…

Une image digne d’oeufs de Pâques russes ! Je ne peux me vanter de rien, je n’ai fait qu’utiliser ce qu’on m’a donné.

Dessert. Un autre délice composé de compote de pommes, des prunes et de séré, avec à chaque fois des subtilités. Pour en savoir plus, il faut vous faire inviter par Alexandre !

Une autre invitée. Parmi les invités, il y avait aussi la fille d’Alexandre. Je trouve intéressant que les enfants connaissent les divers milieux dans lesquels les parents évoluent. Cela donne une autre vision. C’est une adolescente qui s’intéresse au domaine de la santé, qui fait du sport, qui est ouverte et qui aime préparer les repas qu’elle mange quand elle est en formation. On se demande de qui elle peut bien tenir !

Suite et fin. Pas de problème pour trouver des sujets de conversation ! On a continué jusqu’à près de 23 heures et Alexandre devait encore s’occuper de son écurie… Chacun est rentré chez lui plein de bonnes choses tant dans le corps que dans l’esprit.

Image représentative de ces bonnes choses : une très belle photo qu’Alexandre a pris de ses chevaux. Je précise qu’Aldebaran vient d’Irlande. On comprend mieux son tempérament fugueux.

Il suffit d’entrer dans l’image…

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À vos pieds !

Ce cours a été créé sur demande.

Anne, une participante à un autre cours aimait bien la partie dédiée aux pieds et m’a dit qu’elle pensait qu’un cours sur le sujet serait très bienvenu. Après réflexion, voici ce que je propose.

Les pieds. Ils nous portent toute la journée, toute notre vie ; ils sont des pistes d’atterrissage et de départ pour bien des circuits, dont le sanguin. Il y a bien des choses que les pieds peuvent raconter si on les écoute, si on les observe.

Différentes formes de pieds (remerciements aux propriétaires du magasin Marti Sports pour le prêt ) : plats, normaux, cambrés. Montage de Zully.

Contrairement à ce qu’on croit, ces formes ne sont pas une fatalité, une empreinte inamovible comme celle d’une empreinte digitale. Ces formes sont dues à la façon dont les muscles, les os, tout ce qui les compose se répartit à la suite d’un parcours de vie. Les pieds racontent bien des choses sur notre vie ; ils sont vivants et tout ce qui est vivant peut se modifier.

Que faire avec les pieds ? Je propose de les masser, de les caresser, de les écarteler, de les muscler, de les assouplir, bref d’utiliser bien des verbes de notre dictionnaire, au propre comme au figuré, pour qu’ils fonctionnent bien, pour que le parcours de notre vie soit plus aisé. Il sera question d’anatomie, de méridiens, de chaînes musculaires, de réflexologie, et, last but not the least, du rôle de la pensée.

Le français. On fera aussi des voyages autour d’expressions comme : avoir les pieds sur terre, attendre quelqu’un de pied ferme, etc. Selon les participants, on pourra aussi faire des voyages « avec les pieds » dans d’autres langues.

Les exercices pour les pieds. J’ai introduit des exercices pour les pieds dans tous les cours relatifs à la danse et au corps. J’ai bien observé les participants et lorsque l’on fait des exercices spécifiques pour les pieds, il arrive qu’ils prolongent cette partie ; Anne est le révélateur de ce nouveau cours. Moralité : on a toujours besoin des autres ! Il ne me reste plus qu’à la remercier.

Annonce du cours dans le journal de la Ville :

J’ai agrandi la partie relative à mes cours. Je remercie le journaliste dont le descriptif l’a fait penser à « redécouvrir l’architecture de son corps ». C’est une belle image.

Mise à jour de mes activités. En effet, je viens de les mettre à jour et ai introduit une diapositive au sujet de ce cours créé cette année. J’ai mis que nous allions visiter les pieds. J’aime les langues et le français en particulier. Aussi, suis-je allée chercher la définition de ce verbe et ai trouvé : « Aller voir en détail une ville, un monument, un musée, par dévotion ou par curiosité. S’assurer que les choses sont dans l’ordre où elles doivent être ; inspecter. (Désuet) Aller voir quelqu’un chez lui sans séjourner. » Wikipédia et le dictionnaire de l’Académie française sont d’accord. Ils disent exactement ce que nous faisons au cours !

Liens sur le sujet :

Autres cours au sein de Midi Tonus :

Ma banque + billets de banque et actions (en cours)

Je ne pense pas être une personne attachée à l’argent, quand même lorsque santé et argent vont de pair, c’est une belle affaire !

Je ne sais ce qui m’a poussée à garder un certain nombre de choses, leur forme ? leur couleur ? leur symbole ? Je crois que ce doit être un tout, ces choses-là ont joué un certain rôle dans notre histoire. L’histoire, considérée comme une branche secondaire lors de mes études, me semble être primordiale. Tout émane d’elle. Je suis bien née hier, mais il y avait un avant-hier dont je suis le résultat et redevable.

En faisant de l’ordre dans mes affaires, je retrouve certains billets de banque. Certains, je ne sais depuis quand je les ai, mais à Noël 1982, l’UBS avait fait cadeau à ses clients d’un calendrier avec d’anciens billets de banque. J’avais gardé le tout. Maintenant que j’ai une plateforme, je me dis que c’est l’endroit pour l’exposer à côté d’autres choses du même genre que j’ai collectionnées au long de ma vie.

C’était en 1982 !

L’étonnement, la surprise, une joie profonde : c’est tout cela que j’ai éprouvé en voyant les billets de banque si bien encadrés. Je ne peux expliquer ma réaction. Encore maintenant, j’éprouve une sensation semblable. Il y a quelque chose de lié à la finesse de la présentation, au soin avec lequel celui ou de ceux qui les ont conservés et trouvés et, plus loin encore, autre chose qui doit être lié à ceux qui les ont eus en main, utilisés, vécu avec eux, à l’histoire qui nous a construits et, je répète, à laquelle je suis redevable. C’est tout un symbole.

Shanghaï.

Shanghaï, 1914.

L’Allemagne.

Marks allemands, 1910.
Marks allemands, 1910.
Marks allemands, 1920.
Marks allemands, 1920.

Les photographies. Je fais passablement de photos et si je m’y prends à deux ou trois reprises c’est pour avoir un autre angle ou parce que je m’y suis mal prise, mais c’est rare. Cette fois-ci, j’y dû faire plusieurs fois les photos ainsi que les montages. J’aurais pu laisser l’affaire ainsi, mais il me semble que la chose (en l’occurrence, le billet) me dirait : tu voudrais qu’on te laisse n’importe comment ? Et alors là, je ne peux que recommencer. Le plus compliqué a été celui ci-dessus. L’autre est celui d’en bas et j’avais le choix : belle photo toute plate mais peu lisible ou alors, chiffonnée et claire.

À propos du billet de Zwei Millionen Mark, vous remarquerez qu’au dos il n’y a pas d’inscription ni de signe… je suppose que « deux milllions » étaient suffisamment clairs pour ne pas avoir à se justifier par un dos !

Ici on est en 1923

La Russie. J’ai un faible pour la Russie. C’est ainsi. C’est comme l’amour, dans le cas présent c’est une histoire d’amour, et l’amour ne s’explique pas.

1898. On est au début de l’époque du règne de Nicolas II. Billet d’un rouble.
L’inscription dit que le montant est équivalent à une pièce d’argent de la même valeur.

L’inscription : oui, je me rappelle qu’au cours d’histoire, le professeur nous avait dit que les gens, au début de l’introduction des billets de banque, s’étaient montrés sceptiques parce que quand même le métal est le métal et le papier… du papier. Je trouve fascinant le monde des symboles et des croyances.

Les billets de 50 kopecks. Je voudrais pouvoir lire dans ces billets toute l’histoire qu’ils portent. 1915, c’est vers la fin de l’époque de Nicolas II, époque qui annonçait la fin d’une période et le début d’une autre. Nous en sommes au même point.

Remerciements. Ils étaient sous-entendus, mais cela vaut la peine de remercier directement ceux qui ont pensé à faire ce calendrier, ceux qui l’ont composé, ceux qui ont assemblé les billets, ceux qui les utilisés sans les abîmer, ceux qui les ont fabriqués, ceux qui les ont conçus, ceux qui ont travaillé pour leur donner une valeur, etc. Les remerciements forment une chaîne qui m’amène souvent à la création de l’univers. C’est un exercice que je pratique et qui me fait prendre conscience que tout fait partie du tout, du un. Il va de soi que les actions qui suivent ont droit au même traitement !

DES ACTIONS

J’avais mis ensemble les billets et des actions de chemins de fer. Les chemins de fer, je crois bien que j’ai acheté ces actions lors d’une vente organisée au Bureau international du Travail pour un bénéfice social dont je ne me rappelle pas le but. Mais, ces actions m’avaient attirée. Les chemins de fer sont le premier grand bouleversement industriel ayant des répercussions très rapidement sur tous les domaines de notre culture. Je pense parfois à ces moments, moments où ceux qui transportaient des marchandises et des passagers sur la route ont dû cesser leur activité car dépassés par le chemin de fer. Je me suis souvent dit que cela devait nous servir de leçon pour prendre soin de ceux qui « restent » sur la route quand on introduit des changements. Il semble que là aussi on en soit au même point.

Voici des actions de la Société générale des chemins de fer économiques, S.A. (France), 1880. La société a été constituée suivant l’acte passé devant Me Duplan, notaire à Paris, les 7 et 9 juillet 1880 et les assemblées générales des 7 et 15 du même mois. D’après ce que j’ai compris, il s’agit des réseaux secondaires en France. Jusque là, c’était l’Etat qui assurait les investissements d’infrastructure, avec ce nouveau moyen de locomotion, la chose change.

Le document n’est pas en très bon état, aussi, ai-je dû faire un montage, mais le tout y est.

Voici les actions de la Société nationale de chemins de fer en Colombie, S.A. dont le siège était situé à Bruxelles, 1923. La société a été constituée par l’acte passé devant Me De Leener, notaire à Saint-Gilles-lez-Bruxelles, le 3 août 1923. Les parts sont de 200.- francs chacune. La Colombie et la Belgique ne sont pas frontalières, mais les capitaux ont leurs caprices !

Mon diplôme d’économiste. Je n’ai pas l’âme marchande, mais l’histoire et le chemin économique vont de pair. La plupart des emplois que j’ai eus ont mis en relation le champ économique et le champ social, j’ai eu de la chance ! Maintenant que je photographie ces billest de banque et ces actions, je me dis que le sujet est passionnant. Ce sera pour une autre vie…

Liens vers des articles liés à ma banque :

Liens vers des articles liés à mes histoires :

André Crelier – Vins Crelier – et commerce au centre-ville.11

Je connais André depuis des lustres, du temps où il avait son magasin à la rue du Seyon. Aujourd’hui, fin 2022, je le vois monter la rue du Château.

André monte la rue du Château. Il pousse son chariot. Je suis derrière lui et lui dis :

  • Sais-tu que tu pousses un chariot vide ?
  • Oui, je vais le remplir.
  • Tu as l’air vraiment en forme !
  • Oui, je fais des kilomètres et porte des tonnes de cartons.
  • Les gens ignorent que dans leur vie courante, ils peuvent trouver plein d’exercices qui leur permettraient de garder la forme.
  • Absolument. J’ai eu une hernie discale et je n’ai eu recours à aucun médicament !

Mon intérêt est tout éveillé. André me raconte que bien des gens, lorsqu’ils ont un petit pépin de santé prennent tout de suite des médicaments, se font opérer, alors que l’on peut faire tellement de choses soi-même !

Je suis ébahie. Je n’aurais jamais pensé qu’André pouvait avoir une telle attitude. Je lui raconte qu’un monsieur, passablement âgé, est tombé chez lui, mais sans rien se casser. Que disent le corps médical et les proches ? Qu’il faudrait vraiment faire attention parce qu’on a vite fait de se casser le col du fémur à son âge. Résultat, le monsieur a peur de marcher sans aide. Je lui dis alors que la peur est l’une des pires maladies, ensemble avec celle du doute, pour nous. Je lui dis alors qu’il peut faire des exercices simples pour redynamiser son corps et regagner confiance. Je les lui montre. J’ai de la chance de suivre des formations chez un médecin qui prône ce genre d’exercices et que je transmets lors de mes cours.

Que dire sur l’attitude du corps médical, de façon générale, et de celle des proches ? Je me dis qu’ils sont pleins de bonnes intentions mais qu’ils pourraient aussi voir les choses autrement. J’ai rencontré des personnes âgées qui avaient des articulations en meilleur état que les miennes, d’autres qui étaient en parfaite santé, et des jeunes qui ne vont pas bien. Bien sûr, il y a les statistiques. Mais, si on s’intéressait non pas aux effets, mais aux causes ? On serait surpris.

Alors, la hernie, c’était où ? Entre la 4e et 5e lombaire, répond André. Il raconte qu’il ne pouvait plus marcher et que les douleurs étaient presque intenables. Il va chez le médecin qui lui donne une boîte de cortisone, André ne la prend pas. Il se dit qu’il doit y avoir un autre moyen. La douleur, il la résiste. On lui parle de physiothérapie.

La douleur. Elle est un signe du corps, je ne comprends pas toujours pourquoi on doit la masquer. Je raconte à André que j’ai dû aller aux urgences pour une main brûlée et que le médecin m’a dit de prendre je ne sais plus quoi contre la douleur. Je lui ai dit que cela ne me rendrait pas service et que je voulais savoir jusqu’où cela allait. André me dit qu’il est très résistant à la douleur. Je suis admirative. Je rencontre peu de gens comme lui.

Un jeune physiothérapeute. André tombe sur un tout jeune physio, 27 ans, mais qui se met à la place des patients et les écoute. C’est formidable. André raconte que lorsque le physio lui faisait des manipulations, il lui disait ce qu’il ressentait dans son corps et le physio adaptait les mouvements.

Le test. Les escaliers qui mènent de la rue du Pommier à celle du Château. André pouvait à peine monter les deux premières marches. Il s’est dit qu’i devrait pouvoir les regrimpet et un jour il l’a fait, même en courant !

  • Combien de temps pour ce faire ?
  • Trois mois.

Remerciements. Après cela, un matin André ne cesse de porter des cartons pleins de bouteilles de vin. Peu avant midi, il appelle le physiothérapeute :

  • Je vous appelle pour vous remercier. Je viens de porter des tonnes de cartons et tout va bien !

Eh bien ! C’est le genre d’histoires que j’aime à raconter sur ma plateforme, celui des gens dont l’exemple nourrit les autres. Je suis absolument ravie.

Je souligne les remerciements d’André envers son physio. La plupart des gens, dès qu’ils ont un problème résolu… oublient de remercier celui par qui la solution est arrivée. Chapeau ! Mais, je peux aussi lever mon verre et entrer dans le domaine de notre ami Crelier.

Liens vers des articles sur le commerce au cente-ville ou des personnalités de la ville :

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A Tale of Wishes in 2023

FRENCH VERSION

New Year is the occasion to make happy wishes.

Wishes and thought. Of course, wishes of New Year are nice ones. One should have only these kind of thoughts. But what interests me this time is the path taken by the wishes I received for this year 2023.

I sent my wishes that, this year, have a different form than the one of previous years.

I receive wishes labelled « Sweet and beautiful year ! » As on this very first day of the year I was running along the lake to take my traditional bath I tell myself that I am going to go with them into the water. At the moment the wishes came into my mind I saw them going into the water as colours. I have no precise words as they were not under a form of a shape, they were just colours. They spread off rather quickly. It was like a painting.

I was under the spell of the vision and it is the water of the lake that reminded or told me – for sure that is another dimension – that she was just frequencies, that the wishes too were frequencies and that they were meant to be together. That made me deeply happy. Even now, when I am writing the story, the sensation-vision remains the same.

Moreover. I also understood that those who will approach the water, as well as those who live under her, are going to benefit from these wishes.

The role of thought. I come back to the subject as everything we think of has consequences. What happened to me is like a fairy tale. So, each person who is going to read this story shall benefit from it and shall also receive my wishes !

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Une histoire de voeux en 2023

ENGLISH VERSION

Nouvel An est l’occasion pour se souhaiter de bons voeux.

Les voeux et la pensée. Cela va de soi que les voeux de Nouvel An sont de bons voeux. On ne devrait avoir que ce type-là de pensée. Mais, ce qui m’intéresse dans le cas présent, c’est le chemin qu’ont pris des voeux que j’ai reçus pour 2023.

J’envoie mes voeux qui, cette année, ont une forme différente de celle des précédentes.

J’en reçois habillés des mots « Douce et belle année ! » Comme en ce premier jour de l’année, j’étais en train de courir le long du lac pour faire mon bain traditionnel, je me suis dit que j’allais entrer avec eux, tout neufs qu’ils étaient. Au moment où je les ai évoqués dans l’eau, ils sont partis en couleurs. Je n’ai pas de mot précis, car ce n’était pas une forme, mais je sais qu’il y avait des couleurs. Ils se sont répandus à toute vitesse, c’était un vrai tableau.

J’ai été sous le charme et c’est l’eau du lac qui m’a rappelé ou dit, dans ces dimensions les choses sont différentes, qu’elle n’était que fréquences et que les mots étant eux-mêmes des fréquences, ils allaient bien ensemble. Cela m’a procuré une immense joie, aussi grande que le lac. Même au moment où j’écris cette histoire, la sensation-vision reste la même.

De plus. J’ai aussi compris que tant ceux qui vont approcher l’eau que ceux qui y résident, vont en bénéficier.

Le rôle de la pensée. J’y reviens, car tout ce que nous pensons a des suites. Ce qui m’est arrivé est comme dans un conte de fées. Et donc, celui qui lira cette histoire en sera aussi bénéficiaire. En plus, il recevra mes voeux également.

Liens vers contes et le rôle de la pensée :

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Pierre Dubois, homme politique et amoureux de la langue française ! Rencontre particulière 22

Cela faisait des années que je désirais m’entretenir avec cet homme au ton toujours si courtois et posé. Puis, le sort me dit que c’est le moment et là, le plaisir est intense. Les années passées à le chercher ont disparu.

Je désirais le rencontrer parce qu’il avait côtoyé feu mon ami André Oppel et que je voulais lui dire qu’André m’avait raconté une anecdote à son sujet que j’avais trouvée drôle.

Voici la photo du lieu où l’anecdote a eu lieu.

Anecdote. Je laisse Pierre s’exprimer.

C’est magnifique ! Et la voix de Pierre, c’est tout son personnage.

Aujourd’hui que j’écris cet article, je me demande d’où vient le nom du tunnel et je trouve la réponse dans le livre de Gelmini sur le millénaire de Neuchâtel (1011 – 2011) : il est dû à un lieutenant Pré-Barod ou Pré-Barrou et éponyme du pacage qu’il possédait à cet endroit. Une fois la famille éteinte, le nom a subi des transformations.

Et maintenant, le début. J’ai cherché Pierre bien des fois au téléphone et je tombais toujours sur son message : « Bonjour, vous êtes bien chez moi, mais pas moi ! Laissez-moi un message que j’écouterai religieusement et je vous rappellerai. » Il n’y a que lui pour enregistrer un tel message !

Reprise de contact. Le sort décide donc de me faire plaisir et je rends des visites à Pierre pour évoquer le passé. Peu à peu j’apprends qu’il a été l’élève de mathématique de Freddy Landry, avant d’avoir été son collègue. C’est un autre point d’attache parce que Freddy a illuminé ma vie. Puis, un jour, on parle d’expressions françaises, un autre jour j’apporte un livre sur les expressions qu’il faudrait éviter. Je ne sais pas pourquoi je lui dis que le premier professeur à avoir eu confiance en moi et en mon expression a été Roger-Louis Junod. Surprise ! Pierre me dit qu’il l’a aussi eu comme professeur. Il m’apprend que monsieur Junod avant été d’abord professeur à l’École supérieure de commerce. Ils se sont mieux connus lorsqu’ils se sont rencontrés au sein de la « Nouvelle gauche ». C’est tout simplement magique !

Les anecdotes. Je reprends le fil des anecdotes. Pierre me raconte que des amis du parti socialiste ont réuni une série de ses anecdotes et en ont fait une brochure qui lui a été offerte le jour de ses 60 ans. Il y a 60 anecdotes, soit une par année vécue. Elles sont délicieuses. Il me donne l’autorisation de les transcrire ici. Je le remercie de cette preuve de confiance et d’amitié.

Le français. Je suis très sensible à la langue, à l’expression et Pierre est une personne qui me comble. L’autre jour, nous regardions, à la télévision, les commentaires écrits sur l’élection au Conseil fédéral d’Elisabeth Baume-Schneider et Pierre relève tout de suite le mauvais accord (« Elle s’est dite heureuse… « Dans ce cas se est un complément d’objet indirect et donc le participe passé d’un verbe pronominal ne s’accorde pas. Elle dit à qui ?). Ce discours, Pierre l’a dit d’une traite.

Pour rester dans le sujet, je prends l’anecdote Incorrection : « C’est bien connu, notre ami est un adepte et un défenseur zélé du bon français, et il n’hésite pas à intervenir lorsqu’on malmène la langue. Lors d’une séance de la conférence des chefs de départements cantonaux de l’économie publique, le PDC genevois Jean-Philippe M. s’exprime ; à un moment donné de son intervention, ce spécialiste ès belles et longues phrases déclare : « C’est une histoire irracontable… « . Pierre s’exclame alors, pas trop discrètement : « in… » Un peu surpris, le magistrat genevois (ayant entendu le son « hein ») lui demande : « Comment ? Hein ? Tu n’as pas compris quelque chose ? », et son interlocuteur de rétorquer : « Non, j’ai bien compris, sache cependant qu’on ne dit pas irracontable mais inracontable ! »

Cette anecdote me fait penser à mon attitude l’autre jour lors d’une séance sur la culture. L’un des exposants n’arrêtait pas de dire qu’il voulait vraiment apporter quelque chose, qu’il allait vraiment faire et toute sorte de « vraiments ». Alors, je ne sais comment je me suis entendue dire à haute voix « vraiment ? ». Une seule personne s’est tournée vers moi. Je ne comprends pas. Quand on n’est pas à l’aise en public, on prépare son discours ou on demande à quelqu’un de l’aide. Personne ne sait tout. J’ai compté treize fautes lors de la présentation. La séance en question était pourtant composée de personnes ayant un certain niveau.

Pierre et le foot. C’est vraiment (un vrai vraiment !) une passion. On avait rendez-vous un mardi et tout à coup il se rend compte qu’au moment de ma visite il y aura l’équipe suisse qui joue. Alors… On a renvoyé au lendemain . Quand on se revoit, il me dit qu’il a joué dans des petites ligues mais que finalement il a été meilleur dans l’administration ; par exemple, il a été secrétaire général de Xamax dans ses belles années. Auparavant il a aussi joué dans l’équipe Xamax de l’École supérieure de commerce. Ah ? Il y avait une équipe de Xamax à l’école de com ? Je découvre un tas de qualités à cette école.

Voici la première et quatrième de couverture de la brochure.

J’ai été très émue en lisant la dédicace de Pierre.

Ici je parle de l’anecdote Matchs et conclus avec une conversation téléphonique que Pierre a eu avec mon frère David, actuellement en Colombie : « Avant toute chose, précisons qu’aux yeux de Pierre, seul le football est vraiment digne d’intérêt ; dans un accès de mauvaise foi, il serait même prêt à n’admettre que le ballon rond au rang de sport. Cela étant, ils se fourvoient complètement, ceux qui imaginent que, dans ce domaine, notre ami n’est qu’un spectateur ou, au mieux, un gestionnaire. Les plus vieux de ses amis le savent bien, Pierre a une carrière de footballeur derrière lui. Après quelques tentatives infructueuses au sein des juniors de Xamax (il était incompris de ses entraîneurs), il a fait directement le grand saut dans la première équipe ; il a ainsi toujours préféré aller droit au but sans se perdre dans des dribbles tortueux ». C’est ici qu’intervient David :

  • « Tu as joué avec Xamax à Barcelone contre le FC Barcelone.
  • Oui. Je suis entré en début de match.
  • Tu as touché la balle ?
  • Non, mais je l’ai vue ! »

Celui qui connaît Pierre, entend sa voix, voit le pétillement de ses yeux et le mouvement de sa tête ; c’est absolument charmant ! Pierre me dit que l’entraîneur Christen, qui parlait parfaitement l’espagnol, voulant impressionner l’équipe adverse, avait annoncé que « El Siete » (sept, en espagnol) était un atout majeur dans l’équipe suisse ! Ce « El Siete » n’était autre que Pierre qui affichait ce numéro au dos de son maillot. Rappelons que l’équipe de Barcelone était entraînée par le Hollandais Johan Cruyff. Pierre dit qu’après dix minutes… il était rentré au vestiaire tellement cela jouait haut ! L’anecdote finit ainsi « Rentré au pays, Pierre rentra définitivement dans les vestiaires ».

Tous ceux qui rencontrent mon frère admirent sa mémoire, il se rappelle de choses que même les protagonistes ont oubliées. En entendant David et Pierre parler, ils étaient à égalité dans ce domaine, l’un prononçais le prénom du joueur X qui avait joué dans l’équipe Y en l’année Z et l’autre donnait son nom de famille. Un vrai match !

Cette anecdote me rappelle celle de feu son ancien prof et collègue de maths, Freddy Landry :

Freddy et le foot. Freddy Landry a fait du football et a joué dans l’équipe du FC Cantonal. Lors des championnats nationaux de 1950, il a joué, même s’il faisait partie de l’équipe de réserve. Il s’est trouvé en milieu de terrain, a senti un joueur de son équipe derrière lui, pour une raison qui lui échappe, il a craint d’être attaqué par le côté et a fait une passe arrière au joueur dont il est question, mais la balle a fait un tour d’arc et est arrivée derrière le dos du gardien… de sa propre équipe. Freddy a arrêté le foot !

Anecdote sur Pierre et La Poste. « Sous son air débonnaire, notre ami cache parfois un tempérament de feu. Un jour, il reçut un avis postal l’invitant à retirer un envoi au guichet de son quartier. Il s’y rendit à sa convenance et présenta le bordereau. Alors que Pierre Dubois habite le même immeuble depuis plusieurs dizaines d’années et qu’il est connu en ville comme le loup blanc, le fonctionnaire postal lui demande de justifier de son identité ! À lui, qui, à cette époque, était déjà conseiller d’État en charge ! Les mouches s’arrêtèrent de voler et les habitants du quartier durent fermer leurs fenêtres… Depuis lors, la poste de Vauseyon équipe chaque guichet d’un vitrage suffisamment épais pour atténuer le poids des (gros) mots. »

Je demande à Pierre si c’est ainsi que cela s’est passé. « Oh ! l’employé savait très bien qui j’étais. Il a simplement voulu jouer au petit chef. Mais, vois-tu, la poste de Vauseyon a dû fermer. Ils ont été punis ! » Et Pierre me regarde d’un œil malicieux.

Anecdote dont le titre est Retour : « Beaucoup des amis de Pierre se demandent comment il réagirait, si après son passage au Conseil d’État, il se replongeait dans les délices de l’enseignement (il a d’ailleurs déjà reçu des propositions dans ce sens !). Lui, si ponctuel, si attaché à un habillement classique et sobre, si soucieux des règles élémentaires de la politesse, si sensible à la beauté et à l’exactitude de la langue, l’imaginez-vous entrer dans une classe de cette fin de xxe siècle ? Il y verrait des élèves arriver en retard sans prendre la peine de s’excuser, boire du coca ou mastiquer du chewing-gum pendant que l’enseignant leur parle, porter des pantalons qui leur tombent sur les genoux, arborer des bagues qui leur ressortent des narines, des lèvres ou même du nombril et les entendrait s’exprimer dans un français de type monosyllabique… Pierre, nous tenons trop à toi pour accepter que tu puisses ainsi t’exposer à de prévisibles coups de sang ! Si tu veux à nouveau enseigner, choisis donc les cours du soir ou l’université du troisième âge ! »

Mon école de danse et les élèves. Je peux faire le même constat ! Je n’ai plus de jeunes élèves ni des ados. D’abord, c’est le destin, qui tout comme les amis de Pierre, a dû penser à ma place, et ensuite moi-même. Autrefois, lorsque je voyais des enfants en ville et que je trouvais que je pouvais leur apporter quelque chose, je demandais aux parents si mes cours les intéresseraient. Maintenant, je vois des enfants pas coiffés, les filles (les petites) avec les ongles à moitié peints et les grandes avec des pantalons troués. Quant aux manières… Je change de créneau. Je me demande où est passée l’éducation. L’éducation comprend non seulement la politesse, mais aussi les valeurs, le respect des choses, des autres et de soi-même. Mais, bon, changeons de sujet.

Le français. Je demande à Pierre, un vrai Neuchâtelois, d’où lui vient cet amour de la langue. Il me répond qu’il lui vient de sa mère, une Française. Je comprends mieux.

Pierre me fait craquer. Il me fait craquer quand il me dit « Salut Tsouli ! ». C’est du pur neuchâtelois. Cela fait long temps, très longtemps que l’on ne m’appelle plus ainsi et il est le seul maintenant à le faire. Je craque ! Je me rends compte, en l’écrivant, que cela fait chinois Tsou Li. Voilà une jolie façon de finir cet article avec cet homme si raffiné dans ses manières.

Le hasard. Cet ami, hasard, qui me suit comme un ami me fait écrire un article sur André Crelier. Une fois la chose faite, André va sur ma plateforme et voit cet article. Il me rencontre en ville et me dit : « Pierre a été mon professeur préféré et il a joué un rôle déterminant dans ma vie d’étudiant et forcément, ce que j’ai appris chez lui, je continue de l’appliquer ». Que dire sinon que je suis aux anges. Quand des éléments de ma vie se lient les uns aux autres, c’est fabuleux, c’est un tout ; ma vie est un tout ! Une fois de plus, je pense aux mots de la cheffe du Service de la culture, Gaëlle Métrailler : « Quand cela arrive, c’est que vous êtes sur le bon chemin ».

2023 – 2025. Je viens de publier sur cette plateforme un article avec mes selfies. Une nouvelle fois, ce fameux hasard qui me suit comme une ombre me fait acheter un livre publié par le Figaro littéraire et où l’on propose des équivalents français. Je téléphone à Pierre pour en discuter lui dit qu’il y est question du terme égoportrait à la place de selfie. Je propose autoportrait aussi et il me dit que c’est tout à fait acceptable. Le texte complet se trouve ici. 2025. Je prépare un spectacle d’un genre nouveau dans mon répertoire, une lecture-théâtre. J’ai présenté des extraits à Pierre qui m’a félicitée ; il a dit que c’était passionnant. Il l’a répété deux fois. J’en suis toute remuée.

Pierre vient de quitter ce monde (lundi 9 juin 2025). Samedi passé, soit le sept juin, je lui avais téléphoné pour lui demander s’il se rappelait quand la rue de l’Hôpital était devenue piétonne et il m’avait répondu qu’il était mal fichu, mais qu’il me téléphonerait pour qu’on puisse se voir, discuter et jouer à un jeu sur la langue française que j’ai et qui reprend plusieurs des choses que je traite dans mon spectacle. « Salut Tsouli, merci de ton appel. » ont été ses derniers mots. Il était le dernier des Neuchâtelois à m’appeler ainsi. Il part avec tout un pan de ma vie. Il devait continuer à me donner un coup de main pour un tableau que j’ai fait sur les horlogers neuchâtelois des années 1950 – 1980…

Dernier article. J’avais voulu mettre quelques mots au sujet de la cérémonie, mais finalement, j’ai écrit un article qui mentionne également le rôle qu’il a joué dans l’histoire de Neuchâtel et même de la Suisse (lien ci-après).

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Spectacle de Noël 2022

Depuis quelques années, à cette période, je présente une série de spectacles à des amis et connaissances. Cette année est un peu particulière et je me suis trouvée avec moins de spectacles. Les gens sont occupés jusqu’à fin janvier, début février. Cela me fait bizarre et ai l’impression d’être déjà proche du Noël de 2023 alors que celui de 2022 n’est pas encore là !

Le 24 décembre, je me dis que je vais quand même faire mon spectacle, pour ceux qui m’ont aidée dans la vie et qui ont changé de dimension. En y allant, je rencontre un petit garçon qui me parle. Je m’arrête et il me dit « bonjour ». Je lui répods de même et précise ensuite que c’est le soir, qu’on devrait se dire « bonsoir », mais qu’il a raison de dire « bonjour » car dans le coeur c’est toujours « bonjour » ! La maman intervient et j’apprends que c’est une famille polonaise qui habite à Neuchâtel depuis une année. Polonais ? L’un de mes principaux maîtres de ballet était polonais, maître Anton Romanovski, et son anniversaire venait juste de passer, le 21. Pour moi, il me fait signe !

  • Vous dansez ? me demande la maman.
  • Oui.
  • J’ai baucoup joué du piano. Je cherchais un spectacle de danse pour amener mes enfants, mais n’ai rien trouvé.
  • Ah ? Je vous invite demain à un spectacle. J’ai mon studio tout près. Vous voulez le voir ?

Mon studio. La maman, le papa, la fillette de sept ans et le garçon de quatre ans sont tombés sous le charme. Le papa m’a demandé si le local faisait partie d’un château. Il a dit cela à cause du mobilier, des décors et des murs (du rocher). Les enfants sont allés explorer à droite et à gauche. J’ai raconté l’histoire de mon studio et dit que je les attendais le lendemain à 17 h.

Répétition du spectacle. La chose se vérifie à chaque fois : quand je travaille pour moi, quand je fais mes répétition, tout se passe normalement, mais quand je sais qu’il va y avoir un spectacle… le trac… et forcément, j’oublie une partie de la danse, je ne sais plus où j’en suis et le temps file plus vite que je ne le voudrais ! Bref, 17 h sonnent au clocher et voilà mes ainvités qui arrivent. Je me demande si le petit garçon va pouvoir rester tranquille les 45 minutes du spectacle.

Spectacle. J’ai un avantage, c’est que je peux adapter mon discours ; oui, car pendant mes danses ou avant une danse ou aprés, je parle, je fais des commentaires, donne des pistes et je peux m’adapter à tout public. C’était la première fois, depuis que je présente à nouveau mes spectacles toute seule, que j’avais des enfants.

Danse avec un lotus. Ne sachant pas exactement si la fillette savait ce qu’est un lotus, je lui ai dit que j’allais danser avec une fleur et qu’elle pouvait la voir comme elle voulait et que je lui demanderais après comment elle l’avait vue. La danse finie, je lui demande comment elle était : « Une petite fleur rose ». Je lui dis que le rose est la couleur de l’amour et que je suis contente qu’on partage une telle chose. Maman, qui parle français, dit que sa fleur était violette et papa, qui parle anglais, dit qu’elle était « purple » (violette). Que c’est beau, ces deux personnes sont vraiment faites pour vivre ensemble !

Déroulement du spectacle. Mon spectacle est intimiste et donc le public assiste à la préparation des décors et changements de costume. À aucun moment, je n’ai entendu bouger le petit garçon, sinon papa lui expliquer en polonais ce que je disais tantôt en français, tantôt en anglais.

Ce public m’a ravie. En général, après le spectacle, j’offre un verre et l’on passe directement aux réjouissances terrestres… Je ne demande pas ce qu’il a aimé ou pas. Les gens parlent spontanément. Cette fois-ci, je me sens en pays conquis. Je veux dire que le public des pays dits de l’Est a une forme de culture qui est la mienne et on parle au même niveau.

Joli, magique ! Ce sont les mots du petit garçon à la fin de ma dernière danse. La fillette a aussi dit qu’elle avait aimé la magie – effets de lumière lors des danses. Tous les quatre ont aimé la danse avec les voiles qui les a fait penser à des méduses et celle du piano. Le père a dit que le moment culminant avait été celui des voiles qui pouvaient devenir comme des feux. Les deux enfants ont mis l’accent sur la dernière, celle où je danse avec des gants et où l’on dirait qu’ils dansent tout seuls.

Un verre, des salés et des bisquits. J’avais préparé une bouteille de Mauler rosé, tout le monde finira par savoir que j’ai un faible pour cette boisson… Je me demande si le jour de mon départ de ce monde, je ne vais pas demander de mettre une bouteille (pleine !) à ma droite. Avant de lever le verre, j’ai voulu savoir comment s’appelaient les uns et les autres : maman c’est Karolina, la fillette c’est Helena (prononcer le « H » comme en allemand), le garçonnet c’est « Félix » et papa a un nom qu’il faudrait que je redemande, car long et jamais entendu. À mon tour, j’ai donné le mien. C’était le bon moment pour les présentations ! C’est à l’inverse de l’étiquette, mais quand enfin on se dit les noms, on peut tout de suite leur donner un contenu. J’avais une réserve de salés et une belle boîte de biscuits que les enfants ont portée, ensemble, tellement elle était lourde pour eux.

La voici. Je la trouve très belle.
No 1 ce sont des salés et no 2 les biscuits.

Le petit garçon et la danse des biscuits. Une fois la boîte ouverte, elle s’est trouvée à côté des salés. Le garçonnet passe devant les salés, en prend un et le repose pour se diriger vers les biscuits. Je lui dis que s’il a pris quelque chose, il doit le prendre… et que c’est important de bien regarder d’abord pour choisir. Le petit garçon reprend alors le salé, papa se charge de le manger (magnifique papa) et le garçon regarde les biscuits avant d’en choisir un. Lorsqu’il l’a fini, il a compris comment cela fonctionnait chez moi, il a bien regardé et a fait des choix. À un moment donné, l’un des biscuits était collé à celui d’en dessous. Il le secoue pour le séparer et ne prendre que celui du haut ; mais celui resté dans la boîte n’était plus bien placé. Le garçon le prend alors et le remet en place. Maman me regarde prête à intervenir et je dis, oui, c’est vrai, il a touché le biscuit de la boîte, mais c’était parce qu’il n’était pas en ordre ; cela dénote un fonctionnement intéressant de votre fils, l’ordre pour lui est important. Je partage son point de vue et le félicite. Ce que je m’empresse de dire à ce dernier. C’est alors que papa me dit que le gaçon s’intéresse à la mécanique et qu’il joue avec des kits pour des enfants de 8 ans. Il a tout de suite fait fonctionner un ventilateur ! Je lui parle alors de Roger, l’ingénieur en mécanique qui fait actuellement sa propre marque de montre, à qui je dois de nombreuses solutions dans mon studio, et qu’il serait bien digne d’être son fils.

Le garçon n’a pas été perturbé par ces commentaires et est allé inspecter d’autres choses. Il a vu des coussinets sur les chaises héritées de Freddy Landry, en a pris un et est venu me le montrer, j’ai compris qu’il désirait savoir ce qu’il y avait dedans parce que mis sous son nez il n’y avait pas de parfum et je lui ai dit que c’était du riz pour absorber l’humidité. J’ai alors expliqué à Helena que nos sens nous trompaient. Je lui ai montré le mur, la roche, et lui ai dit que nous croyions qu’il était très dur et infranchissable, mais qu’en réalité il y avait plein de trous, plein, plein, tout comme dans notre peau, par exemple et que l’eau de la pluie s’infiltrait dans le studio pour donner de l’humidité. Les petits sacs de riz avaient pour fonction d’absorber cette humidité (en plus d’une bonne couche de fongicide sur le cuir des chaises une seule fois ). J’ai senti les sens de Helena absorber mes mots, tout comme les coussinets absorbent l’humidité.

Les enfants. Cela fait un long moment que je ne travaille plus avec des enfants. Les raisons sont diverses, mais cela s’est fait peu à peu, il ne me reste que les enfants du Passeport Vacances auxquels je donne des cours en été. Je me rends compte que j’aime toujours travailler avec eux et que leur soif de savoir me fascine encore et toujours.

Remerciements. Il est le moment de se séparer. La famille doit encore faire ses bagages pour partir en vacances le lendemain très tôt. Maman me dit que c’était le premier spectacle des enfants, qu’ils en sont heureux et surtout que c’était la première fois que Felix restait si tranquille pendant si longtemps. Je ne pouvais rêver de meilleur compliment !

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@articulations – jouons avec elles. Cours particulier.5

Je raconte une histoire que peut sembler ne rien avoir avec les articulations physiques mais notre corps est le reflet de notre intérieur et le discours articulé, les relations bien articulées participent de notre bien-être et de celui des autres.

Pendant le cours, nous parlons des articulations, des chaînes articulaires et musculaires, de la façon dont nous pouvons les utiliser et, selon les personnes, lorsqu’on fait tel ou tel mouvement, une remarque, une préoccupation, un souvenir surgit. C’est une clef dont il faut se servir. Cela alimente le mouvement, permet de mieux voir la situation et enrichit le cours.

Il arrive que je n’aie qu’une seule personne qui assiste aux cours que je donne. Je me dis que je ne peux pas annuler sous prétexte du peu de rentabilité ; je me dis que si j’avais été à la place de cette personne, je serais déçue. Il se trouve que dans ce genre de cas, le discours avec le participant est plus personnel, plus profond et qu’on a de jolies surprises. C’est ce qui m’est arrivé cette fois-ci. La surprise a été double parce que la participante au cours avait été étudiante lorsque j’avais été assistante à l’université de Neuchâtel. Il n’a pas fallu longtemps pour que nous nous apercevions que nous avions les mêmes valeurs – en partie dues aux professeurs qui nous ont formées, on les remercie – et qu’une de ses histoires m’inspire. Elle traite de l’envie de voir progresser les autres et de la manière dont on peut entrer en communication avec quelqu’un, ce qui en moi évoque des portes que l’on peut ouvrir ou pas.

Chacun a une porte. Oui, chacun d’entre nous a un mode de fonctionnement et c’est un plaisir que de trouver la porte de celui à qui nous avons affaire et qui ouvre à ce fonctionnement. Cela fait un moment que je désire faire un article sur le sujet et je sens que le moment s’approche. Voici le genre de portes que les gens peuvent nous offrir.

Les personnages de l’histoire qui m’inspire :

  • Un père désespéré ;
  • Un fils plutôt rebelle ;
  • Une proche aidante très à l’écoute.

L’histoire. Un père fait appel à cette personne. Il explique qu’il n’en peut plus avec son fils et se trouve dans une situation sans solution, l’enfant a des difficultés en orthographie et ne veut rien faire. Il rend les armes ! Il demande de l’aide. L’accompagnatrice se dit qu’elle en a vu d’autres et que la gentillesse et le désir de voir progresser l’autre vont agir. Peine perdue !

Trouver la porte du fils. Mon amie se dit qu’elle doit pouvoir faire quelque chose et demande à l’enfant ce qui l’intéresse. Réponse : le foot ! Ni une ni deux, comme le garçon dessine tout le temps des terrains de foot, mon amie se dit qu’elle a trouvé et demande à l’enfant d’en dessiner un. On peut imaginer la joie du garçon ainsi que son étonnement. Mais, le plaisir l’emporte et il fait ce qu’on lui demande. C’est ainsi que les dictées sont devenues des tableaux de foot : écris tel mot au but, écris tel mot à la place de l’attaquant de ton équipe et ainsi de suite à la place de tous les joueurs. Le résultat ne s’est pas fait attendre et le garçon a réussi son année. Le garçon a grandi, réussi son école… certificat… et quand le père rencontre mon amie, il lui dit combien il lui est reconnaissant. Je trouve qu’il n’y a rien de plus beau que de rendre service à quelqu’un.

À propos du service. J’avais une amie anglaise dont la fille avait des dons de voyance. On lui a demandé ce que le destin me réservait. « Service » fut le mot qu’elle prononça. Je dois dire que je m’attendais à « artiste », « grande je ne sais quoi » et maintenant, je la remercie parce qu’en fait toutes mes activités sont au service des autres. J’aime (adorer étant réservé au Créateur) rendre service, apporter quelque chose aux autres. C’est ce que mon amie fait aussi. C’est magnifique.

Pour en revenir aux portes de cette histoire. Le fils avait une porte invisible pour le père. Elle était bloquée par une balle de foot et mon amie s’en est servie comme serrure-foot pour l’ouvrir !

Dans le cas présent, la serrure-foot est l’articulation qui a permis d’ouvrir la porte du désir du jeune garçon pour mieux utiliser les outils de ce monde, outils qui a leur tour sont devenus les articulations pour ouvrir d’autres portes et ainsi mieux vivre.

Pour finir : cette serrure-foot est un symbole pour toutes les autres solutions dont mon amie s’est servie dans sa vie. Je lui dis que maintenant qu’elle est si à l’aise avec ses propres articulations, elle peut jouer avec elles !

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@3m.ossature. Encore d’autres participantes.

On le sait, mon cours concerne l’ossature. Et les 3 m ? Pas tout le monde lit jusqu’au bout l’énoncé. L’ossature est quelque chose que nous portons et qui parfois nous fait signe par des douleurs. On la remarque moins quand elle va bien. Alors, ces 3 m ? On peut commencer par le premier, le deuxième ou le troisième. Ils sont tous liés : mouvements, muscles, mots. Ils ont tous les trois un effet direct sur l’ossature. Mais, ce qui intéresse le plus les gens, c’est de ne plus avoir mal ici ou là.

Points communs entre les participants en général. Le fait s’assister à un même cours est en général le signe qu’au moins une chose les relie. Dans le ‘cas présent, les deux personnes inscrites ont plusieurs points communs. C’est pour moi un signe réjouissant indiquant qu’on pourra faire un travail en profondeur. Ces points sont :

  1. Du point de vue du sport, elles aiment le vélo. Pas juste du vélo en ville, du sport sérieux, à longue distance. J’ai eu du plaisir à les entendre parler de modèle et de je ne sais quoi encore lié au vélo. L’une d’elles me dit qu’en temps normal, elle a besoin d’air, qu’elle cherche des activités où elle a de l’air, mais que cette fois elle cherchait quelque chose qui soit à l’intérieur ; par « intérieur », on entend en espace fermé et dans l’intérieur de son être ;
  2. Elles sont intéressées par certains auteurs littéraires ;
  3. Toutes deux ont un caractère bien trempé. Ce n’est pas courant, d’autant plus que l’une est dans la vie active et l’autre a fini sa vie professionnelle pour entamer d’autres activités. En fait, elles sont toutes les deux actives ;
  4. Sous leur tempérament bien trempé, on trouve une belle sensibilité.

Le mouvement et les muscles. Les deux personnes étant des sportives, il n’y a pas besoin de mettre l’accent sur le mouvement ni sur les muscles. La seule chose à laquelle il faut être attentif c’est aux douleurs qui indiquent que quelque chose ne va pas. Les raisons sont multiples. Il faut s’observer et au moindre tiraillement trouver une solution car en général le corps accuse les choses et ne se manifeste que lorsqu’il a un ras-le-bol. Ce n’est pas ce qu’on a fait hier ni avant-hier ; la chose peut remonter à longtemps. Pourquoi chez les uns « la chose » se manifeste ici plutôt que là ? Les explications sont nombreuses et pas toujours faciles à comprendre.

Il est impératif de saisir que le mouvement a une incidence sur le muscle et ce dernier sur les os. Et ici, on entre dans le vif du sujet parce que les os, dans le système chinois, correspondent aux idées. Dans mon cours, je mentionne les mots, mais on sait bien qu’un mot avant de devenir mot est une pensée. C’est le point le plus important.

Les mots. On ne leur prête pas toujours attention, mais chacun a une définition et un rôle. Peu importe dans quel contexte on l’emploie. Nous avons appris les mots avec leur signification et elle est en nous. L’une des participantes raconte l’histoire d’un couple où la dame a eu un comportement et forcément des mots qui ont eu des effets tristes sur son compagnon. Cela pourrait faire le sujet d’un fait banal. Mais si on prend parti pour l’un ou pour l’autre, les effets dans notre corps sont immédiats. Cela ne résout pas l’affaire et on juge sans savoir ce qui était dans la tête de celui qui a agi ni dans celle de celui qui a subi ni dans celle de l’entourage qui aurait pu intervenir. Alors, selon ce que nous laissons entrer en nous, nous sommes marqués. Ne pas vouloir entrer dans un jeu ne veut pas dire que l’on manque d’empathie ni d’humanité. Si un tel cas se présente dans notre entourage, et si nous avons la possibilité, nous intervenons d’une façon ou d’une autre.

Notre pensée. Nous ne pouvons pas toujours la contrôler. Ce n’est pas parce que nous mangeons des fruits que notre pensée sera fruitée. Les idées arrivent pour ainsi dire toutes seules. Mais, au moment où nous en sommes conscients, on se doit d’être attentifs et de décider de les laisser sortir ou non. La preuve : lorsqu’on résout un problème en nous, lorsqu’on nous donne une bonne nouvelle, notre corps est heureux. C’est important d’y penser.

On rit passablement dans ce cours. Il y a des choses que l’on vit et qu’on peut difficilement transcrire. J’essaie quand même. La participante no 2 est un peu dyslexique. Je suis en face d’elle et il lui est plus facile de contrôler si, lors d’un exercice, elle utilise la bonne main auprès de sa collègue d’à côté. Je lui fais la remarque et elle dit : « Oui, je reconnais qu’il m’est plus facile de contrôler auprès de ma voisine, je le reconnais en toute modestie ». Elle met l’accent sur ce dernier mot. Je dis : « Alors, Modestie, avec M ! » On rit.

Une autre fois on est à la barre pour un exercice avec une balle. Cette même participante fait l’exercice ; elle doit se sentir à l’aise et dit « je suis la perfection, avec p minuscule ». Je lui fais remarquer qu’elle se trompe de pied, l’exercice est le bon, mais pas le pied. Elle rétorque « j’avais dit que j’étais la perfection avec un p minuscule ! » On ne peut que rire.

Une autre fois encore, je lui explique comment faire un certain mouvement et elle finit par comprendre. Je lui dis que je n’ai pas de plus grand plaisir que de transmettre quelque chose à une autre personne, l’aider à se comprendre. Elle dit « vous jubilez »! Je ne me serais pas exprimée ainsi, mais mon plaisir est vraiment grand. Il me fait sentir mon corps dilaté, c’est mon corps énergétique.

Au sujet de la façon dont on vit telle ou telle chose, la même participante, celle qui a un caractère plus trempé que l’autre m’a dit qu’elle se sentait à l’aise dans ce studio invraisemblable (Cave perdue) et qu’au cours elle ne s’ennuie jamais alors que d’habitude, elle s’ennuie rapidement. Ce sont de vrais compliments !

Un massage de la tête. J’ai introduit ce massage dans le cours. La même participante me dit qu’elle n’avait jamais soupçonné qu’elle pouvait avoir de telles sensations de bien-être dans cet endroit. Je lui ai dit qu’en fait, quand elle fait les tapotements dans son corps, il y a exactement le même effet. Elle ne le sent pas toujours. Mais une fois elle a dit qu’elle sentait son corps tournoyer et à son dernier cours, lors du tapotement du dos, elle a dit qu’elle sentait une vague de chaleur jusqu’aux pieds. C’est magnifique.

On parle de l’énergie que l’on ressent dans le corps. Les participants pensent parfois que je donne de l’énergie.J’explique que je ne peux, pas plus que quiconque, donner de l’énergie à qui que ce soit. Sans cela j’aurais réveillé d’entre les morts feu mon ami. Ce que je peux c’est réveiller ou mettre en surface ce qui est chez quelqu’un. Mais, mon cours est justement fait pour que chacun puisse le faire tout seul.

Ce que le cours leur a apporté : elles sont attentives aux mots qu’elles laissent sortir de leur bouche ; l’une surveille ce qui se passe dans ses épaules et se sent plus détendue. Le cours est arrivé à un moment de sa vie où elle avait besoin de se centrer, de faire quelque chose de régulier et qui participe à son changement de vie. Elle avait aussi besion de se sentir partie intégrante d’un tout. L’autre se déclare observtrice et peu incline à entrer chez les autres. Dans ce cours, elle a vu qu’elle pouvait être en accord à trois, qu’on pouvair rire à trois, même si on ne sait tout sur l’autre. Elle me dit que le cours lui a permi d’entrer en résonance avec les autres, et cela parce qu’elle se sentait en confiance. Vous voyez, on retrouve le mot « résonance » de mon cours. C’est un cadeau pour moi. De plus, elle adopté les clous de girofle.

Début et fin du cours : au départ il y avait l’une des participantes, la seconde s’est intégrée en cours de route parce qu’elle avait dû voyager et à lors de la dernière leçon elle sera à nouveau à l’étranger. Commentaire de l’autre participante : on a commencé à deux et on finit à deux. C’est tout à fait cela et ce qui est plus extraordinaire, c’est que dans ma vie d’artiste danseuse, j’ai commencé par des spectacles en solo et que je reprends actuellement ce même chemin. J’ai l’impression de finir un cercle. La coïncidence avec le début et la fin de ce cours m’interpelle. Il fait partie de mon tout.

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